Quand le retour se fait « sentir »…

En rédigeant ces lignes mercredi 27 août, je me rends compte que j’ai perdu un peu la notion du temps.

Cela va faire une semaine que je voyage seul, et la réalité du retour se matérialise de plus en plus. Il ne s’agit pas que des emails professionnels que je regarde avec plus d’attention (voire que je sollicite parfois), il y a aussi la météo qui m’a amené depuis hier à ajouter une « couche » au dessus de mon T-Shirt.

Il y a aussi le « déchoc » culturel de passer de Serbie en Hongrie et surtout en Autriche et à Vienne. Les lumières de l’autoroute, qui jouent avec les éclairages des centres commerciaux à l’entrée de Vienne m’ont donné une étrange sensation d’arbre de Noël, mais aussi de retour aux habitudes.

Les photos en vrac de la galerie du jour montrent ainsi trois jeunes partageant un tricycle motorisé sur la route de la frontière Serbo-Hongroise. Ce que je ne montre pas ici, ce sont les deux heures et demi d’attente à cette frontière. Les hongrois jouent clairement leur rôle de gendarme de l’Europe. Chaque personne, chaque véhicule est fouillé avec la rigueur apprise par ces mêmes douaniers à l’époque du rideau de fer.

Mais aujourd’hui ce ne sont plus les idéologies qui font peur, mais bien le risque d’importer chez nous la supposée pauvreté des autres. Terrible aveuglement qui nous fait oublier qu’ouvrir sa porte à l’autre, c’est toujours s’offrir de nouvelles ressources et de nouvelles richesses.

Peu ou pas de photo de Budapest ici. Ce n’est pas un boycott, mais la beauté architecturale de la ville est certainement mieux illustrée par d’autres. J’en retiens (comme pour la plus grande partie de la Hongrie) une grande difficulté à rencontrer les habitants. Bien entendu, je ne parle pas le hongrois. Je ne peux malheureusement pas parler toutes les langues européennes (quoique, c’est un défi, non?). Mais la difficulté du hongrois, langue qui n’a aucune familiarité ni aucun point commun avec les langues germaniques, slaves ou latines, c’est que des choses aussi simples que dire « s’il vous plait » ou « merci » deviennent presque impossible.

J’ai passé la nuit au pied du Parlement, où le parking est « gratuit » de 20h à 8h. Il y avait là une caravane polonaise qui avait fait la même déduction que moi… et nous nous sommes mis en route après une nuit presque sans sommeil (la route entre le parlement et le Danube ressemble fort à une autoroute urbaine, mais la vue sur le Danube était aussi exceptionnelle et valait ce petit sacrifice), me voilà reparti vers le Lac Balaton.

J’ai pensé à une autre blogueuse et surtout photographe, Mona Van Asch en visitant les grottes formées le long du lac par différentes éruptions volcaniques. Leurs murs composent de merveilleux tableaux abstraits.

Tranquille après-midi au bord du lac, suivi d’une chasse au viticulteur (je voulais utiliser les Forints qui me restaient à quelque chose qui garde du sens, et la région est paraît-il viticole). Pas de Tokay ici, mais le Pinot Gris à son nom bien à lui (imprononçable bien entendu pour un latin comme moi). En fin d’après-midi, départ vers Vienne où j’ai repéré sur Park4Night un parking situé sur une colline au Nord de Vienne. Le réveil fut assez merveilleux (après une nuit dans un silence absolu). Au départ de nombreuses ballades en surplomb de la ville. Me voilà donc prêt à repartir vers cette fois l’Allemagne comme prochaine étape. Et sans doute la pluie comme compagne de route dans pas trop longtemps…

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.