Réinvestir dans l’école n’est pas une question d’argent.

iStock_Quatre_Enfants_LargeMa troisième année scolaire comme enseignant se termine ces jours-ci. Et à force de fréquenter ces classes dites « difficiles » qui se sont créées autour des intentions de lutte contre l’échec au premier degré, j’en suis venu à me dire que bien plus qu’une question de financement, c’est une question d’approche de la relation au jeune qui devrait nous inspirer si nous voulons vraiment amener ces enfants un peu perdus à retrouver une estime d’eux-mêmes basées sur des compétences citoyennes et responsables.

Dans ce cadre, une phrase de la tribune de Vincent de Coorbiter dans « Le Soir » du 25 juini m’a interpellé. L’ancien patron du CRISP s’y dit frappé par

le malaise qui s’accroît, malaise sur lequel les enseignants jettent un voile pudique mais qui se traduit crûment au niveau des élèves, trop nombreux à ne plus rien attendre de l’école.

Une petite remarque, sur le commentaire de Mr de Coorbiter. Tous les enseignants ne se voilent pas la face. Bien au contraire. Beaucoup se sentent par contre impuissants contre ce désinvestissement de l’école par les élèves. Car le grand défi des enseignants, c’est de rendre attractive – pour les élèves – une institution qui vue de l’extérieur n’a pas fondamentalement changé depuis 40 ans.

Je suis un vieux bonhomme (aux yeux des élèves au moins), mais un jeune enseignant (puisqu’il n’y a que 3 ans que je sévis dans le secondaire). Et une des choses qui me frappent lorsque je suis dans l’école, c’est qu’en termes de contenus et surtout de moyens de transmission de la connaissance, l’institution dans laquelle je me retrouve impliqué n’a pas fondamentalement changé depuis que je l’ai quittée – comme élève alors – en juin 1976. J’ai même parfois l’impression d’un recul, au minimum technologique !

Ce manque d’attente vis à vis de l’école, c’est exactement ce à quoi je (sans doute comme plusieurs de mes collègues, mais je ne parle qu’en mon nom) me trouve confronté dans ces classes de « bout de cycle » où l’on retrouve, à la fin du premier degré des jeunes âgés de 15 à 16 ans, qui viennent de connaître, souvent après des primaires compliquées, deux années d’échec successifs dans leurs deux premières années d’humanité.

Comment pourrait-il en être autrement ? S’il se trouve dans ces classes quelques jeunes qui « se battent » pour enfin réussir leur cycle, il y en a également beaucoup qui ont totalement intériorisé leur échec et leur incapacité à réussir. D’un point de vue systémique, après avoir tenté en vain (et souvent sans y mettre les moyens nécessaires) de « réussir » scolairement, ils doivent alors s’adapter en cherchant une solution qui ne les dévalorise pas à leurs propres yeux.

Cette adaptation passe malheureusement souvent par une dépréciation totale des programmes proposés par l’école (« je n’aurai jamais besoin des maths, des sciences et du néerlandais »), une focalisation sur des projets personnels souvent irréalisables (« devenir une star du football ou de la chanson »), et la mise en place d’une stratégie relationnelle basée soit sur l’apathie (« je dors en classe »), soit sur la provocation (« je me mets en valeur en créant du désordre »). Et l’on voit ainsi se construire des discours particuliers:

De toutes manières, je suis nul. Je n’arriverai jamais à rien à l’école. Vous non plus vous n’y croyez pas. Et comme on ne comprends rien, on chahute. Et en plus on n’aime pas votre cours. Il ne nous servira jamais à rien. Alors vous vous vengez en nous faisant rater.

Il y a ainsi création d’une logique rationnelle dans laquelle, en fin de parcours, l’échec n’est plus de la responsabilité de l’élève, mais bien de celle de l’enseignant. Et en quelque sorte, c’est aussi le cas. Je ne peux pas déclarer que 40 % de mes élèves sont en échec et rejeter la responsabilité de ce résultat sur les parents, les élèves ou la ministre en charge de l’éducation. Je suis, a minima co-, responsable de ces échecs.

