Aan mijn Vlaamse lezers

Le texte en français se trouve ici

Beste,

Ik ben bewust dat wat ik de laatste dagen op Facebook en in mijn blog geschreven heb is door enkele mensen gezien als een vorm van agressiviteit tegen de Vlamingen in het algemeen.

Daarom vond ik belangrijk om dit boodschap te publiceren. Ik heb alle respect voor de democratische proces dat heeft de N-VA aan de leiding van ons land gestuurd. Eenvoudig gezegd: ze zijn de grootste partij in Vlaanderen, ze vertegenwoordigen meer dan 30 procent van de Vlaamse bevolking, hun leider is waarschijnlijk het populairste politicus van de land.

In een democratisch land, zoals ons, is het ook normaal dat de mensen zich informeren over de daden van diegene die zullen het land regeren voor vijf jaren. En als iemand iets abnormaal vindt, is het ook normaal dat hij vragen stelt. Zulke vragen zijn geen « foutaises ». Ze zijn gewoon vragen. Die moeten gesteld worden. Die moeten antwoorden krijgen. Die kunnen opvolgingen hebben.

De leden van het PS hebben veel van die vragen gekregen in de laatste jaren, meestal door MR- en N-VA-leden. Dat heeft voor een aantal schandalen gezorgd. En dat is normaal.

Wat ik doe voor het ogenblik in mijn blog en op de sociale  netwerken is gewoon informatie delen. Ik probeer altijd mijn bronnen te vergelijken om zeker te zijn dat de feiten, feiten blijven.

Ik heb zeker veel te zeggen over wat mensen zoals de heren Franken en Jambon hebben gezegd of gedaan, omdat die feiten zijn onaanvaardbare voor een grote deel van de Franse gemeenschap in ons land. Tot nu toe bestond er een consensus dat mensen die de collaboratie normaliseerden, of mensen die racisten commentaren maakden geen plaats hadden in de Belgische regeringen.

Dit is geldig op bijde kanten van de taalgrens. In 2004 mocht Isabelle Simonis, die Voorzitster van het Waalse parlement was, ontslag nemen. Ze had een brochure van de PS tegen de extreme rechts laten financieren door de parlement.

Voor mij, een Staat Secretaris aan Asiel en Migratie die racisten email stuurt, dat kan gewoon niet. En dat zijn feiten, geen foutaise. Het feit dat hij heeft zich verontschuldigd maakt van hem een heerlijker mens, maar geen mogelijke Staat Secretaris aan Asiel en Migratie. Dat een misdader de feiten erkent betekend niet dat hij geen gevolgen zal ondergaan.

Ik zal hier de problematiek van de Heren Franken en Jambon niet verder discussiëren. Dat zal wel plaats vinden later ;-). Ik wil gewoon opnieuw zeggen dat ik niets tegen de Vlamingen heb. Noch tegen Vlaanderen.

A mes lecteurs flamands

De nederlandse tekst vinden jullie hier

Chers lecteurs,

Je suis conscient que ce que j’ai publié ces derniers jours sur Facebook et sur mon blog a été perçu par certaines personnes comme une forme d’agressivité contre les flamands en général.

C’est pourquoi j’ai trouvé important de publier ce message. J’ai un respect infini pour le processus démocratique qui amène la N-VA à la direction de notre pays. Très simplement: il s’agit d’u plus grand parti de Flandre, représentant plus de 30% de la population flamande, et leur leader est sans doute un des politiciens les plus populaires du pays.

Dans un pays démocratique comme le notre, il est aussi normal que l’on s’informe sur les faits et gestes de ceux qui dirigeront le pays pendant 5 ans. Et si quelqu’un remarque quelque chose d’anormal, il est également normal qu’il pose des questions. De telles questions ne sont pas des « foutaises ». Ce sont des questions. Qui doivent être posées. Et qui méritent des réponses sérieuses et des conséquences.

Les membres du PS ont subit de nombreuses questions de ce type ces dernières années, la plupart venant du MR ou de la N-VA. Cela a également levé des scandales. Et c’est normal.

Ce que je fais pour le moment sur mon blog et sur les réseaux sociaux n’est que du partage d’informations. Je contrôle et croise mes sources d’informations pour être aussi certain que possible  que les faits restent des faits.

J’ai certainement beaucoup à dire à propos de ce que messieurs Franken et Jambon ont dit ou fait, car ces faits sont inaceeptables pour une grande partie de la population francophone de notre pays. Il y avait ainsi un consensus selon lequel les gens qui normalisaient la collaboration ou qui faisaient des commentaires racistes n’avaient pas leur place au gouvernement belge.

