Pour ne pas être taxé de « simplisme »

Parmi les commentaires reçus pour mon article précédent sur Une solution simple pour mettre fin aux grèves qui nous « ennuient », il en est quelques uns dont j’aimerais vous faire profiter, même s’ils ne se trouvent pas sous l’article… Continuer la lecture de Pour ne pas être taxé de « simplisme »

Bonne résolution 2015: Je vais haïr « les musulmans » !

Voilà, c’est fait, il fallait que je le dise: je veux haïr « les musulmans ». Je hais cette étiquette que l’on colle à des femmes, des hommes et des enfants sur base de la couleur de leur peau, et souvent avant même de connaître leurs convictions philosophiques et religieuses.

En fait, je me hais moi-même d’avoir utilisé ce terme à de trop nombreuses reprises, surtout ces derniers jours. Lorsque mes élèves m’interpellent, je réagis – en empathie et en compassion avec eux – mais en les considérant comme « des musulmans ». Je leur explique le respect que j’ai « pour eux ». Je leur dis que je comprends « leurs difficultés ». Et je semble ainsi oublier tout ce que des années de travail avec des personnes en souffrance m’avaient appris…

Je ne suis pas un disciple d’Allah. Sur le plan religieux, je me définis comme un agnostique, un « douteur ». Je ne peux donc connaître qui que ce soit comme Chrétien, Musulman, Bouddhiste ou que sais-je encore, puisque ce serait l’assimiler à quelque chose dont je ne perçois pas l’existence. Mais Abdel, Le Xiao, Marcelle sont des personnes bien vivantes. Je les reconnais en tant que personnes. Si je continue à qualifier tou.te.s les Fatima, Abdel, Myriam, Abou, Mahmoud, Sounia que je rencontre de « Musulman.e.s », je nie leurs qualités individuelles pour ne retenir qu’une qualité que je ne peux mesurer.

Que se passerait-il si j’arrivais à revenir vers la femme ou l’homme avant de m’attacher à l’étiquette que parfois il ou elle se colle lui/elle même, mais aussi que souvent il hérite des autres ?

Abdel et Fatima m’apparaîtraient peut-être tels qu’ils se laissent voir. Avec leurs qualités personnelles. Avec leurs défauts aussi. Mais sans ce truc auquel de toute manière je ne peux rien comprendre: leur religion. Pas qu’elle soit incompréhensible, non, sans doute pas puisque eux, êtres intelligents (comme moi, ne soyons pas modeste) semblent y trouver une source de bonheur et d’espérance. Simplement parce que dans ma construction du monde et de la réalité, je ne lui donne aucun rôle.

Vous l’avez compris je l’espère, je ne hais pas les musulmans, je hais les constructions mentales qui réduisent les êtres humains à des étiquettes qui les stigmatisent.

J’en ai marre d’entendre décrire les changements qui nous permettent de vivre ensemble comme des défaites et des concessions. Permettre à la cantine d’une école de servir des repas qui conviennent à tous les enfants qui la fréquentent, ce n’est pas « céder à l’Islam ». C’est permettre simplement à des personnes qui ont des croyances différentes de continuer à vivre ensemble.

La sandwicherie ou je vais chercher mon repas presque chaque jour est tenue par Abdel et Fatima (noms d’emprunt…). Cela ne les empêche pas d’afficher un vrai club jambon-fromage à la carte, et de me le confectionner avec le même sourire que si je commande un thon mayonnaise ou un américain. Abdel et Fatima ne doivent être pour moi ni des « arabes », ni des « musulmans ». Ce sont deux jeunes pleins de courage qui ont décidés de créer leur emploi parce qu’un nombre encore scandaleux d’entreprises de leur pays, celui de leur nationalité, de leur naissance, n’étaient pas foutu de considérer que leur diplôme blanc-bleu vaut tout autant qu’il soit porté par Abdel-Fatima ou par Bart-Maggie…

Bon, maintenant, cette bonne résolution, va falloir que je la mette en oeuvre, et donc Abdel et Fatima vont sans doute encore parfois m’entendre parler d’eux comme je ne devrais pas. Qu’il m’excusent pour toutes les fois où j’ai voulu les défendre non pas comme personnes individuelles, mais comme groupe. Car en croyant les défendre comme groupe que je nomme, je contribue en fait à leur stigmatisation.

Je reviendrai certainement pour développer cette évidence qui m’est apparue si clairement au détour d’une lecture. La confusion de la nuit m’empêche de pousser ma réflexion plus loin ce soir.

Bonne nuit…

 

 

L’ignoble identité malheureuse d’Alain Finkielkraut

Je viens de terminer le dernier opus du « philosophe » français Alain Finkielkraut, et j’en ressors avec un sentiment d’écoeurement face à la perversité du discours de l’auteur. Continuer la lecture de L’ignoble identité malheureuse d’Alain Finkielkraut