Les plus grands spécialistes de l’hypnose…

En tant qu’hypnothérapeute, j’ai appris qu’une manière très efficace d’induire une transe profonde est d’attirer l’attention de mon patient sur une idée simple et répétitive, qui lui donne un sentiment de confort immédiat. Une fois bien installé dans cette transe confortable, il devient plus simple de suggérer au patient d’agir comme il n’aurait sans doute pas oser le faire avant, pour aller mieux.

Nos hommes politiques semblent avoir suivi le même type de formation, à cette différence qu’ils ne se sentent pas tenu par une déontologie qui veut que l’on ne déploie une stratégie envers un patient que pour lui permettre de se porter mieux, et qu’il est criminel de déployer une stratégie à l’insu du patient dont le bénéfice attendu soit essentiellement pour le thérapeute. Continuer la lecture de Les plus grands spécialistes de l’hypnose…

La peur de l’autre enterrera-t-elle la solidarité, la liberté et l’humanisme ?

1614016_3_09d5_a-peine-intronise-le-nouveau-gouvernementRegardez bien cette photo. C’est celle du gouvernement fédéral belge. Au premier plan, vous y voyez des chantres de la solidarité, du libéralisme et de l’humanisme.

La solidarité, défendue par le parti socialiste, celui-la même qui termine ses congrès, ses réunions publiques en chantant l’Internationale, cette internationale qui à chaque refrain nous parle de la lutte pour le bien-être du genre humain (pas des belgo-belges, pas des gens qui trouvent du boulot, pas non plus de ceux qui capitalisent leur fortune).

Le libéralisme, au coeur du discours… libéral. Qui prône le droit pour chacun de jouir du fruit de son travail, qui a fondé les grandes révolutions du XVIII ème siècle. Qui est au coeur de toutes les grandes réussites économiques. Qui est aussi un idéal de la réussite individuelle.

L’humanisme, ne serait-ce pas une approche de la société qui prône de mettre l’humain au coeur de l’action, qui demande à se recentrer sur les besoins de chaque femme, de chaque homme avant de prendre une décision. Qui pose les droits de l’homme (et de la femme) et ceux des enfants comme base de toute réflexion politique ?

Les gens qui sont au premier plan de cette photo sont censés représenter au plus haut point les valeurs qu’elles et qu’ils défendent. Ils sont les figures de proue de leurs partis. Tous ces partis se réclament de la démocratie. Si ils sont élus, ne peut-on penser que c’est parce que la nation leur demande de mettre les valeurs qu’ils défendent au coeur de leurs actions ?

Alors, comment les défenseurs de la solidarité, de la liberté et de l’humanisme en sont-ils arrivés à réduire la solidarité (en instituant par exemple la dégressivité des allocations sociales), la liberté (en supprimant les barrières entre pouvoir judiciaire et exécutif dans le cadre des peines administratives par exemple), l’humanisme (en renvoyant chez eux des personnes dites « illégales » mais qui n’ont commis d’autre crime que de tenter de s’intégrer dans notre société et d’avoir cru à nos idéaux) ?

Mais toutes ces personnes installées au premier rang de cette photo ont peur. Leur besoin de sécurité personnelle est en danger. Elles se sont accomplies par le pouvoir qu’elles ont acquis ou qu’elles prétendent détenir. Elles ont peur de le perdre. Et cette peur leur vient par contagion. Parce que leurs électeurs sont en danger. Les travailleurs perdent leurs emplois, les PME sont dans une insécurité financière souvent croissante, les hommes et les femmes de ce pays croient ce qu’on leur dit de l’accroissement de l’insécurité physique et sociale.

Quand on a peur, on cherche un coupable au lieu de chercher une solution. Et le coupable c’est l’autre. Mais comment trouver un autre que l’on puisse désigner comme coupable sans prendre le risque que son mécontentement (au coupable) ne se retourne contre l’homme ou la femme politique qui le stigmatise ? Mais bon sang, c’est évident: prenez un coupable qui ne vote pas.

