Les masques tombent… mais pas tous.

En écrivant noir sur blanc dans un email à ses troupes que l’objectif de la N-VA est de provoquer les francophones à demander eux-mêmes le confédéralisme, Bart de Wever confirme le diagnostic que je posais deux mois après la formation de ce gouvernement. Continuer la lecture de Les masques tombent… mais pas tous.

Voor CD&V en N-VA is het nu duidelijk: de Franstalige bevolking moet verzwakt worden

Tja, dat is dus mijn Nederlandstalige post van het jaar – min of meer. Ik doe dat van tijd to tijd om mijn Nederlandstalige schrijfvaardigheid te testen. Dit keer toch gaat het over een echt ernstige zaak.

Ik wil eerst zeer duidelijk zijn: ik heb regelmatige onenigheden met Vlaamse vrienden over ideologische verschillen tussen het Zuid en het Noorden van ons land. Dit keer gaat het daarover niet. Gisterenavond was ik (waarschijnlijk voor de eerste keer) akkoord met Open VLD Gezondheidsminister de Block die had aan een groep experten een rapport gevraagd over de demografische behoeften van de verschillende gemeenschappen in termijn van artsen en dentisten voor de komende jaren. Die waren geen « Franstalige » of « Vlaamse » experten, en de cijfers waarmee ze kwamen waren geen verassing: dat de verdeling tussen de gemeenschappen 57/43% waren schijnt normaal, rekening houdend van de bevolking en haar dichtheid. Met die cijfers hadden we een goede idee van wat zou nodig zijn om te verzekeren dat een mens (Franstalig of Nederlandstalig) krijg gelijkaardige kansen om zorgen van dezelfde kwaliteit te krijgen, in Gent, Torhout, Beveren, Schaerbeek, Woluwe, Namen of Charleroi…

Het gaat zelf niet over Vlaamse of Waalse of Franse geld. Een Gentenaar die ziek wordt in Namen betaald de Waalse dokter met « Vlaamse » sociale zekerheidsgeld, en de Luikenaar die zijn been breekt aan de kust zal Vlaamse zorgen krijgen die zullen terugbetaald worden door « Waalse » mutualiteiten… Het gaat over het feit dat de Luikenaar in De Panne krijgt dezelfde kans tijdelijke zorgen te krijgen als de Gentenaar in Namen…

Maar nee. Dat was te veel voor de N-VA en de CD&V. Voor die mensen schijnt het normaal een structureel verschil in de zorgen aanbod tussen de twee gemeenschappen te bouwen. De quotas voor RIZIV nummers zullen niet 57/43 worden, maar 60/40. Dat betekent dat iemand die ziek word en wil (in Brussel) of moet (in Wallonië) zorgen in het Frans krijgen, heeft minder kansen een dokter of een tandarts op tijd te vinden  dan als hij die in het Nederlands (of in Vlaanderen) wil. Ik zie weinig economische interesse – uitgezonderd dat in Brussel Vlaamse dokters zullen meer werk (en dus honoraria) krijgen. Maar, aangezien de drukte op de dokters in de hoofdstad, denk ik niet dat er bestaan veel dokters die meer patiënten willen ontvangen.

Dus wat wordt dan de boodschap: het is normaal dat een deel van de bevolking van ons land, dank zijn gemeenschap meer risico loopt geen tijdelijke zorgen te kunnen krijgen in geval van nood dan de leden van de andere deel van de bevolking. Dat betekend bewust beslissen om een deel van de bevolking verzwakken door hen de toegang aan de nodige zorgen te weigeren ten aanzicht van de andere deel van die bevolking

Volgens mij gaat het hier om de verzwakking (en extreem het mogelijke uitmoorden) van mensen op basis van hun culturele karakteristieken…

Ik ben meer dan zeker dan de meeste Vlamingen willen dat niet. De Gezondheidsminister wilde het ook niet, maar de N-VA en de CD&V willen het wel, en het slechtste (voor de Franstalige) is dat onze enige vertegenwoordigers in die regering zwijgen – in alle talen – zodanig dat de Antwerpse guru spreekt.

Flandre : la guerre biologique ?

Magny de Block était formelle : il était logique de répartir les médecins de ce pays en fonction des besoins démographiques établis par les experts. Enfin une nouvelle pleine de bon sens.

Deux heures plus tard, c’est par communiqué de presse que la Ministre de la santé explique qu’il n’en sera rien.

La Flandre aura plus de médecins qu’elle n’en a besoin. La francophonie trop peu. Décision prise avec la collaboration active du MR.