Ce que ma pratique de la psychothérapie m’a appris, c’est qu’il ne peut  y avoir de changement sans désir de changer. Et la première mission de l’intervenant qui tient la position haute dans une relation (et c’est bien le cas de l’enseignant dans sa classe), c’est de tout mettre en oeuvre pour donner à son partenaire relationnel non pas l’envie, mais le désir d’atteindre un objectif. La différence entre envie et désir étant celle qui sépare le spectateur de l’acteur.

Nous répétons à l’envi à nos élèves que l’école n’est pas la maison. C’est pour cela que nous nous autorisons des règlements d’ordre intérieur, des règlements des études, des évaluations et des sanctions qui ne laissent aux parents, principaux détenteurs de l’autorité sur leurs enfants, qu’un droit de recours, extrêmement limité à l’égard de nos actes et décisions. Aussi longtemps que cette différence entre l’école et le monde extra-scolaire est définie par des restrictions et des contraintes, il est nécessairement perçu par les élèves comme un lieu de difficultés et de souffrance. C’est clairement et indiscutablement le cas pour nos élèves dans ces classes stigmatisées au sein desquelles s’accumulent les années d’un premier degré « sans redoublement ».

Et pourtant, on pourrait regarder l’école autrement. La prémisse est identique: l’école est un univers différent de la maison. Les lieux, les temps, les êtres, les activités, les règles sont différents. Franchir les portes de l’école, c’est traverser un sas qui pourrait amener à une vie profondément différente de celle qui se vit à l’extérieur, et cet univers peut être plus sécurisant sans être plus sécuritaire.

Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui, mais j’aimerais revenir sur les moyens à mettre en oeuvre, à mon niveau d’enseignant ou de coach, pour renverser cette situation et créer justement un environnement favorable au développement de ces enfants.

Serais-je devenu « has been » ?

Mon récent article sur Quand un Elu Ecolo dérape m’a valu les foudres d’un de mes lecteurs préférés. Ce lecteur super-attentif de ma prose m’explique qu’il est devenu tout à fait normal d’utiliser cet épisode de « La Chute » pour parodier l’une ou l’autre personnalité. Que nombres de personnalités belges, françaises et autres ont été victimes de ces parodies. Que l’auteur de « La Chute » lui-même trouve ces détournements amusants. Bref, l’usage répété de cet extrait à des fins de dérision enlèverait « en soi » toute intention d’assimilation entre le nazisme et la personne ciblée par la parodie.

Plus je réfléchis à cette remarque, et moins je la trouve logique. Une première réflexion qui s’impose à moi, c’est la question de la répétition qui normalise. Il est exacte qu’une norme se forme en partie sur base de la répétition habituelle d’un phénomène (au sens philosophique du terme) donné. Mais cela n’est qu’une partie de la constitution de la norme. Pour que norme il y ait, il faut à la fois la répétition du phénomène et son acceptation comme un facteur environnemental positif. Si le phénomène répété produit du mal-être social, il n’est pas considéré comme « normal ».

Pour moi donc, le simple fait qu’un nombre important de gens utilisent aujourd’hui dans leur langage quotidien certains termes vulgaires ne rend pas cet usage « normal ». Il le rend simplement fréquent. Le fait que les réseaux sociaux permettent aujourd’hui à des jeunes de rendre plus visibles leurs actions de harcèlement de leurs compagnons de jeux ne me paraît pas une « normalisation » du phénomène. Par contre, on peut constater la hausse de la fréquence des harcèlements. De la même manière, le simple fait que l’extrait de « La chute » soit utilisé par de nombreuses personnes pour en railler d’autres ne fait pas de ces railleries quelque chose de « normal », mais simplement de « fréquent ». En fait, ce constat enlève à ma perception de « l’oeuvre » que je critiquais son seul caractère positif: l’originalité.

A côté de cette discussion sur la normalité et la fréquence, il y a aussi le choix des personnages. Dans la parodie incriminée, c’est un phénomène très parallèle à la scène du film qui est rejoué: la plongée dans la folie d’un homme qui décide de rejeter la responsabilité de son échec sur les autres. C’est aussi cela qu’est censé faire Charles Michel-Hitler. Et donc, cela facilite l’assimilation dans la perception des deux personnages.

Il y a un phénomène doublement pernicieux à l’oeuvre: d’une part, assimiler un personnage actuel au monstre le plus universellement reconnu du XXème siècle est un acte qui dépasse la simple indélicatesse. D’autre part multiplier les utilisations parodiques « mineures » du Reichsfuhrer, c’est finalement lui enlever son caractère extra-ordinaire. C’est en quelque sorte… le normaliser.