Ces pratiques sont valables des deux côtés de la frontière linguistique. En 2004, Isabelle Simonis qui était alors présidente du parlement wallon a ainsi du démissionner pour avoir voulu combattre l’extrême droite avec de mauvais moyens (ceux du parlement en faisant croire qu’il s’agissait du PS).

Pour moi, un Secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations qui envoie des emails racistes, c’est simplement incompatible. Ce sont des faits, pas des foutaises. Le fait qu’il ait présenté ses excuses – seraient-elles même sincères – ferait de lui un homme d’honneur, mais toujours pas un Secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations acceptable. Qu’un délinquant reconnaisse les faits qui lui sont reproché ne l’exonère pas des conséquences de ses actes.

Je ne vais pas discuter plus avant la question de messieurs Jambon et Franken. Je laisse cela à plus tard et ailleurs ;-). Je veux seulement redire que je n’ai rien contre les flamands. Ni contre la Flandre.

Instantanés carolorégiens

20141018_091539Les hasards des obligations estudiantines m’ont fait passer ce matin par Charleroi. Ce n’est pas une ville que je fréquente beaucoup, pas tant en raison de sa réputation (qui s’améliore sensiblement parait-il) que parce que je ne vois pas beaucoup de raison d’y passer du temps…

Lorsque le train s’arrête en gare de Marchienne au Pont, le graffiti sur le mur attire mon regard. J’aime l’esthétique urbaine qui s’en dégage.

Puis, quittant la gare de Charleroi Sud, la traversée de la Sambre ouvre la perspective sur les sites industriels qui marquent ici le territoire.20141018_092459

On n’est pas le long du canal St Martin, mais avec un ciel bleu, la rivière prend des allures romantiques, malgré les chassis à molette et les cheminées d’usines à l’horizon.

Je ne résiste pas à partager finalement cette image paradoxale qui m’a été offerte par un chantier dont le promoteur n’a sans doute pas totalement pensé aux effets que ses panneaux pourraient avoir sur le passant…20141018_092715

Bonne soirée…

 

Les incohérences du « Soir »

Ebola:seulement trois hôpitaux prêts

Le grand titre de mon quotidien donne ce matin l’impression qu’on n’en fait pas assez en Belgique pour prévenir une hypothétique épidémie de ce virus mortel.
Sur la même première page, un très bel éditorial sur la vanité des mesures de précaution contre la maladie à l’égard des voyageurs en provenance de pays à risques.
Autant le second article est à la fois bien documenté et éducatif, autant le premier met un titre catastrophiste et populiste sur un non sujet.
Nous avons pour le moment zéro patient souffrant d’Ebola en traitement, et trois hôpitaux prêts à accueillir un cas suspect. Nous avons aussi cinq hôpitaux prêts à enclencher si le besoin s’en faisait sentir. Nous avons une structure de coordination mise sous la houlette d’une des meilleures spécialiste de la maladie. Ce n’est pas ici qu’il faut déclencher une inutile vague de panique. Les hôpitaux qui ont acceptés de prendre en charge les (toujours hypothétiques) patients se voient déjà désertés par les patients « ordinaires ». Le risque est aujourd’hui de voir des gens qui ont besoin de soins plus classiques fuir les lieux où l’on peut au mieux les soigner.
C’est là où la maladie se répand qu’il faut déployer les grands moyens.  Une organisation comme MSF, la seule à avoir développé une vraie expertise sur le terrain, alerte en vain le monde politique depuis des mois.
Cette situation me rappelle celle de la lèpre il y a cinquante ans, quand Raoul Folereau expliquait que pour éradiquer la maladie dans le monde entier il aurait suffit de dépenser la valeur d’un seul chasseur bombardier.  A force d’attendre, la lèpre aura coûté des centaines de milliers de nouvelles vies. Vivrons nous le même cauchemar avec cette nouvelle épidémie de la pauvreté?

La déclaration de Jan Jambon que les médias n’analysent pas assez

J’ai déjà parlé de ce point dans un post précédent. Il y a une déclaration de Jan Jambon qui me paraît plus grave que toute autre dans la bouche d’un ministre de l’intérieur, c’est cette intention exprimée d’utiliser les outils à sa disposition pour empêcher notre système démocratique de fonctionner normalement. Comment la presse ne se saisit-elle pas de tels propos pour interpeller le personnel politique ?

