J8: Genève-Crevoladossola

J’ai laissé Lucy à l’aéroport de Genève vers 13h45. Son vol partait vers 15h30, mais a été retardé en raison des orages sur Bruxelles. Je ne l’ai su que bien plus tard, lorsqu’elle m’a appris sa bonne arrivée vers 18h (soit une heure plus tard que prévu).

Ma destination du 7 août, dans quatre jours, est claire : je dois être à 18h à l’embarquadère de Brindisi pour le ferry vers Igoumenitsa. Et si possible demain matin à l’ouverture du Leroy Merlin de Varese pour travailler, sur leur parking, à la réparation de mes fuites de lanterneau. Quitte à risquer des aller et retour au magasin, mieux vaut être sur place.

Mon plan est de me trouver si possible à une heure – une heure trente de route de Varese, et si possible dans un coin sympa. D’après mon GPS, si je veux le faire suffisamment rapidement, deux routes s’offrent à moi. Soit par le Tunnel du Mont Blanc (le plus court, le plus rapide), soit par le col du Simplon (20 minutes de plus, 30 km de plus). Vu le prix du tunnel du Mont Blanc, le choix est vite fait : je partirai par le Simplon.

A peine ai-je laissé Lucy que la pluie commence à tomber sur la route. Je roule pendant une heure avant de m’arrêter au relais de Lavaux, au dessus de Montreux et de Vevey. Avec de très belles vues sur le Lac Léman. Un petit café plus tard, je reprends la route, qui de bifurcation en bifurcation m’emmêne à Brig, puis à l’entrée du col du Simplon. J’ai eu l’occasion en chemin d’acheter d’excellents abricots du Valais, qui devraient d’après la vendeuse, me tenir compagnie agréablement jusqu’à samedi prochain. On verra. Ils sont en tous cas excellents.

C’est au pied du Simplon que je me rends compte que je n’ai pas fait de provision pour cuisiner ce soir. J’essaierai donc de trouver un magasin ouvert à la fin du col, côté italien.

Ce col fait 25 km de montées, culmine à 2005 m avec deux ou trois restaurants et un énorme ermitage. La route est en pleine réfection et la vitesse limitée à 60 km/h sur la presque totalité du parcours. De plus plusieurs zones de circulation alternée arrêtent l’escalade. Je ne suis donc pas responsable d’embouteillages, Bluedream s’en sortant tout à fait bien avec la montée. Je suis par contre fasciné de voir non seulement des vélos, mais également des randonneurs sur cette route ! Faut aimer les gaz d’échappement pour faire un tel trajet à pied ou à vélo.

En même temps, les vues sur la vallée sont impressionnantes, les ouvrages d’arts vertigineux. Ces ponts suspendus au dessus du vide m’impressionnent plus que les longs tunnels creusés dans la montagne. Il y a ce paradoxe que même s’ils sont plus polluants visuellement, les ouvrages d’art extérieurs comme ces viaducs sont moins violents avec la montagne que les tunnels qui s’enfoncent dans la roche.

Arrivé au sommet vers 17h00, je vois quelques motorhomes prêts à bivouaquer et je songe à faire de même. Mais la vue est totalement bouchée par les nuages et ne me semblent pas extra-ordinaire. De plus, ces fameux nuages sont plus que menaçants : ils larguent carrément quelques gouttes d’eau sur mes vitres. Et j’en ai assez de cette flotte. Je n’ai pas envie de prendre à nouveau le risque de me retrouver noyé demain matin. Je décide donc de descendre le col. Longue descente jusqu’à la frontière italienne. Aucun douanier en vue, ni d’un côté, ni de l’autre. Ni dans un sens, ni dans l’autre. Et le magasin d’alimentari vient de fermer. Il me reste des biscottes, dirait Lucy (et des abricots et des pommes).

Je consulte Park4Night pour voir si un parking existe à proximité. Un emplacement pour 20 motorhomes, gratuit, herbeux et dans un petit village est signalé à 10 km. Mon GPS me dit qu’il me reste une heure trente avant Varese. Je me dirige donc vers Crevoladossola.

Découverte charmante. Un petit village au fond de sa vallée. Visiblement l’activité principale tourne autour de l’utilisation d’un jeu impressionnant de canaux et de torrents, sans doute pour produire de l’électricité. Les ponts, les torrents, les canaux déchiquettent le village en petits morceaux, mais le coeur, la vieille église et ses rues avoisinantes sont pleines de charme. De plus, le parking de la zone sportive du village qui sert de zone d’accueil pour camping car est totalement vide. Au calme au bout du village, presque dans une impasse, au bord d’un des multiples canaux qui traversent la région. Une vingtaine de places de parking, dans une zone stable, horizontale et herbeuse : apparemment que du bonheur ! Je m’y installe donc puis part faire un tour du village. Je me décide finalement pour déroger déjà à la règle de la cuisine maison (je le promets, je ferai des courses pour pouvoir cuisiner dès demain!). TripAdvisor me recommande Il Baccho, une pizzeria à 800 m du parking, avec un magnifique 4,5 sur 5. Meilleur restaurant de la région. Et pour 16 euros j’y mange une pizza sublime (asperge et jambon séché), une grande bière et un café. Il y avait des pizzas à partir de 5 euros.

La nuit tombe quand je reviens au camion. Le temps d’écrire cet article, de relever mes photos et de les préparer et d’uploader le tout et ce sera dodo…

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.