Immigration: déjà l’amalgame…

theofranckenThéo Francken, le nouveau secrétaire d’état à l’Asile et aux Migrations a donné le ton dès après sa prestation de serment:  la politique migratoire de la Belgique va se durcir.

Alors même que la journaliste ne lui posait pas de question supplémentaire, sur ce thème, l’homme a tenu lui-même à rpréciser que,

40% de la population des prisons est illégal (sic).

Le calcul est donc vite fait pour monsieur tout le monde: la plupart des illégaux sont des délinquants.

Le problème, c’est que le nouveau secrétaire d’Etat ferait bien de relire ses documents avant de se lancer. S’il y a bien 40 pour-cent d’étrangers dans les prisons belges, le nombre d’illégaux est bien plus faible (et de toutes manières non publié). Et pour être totalement complet, rappelons aussi que la Belgique est régulièrement condamnée par les organisations internationales (l’ONU en particulier) pour son taux anormalement élevé d’étrangers dans ses prisons: ce ne sont pas les étrangers qui sont trop nombreux dans les prisons belges, c’est la Belgique qui place trop d’étrangers – souvent pour de mauvaises raisons – dans ses prisons.

Toujours dans le même JT de la RTBF, ce beau-fils idéal (comme je suis heureux de n’avoir que des garçons !) explique que sa priorité sera

d’expulser les illégaux criminels et les criminels illégaux (re-sic).

nous voilà donc prévenus: il y a moyen de faire pire que Maggie De Block.

La secrétaire d’Etat sortante était une bonne exécutante ne prenant aucune initiative qui puisse être interprétée comme un signe d’humanité envers ceux qui cherchent un peu de sécurité et de mieux être chez nous. Avec celui-ci, nous pouvons nous attendre à de la créativité.

En assimilant les étrangers qui cherchent refuge en Belgique à des criminels, monsieur Francken donne le ton : tout ce qui peut faire perdre un centime au citoyen flamand doit être éradiqué. Commençons par le plus facile, l’étranger. Dans cinq ans, ce sera le tour du Wallon et du Bruxellois…

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.