Petit rappel: lorsque le 12 ou le 13 octobre, il parle de la philosophie qui a prévalu dans la construction de l’accord de gouvernement « N-VA-CD&V-Libéraux », Jan Jambon déclare explicitement ceci:

« Notre crainte, c’est que le PS revienne à la prochaine législature et détricote toutes les réformes que nous aurons entreprises. C’est pour cela que nous voulons un changement des institutions : pour sécuriser les réformes socio-économiques, juridiques, sur l’asile et l’immigration, etc »

Et clairement, les mesures qui sont déjà annoncées par ce gouvernement démontrent une volonté d’avancer dans cette direction:

  • participation de l’armée aux forces de maintien de l’ordre
  • répression des plaintes « manifestement injustifiées » à l’égard de policiers
  • modification du code électoral (suppression de l’effet dévolutif de la case de tête)
  • augmentation du nombre de caméras de surveillance
  • utilisation de l’argument de lutte contre le terrorisme pour surveiller de plus près tout qui serait considéré comme « subversif ».

pour ne citer que quelques unes des mesures liberticides qui nous attendent.

Vouloir changer les institutions pour éviter qu’un parti – pourtant légitime et respectueux de la démocratie – ne puisse plus accéder au pouvoir, c’est vouloir museler la démocratie non pas pour la protéger, mais bien pour la détruire.

Mettre aux commandes du ministère de l’Intérieur un homme qui a démontré par ses paroles et par ses actes qu’il ne fait que peu de cas des valeurs démocratiques, c’est tendre au parti liberticide le bâton pour nous battre.

Je lis sur de nombreux forums de discussion qu’il faut laisser à ce gouvernement le temps de mettre en place ses réformes socio-économiques pour voir si elles fonctionneront. Et s’il s’agissait d’un gouvernement de centre droit qui voulait mettre en place de telles politiques, sans ambitions cachées, je serais tenter de dire en effet: voyons un peu quels effets ces mesures vont avoir, et maintenons le cadre démocratique.

Mais ici, les réformes socio-économiques sont mise en place pour renforcer aux yeux de l’opinion politique flamande la perception d’une Wallonie qui ne veut pas travailler, et obtenir ainsi l’indépendance à laquelle semble tellement aspirer la N-VA et le VB. Le scénario est machiavélique:

  • la N-VA participe à un gouvernement en s’engageant à ne pas « faire de communautaire » et de fait, la déclaration gouvernementale ne comporte formellement aucun élément en ce sens: la N-VA est donc fréquentable…
  • le personnage clé de la N-VA, pourtant premier parti au gouvernement, ne prend pas le poste de premier ministre qui lui revient de droit. Au contraire, il s’installe au balcon de l’Hôtel de Ville d’Anvers (ou pire sur la place Tien An Men) pour observer « les foutaises » que les wallons ne manqueront pas de lancer…
  • le MR, aveuglé par cette étrange opportunité de pouvoir gouverner sans devoir se coaliser dans sa communauté, doit donc faire toutes ses concessions en termes d’influences communautaires et fédérales. Résultat: il hérite de la diplomatie, sans obtenir aucun ministère régalien. Il sera donc celui qui n’a rien à dire ni dans le domaine économique, ni dans le domaine social, ni dans celui de la sécurité, ni dans celui de la justice, mais qui devra affronter les instances internationales pour défendre les actions du gouvernement…
  • la N-VA, nouveau et inexpérimenté sur la place fédérale, y envoie ses cadors. Et là, il apparaît immanquablement que ceux-ci sont loin d’être des anges en terme de valeurs démocratiques: liens marqués avec l’extrême droite, amitiés collaboratives, comportements publics appelant ouvertement à la désobéissance civile, propos racistes et homophobes, nous en passons et des meilleures… Et lorsque des dérapages surviennent, comme ils n’ont pas (ou ne veulent pas avoir) de personnel de rechange au niveau approprié, ils arrivent à forcer leurs « partenaires » à se transformer en sous-fifres. « Attention dit Charles Michel le 14 octobre, si ça se reproduit [les scandales autour de Théo Francken], je vais me fâcher tout rouge, c’est inadmissible ». Et quand le 15 octobre, on apprend que l’on était loin de tout savoir sur le comportement homophobe et xénophobe du bonhomme… on se contente de fausses excuses
  • Le MR va être mis sous une pression énorme dans les prochains mois. Les syndicats vont occuper la rue. Les grèves vont se succéder, les bus et les trains ne circuleront pas, la poste ne distribuera plus le courrier… soit le MR tiendra le cap, soit il ne le tiendra pas.
  • Si le MR tient le cap, il ne pourra le faire qu’en faisant de plus en plus de concessions à ses partenaires. L’argument selon lequel il faut aussi obtenir « quelque chose » pour les wallons et les bruxellois risque de motiver la N-VA tout autant qu’un steak végétarien peut faire bouger un chacal. La Wallonie et Bruxelles souffriront tant et tant qu’en 2019, le désir de se séparer du reste du pays risque d’être aussi élevé, voir plus fort, au Sud qu’au Nord.
  • Si le MR ne tient pas le cap, la N-VA pourra crier à la démonstration absolue que « décidément ce pays ne peut plus fonctionner sous les diktats en formes de foutaises wallonnes et bruxelloises », renforçant encore sa position en Flandre et aggravant en tout état de cause le fossé entre Flandre, Bruxelles et la Wallonie.

