Dans les prisons belges le service minimum n’est plus assuré depuis longtemps…

Les liens croisés de facebook m’ont confronté aujourd’hui à un article d’Olivier Hofman sur le service minimum dans les prisons belges dont la lecture est extrêmement pénible sur le plan littéraire, tout en étant très pertinente au niveau du contenu. J’ai beaucoup de mal en particulier avec le mépris qui transparaît à l’égard des hommes et des femmes qui se sont commis d’une lettre publiée par La Libre.be, qui fustige le manque d’humanité des grévistes à l’égard des prisonniers.

Ce qui me paraît particulièrement intéressant dans la démarche d’Olivier Hofman, c’est d’abord la remarque qui nous revient de tous les observateurs de l’état des prisons du Royaume: ce ne sont pas les gardiens grévistes qui font preuve d’inhumanité en maintenant leur mouvement de grève, c’est bien l’Etat qui depuis des décennies maintient l’idée que des geôles ignobles et insalubres sont bien suffisantes pour héberger ceux dont la loi précise pourtant que seule la privation de liberté doit leur être imposée.

Il ne s’agit pas ici de condamner particulièrement le gouvernement actuel, mais bien de fustiger une logique populiste, parfaitement intégrée d’ailleurs par l’administration pénitentiaire du Nord du pays, qui veut que la privation de liberté doit aller de pair avec l’humiliation. Etre régulièrement confronté aux témoignages, et aux résultats d’un système pénitentiaire comme le système norvégien, nettement plus respectueux de la personne humaine ne sert à rien. Le bon peuple aime voir ses prisonniers ramper dans leur fange, quitte à en faire des êtres encore plus déshumanisés.

Le point important de la critique d’Olivier Hofman, c’est aussi celui qui explique que les différentes revendications de « service minimum » dans les prisons, invoquées au nom d’un traitement humanitaire des prisonniers, ont pour véritable objectif la remise en question du droit de grève. On voit trop bien comment petit à petit le gouvernement actuel se laisse aller à remplir ses fonctions régaliennes de plus en plus à l’écart du contrôle démocratique: les militaires soumis au pouvoir exécutif sont de plus en plus présents dans des fonctions qui devraient être contrôlées par le pouvoir législatif. La justice se voit retirer de plus en plus de moyens au point que les magistrats se voient aujourd’hui contraint à sortir de leur réserve. Les libertés fondamentales sont de plus en plus remises en cause.

Répétons le: le service minimum dans les prisons n’a plus rien à voir avec un « plus » d’humanité dans un univers dont toute humanité a disparu – par la volonté électoraliste de nos éminences politiques. Elle ne sert qu’à justifier une emprise encore plus grande du pouvoir exécutif (et en particulier des représentants du nationalisme flamand) sur l’ensemble de nos libertés fondamentales.

Il ne fallait pas pour cela tenir des propos proches de l’insulte à l’égard d’autres hommes comme le fait Olivier Hofman. Il suffisait de relater les faits tels qu’ils sont.

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l'enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison...), et conscient de la vanité d'avoir raison.

2 réflexions au sujet de « Dans les prisons belges le service minimum n’est plus assuré depuis longtemps… »

  1. Bonjour,
    Je ne peux que vous donner raison quant au fait que mon texte est violent et peut être perçu comme insultant. C’est que j’ai trouvé le positionnement des signataires violent et insultant. Tout en bas de l’échelle sociale, j’ai dû risquer ma liberté – 6 ans de procès -, et ma santé – grève de la faim dans un autre combat -, pour faire entendre ma voix. Ces personnes ne risquent rien et ne prendront jamais de risques. Dans le sillage de mon remous durant les 6 années de procès, tout qui était derrière moi (je servais de bouclier), dont des signataires, a bien réussi sa vie, sans jamais sortir des cadres, sans jamais prendre le moindre risque. Est-il une culture sans colère ? Les mots sont parents. Qu’est donc cette culture lorsqu’elle est avant tout menée par une sorte d’assagissement mis en oeuvre par des personnes dont la fonction est de « faire parler les faits » ? Une culture de la déresponsabilisation. Je suis des faits, non de ceux autorisés à les faire parler et ainsi à se dédouaner… Je n’ai pas apprécié du tout cette position de bienveillance égale envers un système, dont les signataires semblent avoir le vent dans le dos, et qui en est victime. Prenez soin de vous

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