C’est ainsi que nous nous retrouvons avec la peur de l’étranger, de celui qui est différent. On met les malades à l’hôpital, les fous à l’asile, les enfants à l’école, les « illégaux » dans des centres ouverts ou fermés, les protestataires en cabane… On exclut du chômage ceux que l’on n’arrive plus à inclure dans le travail.

Et puis surtout on construit un discours de l’efficacité. Et l’on confie ce discours à quelqu’un dont on espère un peu ou beaucoup qu’il l’exécutera et qu’il sera dont le seul à s’en prendre les conséquences (que l’on espère négative ?)

Et l’on crée un poste de ministre, avec un nom « neutre » : Ministre de la Politique Migratoire (on pourrait presque imaginer que sa mission est de faciliter la migration des candidats) avec une mission claire: DEPORTATION. Et c’est ainsi que la peur permet de substituer une politique d’exclusion, d’enfermement et de tortures (toutes réalités vues, filmées, constatées par diverses commissions indépendantes et internationales sur le traitement des « illégaux » dans notre pays) aux objectifs de solidarité, de liberté et d’humanisme.

Alors le 25 mai prochain, faut-il continuer à faire confiance à ceux qui nous ont vendu la solidarité, la liberté ou l’humanisme et qui nous ont donné l’exclusion, l’enfermement et les traitements inhumains, pour la seule raison qu’ils ont de l’expérience ? L’expérience de quoi ? Pourquoi changeraient-ils demain ce qu’ils font depuis des dizaines d’années ?

Notre démocratie est forte d’une administration de bons petits soldats qui obéissent aux ordres de leurs ministres. Donnons un signal fort aux hommes politiques pour que les ordres se modifient. Chassons la peur de l’autre par une peur plus grande: celle pour les politiques de perdre leur propre boulot. Quand le PS démontre sa panique à coup de publicités anti PTB, c’est un premier pas ! Mais il faut que cette peur les prenne réellement au ventre, sinon, la peur de l’autre redeviendra plus forte. Une peur plus grande que la peur que vous voulez combattre, c’est un des moteurs essentiels du changement.

Le 25 mai, je ne voterai pas pour un parti de la majorité actuelle. Je ne voterai pas pour un parti prônant l’exclusion de l’autre ou la pratiquant. Je ne sais pas pour qui je voterai, et je n’ai besoin des conseils de personne pour cela. Mais je voterai.

Choix du nom de famille: le mieux est devenu ennemi du bien

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Tout cela était plutôt parti d’une bonne idée: réduire les inégalités entre hommes et femmes en intégrant le nom de famille de la mère à celui de l’enfant. Et je suis prêt à soutenir à deux cents pour cent cet idéal. Continuer la lecture de Choix du nom de famille: le mieux est devenu ennemi du bien

Oui, le parallèle avec les années 1933-1940 fait sens…

La publication par Ciné-Télé Revue de la caricature selon Kroll du « couple idéal », unissant Elio di Rupo à Maggie De Block

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m’a fait immédiatement penser à une autre caricature, entrevue je ne sais plus où, et retrouvée après une petite Googlisation…

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La similitude dans la présentation des personnages, leurs ressemblances physiques m’ont fait de suite penser que ceux qui liraient l’article que j’écris maintenant me voueraient aux gémonies pour avoir fait ce raccourci qu’il semble toujours aussi indécent de faire.

Et c’est vrai que jusqu’à très récemment, j’avais en horreur tous les appariements « simplificateurs » fait entre la situation de l’Europe de 1935 et celle dans laquelle nous vivons quatre-vingt ans plus tard.

Et pourtant… désorientés au coeur d’une crise économique qui met en péril notre bien-être et nos acquis sociaux, les européens d’aujourd’hui (et en particulier les classes moyennes et les plus défavorisés) sont prêts à écouter toutes les prophéties qui leur feront croire à une solution simple.