Et là, le bas blesse manifestement. Derrière chaque démocratie, il y a souvent un Hitler, un Staline, un Pol Pot, un El Hassad qui se cache. Donner à de tels personnages la légèreté d’un acteur comique, c’est détruire le signal symbolique de danger qu’ils représentent par rapport à une morale citoyenne. Se moquer de Charles Michel (que, je le rappelle, je ne porte pas du tout dans mon coeur) en utilisant une vidéo dans laquelle le message analogique est la colère d’Hitler, alors que le message digital (les sous-titres) est un texte humoristique, c’est créer une confusion dans l’information diffusée: « Si Charles Michel a le visage de Hitler, et que Hitler porte les paroles de Charles Michel, alors on peut se demander si l’un est plus dangereux que l’autre ». Il faut se promener dans les cours de récréation de 2014 pour se rendre compte du danger de telles confusions, et de la responsabilité supportée par ceux qui les créent.

Donc, mon cher lecteur favori, tu constateras que ton vieux radoteur n’a pas changé d’avis. J’espère que tu ne lui en tiendras pas rigueur et que cette réflexion continuera à nourrir de riches discussions entre nous.

Quand un élu Ecolo dérape…

La toile se gausse aujourd’hui de la nouvelle parodie de « La Chute » réalisée par Stéphane Vanden Eede, élu écolo, conseiller CPAS à Ottignies-Louvain-la-Neuve et conseiller politique à la présidence du parlement wallon (ne voulant pas contribuer plus à la diffusion de ce torchon, je vous laisse le rechercher par vous même. Indice: Sud Presse adore !). Dans ce nouvel avatar, c’est Charles Michel qui est « incarné » par le personnage de Hitler et qui exprime toute sa rage et tout son désespoir face à la défaite politique qui fait suite au succès électoral, en rejetant la faute sur Didier Reynders, Willy Borsus et Corentin de Salle.

Quelle mouche a donc piqué le politicien vert pour ainsi tomber plus bas encore que ceux qu’il dénonce. Avec une telle vidéo, il se met au niveau des Laurent Louis et autre Alain Destexhe, remuant les plus viles émotions et les images les plus ignobles pour attaquer personnellement des gens qui restent aussi des êtres humains.

Tout qui me lit régulièrement sait mon aversion pour les politiques prônées par le Mouvement Réformateur, et peut facilement s’imaginer que le rejet du MR dans l’opposition pour quelques années ne peut que me réjouir. Leur projet politique ne passera pas. Mais électoralement parlant, c’est bien l’amertume de la défaite électorale qui me semble se cacher derrière l’opus de Stéphane Vanden Eede.

Je suis curieux de savoir si le parti écolo sera aussi sévère envers un populiste « de l’intérieur » qu’il peut l’être vis à vis de ceux auxquels ils s’opposent.

Et quand il déclare:

« Cette parodie, tirée du film ‘La Chute’ d’Oliver Hirschbiegel n’a, en aucun cas, l’intention d’assimiler les personnages d’aujourd’hui à Hitler, au nazisme ou aux événements qui endeuillèrent le monde entre janvier 1933 et août 1945 », précise le politicien. « Si j’avais trouvé des images de Martine ou des Barbapapa qui s’y prêtaient je les aurais utilisées de la même manière ».

Stéphane Vanden Eede sait très bien qu’il commet une immense hypocrisie. Ce qu’il a cherché, c’est l’odieux qui remue les tripes, et il n’avait bien entendu aucune chance de le trouver, ni chez Martine, ni chez les Barbapapa. Un politicien respectable soutient ou attaque des politiques, mais respecte toujours les hommes. Sans réaction rapide, claire et sévère de l’appareil du parti Ecolo, c’est celui-ci tout entier qui devra alors bien admettre être devenu un parti populiste.

Enseignement: mes pistes pour le nouveau premier degré

Travaillant dans l’enseignement depuis seulement trois ans, je ne peux que constater le peu de crédibilité que la nouvelle réforme du premier degré de l’enseignement secondaire semble recevoir de la part des acteurs de première ligne.