Le résultat de cette analyse, c’est que d’une manière ou d’une autre, la 7ème réforme de l’état est en train de se dérouler sous nos yeux. Sans révision de la constitution, sans avoir l’air d’y toucher, et en reportant toute la responsabilité de la rupture finale sur les wallons et les bruxellois. Et c’est très clairement en renonçant à ses promesses de ne jamais gouverner avec la N-VA, pour assouvir une petite vengeance de court terme (son éviction des exécutifs régionaux et communautaires) que le MR a précipité cette situation.

Mais le MR est-il seul responsable du côté francophone ? Même s’il lui revenait de faire preuve de courage politique, il n’a sans doute pas reçu du PS et du CdH suffisamment de signaux d’encouragement pour s’engager sur une autre voie. Car les majorités alternatives existaient. Il y avait moyen, une fois encore, de se passer de la N-VA. Il y avait sans doute moyen aussi d’envisager non pas un enterrement de première classe pour notre démocratie, mais bien un sursaut des valeurs.

Il devait bien y avoir moyen quelque part, de redonner de vrais accents sociaux à une politique gouvernementale. De se décider à regarder par exemple pour une fois autrement notre politique migratoire. De se baser non plus sur les réflexes populistes du repli sur soi, mais sur les données plus rationnelles des grands centres de recherches (de droite, de gauche ou d’ailleurs) qui tendent toutes à prouver qu’une politique d’ouverture aux migrations permet une relance de l’économie, une augmentation des revenus de tous, une baisse du chômage.

Il apparaît cependant que tous les partis sont aujourd’hui concentrés sur l’activation d’émotions immédiates chez l’électeur. Alors même qu’un gouvernement qui se voudrait réellement de progrès social disposerait de cinq longues années pour éduquer et informer tout en agissant, ni les uns, ni les autres n’ont fait les démarches nécessaires.

Je ne renvoie pas dos à dos MR, PS et CdH. Je condamne sévèrement (mais ils s’en fichent comme un poisson d’une pomme) le MR de cautionner ce qui nous attend. Je crois cependant que tant le PS que le CdH (et dans une certaine mesure Ecolo-Groen et le FDF, ne peuvent se dédouaner de n’avoir pas fait assez d’effort pour offrir une véritable alternative à ce qui nous arrive aujourd’hui.

Lorsque dans ma classe ou dans les couloirs de mon école j’entends des propos parfois moins haineux que ceux qui ont été échangés ces derniers mois entre femmes et hommes politiques de ce pays, j’interviens pour redire ce qui me semble le bon sens: la haine n’amènera jamais des voisins forcés à vivre à côté l’un de l’autre à le faire mieux. Je trouve regrettable qu’ils puissent me répondre aujourd’hui en me disant que si ceux qui nous gouvernent se le permettent, pourquoi ne se le permettraient pas eux-mêmes.

Le paradoxe de la porte entrouverte

18h45, ce jeudi 16 octobre 2014. Cette porte, je la ferme en général scrupuleusement après le départ de chaque patient. Elle finalise l’espace particulier où se produit cette rencontre singulière qui colloque un patient et son thérapeute.  Qui les garantit l’un et l’autre de toute intrusion du monde extérieur pendant le temps de la consultation.

Cette porte je la laisse entrouverte.  Il n’y aura pas de patient suivant. Pas ce soir, pas demain, ni la semaine prochaine. Pas dans un avenir prévisible.  Cette porte que je laisse entrouverte, c’est une manière de clôturer mes activités de thérapeute.

C’est aussi le moment de me poser les premières questions en forme de bilan.

Ai-je  aidé où pas ces centaines de personnes qui sont passées par ici? Pour certains, je crois connaître la réponse.  Souvent positive, parfois mitigée ou négative.  Mais pour la plupart, je ne le saurai jamais.

