Comment sortir du piège à c..s posé par le système bancaire?

L’annonce faite par ING nous apparaît comme un nouveau coup de couteau dans le contrat implicite qui tente de souder notre social-démocratie. Une institution (et pour beaucoup ING est resté le successeur de la BBL) choisit d’abandonner son pôle sociétal, sa responsabilité d’employeur, pour satisfaire les exigences de son pôle financier, de ses actionnaires… tout est-il pour autant aussi simple ?

Disclaimer orthographique: Pour toute réclamation sur l’orthographe de mes articles, je vous invite d’abord à assister au spectacle « La Convivialité » donné au Théâtre National cette saison. Ensuite, sur présentation du ticket validé, je lirai avec intérêt toutes les remarques relatives à mes fautes.

Je lis sur les réseaux sociaux nombre de réactions outrées de clients de la banque orange qui annoncent haut et fort leur intention d’abandonner leur banquier à son (triste ?) sort. La plupart de ces clients sont sans doute, comme moi, des clients qui se perçoivent comme « moyens », mais sont sans doute déjà vu comme « petits » par la banque au lion. Ils  y ont un ou deux comptes courants, un ou deux comptes d’épargne, et quelques (dizaines) de milliers d’euros en placements divers. Ceux qui n’ont pas la « chance » d’avoir terminé le remboursement de leur maison ont aussi peut-être un prêt hypothécaire et l’un ou l’autre financement…

Que signifie « changer » dans l’univers bancaire ? On peut bien entendu se tourner vers une autre banque, et selon que votre profil sera « intéressant » ou pas, vous y serez accueilli à plus ou moindre frais. Mais quelle banque peut aujourd’hui offrir en Belgique un véritable service centré sur des valeurs humaines prioritairement aux valeurs financières de l’actionnariat ? Il n’existe en Belgique aucune banque « alternative » prête à offrir un service « complet » à ses clients. Et si je me trompe et qu’une telle banque existe, je serai heureux de mettre à jour cet article…

Aucune banque non-commerciale n’accepte aujourd’hui de gérer les comptes courants d’un particulier. Triodos ne le fait pas, et la Banque de la Poste n’est qu’une officine déguisée de BNP-Paribas qui à choisi de se défaire de ses employés au compte goutte pour ne pas devoir faire appel, comme ING à la procédure Renault.

Alors, la solution: rapatrier son cash à la maison (en petite quantité, dans une chaussette non trouée et bien cachée au fond d’un tiroir secret…) ?

Même pas, car le monde financier nous a préparé un superbe piège. Dans ce pays où les plus grandes entreprises éludent allègrement l’impôt sous les formes les plus diverses (on appelle cela de l’ingénierie fiscale), il est interdit – pour « lutter contre l’argent sale » de dépenser plus de 3.000 euros en cash. Ce qui veut dire que sous couvert de bonnes intentions, chaque citoyen est obligé de rémunérer une banque commerciale pour pouvoir disposer de son argent librement.

Un article du Soir de février 2015 expliquait longuement les raisons de cette limitation, notamment à l’occasion de l’annonce de l’élargissement probable du plafond à 7.500 euros, et considérait cet élargissement du plafond comme un « recul » dans la lutte contre la fraude.

Je peux comprendre la volonté de ceux qui veulent lutter contre le travail au noir, mais pour celui qui choisit de vivre dans une économie parallèle, effectuer tous les achats du monde en utilisant du cash reste toujours possible. Seul finalement le citoyen désireux de respecter la loi se trouve piégé…

Quelle alternative reste-t-il donc à celui qui voudrait « marquer le coup » face aux vélléités purement actionnariales des banques commerciales ? Pour tout ce qui est financement, épargne et placements, le réseau Financité permet de trouver des alternatives intéressantes et socialement responsables.

Par contre, lorsqu’il s’agit de disposer d’argent liquide, plus personne ne répond présent. Comme d’autres, j’avais mis un espoir un peu fou dans la naissance d’une nouvelle banque avec la coopérative NewB, mais là aussi la résistance du monde bancaire a fini par avoir raison des idéaux…

Je ne sais donc toujours pas ce que je vais faire au final. Etudier sérieusement une migration de mon épargne, pour qu’elle ne finance plus les bénéfices des actionnaires assassins des banquiers traditionnels, sans doute. Mais pour le reste, je suis intéressé de savoir ce que chacun peut trouver comme solution.

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l’enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison…), et conscient de la vanité d’avoir raison.

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