Les mauvais combats d’Yvan Mayeur

(c) RTBF 2014
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Les dernières décisions d’Yvan Mayeur me laissent perplexe. D’une part, j’apprends par la presse qu’il interdit au chef de corps de la police de Bruxelles de recevoir dans ses locaux la visite du ministre de l’Intérieur; d’autre part, la même presse m’annonce que le même bourgmestre de Bruxelles choisit de ne pas accéder à la demande d’Ecolo d’interdire Eric Zemour sur le territoire de la ville.

Je le (re-)dis tout net: je n’aime pas les propos racistes tenus par Monsieur Zemour et je n’aime pas les fréquentations (au moins anciennes) de Monsieur Jambon.

Néanmoins, autant je crois qu’il est inutile d’interdire à Monsieur Zemour de venir se produire dans une grande librairie du centre ville (qui prends ainsi le risque de s’éloigner d’une partie importante de ses clients), autant je crois que c’est une erreur de la part de Monsieur Mayeur de frapper d’ostracisme le Ministre de l’Intérieur. Les vrais combats pour la démocratie doivent se mener à un autre niveau.

Nul n’est obligé d’aller écouter Eric Zemour lors de sa visite en Belgique, nul n’est obligé de le financer en achetant son livre. Que ses employeurs lui fassent subir les conséquences de ses déclarations me parait une réponse proportionnée aux propos qu’il tient. Mais on voit bien que le refus d’Yvan Mayeur n’est pas tant dirigé vers le respect des règles démocratiques: il s’agit simplement d’un acte politique à l’égard d’un parti de son opposition.

Sur le refus de laisser le Ministre de l’Intérieur apporter la bûche de Noël aux policiers ce 24 décembre il me semble ici que les reproches justifiés faits à Monsieur Jambon pour ses fréquentations passées ne doivent pas l’empêcher de jouer son rôle, aussi longtemps que celui-ci se déroule dans un cadre démocratique. Il faut me semble-t-il accepter de séparer la fonction de Ministre de l’Intérieur de celui qui l’exerce, aussi longtemps que l’homme ne commet pas d’actes incompatibles avec sa fonction. C’est ce qui fait pour moi la différence entre Jan Jambon et Théo Francken. Ce dernier a posé, après sa prestation de serment comme Secrétaire d’Etat, des actes qui sont incompatibles avec sa fonction. Comme il le fait encore aujourd’hui avec la question des visites domiciliaires chez les sans papiers. Je ne crois pas que ce soit le cas de Monsieur Jambon.

De plus, d’un point de vue purement stratégique, Yvan Mayeur devrait être beaucoup plus prudent. Il traîne lui même derrière lui une série de casseroles – assez caractéristiques des casseroles classiques du PS – qui pourraient décrédibiliser totalement ses actes soit disant « démocrates ».

La Belgique est devenue aujourd’hui un pays qui  ne respecte plus les droits de l’homme. Les fondements de la démocratie sont en danger. Les intérêts de quelques riches passent avant la survie de 15 pour cent de notre population. Les solidarités quittent le domaine public pour rejoindre celui de la charité privée. Il est encore possible aujourd’hui d’écrire ce que l’on pense mais même cette liberté fondamentale risque d’être mise à mal. La presse libre est muselée par les intérêts financiers, et ce sont les feuilles de propagande populistes qui font l’actualité du citoyen ordinaire, l’abreuvant de peurs des autres, de haine de la différence et créant d’inutiles besoins sécuritaires.

Dans ce contexte, il est important de choisir habilement ses combats et ses cibles, afin de pointer les actes inacceptables tout en laissant aux hommes la possibilité de rester eux-mêmes. Et à ce petit jeu, Monsieur Mayeur vient, me semble-t-il de commettre quelques erreurs qui en font plus une marionnette de Bart de Wever qu’un héros de la résistance.

Delenda est Raymonde (« Il faut détruire Raymonde », dans la seconde langue de Bart)

J’aimerais que ceux qui ont à un moment ou l’autre ces derniers jours cliqué et rediffusé une photo ou une vidéo de « Raymonde », cette syndicaliste namuroise qui a contraint la gérante d’un magasin de vêtements à fermer sa boutique en jetant sur ses étals des vêtements qu’elle retirait d’autres rayons prennent quelques instants pour respirer un bon coup en me lisant.

