Le souffle de la bête immonde

Ce matin, un jeune homme de 27 ans a été expulsé de Belgique, placé dans un avion qui l’envoie dans un pays qu’il a quitté il y a 21 ans. Un pays en guerre. Un pays où meurent tous les jours des dizaines de personnes sous les bombes et les coups de feu d’intégristes ou de militaires venus parfois même de Belgique.

Quels crimes a donc commis ce jeune homme pour être ainsi envoyé dans un pays où il ne connaît personne ? A part celui d’être né ailleurs… aucun. Etre né quelque part, chantait Maxime le Forestier… « Est-ce que les hommes naissent égaux en droits, à l’endroit où ils naissent? » Certainement pas.

A l’heure où j’écris, Jawadjon est en route vers cet Afghanistan qu’il a quitté à l’âge de 6 ans, avec ses parents. Il n’a plus, dans ce pays, que des cousins éloignés qu’il n’a pour ainsi dire jamais connus.

Il souffre d’épilepsie et c’est d’ailleurs pour des raisons médicales que le vol de la semaine dernière avait été annulé (reporté).

Il faut croire qu’entretemps, il est guéri, puisqu’il a été expulsé ce matin……

Dans notre pays, on expulse vers des pays qui connaissent la torture, le meurtre ethnique, des êtres humains qui sont venus chercher chez nous un peu de sécurité. Ils ne sont pas venu pour bénéficier d’un système social particulier (ils ne savaient sans doute pas même qu’il existait), mais bien pour travailler et vivre. Mais un gouvernement, le nôtre, celui pour lequel nous avons voté, et qui a hier célébré l’anniversaire de la libération des camps de concentrations (!) ordonne à son administration (qui exécute) de déporter vers un immense camp de la mort un jeune homme qui n’a commis aucun crime.

Pour moi, cela ne sent pas le roussi, cela sent bien pire que cela…

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.