Couper des têtes n’est pas une solution

Il est devenu tellement courant en politique aujourd’hui de demander la tête d’un ministre lorsqu’un problème se pose qu’il me semble intéressant de se poser le problème de savoir si une tête coupée peut résoudre un problème…

J’ai eut l’occasion de m’exprimer sur Facebook à propos de la démission de Joëlle Milquet, que je trouve malheureuse et prématurée. Je pourrais rejoindre le choeur de mes amis qui crient haro sur Jacqueline Galant et je me surprends à penser moi aussi qu’il est incompréhensible qu’au coeur d’une tourmente comme celle qui l’entoure aujourd’hui, elle ne soit pas poussée à la sortie par ses patrons.

Mais au fond, tout cela n’est-il pas d’abord un grand cirque ? Et les citoyens seront-ils mieux lorsque l’on aura « tranché » l’une ou l’autre tête ?

Est-il donc si difficile pour une femme ou un homme de pouvoir de reconnaître ses erreurs, et, aussi longtemps qu’il n’en a pas tiré un profit personnel, d’utiliser l’apprentissage de ses erreurs pour agir mieux et plus efficacement ? Toute personne ayant fréquenté de près les cabinets ministériels sait que l’on y fait de la politique, en ce compris la campagne électorale du ministre et de ses proches. On peut le déplorer, on peut espérer modifier cela, mais c’est hypocrite de s’attaquer à une seule personne quand l’ensemble de la classe politique pratique cette manière de faire.

Toute personne ayant pratique les cabinets sait également que le Ministre n’est pas censé être « la » personne compétente pour les différents problèmes complexes qui lui sont présentés. Par contre, je préférerais entendre des propositions de réformes des méthodes de fonctionnement des cabinets et de leurs administrations plutôt que de voir une ministre et un « top manager » s’accuser mutuellement de mensonge.

Mais peut-être est-ce là un doux rêve d’idéaliste ?

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.