Le cynisme d’ING

Le « séisme » qui frappe aujourd’hui le monde bancaire européen (et singulièrement néerlandais et belge) démontre le cynisme avec lequel les investisseurs – mais nous aussi à travers nos propres épargnes – traitent le monde du travail.

J’ai ainsi entendu le CEO d’ING Belgique expliquer à la presse que la banque avait prévu de « très importantes » provisions afin de payer des indemnités respectables aux collaborateurs dont elle devrait se séparer. Le chiffre de 800 millions d’euros à même été mentionné. Or, si j’ai bien suivi l’actualité, ING parle de se séparer de plus de 7000 employés sur une période de 5 ans, ce qui a pour le mathématicien que je ne suis pas deux corollaires évidents:

  1. 800 millions  d’euros pour 7.000 employés, cela fait un « bon » 100.000 euros par employé ce qui, dans le monde bancaire doit représenter en salaire coût deux ans de salaire en moyenne…
  2. Répartis sur 5 ans, cela doit représenter environ 170 millions d’euros par an.

Dans le même temps, lorsqu’ils parlent aux actionnaires, les patrons d’ING expliquent que la digitalisation de la banque (et l’élimination de ce drôle d’animal qu’on appelle le travailleur) va rapporter … 800 millions, mais par an cette fois.

On comprend aisément qu’avec un tel raisonnement, le titre ING devrait partir à la hausse dans les prochains jours.

Mais qui devons-nous blâmer ? En écrivant cet article, je vois sur le côté de mon PC mon lecteur de carte bancaire, symbole parfait de ma complicité à l’usage intensif des transactions virtuelles. Et mon épargne en vue de ma pension, n’est-elle pas constituée également (et en grande partie d’ailleurs) d’obligations voire d’actions bancaires ?

Je dénonçais il n’y a pas très longtemps le cynisme des actionnaires de Lampiris qui avaient vendu leur âme (et leur clientèle) aux assassins de Total. Il va me falloir aujourd’hui réfléchir sérieusement à la manière dont je vais orienter mes relations bancaires pour les prochaines années…

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l’enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison…), et conscient de la vanité d’avoir raison.

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