Quand notre Premier Ministre part s’instruire aux Etats Unis…

Les échanges d’amabilités qui se sont produits ces derniers jours entre Elio di Rupo et Charles Michel nous en apprennent plus sur la stratégie du Premier Ministre que sur celle du chef actuel de l’opposition socialiste. Et les nouvelles ne sont pas bonnes pour le fonctionnement démocratique de nos institutions. C’est en tous cas mon opinion Continuer la lecture de Quand notre Premier Ministre part s’instruire aux Etats Unis…

Les propos contradictoires du patron de la N-VA au fédéral…

Je viens de lire en détail l’interview de Peter De Roover dans @lesoir de ce week-end. Si le commentaire général du journal parle d’un point de vue dépassionné, il est en tout cas très clair qu’il montre bien la route que veut tracer le parti nationaliste flamand. C’est mon opinion, et je vais la partager avec vous… Continuer la lecture de Les propos contradictoires du patron de la N-VA au fédéral…

Acheter un diplôme de médecin, une conséquence du numerus clausus…

Le numerus clausus en médecine est revenu au devant de la scène avec cet article du Soir sur la cinquantaine de jeunes belges partis étudier la médecine en Roumanie. Ce que le quotidien ne dit pas, c’est que ce phénomène va se traduire d’une manière ou d’une autre par une perte de la qualité des soins dans notre pays. C’est mon opinion du jour… et je la partage.
 
Que nous dit l’article en question ? Des étudiants belges, ayant raté à une ou plusieurs reprises soit l’examen d’entrée, soit certaines épreuves de 1er bac médecine, se dirigent vers des universités roumaines et y réussissent soudainement avec des cotes frôlant la perfection. Dans quelques années, brandissant leur diplôme « équivalent », ils viendront exercer en Belgique et y recevront sans aucun problème de quota leur numéro INAMI… Alors que leurs copines et leurs copains qui auront choisi de se former en Belgique, auront vécu un parcours du combattant pour avoir accès à la profession en raison du fameux numerus clausus ?
 
Les points qui m’inquiètent dans cette présentation sont nombreux.
 
Le plus important pour moi est celui de la qualité de la formation des médecins qui arriveront de ce parcours « alternatif ». Les jeunes interviewés par le journaliste sont sans doutes touchants lorsqu’ils expriment combien ils désirent devenir médecin, quelle vocation cela représente pour eux. Ils sont beaucoup moins crédibles lorsqu’ils expliquent qu’il n’est pas normal de se faire refuser l’accès à des études de médecine en raison d’un échec en mathématique… A première vue, on peut se demander en effet ce que vient faire la trigonométrie dans des études médicales. Mais on pourrait tout autant se poser la question pour n’importe quelle année de l’enseignement secondaire. Quelles sont les professions qui doivent savoir exécuter des opérations mathématiques plus complexes que les 4 opérations de base ?
 
Ce serait oublier que la plupart de ces disciplines (et les mathématiques en particulier) ne sont pas enseignées en raison de leur lien direct avec l’activité professionnelle projetée, mais parce qu’elles contribuent à la formation d’un esprit analytique et critique capable d’aborder des situations inédites avec une intelligence qui ne soit pas qu’émotionnelle. Je n’apprécierais pas de me faire soigner par un médecin dont la capacité de raisonnement formelle soit mise en échec par un problème simple. Où par quelqu’un qui n’est pas capable d’interpréter un rapport d’analyse médicale autrement que par comparaison avec une table étudiée de mémoire. Si la médecine est souvent histoire de plomberie, je ne confierais pas mes intestins à un plombier (ni l’installation de mon chauffage central à un médecin, mais là, nous sortons du sujet). A mes yeux, un médecin qui ne disposerait pas d’un bagage minimum en logique, en psychologie ou en philosophie pourrait sans doute avantageusement être remplacé par un robot doué d’une intelligence artificielle à la pointe de ce qui se fait aujourd’hui.
 
On peut de plus questionner respectueusement l’offre qui est faite à nos candidats médecins partis en Roumanie. En étant un tout petit peu caricatural, je constate ceci:
– la Roumanie a mis sur pied des cursus universitaires dans une langue autre que le Roumain (le Français en l’occurence) pour l’apprentissage de professions à vocation généralement locale (comme la médecine)
– alors que le prix de la formation en Belgique est de 900 euros par an, et que ce prix est largement subsidié par l’Etat Belge, la Roumanie lance des formations facturées 5000 euros par an pour un étudiant venant de Belgique. Si ce prix est important pour beaucoup de candidats médecins issus des classes moyennes ou défavorisées belges, il ne représente pas une barrière infranchissable en comparaison de ceux qui sont pratiqués par d’autres pays à la réputation universitaire supérieure (Angleterre, Allemagne, France, Etats-Unis…)
– des étudiants « recalés » lors d’examens en Belgique obtiennent des résultats de l’ordre de la « perfection » (soit 20/20) lorsqu’ils passent ces épreuves à Timissoara.
 
Il me semble qu’il vaudrait la peine d’examiner en détail une telle situation car elle crée une discrimination tant pour les candidats médecins que pour leurs patients futurs:
– un étudiant disposant de moyens financiers significatifs peut aller étudier en Roumanie, même si ses résultats sont insuffisants selon les critères belges;
– une fois diplômé, cet étudiant obtiendra d’office un numéro INAMI lui permettant d’exercer la médecine en Belgique, alors que d’autres jeunes qui auraient éventuellement « moins raté » que lui lors de son examen d’entrée en Belgique n’aura pas eu accès à sa profession de choix;
– on peut donc dire que c’est la capacité financière de l’étudiant qui va déterminer ses chances d’obtenir un diplôme de médecine lui permettant d’exercer en Belgique.
– le patient va lui se retrouver confronter à une cohorte médicale qui comprendra désormais des diplômés ayant reçus leurs titres sur bases de critères qui ne sont pas contrôlés par l’Etat Belge, puisque ce sont les normes d’équivalence européennes qui permettront aux « médecins belge diplômés roumains » d’exercer. Et si les soupçons que je relevais se révèlent exact, ce sera pour être soigné par des personnes qui n’ont pas le même niveau de formation que celui qu’aurait un diplômé sorti d’une faculté belge.
 
Je suis un combattant inconditionnel de la liberté de circulation pour tous. A ce titre, je me refuse à dire « nos SDF » ou « nos médecins » d’abord ! Ce que je veux dire ici, c’est que quelle que soit son origine, c’est la qualité du travail que produit le médecin qui m’intéresse. Tout le monde est le bienvenu pour vivre et travailler en Belgique, à condition de respecter les normes civiles en vigueur. En l’occurence, un certain nombre de seuils de compétences requis pour être médecin.
 
Il me semble donc indigne d’un état comme le nôtre de décréter que celui qui dispose de moyens financiers suffisant peut aller « acheter » un diplôme de médecin dans un système dont nous n’avons pas le contrôle de la qualité alors que son homologue moins favorisé ne pourra accéder à la même formation ici en raison d’un échec dans une branche sur lequel son concurrent fortuné n’aura pas du concourir.
 
C’est mon opinion… et je suis heureux de l’avoir partagée avec vous.

La vision très personnelle de la démocratie selon @CharlesMichel

@CharlesMichel, notre Premier Ministre, a décidé de s’exprimer à propos de la « crise des migrants » et de la manière dont son gouvernement traite ce dossier. Enfin, aurais-je tendance à dire. Sauf que… Continuer la lecture de La vision très personnelle de la démocratie selon @CharlesMichel