Des vacances de Noël trop courtes ou des parents qui n’osent pas poser des limites ?

Je suis resté « scotché » ce dimanche 3 janvier en regardant la séquence intitulée « deux semaines perturbées » du JT de la RTBF (vers les 9’55). Ce reportage est centré sur le témoignage d’une mère de famille et de ses deux filles âgées de moins de 13 ans, qui réclament un allongement d’une semaine de la durée des vacances de Noël en raison d’heures de coucher tardives répétées et de « la nécessité d’aller voir des grands-parents qui habitent parfois un peu loin ». Cette affirmation étant par ailleurs confortée par l’avis d’un psycho-expert en rythme scolaire.

Ne faudrait-il pas d’abord rappeler que le rôle d’un parent est aussi (surtout ?) d’aider ses enfants à grandir en leur permettant de s’épanouir à leur propre rythme ? Et pour ce faire, de poser un cadre bienveillant et rassurant sur ce qui relève des activités normales de l’adulte et de celles de l’enfant, en ce compris le respect d’un certain nombre d’heures de sommeil ? Cette année, comme chaque année, comptait deux réveillons (surprise ?) qui tombaient un jeudi, c’est à dire un jour suivi de trois jours de récupération avant la rentrée scolaire. S’il est parfaitement normal de permettre aux enfants de participer aux réjouissances du passage à l’an neuf (pour peu qu’il reste une raison de s’en réjouir), ne revient-il pas aux parents de mettre en évidence le caractère extra-ordinaire de cette circonstance en rétablissant un rythme de veille et de sommeil normal dès le lendemain ?

Une autre explication qui m’a également choqué dans ce reportage est cette excuse des grands parents qui habiteraient « loin ». Peut-être la famille concernée est-elle dans une situation vraiment particulière ou la distance qui sépare parents et grands-parents exige un déplacement de plusieurs heures, mais ce n’est pas le cas de la majorité de nos concitoyens. Faut-il en conclure que des grands-parents ne doivent se visiter qu’une fois l’an (pour aller chercher des étrennes ?) ? Ou que la visite aux grands-parents doit devenir une justification valable pour une absence scolaire du lendemain ?

Comme enseignant, je suis favorable à une modification des rythmes scolaires, mais alors en y mettant certaines priorités. Dans le contexte actuel, ajouter une semaine aux vacances de Noël aurait eu pour première conséquence de réduire encore plus la période de cours qui commence. Celle-ci ne compte déjà que 5 semaines avant le congé de Carnaval, ce qui est vraiment très peu aux yeux des nombreux spécialistes qui ont étudiés la question (et qui posent le rythme idéal autour de périodes de 6-7 semaines de cours). Réfléchissons plutôt à la meilleure manière d’éviter des années aussi erratiques que celle que nous vivons, où nous avons connu un cycle de près de 8 semaines pour commencer l’année, suivi de 7 semaines avant Noël, pour maintenant enchaîner sur une série de 5 semaines, puis 6 avant Pâques (la seule période réellement confortable qui nous sera donnée cette année), elle-même suivie de 4 semaines et demi, pour finir sur un sprint en 8 (!!!) semaines pour atteindre les vacances d’été.

C’est en exerçant comme parents notre rôle de « parents » que nous remplirons notre devoir éducatif, pas en rejetant sur « la société » ou « les politiciens » les responsabilités que nous refusons de prendre. Il ne revient pas au Ministre de l’Enseignement (heureusement, on a supprimé chez nous le titre de Ministre de l’éducation) de dire à chaque enfant à quelle heure il doit se coucher pour pouvoir profiter au maximum de l’enseignement qui lui est proposé.

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.

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