No body is illegal: pour en finir avec 2013…

Au moment de clôturer l’année 2013, la phrase qui m’a le plus interpellé ces derniers mois me revient en mémoire. Elle était inscrite autrement, sur cet autocollant plaqué à l’arrêt du bus 64, arrêt Maelbeek: « Nobody is illegal », mais en la prononçant intérieurement, c’est cette version en trois mots qui s’est imposée à moi. Continuer la lecture de No body is illegal: pour en finir avec 2013…

Les déportations n’arrêtent en rien l’immigration

Cette phrase, extraite d’une interview du Dr Liza Schulster, une éminente sociologue de City University (Londres), diplômée d’Oxford, est la conclusion logique d’une interview reprise dans Le Standaard de ce week-end (et merci à mon amie Sandrine de l’avoir remise en évidence sur Facebook).

Je voudrais simplement, en passant, vous offrir une traduction libre du passage qui me semble central dans l’intervention de Liza Schultster (et mes ami(e)s traducteurs/trices se feront un plaisir et un devoir de commenter l’article avec leurs précisions et corrections.

Si j’ai appris quelque chose de mes discussion avec des centaines d’Afghans qui ont été déportés de Norvège, du Royaume Uni et de France, c’est qu’il n’ont aucune chance de ré-intégration. Et pas simplement à cause du chômage (note personnelle: en Afghanistan). Ils n’ont plus aucun lien avec le pays parce que comme enfant, ils ont grandi en Iran ou au Pakistan ou parce qu’ils ne connaissent personne à Kaboul. De plus, ils sont accablés de honte. Ils ont échoué et leur entourage considère qu’ils sont « souillés », parce qu’ils ont des vêtements et un accent occidental en raison desquels ils sont repoussés.

Leur seule échappatoire est de fuir à nouveau. Les déportations n’arrêtent les migrations irrégulières en aucune manière.

L’ignoble identité malheureuse d’Alain Finkielkraut

Je viens de terminer le dernier opus du « philosophe » français Alain Finkielkraut, et j’en ressors avec un sentiment d’écoeurement face à la perversité du discours de l’auteur. Continuer la lecture de L’ignoble identité malheureuse d’Alain Finkielkraut

Le vrai bilan de Maggie De Block: moins d’immigrés, plus de pauvreté…

 

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C’est une étude réalisée par plusieurs organisations luttant contre la pauvreté en Flandres (publiée par Het Laatste Nieuws et relayée par laredactie.be) qui le rappelle: de plus en plus de personnes bénéficiant d’un revenu du travail n’arrivent plus à nouer les deux bouts. Continuer la lecture de Le vrai bilan de Maggie De Block: moins d’immigrés, plus de pauvreté…

Eglise, religion: ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

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Les récentes déclarations du Pape François sur « les accumulations de fortunes privées ou privatisées confrontées à des accumulations de misères publiques« , ou de Monseigneur Léonard demandant une approche plus humaine pour les Afghans de l’Eglise du Béguinage (et qui s’engage même à marcher avec eux) devraient nous faire réfléchir à la manière parfois hâtive avec laquelle nous critiquons l’Eglise de manière générale pour ses positions moralisatrices (par exemple sur l’avortement ou l’homosexualité). Continuer la lecture de Eglise, religion: ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

Meilleurs Voeux !

Voeux2013-14 finalA vous tous qui prenez parfois un peu de temps à me lire, je voudrais présenter mes Voeux, puisque c’en est le temps.

A ma famille et aux plus proches de mes amis, c’est déjà chose faite, soit grâce à ce très beau réveillon – en famille – que nous avons partagé hier soir, soit par la magie de connexions intercontinentales (merci « Rogers » d’avoir rétabli internet après la tornade Torontoise).

A tous les autres, que chacun puisse trouver dans l’année qui vient l’enthousiasme et l’énergie de cheminer vers ses idéaux, ses espoirs, ses désirs. Continuer la lecture de Meilleurs Voeux !

Monsieur Di Rupo recevra-t-il les Marcheurs Afghans ?

Notre Premier Ministre ne manque jamais de rappeler ses racines, ancrées à quelques pas de la Cantine des Italiens. Sa biographie est un témoignage de ce que l’immigration peut apporter à un pays accueillant.

Aujourd’hui, c’est à lui de savoir accueillir ceux qui n’ont pas assez de sécurité physique ou économique pour survivre chez eux. Va-t-il leur fermer sa porte ? Continuer la lecture de Monsieur Di Rupo recevra-t-il les Marcheurs Afghans ?

