Quand écolo dégringole de l’échelle des valeurs

Je n’ai jamais caché mes sympathies pour le parti des verts. Pas tant en raison de leurs programme « nature et santé » que pour leur attachement à un projet centré sur les droits humains fondamentaux. Au vu des derniers développements de la « crisette » politique en Wallonie et à Bruxelles, j’ai l’impression que c’est leur âme et leur conscience que les verts sont en train d’abdiquer.

En acceptant de s’engager dans une négociation avec le MR en vue de rejeter le PS dans l’opposition, Écolo pose un geste symbolique fort. Il affiche une nouvelle échelle des valeurs qui décrète que définir et appliquer un accord gouvernemental qui fait du rejet à la mer des réfugiés une norme acceptable est plus éthique que de voir quelques (trop nombreux ) individus se servir dans les caisses de l’Etat. En quelque sorte, les dérives népotistes des Mayeur et Peraïta pèsent plus dans la balance que le soutien inconditionnel de Charles Michel à la politique humanitairement criminelle de Theo Francken.

Si Écolo devait franchir ce Rubicon là, il ne ferait rien d’autre que rejouer le scénario du MR qui déclarait en avril 2014 « jamais avec la N-VA » pour se jeter dans leurs bras 6 mois plus tard.

S’allier au MR de d’Armand de Decker pour « punir » le PS d’Yvan Mayeur, c’est rejouer la scène centrale des « animaux malades de la peste ». C’est celui qui reconnaît ouvertement ses torts, et qui met en place des solutions correctrices radicales qui sera condamné au profit de celui qui continue de cacher ses propres dérives.

En effectuant ce choix, Écolo ne prend pas le chemin de la refonte de la morale politique. Les verts font un choix tactique et électoral afin de tuer l’image de Mr Propre que tente de se donner Benoît Lutgen, tout en rejetant le parti aujourd’hui honni de tous. A ce titre, le baisse de Zakhia Kathabi à Olivier Chastel avait tout d’un baisse de Judas.

Ce changement de cap est totalement désolant pour le paysage politique francophone qui s’articuler désormais entre un parti n’ayant aucune honte de s’afficher avec une droite nationaliste flamande du repli sur soi, deux partis au centre qui cherchent à s’octroyer le monopole de la moralité populiste, un parti de gauche en pleine déconfiture et un parti d’extrême gauche qui doit encore faire toutes ses preuves d’efficacité  opérationnelle.

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l’enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison…), et conscient de la vanité d’avoir raison.