Le vrai bilan de Maggie De Block: moins d’immigrés, plus de pauvreté…

 

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C’est une étude réalisée par plusieurs organisations luttant contre la pauvreté en Flandres (publiée par Het Laatste Nieuws et relayée par laredactie.be) qui le rappelle: de plus en plus de personnes bénéficiant d’un revenu du travail n’arrivent plus à nouer les deux bouts.

Ces gens relèvent de la politique de lutte contre la pauvreté, du ressort de la Secrétaire d’Etat Maggie De Block. Et dans ce cas ci, l’échec de sa politique ne pourra que très difficilement être expliqué par « la vague d’envahisseurs » illégaux. En fait, Maggie De Block démontre par l’absurde que le renvoi chez eux d’immigrés « illégaux » ne résout en rien le problème de la pauvreté.

Si le titre de mon article le laisse croire, je ne veux moi faire aucun lien entre le nombre d’immigrés et la pauvreté. Si les deux problèmes sont liés, ce n’est pas par une causalité réciproque (l’un n’est pas la cause de l’autre, ni dans un sens, ni dans l’autre), mais par un effet général du système dans lequel  nous vivons.

La richesse est de plus en plus inégalement répartie, que ce soit entre les peuples, ou à l’intérieur de zones géographiques particulières. Ces zones géographiques sont artificielles (comme je le décris ici) et presque toujours perméables. Donc si le « très pauvre » ou le « très insécure » d’une zone géographique donnée (corne de l’Afrique, pays en guerre) perçoit que le plus pauvre ou le plus insécure d’Europe l’est moins que lui, il va logiquement tenter de se diriger vers plus de sécurité (physique ou financière): qui peu le blâmer de cela ? N’en est-il pas de même quand un « petit » pensionné belge choisit de s’exiler au Maroc ou dans le sud de l’Espagne pour profiter de son pécule misérable à l’aune du coût de la vie d’ici, mais confortable là-bas ?

Ce que nous apprennent donc toutes ces études (en Flandres, mais d’autres donnent les mêmes résultats à Bruxelles ou en Wallonie) c’est que la répartition toujours plus inégale du travail et de sa rémunération est au coeur des grands problèmes sociaux et géopolitiques actuels; que continuer à maintenir des tensions salariales exorbitantes comme celles que l’on rencontre dans nos grandes entreprises (privées ou publiques) crée des effets systémiques totalement pervers, mais aussi que les interdictions les plus dures, les barrages les plus élevés ne pourront enlever aux hommes désespérés la force de chercher une solution à leur survie. Ce qui est finalement admirable, c’est de voir combien de ces femmes et de ces hommes désespérés continuent à chercher leur solution par des moyens non-violents. Et c’est pour pouvoir maintenir cette recherche de solution non-violente qu’il est important de continuer à s’engager politiquement et publiquement pour la défense de toutes ces personnes affaiblies (sécuritairement ou économiquement).

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.