Un monde parfait…

Deux événements récents me poussent à cette nouvelle « gueulante » sur ce blog. Je me suis déjà longuement attaché au premier dans mon article de ce matin sur la prétendue panique créée par « l’attentat » de la Gare Centrale, hier soir à Bruxelles. Le second concerne ce professeur de sociologie (Michel Demeuldere) attaqué pour les propos qu’il a tenu dans le cadre de son cours sur la sexualité des femmes rwandaises.Je me refuse à porter un jugement à l’emporte pièce sur les propos tenus par cet enseignant universitaire, et pourtant je voudrais récuser les critiques entendues à son propos, pour les raisons suivantes:

  • l’Université doit rester un lieu d’échange et de confrontation des idées, entre intellectuels désireux de se remettre en question en vue d’une meilleure compréhension du monde qui nous entoure;
  • Les propos tenus par Monsieur Demeuldere l’ont été dans le cadre de son cours, dans un auditoire, devant des étudiants dont on attend qu’ils acquièrent les hautes compétences intellectuelles qui leurs permettront un débat d’idées;
  • Que des étudiants aient été choqués par les propos de leur professeur est une chose. C’est même plutôt une bonne nouvelle. A quoi serviraient cinq années d’études universitaires si c’est pour en ressortir avec l’impression que l’on savait déjà tout « avant » ?
  • Que des étudiants choisissent d’étaler leurs émotions sur les réseaux sociaux au lieu d’en faire la source d’un vrai débat avec l’enseignant, avant d’essayer de comprendre si ils ont fait la nécessaire contextualisation des propos tenus avant de les critiquer, c’est de leur part un acte qui démontre qu’ils ou elles manquent encore de la maturité que l’on attend d’elles et d’eux, et sans doute qu’elles et ils n’ont pas encore atteint l’excellence intellectuelle que l’on peut attendre d’eux à la fin de leurs études.
  • Que la presse choisisse d’amplifier dans l’immédiateté la réaction épidermique des étudiantes et étudiants au lieu de replacer cela dans un contexte  qui devrait en faire un non-événement, c’est une marque des avancées significatives de la pensée unique.

Le « Brave New World » est en route. Celui qui dévie de la pensée unique n’est plus un acteur du changement, il est un danger pour nos certitudes. A ce rythme là, ne nous étonnons pas de voir monter les pensées créationistes et autres billevesées.

Publié par

Dominique Foucart

Enseignant (Sciences Economiques, Sciences Humaines, Langues Modernes) dans l’enseignement secondaire général et technologique. Curieux de tout, avec souvent une opinion assez tranchée, mais amoureux des débats (surtout lorsque je pense avoir raison…), et conscient de la vanité d’avoir raison.