Non, la question des migrants n’est pas « éminemment délicate »

En introduction de l’excellent édito européen prononcé ce matin par Anne Blanpain sur « La Première » radio, Georges Lauwerijs insiste sur le caractère « éminemment délicat » de la question des migrants en Europe.

Mais, Monsieur Lauwerijs, ce n’est pas la question des migrants qui est éminemment délicate, c’est l’hypocrisie des états européens qui est éminemment criminelle.

Si vous avez écouté votre collègue Anne Blanpain, ou lu les études les plus récentes sur le sujet vous n’ignorerez pas que les travailleurs migrants qui arrivent en Belgique trouvent un emploi dans leur plus grande majorité (Anne Blanpain) et qu’ils améliorent les conditions de travail et les conditions salariales de tous les travailleurs des pays dans lesquels ils s’installent.

Votre rôle en tant que journaliste  ne devrait-il pas être d’expliquer et d’informer la population de ce que la question de l’immigration est une question politique destinée à détourner l’attention des populations des véritables sources d’inégalités, qui relèvent plus de la logique financière pure de certains détenteurs de capitaux, en laissant porter leurs regards sur ce qui représente une différence (et une peur) plus facile à attiser: la couleur de la peau, l’accent de la voix ?

Ce ne sont pas les immigrants (dont le nombre a diminué en Belgique) qui renvoient vers les CPAS 50.000 chômeurs ! Arrêtons de donner sans cesse foi et voix aux discours discriminatoires: il n’y a pas de problème de migration. Il y a un sérieux problème avec l’instrumentalisation de la migration pour stigmatiser la peur du futur à travers la peur de la différence.

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.