Il faut bien comprendre qu’il s’agit là d’une agression physique caractérisée d’une communauté envers l’autre, qui vise l’affaiblissement des uns par rapport aux autres sur base de leur appartenance culturelle, au moyen d’une discrimination dans le système de santé. Selon que vous serez francophone ou flamand, l’offre de soins sera quantitativement et qualitativement différente.

Le gouvernement fédéral se met à nouveau au service de la Flandre afin de pousser francophones et wallons à devenir demandeurs de cette séparation que la N-VA appelle de ses voeux (avec l’appui servile du CD&V.

Sous d’autres cieux, de telles décisions seraient appelées par des termes peu flatteurs. Ici, on appelle cela un compromis. Pour moi, c’est un pas de plus de l’autre côté de la ligne rouge du respect de l’être humain.

Cynisme ou racisme ?

Un député Open-Vld interpelle à voix basse une collègue SP.A à la fin de son intervention à la tribune. Les uns disent qu’il a dit « retourne au Maroc », lui prétend avoir dit que « si les travailleurs de Caterpillar sont aussi productifs que les syndicats le disent, ils trouveront facilement du boulot, par exemple en Turquie ou au Maroc ».

La presse, même francophone, semble trouver que si ce sont les affirmations de l’intéressé qui sont exactes, on peut lui pardonner …

Moi je remarque qu’un homme dont la mission est de porter haut et fort la voix de ses électeurs s’exprime à voix basse dans le lieu du pays ou la parole libre est la mieux protégée. Faut-il qu’il sache en ouvrant la bouche qu’il va proférer des paroles polémiques ? Et si celles dont il est accusé seraient condamnables pénalement partout ailleurs qu’au Parlement, celles qui représentent sa défense sont une injure aux 6000 travailleurs qui vont perdre leur emploi. La mention spécifique de la Turquie et du Maroc étant d’ailleurs une allusion à peine déguisée au thème du renvoi de l’immigré dans son pays d’origine.

En somme ce Monsieur est soit raciste, couard et menteur, soit cynique, arrogant et ségrégationniste. La peste ou le choléra ?

Journalisme d’approximation

J’ai répondu dans un autre article de ce blog aux insultes proférées à mon égard (mais pas que) par Madame Doris Bianco dans le reportage diffusé dimanche 11 septembre au JT de 19h30 de la RTBF sur l’inscription de son enfant dans un internat de Wallonie pour éviter de jeter son enfant dans une (école) poubelle.

Un autre aspect de ce reportage avait cependant retenu mon attention: l’effrayante vacuité intellectuelle de ces 3 minutes de JT.

Ne voulant pas contribuer à l’augmentation de l’audience d’un média qui semble avoir perdu toute notion de sa mission de service public, je vous renvoie à mon article précédent pour voir le reportage (vous contribuerez ainsi à la hausse de mon nombre de clics bien plus qu’à celui de la RTBF).

Nous voici donc devant 3 minutes de télévision, constituant l’un des titres du principal JT de la chaîne, dont on peut dire assez facilement qu’il ne s’agit pas d’un reportage, mais sans doute d’un cartouche émotionnel tout au plus digne de Sudpresse.

En effet, la « journaliste » Alison Delpierre s’est bien contentée de ce dont la gratifie Julie Morelle dans l’introduction de la séquence: elle a « recueilli des témoignages ». Ces témoignages ne sont cependant absolument pas en lien avec le problème supposé: aller chercher à Wemmel – c’est à dire en Flandres – des parents mécontents de ne pouvoir inscrire leur enfant où ils le veulent à Bruxelles, c’est totalement perdre de vue que très logiquement le décret inscription (que je ne cherche ni à défendre, ni à condamner) se concentre sur les éléments qu’il peut contrôler: l’enseignement francophone en régions wallonne et bruxelloise.

En plus, la journaliste ne relève à aucun moment la nature extrêmement injurieuse des propos tenus par l’une des personnes interviewées à l’égard des élèves et des enseignants des écoles où elle ne désire pas inscrire son enfant. Est-il normal d’exposer ainsi un témoin aux réactions normales ou anormales qui pourraient émerger ? Qu’en est-il de cet enfant qui devra désormais porter le stigmate d’une mère tenant – sans doute dans sa colère mal contenue -des propos proche du racisme ou de la diffamation ?

Lorsque les parents des enfants concernés mettent en cause la CIRI, ne vient-il pas à l’esprit de la journaliste de vérifier les conditions dans lesquelles se trouvent ces parents ? Si elle l’a fait, pourquoi ne pas donner le résultat de ses investigations ?

