J12 : Molfetto – Brindisi

Journée courte et pleine de bonnes surprises aujourd’hui.

J’écris ces lignes dans le parking du port de Brindisi, il me reste une heure avant d’embarquer sur le Catana en direction d’Igoumenitsa. J’ai mes tickets et la seule chose à faire c’est « attendre ».

Finalement, si je suis descendu aussi bas, c’était principalement pour voir les Trulli, ces habitations particulières qui furent construites semble-t-il au XV ème ou au XVI ème siècle pour des raisons fiscales comme des « habitations précaires » (les pierres n’étaient pas cimentées).

Le plus beau quartier de Trulli se trouve à Alberobello – du moins d’après l’UNESCO qui a classé tout le quartier au patrimoine mondial. En route donc pour Alberobello qui se trouve à 25 minutes de Capitolo. Après avoir roulé dans la plaine, la route monte avec de très belles vues sur l’Adriatique, pour atteindre un plateau couvert de terres agricoles, principalement des oliveraies, séparées par des murets de pierres blanches. Les fermes installées au coeur de ces oliveraies ont souvent des annexes dont les toits circulaires font penser aux Trulli. Mais je suppose que ceux-ci sont plus décoratifs qu’autre chose. Par contre, quelques Trulli isolés et abandonnés font penser à d’anciennes habitations réellement utilisées en leur temps.

Arrivé à Alberobello, je trouve facilement le parking commun aux voitures et au camping cars. Le tarif à l’entrée indique 3 € pour les voitures… et 10 pour les camping car. J’argumente dans toutes les langues (y compris mon italien) qu’ils peuvent m’installer sur un emplacement de voiture, que je ne reste que 2 heures… et je finis par avoir gain de cause (même si le petit jeune qui me cède se fait sérieusement engueuler par son patron d’un « ma, fanc…lo, c’e un camping car ! » ou quelque chose comme ça)

C’est aussi jour de marché (mais peut-être est-ce tous les jours ainsi) et je peux m’offrir du raisin délicieux qui va me nourrir une bonne partie de la journée (et de la soirée aussi, je suppose).

Puis c’est la découverte du quartier des Trulli. Une blancheur resplendissante, une beauté grandiose. Un ensemble qui représentait en un temps la pauvreté mais qui fait aujourd’hui la richesse de la ville. Un amoncellement de toits aux pierres plates posées en cercles concentriques et terminés par une clé de voute travaillée, sur des murs blancs immaculés. Parfois un symbole, un dessin peint en blanc sur les pierres grises du toit.

Un petit musée à l’entrée gratuite, à côté de l’Eglise des Trulli (elle aussi nantie de clochers « trullesques ») explique comment les Trulli sont nés, et comment ils ont évolués dans l’histoire de lieu de résidence « en résistance » à la taxation de l’état central, puis en logements précaires, voire en étables, pour reprendre une valeur esthétique puis commerciale avec l’essort grandissant du tourisme. Ils abritent aujourd’hui presque exclusivement des commerces sur les rues principales, mais aussi du logement dans les petites ruelles latérales dans lesquelles les touristes ne semblent pas s’aventurer. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent.

Je me promène pendant deux ou trois heures dans ce lieu si particulier, puis rejoins le camion pour reprendre la route.

Sur la route du retour, à quelques kilomètres de Alberobello je croise le bourg de Locorotondo « un des plus beau bourgs d’Italie » d’après le panneau d’accueil. Comme il me reste pas mal de temps je décide de m’y arrêter. Et là aussi, c’est une découverte merveilleuse. Un bourg perché, ici aussi tout de blanc peint, avec des maisons beaucoup plus hautes, enchevêtrées les unes dans les autres. Des ruelles où l’on prend plaisir à se perdre. Et où les rencontres sont enfin possibles. D’abord avec un photographe passionné de sa ville qu’il immortalise principalement lors des grandes fêtes patronales qui se déroulent le week-end du 15 août, autour de la personne de la Vierge et de Saint Roch. Il m’explique le pourquoi des visages qu’il photographie, le parcours de la procession, m’indique des lieux particuliers à voir dans la ville.

Comme je serai ce soir dans le ferry, je choisi de manger pour une fois au restaurant. Un petit coup de TripAdvisor m’envoie d’abord vers « la meilleure pizzeria » de la ville, qui est fermée le midi, puis vers un autre restaurant « U Cundunn » ou toute une tablée de français vient s’installer avec deux couples, et trois enfants dont un tout petit bébé. Je leur servirai d’interprète, mais en même temps je n’ai pas le sentiment de manger seul.

Je m’autorise un verre de vin blanc (il paraît qu’il est ici remarquable, je le trouve plutôt quelconque) et un café. Ensuite, route vers Brindisi (Mr GPS me dit que j’arriverai avec deux heures d’avance). Que vois-je sur le bord de l’autoroute, à quelques kilomètres de l’aéroport de Brindisi ? Un marchand de motorhomes ! Je trouve une sortie, reviens sur mes pas : ils ont des cales (on dit ici des Cunei) mais ils ne prennent que le cash (surprise!) et il me manque 5 euros. Où trouver un Bancomat ? Ils ne savent pas. Je me souviens que nous sommes proche de l’aéroport. Et un aéroport sans Bancomat, ça n’existe pas ! Ils acquiescent et en effet, je trouve l’aéroport, le parking « gratuit 15 minutes », le Bancomat qui ne délivre que des billets de 50 euros. Retour chez mes marchands de motorhomes… ils n’ont pas la monnaie. Je fais le désespéré. Ils se cotisent entre les trois gardiens du site et finalement, je repars avec mes cales.

Le reste est à venir. Embarquement dans 45 minutes. Arrivée à 4h30 du matin.

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.