Une belle leçon de gestion de la Wallonie à la Flandre

dufercoLa décision de la Commission Européenne de condamner Duferco à rembourser 240 millions d’euros de subsides à la Région Wallonne est en fait un coup de génie (peut-être accidentel) qui devrait servir de leçon d’ingénierie financière même à nos amis du Nord, si rapide à condamner les modèles de gouvernance wallons. Résumons un peu la situation:

Afin de permettre à la société Duferco de maintenir ses activités industrielles en Wallonie, la Région Wallonne a versé via diverses institutions des subsides directs et indirects près de 240 millions d’euros à l’opérateur sidérurgique. Grâce à ces subsides, ce sont 3 ou 4000 emplois qui ont été préservés et pour lesquels l’ONEM n’a donc pas dû verser un cent, et ce pendant plusieurs années. A l’époque, ils étaient nombreux à fustiger la Région pour subsidier des emplois « financièrement morts ».

Finalement, et au grand dépit des autorités régionales (qui si je m’en souviens bien crièrent même à la « trahison »), Duferco a dû mettre la clé sous le paillasson en Belgique, y maintenant une trentaine d’emplois administratifs, mais continuant à accumuler ses profits sous des cieux plus cléments.

Perte sèche des investissements régionaux ? C’était sans compter sans un autre fleuron de notre franco-wallonie: les reportages de la RTBF. Comme le rappelle « La Libre », c’est un reportage de Bruno Clément qui a fait lever les sourcils à la Commission Européenne, laquelle condamne aujourd’hui Duferco à rembourser à la Région Wallonne… les 240 millions en question. Ce sera bien donc le vilain délocalisateur (Duferco) qui va devoir rembourser à la Région les subsides qui avaient permis de maintenir les emplois… Récupérant ses sous, la Région devrait maintenant se mettre à la recherche d’une autre entreprise qui pourrait être « moribonde » pour cause de délocalisation, et voir si le petit cirque peut recommencer…

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.

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