Il est sans doute plus simple de laisser les émotions (de préférence la colère, les insultes, la violence morale, verbale et physique) prendre le dessus.

L’ensemble de ce JT regorgeait d’ailleurs de ce genre de sujets. Pour n’en citer qu’un autre, on nous berce depuis trois jours avec les pensées tellement revigorantes du Dalaï-Lama, pour lequel quelques milliers de bien-pensants sont prêts à verser plus de la moitié d’une allocation mensuelle du CPAS en ticket d’entrée, mais la RTBF oublie de mentionner les nombreuses controverses dans lesquels le leader tibétain s’est embourbé depuis longtemps – qu’il s’agisse de l’absence totale de démocratie dans son pays lorsqu’il était au pouvoir ou de ses affirmations incendiaires sur la problématique des réfugiés.

Visiblement, en ces moments où il fait si bon dénigrer le personnel politique, la RTBF et ses journalistes semblent choisir de se mettre au diapason du populisme régnant (et donc au service du pouvoir politique en place), laissant la mission pédagogique aux enseignants – sans doute de préférences ceux qui, désormais transformés en déchets, tentent de tirer les sonnettes d’alarme depuis leurs bien-aimées poubelles.

Lettre ouverte d’un vieux déchet à Madame Doris Blanco

Chère Madame Blanco,

Votre nom est apparu ce 11 septembre sur mon écran de télévision au cours du reportage sur la pénurie de places dans les écoles secondaires du Nord Ouest de Bruxelles, lors du JT de 19h30 sur la RTBF.

L’interview de vos amis Emanuele et Yannik Van Roy m’avait déjà relativement choqué. Ces personnes ont fait le choix d’habiter Wemmel,en Flandres, et donc de s’exclure des mécanismes « normaux » de l’inscription. Il n’y avait donc pas lieu de s’étendre sur une situation qui – de par le choix des protagonistes – devenait complexe.

Vos propos par contre, me sont directement adressés, ainsi qu’aux élèves que je rencontre tous les jours dans mon école multi-culturelle du Nord-Est de la ville (mais son profil n’est pas fondamentalement différent de celui des autres écoles où des places existent encore en 1ères communes). Vous êtes très explicite dans vos propos – mêmes si vous êtes « désolée » pour le terme employé : nous sommes des écoles « poubelles ». Ce qui, si vous voulez avoir l’honnêteté d’entendre vos propres mots avec les oreilles de ceux qui travaillent et étudient dans ces écoles, revient à les traiter de « déchets ».
Je serais en classe, je laisserais maintenant planer un long silence pour permettre à tous de réfléchir un instant.

C’est donc un professeur « déchet » qui va vous parler, vous pouvez donc jeter directement mes propos dans la poubelle, puisque c’est la place qui me revient. Mais si vous ne le faites pas, je vous invite à réfléchir à une autre de vos propres paroles: l’alternative à une école comme celle où je travaille, c’est de « le laisser là dans un bon enseignement avec heu… des valeurs et tout le reste… » et ce point m’intéresse, car je voudrais savoir quelles sont ces « valeurs » et comment vous les démontrez ?

Je vais essayer d’être aussi factuel que possible: l’école où je travaille compte des enfants venus de dizaines d’horizons différents, si ils sont assez nombreux à avoir la nationalité belge, je ne crois pas qu’ils soient nécessairement la majorité. Ils ne parlent pas tous français à la maison, mais tous sont bilingues, voir tri- ou quadri-lingues en arrivant chez nous. Et pourtant, bien peu sont filles et fils de fonctionnaires européens… Ils ont le teint brillant ou mat, la peau blanche, brune, jaune, noire, les cheveux de toutes les couleurs, avec ou sans foulard. Et aujourd’hui, jour de la fête de l’Aïd, un nombre non négligeable a choisi de rester en famille, même si cela n’est pas autorisé par « la loi ».

Ces enfants m’apprennent tous les jours à pratiquer les valeurs de respect des autres. Ces enfants m’obligent à me rendre compte qu’il n’y a pas sur terre que des femmes et des hommes européens, ayant vécu dans le confort de notre vieux continent pacifié depuis des générations, rompus aux codes sociaux que nous nous sommes construits. Ces enfants sont des adolescents qui revendiquent leur statut à coup de déclarations parfois choquantes, mais que nous pardonnerions tellement plus facilement si elles sortaient de la bouche de nos petits Nathan et Victor. Leurs marques de respect existent, mais ce sont celles qu’ils ont appris dans leur famille. Elles nous paraissent parfois incongrues ou anachroniques, mais eux non plus ne comprennent pas toujours ce que nous en attendons.