Un peu comme ce vieux paysan chinois du conte de Milton Erikson qui face aux événements qui le touchent répond infatigable « je ne sais pas si c’est un bien ou si c’est un mal » et qui tente de s’ adapter à la situation.

Alors voilà, je vais désormais me consacrer à autre chose.  Ce sont les jeunes qui vont retenir mon attention.  Les relations humaines seront finalement plus que jamais au coeur de mes préoccupations, ravivant la mémoire de ce poème de T.S. Elliott qui me hante souvent:

Nous ne cesserons point nos investigations
Et le terme de notre quête
Sera d’arriver là d’où nous étions partis
Et d’en savoir le lieu
Pour la première fois.

Petite leçon de communication pragmatique: la congruence

J’ai déjà eu l’occasion il y a quelques années de parler de l’importance de la congruence dans la construction d’une communication pragmatique et efficace.

Ce sont les travaux de Virginia Satir, l’une des consultantes les plus expertes du Mental Research Institute de Palo Alto, qui expliquait combien ce phénomène de congruence était essentiel pour établir la crédibilité d’un message. Et par congruence, il faut entendre la cohérence entre deux composants essentiels de tout message: l’indice et l’ordre.

L’indice, ce sont les faits énoncés dans le message, le plus souvent sous forme verbale. L’ordre c’est ce que la manière dont le message est délivré nous dit de l’intention réelle du locuteur. Nous venons d’avoir une illustration exceptionnelle du problème de congruence dans le message dit « d’excuses » du Secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations, par rapport aux propos xénophobes qu’il a tenu sur les réseaux sociaux.

On trouvera une vidéo très expressive à ce sujet ici. Je vous propose d’y poser le regard du consultant en communication pragmatique; tout d’abord le texte (la traduction est personnelle et libre, mais faite en toute bonne foi):

Ces derniers jours, il y a eu beaucoup de remous autour de propos de certaines de mes déclarations dans le passé. Je comprends que j’ai par là blessé certaines personnes, cela n’a jamais été mes intentions. Je veux clairement m’excuser de cela. Je vous promets que je serai un Secrétaire d’Etat qui travaille dans l’intérêt de tous les habitants de ce pays avec un grand respect pour chacun.

On remarquera que ce texte est incontestablement un texte ou le Secrétaire d’Etat présente des excuses aux personnes qu’il « aurait blessées ». On pourrait prétendre que le message formel – « l’indice » en langage de communication est clair. Et pourtant, il comporte déjà d’énormes ambiguïtés: sur quels propos précisément le Secrétaire d’Etat veut-il revenir ? Aucune mention spécifique. Nous savons tous que des excuses qui ne sont pas reliées spécifiquement à des faits n’ont qu’un impact très limité. Et d’un point de vue encore plus formel, le Secrétaire d’Etat s’engage à travailler dans l’intérêt de tous les habitants de ce pays, ce qui – a priori – exclut les immigrés au statut non régularisé (puisque ceux-ci ne disposent par définition  pas d’un titre de séjour).

Deuxième point à analyser: le langage non verbal du Secrétaire d’Etat. Son texte fait environ 60 ou 70 mots. Il exprime en principe des remords sincères, qui devraient venir du fond de sa personne. Il s’agit en effet ici de confier une puissance régalienne (le droit aveugle de rejeter ou non une personne du territoire) a quelqu’un qui a tenu des propos xénophobes à l’égard des congolais, des marocains et des algériens. On pourrait donc s’attendre, s’ils sont sincères, que ces remords s’expriment avec une vraie liberté de parole. Ici, Monsieur Francken lit son texte (on voit même qu’il est étroitement surveillé par son « patron », Jan Jambon, sans un regard pour son auditoire. Et lorsqu’il arrive à la fin de son texte, on le voit relever la tête, qui à ce moment n’exprime aucune émotion particulière, sauf l’indifférence; on le voit appuyer sur l’interrupteur de son micro, et surtout on le voit rabattre énergiquement son micro, ce qui est un geste qui exprime clairement l’obligation qu’il avait de faire cette déclaration.

En clair, son discours dit « je m’excuse », mais tant le contenu du texte, le ton de sa voix, la manière de délivrer le contenu et les gestes posés en fin de discours traduisent une pensée qui dit juste le contraire.

Au final, un discours qui ne peut passer la test de la congruence, et qui aura donc beaucoup de difficulté à se faire accepter comme sincère.

