Mes photos exclusives de Bruxelles au soir de l’attentat de la Gare Centrale…

J’étais donc hier soir en plein centre de Bruxelles, à me promener entre le Parc Royal, la Galerie Ravenstein, la Gare Centrale, la Grand-Place et la rue Marché au Charbon… et tout cela au moment précis ou une explosion suivie de la « neutralisation » d’un être humain par nos militaires se produisait sur un quai de la Gare Centrale…

La soirée avait pourtant plutôt bien commencé, par une promenade visite de l’exposition « Les clichés allemands (1914-1918) » au Parc Royal. J’y ai retrouvé entre autres photos un souvenir de mon adolescence. L’époque où je montais sur mon cyclomoteur Peugeot pour échapper à ma « ville » de La Louvière pour aller passer quelques heures chez ma soeur, étudiante à Leuven, qui logeait au Collège du Pape sur la Hogeschool plein…

Leuven, Hogeschoolplein, le collège du Pape en 1917…

Nous avons continué notre promenade par une « descente » vers le bas de la ville en passant par la Galerie Ravenstein.

Galeries Ravenstein, quelques minutes avant « l’impact »…

Ce qui m’a frappé lors de cette promenade, c’est l’absence complète de vie dans la Galerie. Un mardi parfaitement ordinaire. A 20h20, il n’y a plus un chat qui circule vers la gare, à part l’un ou l’autre vigile. J’aime bien le dialogue entre le rouge des chaises et les couleurs des fleurs violettes sur la verrière.

Quelques minutes plus tard, après avoir traversé une Gare Centrale dans laquelle n’errent plus que quelques retardataires, il est 20h35. Pas grand chose à se mettre sous la dent pour le photographe qui préférera aller mitrailler avec des milliers d’autres une façade de la Grand Place.

20h45, 20 juin 2017. Grand Place, Bruxelles…

Les touristes semblent profiter de la fraîcheur des pavés pour se reposer d’une journée étouffante. Nous choisissons de notre côté de nous attabler au Tapas Locas, un bar à tapas de la rue du Marché au Charbon. Ici aussi, c’est une vraie ambiance de mardi… pas un chat dans la salle climatisée, une dizaine de clients en terrasse.

C’est là que nous apprenons que « quelque chose » se passe à la Gare Centrale. Nous sommes à quelques pas de là, quand on nous parle de panique à la Grand Place, nous nous attendons à voir arriver des foules ensanglantées. Rien.

Et puis, le cliché de la soirée viendra un peu plus tard, vers 21h45.

Quelques minutes après « l’attentat », une patrouille de militaires parade rue Marché au Charbon. « Dormez tranquille peuple docile, nous veillons sur vous »

Peut-être avez-vous cliqué sur cet article en raison de son titre et de la photo qui l’accompagnait. C’est sans doute ainsi que vous agissez comme moi aussi souvent, en face d’une image ou d’un titre qui nous attire.

Il ne faut pas oublier la réalité derrière les faits. Le prétendu « attentat » d’hier n’a pas causé d’autre panique que celle créée par la réaction des forces de l’ordre. Si un homme est mort, c’est celui que l’on désigne sous le titre posthume de « terroriste » aujourd’hui, sans savoir qui l’on découvrira demain lorsque l’on s’intéressera de plus près à sa personnalité. Il n’y a pas eu de « victime collatérale », sauf nous tous qui sommes victimes de la théâtralisation par les médias d’un non-événement qui n’aurait pas même valu une ligne dans un journal il y a 5 ans. Comme certains l’ont dit hier, en matière d’attentat-suicide, la seule certitude que nous avons aujourd’hui c’est que la partie « suicide » a réussi, si telle était la volonté de l’homme à terre.

Je n’ai pas beaucoup d’empathie pour les terroristes qui mènent un combat cruel et injustifiable contre notre société.

Je ne peux pas non plus crier avec ceux qui saisissent la moindre opportunité de renforcer leur contrôle sur nos mouvements et nos libertés.

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l’enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison…), et conscient de la vanité d’avoir raison.

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