Moi aussi, j’ai été choqué par les quelques secondes d’images qui nous ont été proposées par les journalistes. Moi aussi je pense que cette façon de faire n’était  ni intelligente, ni appropriée. Moi aussi j’aurais préféré entendre de la bouche de la dame en question des excuses plutôt que des justifications. J’étais en grève ce jour là, et elle ne me représentait pas.

Puis j’ai observé le tsunami médiatique. Une espèce de curée, un hallali qui se trouve une victime expiatoire à toutes les frustrations. Cette femme semble être devenue un monstre, on en parle plus aujourd’hui que des 4000 travailleurs qui iront pour la dernière fois aujourd’hui assembler des voitures chez Ford à Genk. Cette femme est un monstre, son physique le démontre paraît-il. Et puis, tant qu’on y est, on rajoute une autre photo de cette femme, cette fois attablée à la terrasse vide d’un café, en train de boire une bière. Et cette femme devient un monstre alcoolique, avide de sang, sans doute.

Et puis, dans les discours qui accompagnent et commentent s’installe le message qui rappelle d’abord, insiste ensuite sur le fait que cette femme est une syndicaliste, une déléguée syndicale, ou une permanente syndicale ? Ou peut-être un syndicat tout entier ? Qu’elle devient la meilleure icône de l’action syndicale de lundi dernier ? Qu’elle incarnerait parfaitement ce que ce mouvement syndical était : un mouvement violent visant à détruire le tissu social ?

Et cette vidéo – pas cette femme, mais bien les quelques secondes de « pétage de plomb » de la vie de cette femme qui sont données en pâture via les média sociaux – devient l’arme pour détruire l’image du combat syndical. Cette vidéo, chaque fois que quelqu’un la redistribue, devient une voix de plus pour diffuser le message « regardez, les syndicats sont cela, veulent cela ». Cette vidéo occupe l’attention du spectateur et la détourne de l’actualité des millions de travailleurs qui ne sont pas Raymonde. Au lieu de voir les quatre mille ouvriers de Ford Genk, au lieu de voir les chômeurs exclus et repoussés vers les CPAS, nous la voyons, elle.

Chaque fois que nous cliquons sur « partager » pour cette vidéo, nous déclarons implicitement que pour nous, il est plus important de faire le plus de mal possible à Raymonde que de nous révolter contre l’exclusion de milliers de chômeurs du système qui n’a pas réussi à les remettre au travail. Nous déclarons que finalement, ce n’est pas aussi grave de faire descendre sous le seuil de pauvreté des centaines ou des milliers de nouvelles familles, par la simple volonté de partis politiques qui oublient que derrière les chiffres, il y a des femmes, des hommes et des enfants.

Nous oublions qu’après un gouvernement qui a mis en place une série de réformes destinées à donner « plus d’oxygène » aux entrepreneurs et qui a décidé de ces exclusions du chômage, un autre gouvernement, piloté à distance par un leader nationaliste dont l’objectif est la destruction de l’état social actif, continue et renforce cette politique d’exclusion.

En cliquant sur « partager », nous assumons donc pleinement notre petite participation à un lynchage collectif (distribution des coordonnées personnelles de la personne concernée, moquerie sur son physique, appels explicites au lynchage via une page Facebook haineuse).

Nous choisissons de répandre la haine sur une personne au lieu de réprouver un acte.

Je voudrais pouvoir ne haïr personne. Je sais que c’est impossible, c’est pourquoi je reconnais à la loi le droit de me punir si ma haine d’une personne m’amène à la faire souffrir.

Ce que je hais, ce sont les actes qui font souffrir.

