Pourquoi j’irai à Paris…

J’ai publié hier un article critiquant le « grand cirque médiatique » qui avait accompagné l’exécution (conjointement) rituelle  des terroristes du 7 janvier dernier, dans un grand consensus entre droite sécuritaire et fanatiques plus ou moins assumés.

Aujourd’hui, j’achète des tickets de train pour être un (en fait deux…) parmi un million, demain à Paris. Suis-je en contradiction avec moi-même. Je vois en effet fleurir sur la toile une masse de réactions destinées à expliquer pourquoi il ne fallait pas aller manifester ce dimanche.

Je ne sais pas si c’est un bien ou un mal d’aller manifester. Je suis parfaitement conscient que cette manifestation sera récupérée par Sarko, Merkel, Cameron et Rajoy sans doute bien mieux que par Hollande. Et que même si c’était Hollande qui sortait plus populaire de l’exercice, la démocratie en Europe occidentale ne s’en sortirait pas mieux.

Ma première réaction a d’ailleurs été de déclarer que je n’irais pas. Et puis je me suis dit que ceux de mes amis qui critiquaient cette manifestation étaient d’assez bons amis que pour ne pas m’en vouloir de ne pas partager cette fois leur opinion. Et que oui, je pouvais répondre à cet appel, pour justement affirmer que c’étaient les partisans de la liberté d’expression qui battraient le pavé, pas ceux qui mutatis mutandis se réjouiraient de la disparition de Charlie.

Pour la liberté d’expression, de conscience et d’opinion, mais aussi parce que des mouvements comme ceux-ci offrent des opportunités de rappeler ce que ces libertés veulent dire, finalement, oui, je serai demain à Paris.

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.