Les incohérences du « Soir »

Ebola:seulement trois hôpitaux prêts

Le grand titre de mon quotidien donne ce matin l’impression qu’on n’en fait pas assez en Belgique pour prévenir une hypothétique épidémie de ce virus mortel.
Sur la même première page, un très bel éditorial sur la vanité des mesures de précaution contre la maladie à l’égard des voyageurs en provenance de pays à risques.
Autant le second article est à la fois bien documenté et éducatif, autant le premier met un titre catastrophiste et populiste sur un non sujet.
Nous avons pour le moment zéro patient souffrant d’Ebola en traitement, et trois hôpitaux prêts à accueillir un cas suspect. Nous avons aussi cinq hôpitaux prêts à enclencher si le besoin s’en faisait sentir. Nous avons une structure de coordination mise sous la houlette d’une des meilleures spécialiste de la maladie. Ce n’est pas ici qu’il faut déclencher une inutile vague de panique. Les hôpitaux qui ont acceptés de prendre en charge les (toujours hypothétiques) patients se voient déjà désertés par les patients « ordinaires ». Le risque est aujourd’hui de voir des gens qui ont besoin de soins plus classiques fuir les lieux où l’on peut au mieux les soigner.
C’est là où la maladie se répand qu’il faut déployer les grands moyens.  Une organisation comme MSF, la seule à avoir développé une vraie expertise sur le terrain, alerte en vain le monde politique depuis des mois.
Cette situation me rappelle celle de la lèpre il y a cinquante ans, quand Raoul Folereau expliquait que pour éradiquer la maladie dans le monde entier il aurait suffit de dépenser la valeur d’un seul chasseur bombardier.  A force d’attendre, la lèpre aura coûté des centaines de milliers de nouvelles vies. Vivrons nous le même cauchemar avec cette nouvelle épidémie de la pauvreté?

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.

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