Thierry Afschrift: le libertaire qui ne disait pas son nom

L’homme est un habitué des médias, dans lesquels il pourfend généralement « la rage taxatoire » de l’état à l’encontre de ses richissimes clients. Spécialiste de l’ingénierie fiscale (c’est le nom que l’on donne à la fraude quand vous avez plus de 5 millions d’euros à dissimuler au fisc), cet avocat défraie aussi la chronique pour ses frasques personnelles, comme ses déboires avec l’administration fiscale concernant l’immatriculation de son Hummer.

J’ai donc failli avoir un accident lorsque j’ai entendu le contenu de son tweet de ce week-end.20141010 Tweet Afschrift

 

 

et j’ai failli emboutir la voiture précédente en entendant son intervention dans l’émission Ce Qui Fait Débat dans « Soir première », que vous retrouvez en PodCast ici.

Je crois qu’il est vraiment intéressant de voir que même les valeurs ultra-libérales sont bafouées par ce gouvernement qui va principalement se concentrer sur des actions populistes. Toutes les informations distillées jusqu’ici vont dans ce sens. Assimilation des immigrants en situation illégale à des criminels, « travaux d’utilité publique » imposés aux chômeurs, mise à disponibilité de l’armée pour des missions de maintien de l’ordre…

Comme je l’indique dans un post précédent, il s’agit d’utiliser les résultats d’un processus électoral démocratique pour mettre en danger la démocratie elle-même. Avec un peu de (mal-)chance, l’écriture d’un article comme celui-ci sera un délit dans quelques mois !

Il est donc grand temps d’entrer en résistance civile contre les nombreuses atteintes aux droits démocratiques qui nous attendent.

20141010 Tweet Afschrift

Le coup d’état annoncé de Jan Jambon.

« Notre crainte, c’est que le PS revienne à la prochaine législature et détricote toutes les réformes que nous aurons entreprises. C’est pour cela que nous voulons un changement des institutions : pour sécuriser les réformes socio-économiques, juridiques, sur l’asile et l’immigration, etc »

C’est avec ces mots que le nouveau Ministre de l’Intérieur exprime le programme du nouveau gouvernement. Et, loin des polémiques (pas vaines) sur le caractère plus ou moins fascisant du monsieur en question, ces mots m’inquiètent plus que tous autres.

Jan Jambon – c’est bien de lui qu’il s’agit – déclare dans cette phrase que ce gouvernement veut un changement des institutions qui soit destiné à empêcher un gouvernement ultérieur de revenir sur les réformes qu’ils auraient entreprises. Il s’agit là purement et simplement de la définition d’un changement radical de régime politique. N’est-ce pas le fondement même d’un régime démocratique que de permettre au électeurs de donner les clés de la gestion du pays à un gouvernement pour une période déterminée, et avec la possibilité claire et nette de revenir en arrière si les solutions proposées par ce gouvernement ne fonctionnent pas ?

Les propos de Monsieur Jambon font peur. Il nous dit clairement: nous allons changer le système politique dans lequel nous vivons, pour que les électeurs ne puissent plus demander un changement après notre passage.

On laissera peut-être au nouveau vice-premier ministre le bénéfice du doute sur ses intentions lorsqu’il fréquentait le Sint Martensfonds et sa légion SS, mais on ne pourra pas dire qu’il ne nous a pas prévenu de ses intentions pour la législature actuelle.

A votre santé !

 

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Voici donc le ministre le plus populaire du gouvernement Michel… Je n’ai jamais voulu attaquer Madame De Block sur son physique, et ce n’est pas mon intention aujourd’hui. D’autres l’ont fait, se posant la question du « modèle » que donnait un pays en confiant les rênes de son système de santé à une personne qui assume pleinement son rôle d’icône du plus gros fléau sanitaire de notre société dite d’abondance. Peut-être y reviendrais-je plus tard, un jour où mon humeur me garantira plus de respect pour le personnage.

Nous connaissions Mme De Block et son rôle de kapo dans l’équipe Di Rupo. Libérée de toute contrainte morale, responsable de la Santé dans un contexte de passage à l’ultra-libéralisme, c’est l’ensemble des populations fragilisées du pays qui va faire connaissance avec ses méthodes. Elle va exceller à reporter sur ceux qui ne seront jamais ses « clients » électoraux les réductions financières drastiques que ce gouvernement ne manquera pas de mettre en place dans le secteur des soins de santé. Maisons médicales au forfait, hôpitaux situés en zones défavorisées, allocataires sociaux en tous genres, préparez vous au pire. Maggie fait ce qu’on lui dit de faire. Attendons donc ces premiers actes, cela ne devrait pas tarder.

Immigration: déjà l’amalgame…

theofranckenThéo Francken, le nouveau secrétaire d’état à l’Asile et aux Migrations a donné le ton dès après sa prestation de serment:  la politique migratoire de la Belgique va se durcir.