Il est vrai que pour un enseignant avec une longue carrière derrière lui, cette réforme est la énième et ne semble pas fondamentalement « révolutionnaire ». Heureusement d’ailleurs, car les mêmes acteurs de la première ligne se révolteraient sans doute face à un changement massif. Et pourtant…

Et pourtant, il me semble qu’il y a des pistes qui pourraient être examinées, sur base des éléments du nouveau décret, et sans doute même dans le respect de celui ci. Ce que j’ai compris de cette nouvelle organisation (en tous cas pour ce qui concerne le premier degré « commun » que fréquente la majorité de nos têtes blondes dès lors qu’elles ont franchi l’épreuve du CEB):

  • Il faut prendre le premier degré comme un ensemble de deux ou trois ans devant permettre aux élèves d’acquérir les compétences nécessaires pour s’insérer avec succès dans le deuxième degré qui conviendra le mieux à leurs aspirations et à leurs compétences;
  • cette notion d’ensemble implique la disparition du redoublement à quelque stade que ce soit: un élève passe normalement deux ans dans le degré pour obtenir son CE1D, et dispose d’une année supplémentaire (la 2ème S) pour renforcer ses compétences si elles ne sont pas suffisante pour envisager le 2ème degré de son choix.
  • si possible cette réforme doit se faire sans modification sensible en terme de personnel éducatif (heureusement, si l’on veut bien considérer que nous possédons le plus haut taux d’enseignant par élève au monde).

L’aversion de l’être humain face au changement nous pousse à croire que ces modifications devront se faire dans un schéma d’organisation scolaire inchangé. Si c’est le cas, on verra bien entendu des élèves arriver en première année d’humanité en se disant que « de toute manière, en trois ans, on passe d’office ».

Il me semble que l’on pourrait sans doute regarder les choses autrement, à condition de remettre en cause certains tabous:

  1. Le premier tabou que je mettrais à mal est celui de la remise à zéro des compteurs en début d’année scolaire: une fois les épreuves de juin terminées, la réussite ou l’échec constaté, les décrets actuels comptent sur des documents administratifs (les PIA) pour assurer la transition d’une année sur l’autre. Dans les faits, les professeurs trop concentrés sur la relation à créer avec leurs nouveaux élèves, ne lisent pas ces PIA, ne discutent que trop peu avec les collègues ayant pris en charge les élèves l’année précédente, et partent de l’hypothèse que leur cours de deuxième année « doit bien être donné ». Le matériel scolaire n’aide pas: les élèves ont « remis » les manuels de première année en vente, ou en retour de location, et disposent désormais de manuels (de deuxième année) qui n’est peut-être pas encore adapté à leur propre acquisition de compétence.
  2. Le deuxième tabou que je mettrais en question est celui de l’attachement du titulaire à un « groupe classe ». Le titulaire est responsable aujourd’hui d’un groupe d’élèves qui est construit comme un « bloc » immuable, avançant ensemble dans tous les domaines simultanément. Les élèves restent 80% du temps dans le même local (qu’il soit petit, grand, confortablement équipé ou pas), et ils voient se succéder au cours de leur semaine les professeurs. Le titulaire perçoit d’abord la classe comme un « groupe » qui lui appartient en tant que groupe. Il s’attache bien entendu aux individualités, mais ne peut s’empêcher de mettre chaque individualité en relation avec le groupe-classe en qualifiant des notions d’influences mutuelles de l’enfant sur le groupe et du groupe sur l’enfant.

Alors, quelle serait ma proposition ?