Ainsi, je me hais d’écrire ce billet, parce qu’il va sans doute faire souffrir certains de mes amis qui ont cliqué sur « partager Raymonde ».
Je hais le geste de Raymonde qui jette des paquets de vêtements sur les présentoirs du magasin parce qu’elle va forcer une travailleuse à remettre tout cela en ordre et à se remettre des peurs légitimes qu’elle a pu avoir au moment de la « descente » syndicale dans son magasin.
Je hais le geste du doigt sur la souris lorsqu’il clique sur « Partager » et je hais celui des doigts qui courent sur le clavier pour dire la haine après avoir cliqué sur « commenter ».
Je hais les lois qui vont exclure de plus en plus de travailleurs et de familles de ce pays du partage de la richesse qu’ils ont (ou qu’ils n’auraient pas demander mieux que de) construit.
Je hais les discriminations basées sur la différence (de sexe, d’âge, de couleur de peau, d’odeur, de taille, de lieu de naissance,…

Je hais aussi la propension que nous avons à croire qu’en faisant plus de cette austérité pour les pauvres, la classe moyenne et les petits riches, austérité qui depuis près de quarante ans ne nous a pas aidé à avoir le sentiment de vivre mieux, nous allons y arriver un jour. Je hais cet aveuglement à ne pas voir qu’il faut faire tout autre chose, que ce n’est pas en retirant encore plus d’épices d’une soupe qui n’a déjà plus ni légume ni viande qu’on va la rendre plus digeste…

Alors, à mes amis qui ont liké, partagé, commenté les aventures de Raymonde je dis ceci: vous êtes et vous restez mes amis, et parce que vous êtes et restez mes amis, je dois vous dire en toute amitié que je n’aime pas, je ne partage pas, je ne rajouterai pas de commentaires sur les aventures de Raymonde. Je vous demanderai de ne pas vous vexer si je retire de mon mur toutes les occurrences que je trouverai de ce genre de rediffusions et de commentaires. Aucune de ces actions que je mène ou mènerai n’est dirigée contre vous en tant qu’amis ou connaissances.

Mes enfants abandonnés par le chauffeur de bus. …

Vu ce matin sur Facebook ce message d’une mère scandalisée par le fait que le chauffeur du bus que prend ses enfants les ait « abandonné » en raison de la grève générale.
Ce message m’inspire une double réaction.
La première est en empathie avec cette mère. Abandonner deux petits enfants en pleine ville (ou en pleine campagne) sans s’ assurer d’aucune prise en charge n’est pas très responsable. J’ose espérer que peut être il a prévenu son syndicat, la police ou les services sociaux.
Mais ma seconde réaction est de pointer l’irresponsabilité ou l’incohérence de parents prévenus depuis plus d’un mois de cette grève générale, informés depuis plusieurs jours de son ampleur probable.
Si ces parents ne veulent pas soutenir un mouvement social, il leur revient de prendre toutes les précautions nécessaires pour s’ assurer eux mêmes du niveau de confort qu’ils attendent de cette journée. Et laisser partir les enfants seuls sur des transports en commun dont on connaissait le taux élevé de participation à la grève était peu responsable.
Quant à jouer sur l’émotion causée par le meurtre de Béatrice Berlaimont, c’est d’un populisme que je dénonçais ici même il y a quelques jours.

Ballade en grève

J’ai profité de ce jour de grève nationale pour rejoindre à pied les anciens magasins de « La Tentation », où se tenait la première rencontre solidaire du mouvement « Hartbovenhard-ToutAutreChose ». Partant de la limite nord de Jette, c’était l’occasion d’une ballade péri-urbaine dans une ville presque morte.

Si je me suis concentré à l’aller sur quelques clichés partagés sur Facebook, j’ai rassemblé ici une douzaine de photos prisent sur le chemin du retour, et que j’aimerais vous faire découvrir.

Il y a du street art à Bruxelles, et ça ne se limite pas aux sempiternels parcours BD. La zone du canal Nord, en particulier, est riches de tags et de graphismes colorés et qui démontrent une vraie vie culturelle underground.

C’est ainsi aux abords directs du lieu que de nombreux Bruxellois voudraient voir transformé en Musée d’Art Contemporain, mais que les coupes budgétaires semblent (provisoirement) condamner que se trouvent la plupart des lieux photographiés ici.

Le sourire du crocodile

elkesleurs

 

C’est avec un large sourire qu’Elke Sleurs, ministre N-VA du gouvernement fédéral, en charge des musées fédéraux, explique qu’elle ne veut plus d’un Musée d’Art Moderne dans un lieu architecturalement  symbolique, comme les anciens garages Citroën. Mais ce sourire, c’est celui du crocodile qui sait qu’il va ainsi pouvoir croquer sa proie.