Alors même que la journaliste ne lui posait pas de question supplémentaire, sur ce thème, l’homme a tenu lui-même à rpréciser que,

40% de la population des prisons est illégal (sic).

Le calcul est donc vite fait pour monsieur tout le monde: la plupart des illégaux sont des délinquants.

Le problème, c’est que le nouveau secrétaire d’Etat ferait bien de relire ses documents avant de se lancer. S’il y a bien 40 pour-cent d’étrangers dans les prisons belges, le nombre d’illégaux est bien plus faible (et de toutes manières non publié). Et pour être totalement complet, rappelons aussi que la Belgique est régulièrement condamnée par les organisations internationales (l’ONU en particulier) pour son taux anormalement élevé d’étrangers dans ses prisons: ce ne sont pas les étrangers qui sont trop nombreux dans les prisons belges, c’est la Belgique qui place trop d’étrangers – souvent pour de mauvaises raisons – dans ses prisons.

Toujours dans le même JT de la RTBF, ce beau-fils idéal (comme je suis heureux de n’avoir que des garçons !) explique que sa priorité sera

d’expulser les illégaux criminels et les criminels illégaux (re-sic).

nous voilà donc prévenus: il y a moyen de faire pire que Maggie De Block.

La secrétaire d’Etat sortante était une bonne exécutante ne prenant aucune initiative qui puisse être interprétée comme un signe d’humanité envers ceux qui cherchent un peu de sécurité et de mieux être chez nous. Avec celui-ci, nous pouvons nous attendre à de la créativité.

En assimilant les étrangers qui cherchent refuge en Belgique à des criminels, monsieur Francken donne le ton : tout ce qui peut faire perdre un centime au citoyen flamand doit être éradiqué. Commençons par le plus facile, l’étranger. Dans cinq ans, ce sera le tour du Wallon et du Bruxellois…

Attention aux poils de vos bras

Charles Michel a au moins le mérite de parler clairement: « Nous voulons tendre les mains à ceux qui veulent retrousser leurs manches. »

Je vous conseille donc d $ éviter à tout prix les chemises à manches courtes, c’est une garantie de vous faire arracher les derniers poils qui vous seront restés après les saignées annoncées sur les classes moyennes et ouvrières de ce pays.

Après le « jamais avec la NVA » on a assisté hier soir à un remake sur le thème du « jamais toucher à l’âge de la pension ». Cela rend en tous cas mieux lisible (risible) le discours du MR. Il suffit de prendre à l’envers chacune de ses déclarations.

Au fond, est-ce vraiment étonnant de la part du parti de droite qui tient un discours presque socialisant ?

Savez vous punter ?

Lors de notre dernier passage par la Grande Bretagne, nous avons eu l’occasion de nous essayer au punting, sport nautique consistant à faire progresser un bateau à fond plat sur une rivière ou un canal, au moyen d’une perche dont la manipulation, depuis l’arrière de l’esquif, rappelle le travail du gondolier.

Mais le mieux est sans doute de vous en parler en photos:

Elio di Rupo: une petite dernière en flamand ?

https://www.flickr.com/photos/61867126@N03/15423199396/lightbox/

Selon le JT de la RTBF, le grand moment du congrès du PS de ce week-end se résume à quelques phrases (mal) prononcées en (mauvais) flamand par notre futur ex-premier ministre. J’y ai aussi entendu parler de centimètres carrés qui ne seraient pas cédés à la droite. Continuer la lecture de Elio di Rupo: une petite dernière en flamand ?

Vous voulez encore avoir un médecin dans 10 ans ?

Si vous voulez pouvoir encore trouver un médecin pour vous soigner dans 10 ans, il est plus que temps de signer la pétition pour une révision du numerus clausus des numéros INAMI.

Aujourd’hui, seul un étudiant en médecine sur deux, une fois arrivé en dernière année, a une chance raisonnable d’obtenir le droit d’exercer en Belgique. Dans le même temps des cabinets ferment les uns après les autres, leurs médecins ayant atteint l’âge de se reposer, et plus personne n’est disponible pour assurer la continuité des soins.

Pour que tous les étudiants diplômés 'médecin' reçoivent un numéro INAMI au terme du cursus !

Quatre heures précieuses…

La grande nouveauté de cette année scolaire pour moi, ce sont quatre petites heures perdues dans mon horaire à temps plein (22h en classe, le reste à préparer et à corriger) appelées « Gestion de Soi » et « Gestion du Travail ».