Et une solution simple, c’est quoi ? C’est d’abord de désigner un coupable facile à identifier. Un noir au milieu des blancs, un bronzé chez les pâles. Quelqu’un qui s’habille différemment, qui parle une autre langue, qui ne mange pas comme nous, ne prie pas comme nous, ne se marie pas comme nous. Mais à l’ère de la lutte contre le racisme (ne sied-t-il pas de commencer tout discours sur l’immigration par un pompeux « je ne suis pas raciste »), il faut que cet autre soit coupable de quelque chose. Alors, on va le rendre « illégal ». D’une façon très simple: en décrétant que si l’on n’est pas né « chez nous » on n’a pas le droit de venir y vivre. A partir de là, les enchainement deviennent simples. Celui qui est « illégal » ne doit recevoir aucun droit: ni le droit de travailler, ni le droit de résider dans le pays, et encore moins le droit à la parole.

Que peut alors faire l’illégal ? Il peut trouver des réseaux de solidarité, comme l’ont si bien fait les Afghans réfugiés à l’Eglise du Béguinage à Bruxelles. Et cela permettra d’étendre l’éventail des coupables à ceux qui les aident: les forums pullulent aujourd’hui d’injonction à « les accueillir dans votre maison si vous voulez vraiment qu’ils viennent piquer le travail des belges ». Le jour où les purges commenceront, on pourra ainsi désigner ceux qui « cachent » des illégaux ou se rendent complices de leur présence illégale.

S’il ne trouve pas de réseau de solidarité, il va alors tomber dans une clandestinité qui fini toujours par aller de pair avec des infractions bien réelles. Ainsi, comme on l’a vu la semaine dernière, on pourra organiser des « rafles » dans des stations de métro bien ciblées, au cours desquelles quelques illégaux se feront prendre, d’abord par la STIB, puis par les forces de police qui les secondaient, en vue d’une déportation.

Une solution simple, c’est aussi de s’assurer que les voix qui se feraient entendre pour dénoncer cette situation soient intimidées ou éteintes. Ainsi, toujours cette semaine, l’arrestation arbitraire d’un artiste et d’une journaliste (voir ici) afin de leur faire comprendre que la police est prête à intervenir pour couper la parole à ceux qui voudraient éveiller les consciences.

Une solution simple, c’est aussi d’utiliser toutes les ficelles de la communication populiste pour détourner l’attention du public, quitte à le faire avec une indécence écoeurante. Et dans ce domaine, la manière dont l’arrivée dans notre pays des deux pandas chinois a été traitée par le monde politique relève d’une manipulation digne des discours de propagande les plus éhontés. Encore une fois, je veux être très clair: je n’ai absolument rien contre le fait qu’un parc d’attraction wallon géré avec des fonds privés paie le prix qu’il estime nécessaire pour faire un investissement qui va assurer (on l’espère) sa croissance pendant une dizaine d’années et ainsi renforcer l’emploi dans un secteur clé de l’économie régionale !

Ce qui par contre m’a donné un haut le coeur insupportable, c’est le ramdam fait autour de l’octroi d’un « visa » d’entrée pour ces deux animaux. Chacun sait que les documents d’importation réels n’avaient rien à voir avec ce visa. Toutes les femmes, tous les enfants et tous les hommes qui souffrent de ne pouvoir obtenir un tel document, pour la simple raison qu’il ne sont pas nés au bon endroit ont du voir ce document octroyé à des animaux. Imaginez un instant: vous êtes un être humain, doué de la capacité de réfléchir, avec des émotions que vous partagez avec les autres êtres humains. Vous espérez un geste humain, d’une personne humaine, qui vous dise:

Vous voulez venir dans notre pays ? Vous êtes prêt à y travailler, à y consommer, à y payer taxes et cotisations sociales, à contribuer aux pensions de retraites des vieux qui y vivent, à créer par votre consommation de l’emploi pour les autres, à accepter les tâches que les résidents nationaux refusent d’effectuer ?