Pourquoi les chiffres sur l’immigration ont peu de sens ?

manifeteA l’occasion de la Manifête de ce mercredi, plusieurs blogueurs rappellent  que le Centre pour l’Egalité des Chances a publié quelques chiffres sur les flux migratoires en Belgique.

Au risque de me mettre en porte à faux avec certains amis, je voudrais ici insister sur la perversité de l’utilisation de tels chiffres dans un débat comme celui sur l’accueil dans notre pays d’immigrants venant de pays où l’on vit « moins bien » que chez nous. Continuer la lecture de Pourquoi les chiffres sur l’immigration ont peu de sens ?

Maggie De Block au 16 ? La Belgique du repli sur soi avance…

 

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Ainsi donc d’après le sondage Dedicated Research publié par Le Soir 17h d’hier,  Maggie De Block serait considérée par 35% des Belges comme une candidate raisonnable au poste de Premier Ministre après les élections de 2014.

Une lecture légèrement décalée de l’article permet de comprendre que la posture de Maggie De Block est celle du « middle manager » idéal. Continuer la lecture de Maggie De Block au 16 ? La Belgique du repli sur soi avance…

Ca veut dire quoi, illégal ?

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Qu’il s’agisse des drames à répétition qui se déroulent au large de l’île de Lampedussa, ou des dernières déclarations tonitruantes de Maggie de Block qui se rengorge à qui mieux mieux des « succès » qu’elle engrange en réduisant le nombre de demandeurs d’asile dans notre pays, il est une expression qui semble revenir sans cesse, et surtout sans jamais être (re)mise en question: « illégal ». Continuer la lecture de Ca veut dire quoi, illégal ?

New York, 1986

Vieux souvenir que ce premier contact avec New-York. Trois jours de 1986, alors que l’Amérique pleure l’explosion de Challenger, quelques jours plus tôt. Trois jours pour tomber amoureux d’une ville extra-ordinaire. Continuer la lecture de New York, 1986

Les ciels déchirés du Pajottenland

Images d’une randonnée de novembre autour du château de Gaasbeek dans le Pajottenland, terre de Tijl Uylenspiegel et de la gueuze.

Nous avons tourné pendant deux heures autour de nuages noirs qui nous menaçaient sans jamais nous attaquer. Un peu comme si le noir du ciel et le jaune des champs de maïs s’unissaient pour dresser devant moi un drapeau flamand…

Il reste que ce pays est beau, que les gens y sont tristes, qu’ils se renferment dans leurs villas tellement individualisées que le paysage s’en trouve balafré. La terrible réalité du territoire flamand c’est qu’il est d’abord terre d’individus. Un peu comme si la seule vision qui comptait était celle que l’on pouvait avoir de sa propriété, vue de l’intérieur. Et que pour l’extérieur, l’expression de la richesse prévaut sur l’équilibre du paysage.

Nostalgie d’automne

C’est un autre souvenir de l’année 2003 qui me revient. Celui de ce premier séjour d’automne à la montagne. Peut-être une des plus belles périodes, généralement assez sèche, avec parfois déjà des premières neiges, comme cette année encore.

Il faut alors rester sous les 1500 ou 1600m, et la montée de Morzine à Avoriaz présentait déjà le risque d’être bloqué par la neige.

Mais outre les deux bonshommes de neige qui nous avaient accueillis au village, ce sont les deux estampes crépusculaires qui restent parmi les plus belles vues – un peu nostalgiques – qui me restent de cette vallée.

Randonnée à la Pointe d’Angolon (Col de Joux Plane)

Je viens de retrouver ces photos qui datent de nos premières vacances d’été prolongées à Samoëns, en 2003. Nous y avions fait certaines des plus belles ballades de la région.

Et celle-ci, qui part du Col de Joux Plane pour aller vers l’arrivée du télésiège qui monte depuis Les Gets et poursuivre sur une superbe crête de surplomb jusqu’aux rochers qui défendent la pointe, est restée pour moi la randonnée de l’apprentissage de la verticalité.

Je l’ai parcourue à de nombreuses reprises sans oser m’aventurer sur cette crête, rationnellement sans danger, mais visuellement  très étroite. Et puis un jour, je crois quelques mois plus tard, j’ai fini par m’y aventurer, trop tenté par ce que ceux qui y avaient été me disaient du paysage…