Lorsqu’un régime totalitaire se met en place, il est important qu’il déploie ses stratégies dans de multiples directions. L’une d’entre elle est de discréditer les intellectuels, ces inutiles gêneurs qui font croire au bon peuple que réfléchir peut faire progresser le monde.

Ce qui fait peur au candidate dictateur dans la culture, c’est qu’au coeur du travail culturel se trouve la faculté de générer des émotions chez l’observateur. Or les émotions, c’est une chose que le dirigeant totalitaire veut contrôler. C’est à lui de déterminer l’émotion qui est bonne, et celle qui mêne à la dégénérescence. On se souviendra ainsi de la manière dont le 3ème Reich avait pris le contrôle de ses musées pour en écarter « l’art dégénéré ».

Chaque jour qui passe depuis l’installation d’un gouvernement fédéral N-VA-MR nous apporte son lot d’indications sur la manière dont le parti nationaliste flamand est en train de mettre la main sur l’appareil d’état pour réaliser son projet historique de démantèlement de la Belgique au profit d’un état national social et ultra-conservateur. Après avoir tenté de normaliser la montée au pouvoir de néo-nazis comme Théo Francken, après avoir confié le contrôle des forces de police du Royaume à quelqu’un qui n ‘a jamais caché ses sympathies pour les méthodes d’extrême droite les plus immondes, après s’être assuré que tous les postes occupés par des ministres francophones seraient des pièges idéaux pour démontrer l’incompétence du Bruxellois et du Wallon à se gérer lui-même, le champ de bataille s’set déplacé aujourd’hui vers la culture.

En décrétant que la Région Bruxelloise ne pourrait avoir à la fois un Musée Fin de Siècle (installé à coup de millions fédéraux sur le site des anciens Musées d’Art Moderne) et un vrai musée d’art contemporain digne de ce nom, en annulant tout le travail effectué pour mettre en place le Musée Fin de Siècle pour y rapatrier les collections du Musée d’Art Moderne, Elke Sleurs, ministre N-VA ayant la tutelle des Musées Fédéraux sous sa responsabilité, tente de museler un espace de liberté essentiel.

Le Musée Fin de Siècle se veut un Musée populaire. Il est une étape indispensable pour le touriste qui veut comprendre l’Art Nouveau qui est au coeur de l’histoire culturelle Bruxelloise. Pour la N-VA, l’image d’une capitale fédérale culturellement attirante est une insulte. Il faut y mettre fin. Plus de Musée Fin de Siècle, c’est autant de visiteurs qui se désintéresseront de la ville.

Et rapatrier le Musée d’Art Moderne dans ses anciens murs, c’est le ramener au statut de « musillon » provincial. Bruxelles reste ainsi une capitale européenne administrative, incapable de proposer à ses visiteurs un autre produit phare que la Grand Place ou le Manneken Pis. La Flandre aurait-elle peur qu’un vrai Musée d’Art Moderne, un Guggenheim ou un Beaubourg bruxellois fasse de l’ombre à la Flandre ?

L’acharnement avec lequel les pontes de la N-VA s’attaquent à toute institution fédérale démontre bien la seule raison pour laquelle ils sont « montés » dans ce gouvernement: réaliser un « coup d’état légal » qui établisse de facto la 7ème réforme de l’état qu’ils appellent de leur voeux, de préférence en excédent tellement les francophones de ce pays que ce seront eux qui en deviendront demandeurs. Et ce faisant, Bart de Wever pourra devenir celui qui établit les conditions du divorce.

Comme quoi, même cette décision apparemment anodine de Elke Sleurs démontre à nouveau combien Charles Michel s’est laissé emporté par ses ambitions personnelles, et est décidé à faire payer au citoyen le prix de son hochet de Premier Ministre fantoche.

La complot qui tue Béatrice Berlaimont pour la deuxième fois

beatricemissingLa mort de la petite Béatrice Berlaimont est un drame horrible pour les parents de la jeune fille. Celle, celui ou ceux qui sont responsable de cette mort devront espérons le en répondre devant une justice qui fera preuve d’une sagesse et d’une sévérité à la hauteur du crime commis.

Cette mort soulève également une grande émotion dans la population, émotion dont se sont emparés les marchands de papiers, car on ne peut qualifier autrement ces journalistes vivent des peurs qu’ils attisent chez leurs lecteurs. C’est ainsi que des parents n’osent plus laisser leurs enfants aller seuls à l’école.