  1. Créer une continuité d’enseignement sur les deux premières années pour les élèves respectant un parcours « normal » dans un domaine de compétence: par exemple, comme professeur de néerlandais, une de mes attributions serait de faire suivre le cursus de base en néerlandais à une majorité d’élèves, et ce pendant deux années d’affilée. Je serais donc responsable de les amener à la réussite en deux ans ou à identifier suffisamment tôt un besoin de soutien ou de remédiation. J’enverrais ainsi en remédiation immédiate tout élève qui sur un point particulier du programme, n’arriverait pas à acquérir les compétences requises au même rythme que ses congénères. Ces deux premières années se caractériseraient donc par une continuité d’enseignement, des remédiations immédiates chaque fois que c’est nécessaire, et un bilan de compétences acquises exprimé positivement et pas en terme de réussite ou d’échec. Le complément de cette sanction serait de savoir si les compétences acquises permettent ou non d’affronter la matière proposée au 2ème degré. C’est la notion de « groupe-cours » qui remplace celle de « groupe-classe ».
  2. Du point de vue des élèves, il n’y aurait pas de remise à zéro des compteurs: il faut avoir acquis un niveau de compétence que l’on peut rendre perceptible de manière progressive: un peu comme un jauge qui indiquerait où l’on en est par rapport à un parcours idéal. Et ce parcours n’est pas décrit comme une suite de 2 années, mais bien comme un degré qui se parcours en deux ans. Il n’y a plus de « réussite » ou « d’échec » en première année… parce qu’il n’y a plus de « première » année. Il y a un plus long congé au milieu d’un cycle de deux années civiles. Et dans la grande majorité des cas, on retrouve dans chaque matière le professeur que l’on avait l’année précédente
    Bien entendu, cette proposition présente le risque des situations relationnelles difficiles entre un professeur et un élève. Il me semble que le rôle d’un médiateur scolaire pourrait alors aussi être d’aider à trouver des solutions à de telles situations, incluant à l’extrême le déplacement d’un élève d’un groupe-cours vers un autre…
  3. Que se passerait-il alors la troisième année ? Ne pourrait-on envisager une année beaucoup plus ciblée sur les compétences faisant défaut, et un simple « entretien » des connaissances et compétences dans les domaines qui ont donné satisfaction au cours des deux premières années ? Imaginons même un élève avec de très sérieuses difficultés dans quatre branches importantes: Langue Maternelle, Mathématique, Sciences et Néerlandais. Mon horaire de prof de néerlandais pourrait très bien comporter une plage horaire de quelques heures (plus que l’horaire normal du degré – par exemple 6 heures au lieu de 4) pendant laquelle je travaillerais les points faibles des élèves n’ayant pas acquis les compétences requises en néerlandais. Deux des ces (par exemple) six heures pourraient être consacrées à des travaux pratiques obligatoires pour TOUS les élèves de troisième année du premier degré, afin de maintenir leur niveau de compétence en néerlandais (par exemple en organisant des tables de conversation). J’imagine que tant un prof de math, qu’un prof de français ou de sciences pourrait imaginer une formule similaire.
  4. Un autre rôle qui change fondamentalement d’après moi dans une telle approche, est celui du « titulaire ». De mon point de vue, je ferais disparaître cette notion au profit d’une notion de « coach individuel », tout professeur pouvant être appelé à remplir ce rôle pour un ou plusieurs élèves. Chaque élève devrait choisir ou se voir assigner un professeur (peu importe la matière) qui serait son référent au sein de l’école, et le lien avec les parents en ce qui concerne la scolarité. L’avantage me paraît important: aujourd’hui, quelques professeurs se chargent de toutes les difficultés administratives liées à toute une classe. Cette charge est énorme et rend presque impossible l’individualisation des suivi. L’alternative serait de demander à chaque professeur (ou à des professeurs qui seraient volontaires pour cette démarche) d’effectuer le suivi individuel de trois, quatre ou cinq élèves. Il pourrait alors consacrer plus de temps individuel à chacun de ses « pupilles », et effectuer une coordination plus fine jusqu’au conseil de classe.

Beaucoup diront que mes idées ne sont pas nouvelles. Beaucoup trouveront des tas de raisons pour ne pas pouvoir les mettre en oeuvre. Mais peut-être que cette réflexion m’aidera moi à mettre mes propres idées au clair, et à envisager différemment les années qui se présentent devant moi.

Nuages fouettés au Grand Tour Saint Vincent

Aujourd’hui, rencontre familiale à Soignies, à l’occasion du « Grand Tour Saint Vincent ».

C’est au départ de la procession que les hallebardes se sont mises à tomber… La procession traditionnelle s’est donc déroulée en deux temps, un premier essai à ramené toute la troupe en grande vitesse à la collégiale, mais lorsque nous nous sommes mis en route vers 12h, la procession reprenait dans un tour plus traditionnel, et sous un ciel plus serein.