Je suis cependant persuadé que vos enfants auraient pu aussi faire l’expérience de telles écoles de manière positive. C’est en tout cas ce que me disent les parents que je rencontre. D’abord, ils auraient la joie et le bonheur de retrouver chaque soir leurs parents – et leurs en sauraient gré pour cela. Ensuite, ils apprendraient dès aujourd’hui à vivre avec ceux qui feront, qu’on le veuille ou pas, la génération de demain, et au lieu de la construire dans le conflit (« eux » dans leurs « écoles-poubelles » et « nous » dans nos internats-élitistes), ils le feraient dans l’apprentissage du dialogue et parfois aussi d’une enrichissante confrontation. Croyez vous que vos enfants bénéficieront de plus d’attention là où vous les envoyez ? La seule certitude que j’ai, c’est qu’ils se détacheront de vous, et que vous ne pourrez pas remplir votre rôle d’accompagnement comme vous auriez pu le faire en le gardant près de vous.

Vous êtes furieux contre la CIRI parce qu’elle vous propose des solutions qui ne vous conviennent pas ? Pourquoi une telle peur de voir des solutions nouvelles émerger ? Regardez le monde autour de vous ! A quoi ressemble-t-il le plus ? A votre internat (excellent en l’occurence) de Dinant ou à notre école des environs de Schaerbeek ? Je ne parle pas ici de votre monde rêvé, mais de la réalité quotidienne qui se construit.

Revenons à la question des valeurs. Le décret mission qui est le produit d’un processus démocratique (car oui, nous vivons dans une démocratie qui définit ses règles de fonctionnement) auquel vous avez peut-être participé (il est vrai que vous êtes encore jeunes et que c’était en 1997) précise les quatre missions de l’enseignement obligatoire en Communauté Française:

  1. promouvoir la confiance en soi et le développement de la personne de chacun des élèves;
    Pensez-vous servir la confiance en soi de votre enfant en l’isolant dans un cocon sécurisé qui l’écarte le plus longtemps possible de la réalité dans laquelle il est appelé à vivre ?
  2. amener tous les élèves à s’approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle;
    Hormis les affirmations non vérifiables des directions d’écoles et en l’absence de tout outil de comparaison sérieux, qu’est-ce qui vous indique que votre enfant pourra acquérir de meilleurs compétences – sachant en plus que vous ne pourrez assurer le suivi de ces acquis en raison même de la distance qui vous séparera de lui.)
  3. préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures;
    Est-il vraiment nécessaire que je commente ce point, qui me paraît fondamental si nous voulons pouvoir vivre demain dans un monde pacifié ? En qualifiant les autres cultures de « cultures-déchets », ne compromettez vous pas fortement les chances de votre enfant d’atteindre cet objectif ?
  4. assurer à tous les élèves des chances égales d’émancipation sociale.
    Croyez vous qu’un enfant fréquentant une « école poubelle » aura plus de chance d’émancipation sociale si cette école est transformée en ghetto, et – a contrario – pensez vous qu’un enfant issu d’un milieu social plus aisé ait moins de chance d’émancipation sociale parce qu’il aura fréquenté une école comme celle où je travaille ?

Voyez vous, Madame Blanco, je crois vraiment que vous avez fait ce que vous pensiez être le mieux pour votre petit garçon. Je lui souhaite sincèrement de vivre une expérience enrichissante là où vous l’avez inscrit.

Mais ne transformez pas votre peur qu’il soit confronté à des enfants différents par leur origine ethnique ou sociale en discours injurieux. Mettez vous un instant à la place de ceux qui auront vu votre interview à la télévision, qui croiseront votre enfant. Si ils se sont – comme moi – entendus traiter de déchets, il leur faudra sans doute tout le courage, toute la patience et toute la tolérance que vous avez laissé sur le bord de la route pour ne pas à leur tour enrager…

La mode des « chroniques de Amid Faljaoui » potentiellement dangereuse

Quand un célèbre chroniqueur économique se lance sur un sujet qu’il ne domine pas bien, en se basant sur les documents d’un auteur mineur, il devient potentiellement dangereux pour l’esprit critique de ses lecteurs… Continuer la lecture de La mode des « chroniques de Amid Faljaoui » potentiellement dangereuse