Vous essayez d’expliquer, comme le font de nombreux universitaires, qu’il n’y a pas de lien entre immigration et hausse du chômage (d’ailleurs, si c’était vrai, comment expliquer que les déportations massives – et la baisse du nombre d’immigrés qui l’accompagne – effectuées par Mme De Block coincident à une HAUSSE du chômage alors même que l’on nous dit que la relance est là ?)

Et l’on vous répond que

Dans moins de cent jours, ce sont les élections. Nos concitoyens sont trop bêtes pour comprendre que vous ne faites de tort à personne, par contre, vous êtes une cible idéale – vous ne votez pas – comme bouc émissaire. Alors, non, on garde le visa pour les pandas, eux de toute manières ils n’en n’ont pas besoin, mais pour vous, on a un ordre de quitter le territoire, et un billet d’avion pour un pays en guerre, en famine, en dictature, en misère… bref, celui d’où vous venez… On reparlera de tout cela le 26 mai.

Alors pour moi, le parallèle entre l’image du couple de l’année selon Kroll et ce vieux chromo de la fin des années 30 ne me semble pas usurpé. Sans doute ne connaitrons nous pas de sitôt la guerre sur nos territoires, mais le repli derrière des frontières de plus en plus hermétiques sonne le glas des espoirs d’une Europe pionnière de la démocratie. L’abandon des discours utopistes et idéalistes pour une « realpolitik » tournée vers les 50 prochains jours ne va faire qu’aggraver les attitudes de repli sur soi. La désinformation (comme la quasi-absence dans les médias francophones de toute analyse sur la place de l’extrême droite dans l’opposition soit-disant pro-européenne en Ukraine) va continuer à nous abreuver d’images chocs montrant la barbarie des lointains (la place Maiden en feu, Ohm sous les bombes), la douceur de vivre de nos propres contrées (les gentils pandas qui arrivent sous escorte presque royale à Mons) et à occulter la réalité qui exige pédagogie et explications.

L’espace de la pensée utopiste n’est alors plus occupé que par des formations politiques ultra minoritaires et souvent aux extrêmes de l’échiquier politique. Que peut alors faire l’honnête homme qui se sent « rouge » lorsque l’on parle de libertés individuelles et de solidarité, « vert » lorsque l’on parle énergie, écologie et développement, « orange » lorsque l’on parle du respect de l’être humain, de la place de l’enseignement, de la liberté de pensée, « bleu » lorsqu’il faut reconnaître le droit à un épanouissement économique personnel à travers le travail et l’épargne ?

Comment peut-il, cet honnête homme, faire passer son message et transmettre ses attentes et ses inquiétudes, espérer que l’on en tiendra raisonnablement compte dans l’après-élection ?

Reste-t-il autre chose à faire que de s’attacher à celle de ses valeurs qui est la plus mise en danger dans le discours consensuel actuel, et de toujours donner sa voix à ceux qui, de l’extérieur, pourront faire savoir les attentes d’une minorité croissante de la population ? Mais si je donne ma voix à l’extrême gauche, comment puis-je m’assurer qu’elle ne sera pas utilisée contre moi, en mettant en évidence non pas la valeur que j’aurai voulu défendre (ici le droit de chacun à s’établir là où il se sent le mieux tout en acceptant de respecter le mode de vie de son lieu d’établissement), mais bien une valeur que je serais d’autre part prêt à combattre (dans mon cas une approche trop collectiviste de l’économie).