Ces quatre fois cinquante minutes font partie de cette latitude laissée aux écoles, dans le cadre de la réforme du premier degré, d’organiser une assistance aux élèves pour lutter contre un éventuel échec.

Et dans notre école, chaque élève de première année passe désormais deux heures par semaine à des « activités complémentaires » qui peuvent aller du sport aux jeux logiques, en passant par de la remédiation plus « classique » ou encore par une session de « gestion de soi » ou de « gestion du travail ». Et ce sont ces deux modules que j’anime, chaque fois deux heures par semaine.

L’idée est d’y rencontrer un tout petit nombre d’élève (entre 0 et 3), et de travailler avec eux soit une difficulté méthodologique, soit un problème de comportement.

Timidité maladive, agressivité incompréhensible, désordre permanent, incapacité à se concentrer… les diagnostics posés par les collègues sont terribles. Et ils s’accompagnent souvent d’un péremptoire: « de toute manière, il ou elle ne veut pas changer ».

 

Une grande balade dans les Cotswold…

Les Cotswold sont une région de l’Angleterre, au Nord-Est d’Oxford, et à la limite de l’Oxfordshire et du Gloucestershire. Profitant d’une visite au fiston, nous avons pris une belle journée pour parcourir à pied et en voiture cette superbe région.

Le départ d’Oxford se fait en direction de Woodstock et de Blenheim Palace, superbe domaine entouré d’un immense parc. L’entrée par la porte principale est payante, mais il existe une entrée, tout aussi officielle, mais cachée par un sas au milieu d’une rue, à l’opposé de l’entrée principale, qui permet d’accéder gratuitement à la plus grande partie du parc. Nous avions déjà visité Blenheim lors d’un passage précédent et avons donc continué notre route jusque Chipping Norton, première étape de notre trajet.

Chipping Norton est une agréable bourgade qui marque pour nous l’entrée dans les Cotswold. Nous y sommes accueilli par un festival de Jazz dont les bands animent la place principale du village dès potron minet (enfin, pour autant que l’on considère que potron minet commence à 11h du matin). Une petite promenade rapide nous fait découvrir les ruelles latérales et l’Eglise où se déroule l’office du matin.

Nous quittons Chipping Norton pour rallier Salford, un hameau de Chipping, d’où nous avons prévu une longue promenade à pied, à travers la campagne, pour rejoindre une série de sites néolithiques, dans lesquels des pierres ont été élevées, soit isolée (The Stone King), soit en groupe (The Whispering Knights Stones) ou encore en cercle (The King’s Men). Apparemment, les anglais ne se promènent guère à pied, cette randonnée de 8 km étant réputée la plus longue et la plus complète du coin. Les guides topographiques étant absents et ayant oublié de télécharger les tuiles correspondantes sur mon GPS de rando… nous nous sommes un peu perdu et avons passé près de quatre heures à sillonner la campagne, sous un soleil radieux. La douceur des collines donne aux paysages des Cotswold des allures de Sud inattendues à cette latitude.

Nous nous dirigeons alors en voiture vers trois villages typiques de la région, qui répondent aux noms croustillants de Moreton-in-Marsh, Stow-on-the-Wold et Bourton-on-the-Water.

C’est surtout ce dernier qui retient notre attention. Traversée par la rivière Windrush, qui sillonne calmement le centre du village, Bourton semble avoir une population de canards qui tentent à disparaître à l’heure du souper. Est-ce parce que ceux-ci sont à la carte de la plupart des restaurants du coin ? En tous cas, nous faisons un repas d’exception au restaurant « The Croft » (mon avis sur ce restaurant se trouve ici)

Le retour se fait alors en une petite heure sur Oxford.

Déjà un mois…

Quelle rentrée! Après mes 5 semaines de vadrouille entre France, Suisse, Italie, Grèce, Macédoine, Serbie, Hongrie, Autriche et Allemagne, il a bien fallu reprendre le collier.

Avec une année de défis devant moi: temps plein à l’école, formation professionnelle deux soirs par semaine, un demi déménagement de trois mois en Novembre, et quelques autres broutilles entre Oxford,  Bruxelles et San Francisco.

En gros :

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Mais aussi quel plaisir de retrouver collègues et enfants.

Et puis, l’actualité politique nous promet de beaux débats.  L’arrivée d’une coalition des droites pour nous faire manger notre pain noir ha certainement me donner du grain à moudre. Tout autant sans doute que nos sois disant interventions militaires dans une lutte contre un ennemi invisible.

Enfin, j’essaierai de continuer à apporter une vue systémique de notre actualité.

Bonne reprise donc à tous.