La complot qui tue Béatrice Berlaimont pour la deuxième fois

beatricemissingLa mort de la petite Béatrice Berlaimont est un drame horrible pour les parents de la jeune fille. Celle, celui ou ceux qui sont responsable de cette mort devront espérons le en répondre devant une justice qui fera preuve d’une sagesse et d’une sévérité à la hauteur du crime commis.

Cette mort soulève également une grande émotion dans la population, émotion dont se sont emparés les marchands de papiers, car on ne peut qualifier autrement ces journalistes vivent des peurs qu’ils attisent chez leurs lecteurs. C’est ainsi que des parents n’osent plus laisser leurs enfants aller seuls à l’école.

Il est pourtant une vérité, démontrée, indiscutable, et simple qu’aucun journaleux populiste n’ose publier, parce que cette vérité est tellement évidente et indiscutable qu’elle mettrait trop bien en évidence le complot qui se cache réellement derrière tout cela.

Cette vérité, elle vient de chiffres qui sont vraiment interpellants. Des chiffres ne simples à trouver ou à calculer. Des chiffres officiels et disponibles sur les sites les plus sérieux (ceux de la communauté française, ceux de la police fédérale). Ces chiffres, j’ai voulu les examiner pour vous et vous en faire part.

Le premier de ces chiffres, c’est celui de la population scolaire en fédération Wallonie-Bruxelles: chaque année environ 340.000 enfants fréquentent l’enseignement secondaire francophone et 190.000 l’enseignement fondamental (primaire). Soit  un total de plus de 500.000 enfants qui partent chaque matin à l’école et en reviennent chaque soir. (Source:  statistiques de population scolaire de la Fédération Wallonie Bruxelles)

Chaque année scolaire doit compter entre 181 et 183 jours de classe (Source enseignons.be le site de l’enseignement libre en Belgique). Je n’ai malheureusement pas pu trouver le taux moyen d’absentéisme scolaire en Belgique, mais j’ai par compte pu trouver dans les chiffres officiels qu’environ 12.000 élèves étaient en absentéisme problématique chaque année (soit plus de 9 ou 19 demi-jours d’absence non justifiée). S’il s’agit d’un chiffre inquiétant pour qui étudie l’absentéisme scolaire,il est insignifiant pour mon propos d’aujourd’hui, voire il le renforce puisque nombreux sont ces enfants qui trainent dans les rues et sont donc des cibles potentielles pour tout prédateur potentiel.

Nous avons donc un demi-million d’enfants qui, 182 jours par an, font un aller-retour de la maison à l’école, soit donc environ 182 millions de trajets enfants-maison-école et enfants-école-maison par an.

Moins de un trajet scolaire sur 200 millions se termine par un drame comme celui de Béatrice !

Et nous savons tous pertinemment bien qu’il ne se produit pas en Belgique et a fortiori en communauté française un drame de la nature de celui qui a frappé la petite Béatrice par an. Soit moins de un trajet se révélant dangereux par rapt d’enfant sur 200 millions environ !

Le voilà le vrai scandale: faire naitre la peur chez des milliers de parents, créer une psychose qui fait vendre, qui amène un bourgmestre à réagir non pas en informant ses concitoyens, mais en mettant plus de « bleu » dans les rues. Comme si plus de policiers dans les rue pouvait arrêter la folie d’un acteur suffisamment isolé que pour ne frapper qu’une fois sur 200 millions.

Le vrai complot, c’est celui qui utilise la peur pour manipuler les masses.

Ce qu’il faut dire et redire, c’est que celui qui choisit de s’informer en lisant les torchons populistes qui titrent à qui mieux mieux sur les drames individuels prennent un risque énorme: celui de ne plus pouvoir distinguer l’information de la propagande.

Faire peur aux parents en transformant en psychose des drames individuels, c’est ouvrir la porte un peu plus grande au mal qui menace déjà tellement notre démocratie. C’est inviter la droite wallonne minoritaire, qui profite de son assujettissement à l’extrême droite nationaliste flamande pour occuper le pouvoir à se donner les moyens d’un véritable « coup d’état invisible ».

Il faut aujourd’hui être aveugle pour ne pas voir ce qui se trame dans notre pays, où se trouve le vrai danger. Ce n’est pas le danger de voir la vie de nos enfants menacées par de dangereux pédophiles assassins récidivistes (qui ne sortent plus guère de nos prisons surpeuplées), c’est bien de voir de bien plus dangereux leaders nationalistes, sympathisants de mouvements fascistes, pouvoir récidiver et se hisser au pouvoir dans l’indifférence de ceux qui pourraient les arrêter.

Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, Béatrice est en train de mourir une deuxième fois. Tuée par un criminel dont on peut espérer qu’il ne restera pas impuni, et instrumentalisée dans sa mort par une presse assujettie au pouvoir et qui lui donne ainsi l’opportunité de baisser un peu plus le niveau de démocratie dans notre pays.

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.