Le 25 mai, les choix seront difficiles: voter pour un parti qui a soutenu la déportation d’hommes et de femmes vers des pays en guerre, tout simplement parce que ces hommes n’étaient pas « légalement » installés chez nous me sera impossible. Mais voter pour un parti qui risque de porter plus solidement la partie de son programme qui m’intéresse le moins sera sans doute presque aussi difficile…

Pour améliorer votre néerlandais…

La chaîne de télévision Vier va diffuser lundi soir un reportage sur Maggie qui fait déjà couler pas mal d’encre. Ce reportage est déjà visible sur le site meer.be qui publie en vidéo à la demande les reportages de ses chaînes soeurs. Je n’ai pu m’empêcher de regarder ce « documentaire » édifiant pour qui veut découvrir le « vrai » visage de Maggie De Block (tel qu’elle veut sans doute le faire apparaître). Continuer la lecture de Pour améliorer votre néerlandais…

Le souffle de la bête immonde

Ce matin, un jeune homme de 27 ans a été expulsé de Belgique, placé dans un avion qui l’envoie dans un pays qu’il a quitté il y a 21 ans. Un pays en guerre. Un pays où meurent tous les jours des dizaines de personnes sous les bombes et les coups de feu d’intégristes ou de militaires venus parfois même de Belgique. Continuer la lecture de Le souffle de la bête immonde

RTBF, un JT de sévices publics ?

Je suis resté effaré devant la condescendance et l’absence de regard critique du JT de la RTBF de ce soir. En particulier les séquences sur la conférence de presse du président français et la présentation de l’évolution du marché de l’automobile en Belgique.

Dans le premier cas, c’est la manière hypocrite dont le sujet a été traité qui me choque: plus de la moitié du temps du sujet a été utilisé à nous expliquer que « chez nous à la RTBF, on ne fait pas dans le populisme, et la question de la vie privée du président français, c’est vraiment pas trop top de l’avoir abordée,… ». Faut dire que dans la séquence « C.Q.F.D.-Ce Qui Fait Débat » du Journal Parlé de La Première, on avait déjà longuement évoqué que ce qui valait le coup d’être débattu, c’était justement le caractère privé ou non des éventuelles relations extra-non-conjugales de Monsieur Hollande.

Pour les deux émissions, il est devenu rapidement clair que le fait qu’un président élu sur un programme de gauche annonce ouvertement un programme de centre droit et décide de s’aligner sur les politiques les plus rétrogrades de l’Union Européenne pouvait virtuellement passer à la trappe…

Quand au rôle éducatif de la télévision de service public, il a été mis particulièrement en évidence par la prestation incompréhensible de Valentin Boigelot à propos de l’évolution du marché automobile en Belgique. A l’heure où plus personne ne conteste que l’automobile est un contributeur majeur aux problèmes écologiques de la planète, nous avons entendu un panégyrique de l’automobile, nous expliquant que 20% d’automobiles en moins au cours des 5 dernières années, c’est une mauvaise nouvelle ! Que la Belgique est le « bon élève » de la classe européenne (bon, un peu moins bon que le Royaume Uni) parce que chez nous le marché s’est stabilisé, alors qu’en France, en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Italie, il a baissé de 10 ou 15 %. Jusqu’aux graphiques qui non montrent bien que « moins de voitures » c’est du ROUGE, et que « plus de voitures » c’est du VERT…

Le représentants écolo au C.A. de la R.T.B.F. feraient bien de s’exciter un peu plus pour ce genre de propos que pour les 69 minutes sans chichi d’Elio di Rupo.

Je ne veux pas cacher le fait que moins d’automobile, c’est un problème pour l’industrie automobile, et donc pour l’emploi dans ce secteur. Mais ne serait-il pas temps que nos politiciens mettent en place de vrais incitants pour la réorientation des outils de production qui servent aujourd’hui le dérèglement climatique vers des productions qui soient réellement au service de l’environnement et de la planète. Il n’y a aucune raison qu’une société avec moins de voitures soit globalement une société avec moins d’emplois.

Mais ça, c’est peut-être un peu plus difficile à expliquer à Mr « Tout le Monde ».