Sur le chemin du retour, nouvel amoncellement de nuages, d’une forme toute particulière…

Le blog de BlueDream

Conscient de ce que cette partie de mon blog n’a pas grand chose à voir avec le reste de son contenu, j’ai migré tous les articles concernant l’aménagement d’un fourgon en camping-car sur un blog spécifique.

Si ce sujet vous intéresse, rendez-vous donc sur Le Blog de BlueDream.

La mauvaise colère des gagnants perdants…

Deux semaines déjà que nous avons voté. Et ce que je vois des négociations et alliances en cours ne me dégoute pas. Je voulais le dire et l’écrire, car tant de gens autour de moi semblent oublier que quelle qu’elle soit, lorsqu’une majorité se mettra en place demain ou dans deux ans, à un niveau de pouvoir donné, elle sera légitime et respectueuse du choix d’une majorité d’électeurs.

Je crois ne pas avoir caché mes intentions de vote, et le parti pour lequel j’ai voté fait partie des « perdants » de ces élections (en termes de voix, de sièges, d’emploi). Est-ce que cela veut dire qu’il doit être exclu de toute forme de coalition ?

En cette époque d’examens, il me semblerait important de rappeler à tous ceux qui se plaignent de ne pas se retrouver dans une majorité « malgré leur score électoral », qu’il existe une différence entre une intégrale et une dérivée… Ce qui définit l’importance d’une figure géométrique, c’est l’intégrale de sa fonction, la dérivée ne montre que la tendance, à un instant précis de l’évolution de cette importance. Et c’est précisément cette confusion que font aujourd’hui les libéraux.

Faut-il leur rappeler que si il ne se retrouvent pas dans une majorité, même s’ils ont progressé plus fort que tous les partis présents dans cette majorité, c’est qu’il n’ont pas réussi à s’imposer comme incontournable ?

Faut-il leur rappeler qu’un pays comme le notre, qui a choisit un système électoral proportionnel produit nécessairement des majorités plus représentatives des choix de l’électeur que les systèmes électoraux majoritaire?

Faut-il leur rappeler le rôle essentiel qui leur est désormais dévolu: celui de porter un regard critique sur les politiques qui seront menées par les majorités auxquelles ils ne participent pas ?

Faut-il leur rappeler qu’en critiquant les hommes et leurs associations représentatives (ici les partis politiques) au lieu de critiquer leurs actions et leurs politiques, ils tombent dans la ségrégation et non dans la contradiction. Ils ne font rien d’autres que de répéter que l’on est bon ou mauvais « parce que l’on est pas comme eux », et non pas parce que l’on commet des actes bénéfiques ou nuisibles (et encore faudrait-il savoir pour qui ces actes sont bénéfiques ou nuisibles)?

J’ai trouvé un peu paradoxale l’attitude d’Ecolo (que pourtant j’apprécie grandement par ailleurs) lorsque le parti s’exclu de lui-même de toute possible coalition pour regretter ensuite que la coalition qui va se mettre en place en Wallonie est une « coalition du passé ». Tout cela alors même que si l’on y regarde de plus prêt, dès lors qu’eux-mêmes refusent a priori de rentrer dans une coalition, cette coalition est à peu de choses la plus à gauche possible…

Mais je trouve franchement ridicule et revencharde l’attitude du MR qui se lamente des conséquences de son échec électoral: ne pas avoir pris assez de voix au bon parti ! Les analyses post électorales montrent en effet un report important de voix écolo vers le MR, alors que le maillon indispensable d’une alliance électorale au Sud de notre pays reste pour eux le CdH. En effet, si l’électeur qui a quitté écolo est souvent parti au MR, ce qui démontre un poids inattendu de la droite au sein du mouvement vert (au moins de celui d’avant le 25 mai), la direction des verts, elle, se perçoit toujours comme progressiste et à gauche de l’échiquier politique. Inutile donc d’essayer de pactiser avec eux en tant que MR… ne restait donc que le CdH.

N’ayant virtuellement pas pris de siège ni au CdH, ni au PS, le MR a donc oublié d’affaiblir les deux partis qu’il lui aurait fallu rendre dépendant de son bon vouloir.

Les urnes ont rendu leur scrutin, et il est anti-pédagogique d’un point de vue citoyen de dire qu’une coalition qui obtient la majorité n’a pas de légitimité, sous prétexte qu’elle ne reprendrait pas le parti qui a le plus progressé, voire même le parti le plus important. Par définition si il y a moyen de construire une coalition sans un parti donné, c’est que ce parti ne représente pas (encore) un nombre de voix qui le rende incontournable à un niveau de pouvoir donné.