Il est pourtant une vérité, démontrée, indiscutable, et simple qu’aucun journaleux populiste n’ose publier, parce que cette vérité est tellement évidente et indiscutable qu’elle mettrait trop bien en évidence le complot qui se cache réellement derrière tout cela.

Cette vérité, elle vient de chiffres qui sont vraiment interpellants. Des chiffres ne simples à trouver ou à calculer. Des chiffres officiels et disponibles sur les sites les plus sérieux (ceux de la communauté française, ceux de la police fédérale). Ces chiffres, j’ai voulu les examiner pour vous et vous en faire part.

Le premier de ces chiffres, c’est celui de la population scolaire en fédération Wallonie-Bruxelles: chaque année environ 340.000 enfants fréquentent l’enseignement secondaire francophone et 190.000 l’enseignement fondamental (primaire). Soit  un total de plus de 500.000 enfants qui partent chaque matin à l’école et en reviennent chaque soir. (Source:  statistiques de population scolaire de la Fédération Wallonie Bruxelles)

Chaque année scolaire doit compter entre 181 et 183 jours de classe (Source enseignons.be le site de l’enseignement libre en Belgique). Je n’ai malheureusement pas pu trouver le taux moyen d’absentéisme scolaire en Belgique, mais j’ai par compte pu trouver dans les chiffres officiels qu’environ 12.000 élèves étaient en absentéisme problématique chaque année (soit plus de 9 ou 19 demi-jours d’absence non justifiée). S’il s’agit d’un chiffre inquiétant pour qui étudie l’absentéisme scolaire,il est insignifiant pour mon propos d’aujourd’hui, voire il le renforce puisque nombreux sont ces enfants qui trainent dans les rues et sont donc des cibles potentielles pour tout prédateur potentiel.

Nous avons donc un demi-million d’enfants qui, 182 jours par an, font un aller-retour de la maison à l’école, soit donc environ 182 millions de trajets enfants-maison-école et enfants-école-maison par an.

Moins de un trajet scolaire sur 200 millions se termine par un drame comme celui de Béatrice !

Et nous savons tous pertinemment bien qu’il ne se produit pas en Belgique et a fortiori en communauté française un drame de la nature de celui qui a frappé la petite Béatrice par an. Soit moins de un trajet se révélant dangereux par rapt d’enfant sur 200 millions environ !

Le voilà le vrai scandale: faire naitre la peur chez des milliers de parents, créer une psychose qui fait vendre, qui amène un bourgmestre à réagir non pas en informant ses concitoyens, mais en mettant plus de « bleu » dans les rues. Comme si plus de policiers dans les rue pouvait arrêter la folie d’un acteur suffisamment isolé que pour ne frapper qu’une fois sur 200 millions.

Le vrai complot, c’est celui qui utilise la peur pour manipuler les masses.

Ce qu’il faut dire et redire, c’est que celui qui choisit de s’informer en lisant les torchons populistes qui titrent à qui mieux mieux sur les drames individuels prennent un risque énorme: celui de ne plus pouvoir distinguer l’information de la propagande.

Faire peur aux parents en transformant en psychose des drames individuels, c’est ouvrir la porte un peu plus grande au mal qui menace déjà tellement notre démocratie. C’est inviter la droite wallonne minoritaire, qui profite de son assujettissement à l’extrême droite nationaliste flamande pour occuper le pouvoir à se donner les moyens d’un véritable « coup d’état invisible ».

Il faut aujourd’hui être aveugle pour ne pas voir ce qui se trame dans notre pays, où se trouve le vrai danger. Ce n’est pas le danger de voir la vie de nos enfants menacées par de dangereux pédophiles assassins récidivistes (qui ne sortent plus guère de nos prisons surpeuplées), c’est bien de voir de bien plus dangereux leaders nationalistes, sympathisants de mouvements fascistes, pouvoir récidiver et se hisser au pouvoir dans l’indifférence de ceux qui pourraient les arrêter.

Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, Béatrice est en train de mourir une deuxième fois. Tuée par un criminel dont on peut espérer qu’il ne restera pas impuni, et instrumentalisée dans sa mort par une presse assujettie au pouvoir et qui lui donne ainsi l’opportunité de baisser un peu plus le niveau de démocratie dans notre pays.