Je ne suis pas un héros… ou petite balade au pays de Maggie

On dira que je n’avais pas le temps… ou pas le courage. Et en même temps, le geste me semblait important. Cela fait maintenant plusieurs semaines que je bassine tout le monde avec « le problème des Afghans » (qui pour moi n’est pas celui des « Afghans » mais bien celui de « l’illégalité pour cause de mauvaise naissance »). Continuer la lecture de Je ne suis pas un héros… ou petite balade au pays de Maggie

No body is illegal: pour en finir avec 2013…

Au moment de clôturer l’année 2013, la phrase qui m’a le plus interpellé ces derniers mois me revient en mémoire. Elle était inscrite autrement, sur cet autocollant plaqué à l’arrêt du bus 64, arrêt Maelbeek: « Nobody is illegal », mais en la prononçant intérieurement, c’est cette version en trois mots qui s’est imposée à moi. Continuer la lecture de No body is illegal: pour en finir avec 2013…

Les déportations n’arrêtent en rien l’immigration

Cette phrase, extraite d’une interview du Dr Liza Schulster, une éminente sociologue de City University (Londres), diplômée d’Oxford, est la conclusion logique d’une interview reprise dans Le Standaard de ce week-end (et merci à mon amie Sandrine de l’avoir remise en évidence sur Facebook).

Je voudrais simplement, en passant, vous offrir une traduction libre du passage qui me semble central dans l’intervention de Liza Schultster (et mes ami(e)s traducteurs/trices se feront un plaisir et un devoir de commenter l’article avec leurs précisions et corrections.

Si j’ai appris quelque chose de mes discussion avec des centaines d’Afghans qui ont été déportés de Norvège, du Royaume Uni et de France, c’est qu’il n’ont aucune chance de ré-intégration. Et pas simplement à cause du chômage (note personnelle: en Afghanistan). Ils n’ont plus aucun lien avec le pays parce que comme enfant, ils ont grandi en Iran ou au Pakistan ou parce qu’ils ne connaissent personne à Kaboul. De plus, ils sont accablés de honte. Ils ont échoué et leur entourage considère qu’ils sont « souillés », parce qu’ils ont des vêtements et un accent occidental en raison desquels ils sont repoussés.

Leur seule échappatoire est de fuir à nouveau. Les déportations n’arrêtent les migrations irrégulières en aucune manière.

L’ignoble identité malheureuse d’Alain Finkielkraut

Je viens de terminer le dernier opus du « philosophe » français Alain Finkielkraut, et j’en ressors avec un sentiment d’écoeurement face à la perversité du discours de l’auteur. Continuer la lecture de L’ignoble identité malheureuse d’Alain Finkielkraut

Le vrai bilan de Maggie De Block: moins d’immigrés, plus de pauvreté…

 

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C’est une étude réalisée par plusieurs organisations luttant contre la pauvreté en Flandres (publiée par Het Laatste Nieuws et relayée par laredactie.be) qui le rappelle: de plus en plus de personnes bénéficiant d’un revenu du travail n’arrivent plus à nouer les deux bouts. Continuer la lecture de Le vrai bilan de Maggie De Block: moins d’immigrés, plus de pauvreté…

Eglise, religion: ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

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Les récentes déclarations du Pape François sur « les accumulations de fortunes privées ou privatisées confrontées à des accumulations de misères publiques« , ou de Monseigneur Léonard demandant une approche plus humaine pour les Afghans de l’Eglise du Béguinage (et qui s’engage même à marcher avec eux) devraient nous faire réfléchir à la manière parfois hâtive avec laquelle nous critiquons l’Eglise de manière générale pour ses positions moralisatrices (par exemple sur l’avortement ou l’homosexualité). Continuer la lecture de Eglise, religion: ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

Meilleurs Voeux !

Voeux2013-14 finalA vous tous qui prenez parfois un peu de temps à me lire, je voudrais présenter mes Voeux, puisque c’en est le temps.

A ma famille et aux plus proches de mes amis, c’est déjà chose faite, soit grâce à ce très beau réveillon – en famille – que nous avons partagé hier soir, soit par la magie de connexions intercontinentales (merci « Rogers » d’avoir rétabli internet après la tornade Torontoise).