Qu’on me comprenne bien: je ne suis pas en train de soutenir les coalitions qui semblent se mettre en place. Je suis simplement en train de rappeler qu’en démocratie, il faut toujours parler « du lieu où l’on se trouve », dans le respect des hommes et des femmes qui choisissent de lutter pour le pouvoir de décider en notre nom. Et il n’y a aucun mal à avoir cette soif de pouvoir décider au nom de ceux qui se sont exprimés, puisque par définition ce pouvoir est légitime. Que deviendrait un pays gouverné par des femmes et des hommes qui n’auraient aucun désir de gouverner ?

Finalement, en démocratie, la plus belle place n’est elle pas justement celle de l’opposition ? C’est elle qui définit le concept même de démocratie, puisque c’est elle qui représente l’aiguillon permanent, la menace d’alternative pacifique, qui oblige d’une manière ou d’une autre la coalition au pouvoir à tenir compte dans ses décisions de ce qu’en diront leurs opposants.

Il nous manque une banque…

Tout qui a eut affaire aux banques sait combien ces institutions traitent généralement avec arrogance les quidams qui n’ont pas de fortune à leur confier. Les banques généralistes participent allègrement à la fois au manque de financement de projets porteurs d’avenir, tout en finançant la surconsommation de biens généralement produits dans des conditions inacceptables et en créant chez leurs clients les conditions de l’entrée dans le surendettement.

Lorsqu’elles ont été confrontées aux conséquences de leur inconséquence, les banques se sont retournées vers les Etats qui, par peur d’une sois-disant faillite (dont on ne sait toujours pas ce qu’en auraient été les conséquences réelles), ont généreusement ouvert leurs bourses (financées par ceux-là même auxquelles les banques refusent le moindre prêt ou la moindre rémunération décente de l’épargne). Et dès lors qu’elles ont retrouvé un peu de couleurs… leur management retombe dans les mêmes errances de rémunérations démesurées tout en soutenant toujours aussi peu le développement économique durable.

Si par malheur (pour elles) un mouvement citoyen se forme et tente d’apporter une réponse alternative, sous la forme d’une banque durable, citoyenne, créée et contrôlée par ceux qui bénéficient de ses services, un vrai mouvement de panique s’installe. Car c’est vrai, la presse en parle, les gens en parlent… cela pourrait peut-être se faire. Ce monstre finit par avoir un nom, et par rassembler peu à peu de l’argent. Suffisamment que pour pouvoir rêver de passer le cap.

Ce serait oublier que le secteur bancaire est de facto autorégulé. La création d’une nouvelle banque, ça ne se fait qu’avec l’accord de l’organe de contrôle des banques, lui-même contrôlé par la Banque Nationale, elle même dirigée principalement par une clique de banquiers… Alors le premier d’entre eux, Luc Coene, le Gouverneur de la BNB, ne disposant d’aucun argument matériel pour arrêter le mouvement citoyen, use de l’argument d’autorité. « Il y a déjà trop de banques ». Voilà un excellent argument ! C’est justement cette banque là, la banque de trop. Ce n’est pas le CréditCommunalDexiaBelfius qui a plombé le budget de nos concitoyens et de nos collectivités pour les 20 prochaines années, ce n’est pas la SociétéGénéraleFortisBNPParibas qui a démantelé des milliers d’emplois, ce n’est pas CitiBeoBank qui a entubé jusqu’à un ex-premier ministre avec ses propositions mensongères de placement sans risque qui se cassent la figure au premier virage… La « Banque de Trop », ce doit surement être New-B, cette banque que des citoyens veulent créer de leurs propres deniers, dont ils veulent confier la gestion à des associations impliquées dans les projets responsables et durables, qui risque de ne pas danser sur la musique de Mr Coene…

Alors il faut réagir !

Il  nous manque une banque, il nous manque New-B et il faut que cela se sache.

La pétition c’est ici

Le thunderclap c’est 

On compte sur vous pour clouer le bec à Mr Coene et contribuer à la naissance d’une banque vraiment au service des citoyens.