A tous les autres, que chacun puisse trouver dans l’année qui vient l’enthousiasme et l’énergie de cheminer vers ses idéaux, ses espoirs, ses désirs. Continuer la lecture de Meilleurs Voeux !

Monsieur Di Rupo recevra-t-il les Marcheurs Afghans ?

Notre Premier Ministre ne manque jamais de rappeler ses racines, ancrées à quelques pas de la Cantine des Italiens. Sa biographie est un témoignage de ce que l’immigration peut apporter à un pays accueillant.

Aujourd’hui, c’est à lui de savoir accueillir ceux qui n’ont pas assez de sécurité physique ou économique pour survivre chez eux. Va-t-il leur fermer sa porte ? Continuer la lecture de Monsieur Di Rupo recevra-t-il les Marcheurs Afghans ?

Pourquoi les chiffres sur l’immigration ont peu de sens ?

manifeteA l’occasion de la Manifête de ce mercredi, plusieurs blogueurs rappellent  que le Centre pour l’Egalité des Chances a publié quelques chiffres sur les flux migratoires en Belgique.

Au risque de me mettre en porte à faux avec certains amis, je voudrais ici insister sur la perversité de l’utilisation de tels chiffres dans un débat comme celui sur l’accueil dans notre pays d’immigrants venant de pays où l’on vit « moins bien » que chez nous. Continuer la lecture de Pourquoi les chiffres sur l’immigration ont peu de sens ?

Maggie De Block au 16 ? La Belgique du repli sur soi avance…

 

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Ainsi donc d’après le sondage Dedicated Research publié par Le Soir 17h d’hier,  Maggie De Block serait considérée par 35% des Belges comme une candidate raisonnable au poste de Premier Ministre après les élections de 2014.

Une lecture légèrement décalée de l’article permet de comprendre que la posture de Maggie De Block est celle du « middle manager » idéal. Continuer la lecture de Maggie De Block au 16 ? La Belgique du repli sur soi avance…

Ca veut dire quoi, illégal ?

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Qu’il s’agisse des drames à répétition qui se déroulent au large de l’île de Lampedussa, ou des dernières déclarations tonitruantes de Maggie de Block qui se rengorge à qui mieux mieux des « succès » qu’elle engrange en réduisant le nombre de demandeurs d’asile dans notre pays, il est une expression qui semble revenir sans cesse, et surtout sans jamais être (re)mise en question: « illégal ». Continuer la lecture de Ca veut dire quoi, illégal ?

Faut-il étendre la loi sur l’euthanasie aux enfants ?

Que je le dise tout net: je n’ai pas une opinion arrêtée sur le sujet ! Il me paraît trop grave pour cela… Par contre, j’ai suis resté effaré par la conclusion du reportage du JT de la RTBF de ce soir, qui semblait poser comme une évidence l’absolue nécessité de légiférer en la matière. Continuer la lecture de Faut-il étendre la loi sur l’euthanasie aux enfants ?

Quand un parent joue tout seul…

Expérience étonnante dans le métro ce matin. Une mère est assise devant ses deux enfants, que visiblement elle accompagne à l’école. Entre ses mains, la prolongation qui s’est installée dans notre corps depuis une dizaine d’année, dans sa version sophistiquée: un smartphone. En face d’elle, les deux enfants, chacun avec un cahier à la main. Continuer la lecture de Quand un parent joue tout seul…

Frankenstein, où le mythe Oedipien revisité

Frankenstein

J’ai assisté hier avec quelques bons amis à la superbe mise en scène de « Frankenstein », dans les ruines de l’abbaye de Villers la Ville.

Je n’en rajouterai pas sur les nombreuses critiques positives quand à la prestation théâtrale et surtout scénique (j’ai vraiment apprécié et recommande à chacun de s’y précipiter tant qu’il reste des places). Par contre, quelques réflexions mythologiques ont envahi mon esprit et je remercie mes partenaires d’un soir d’avoir surenchéri sur certains de mes fantasmes… Continuer la lecture de Frankenstein, où le mythe Oedipien revisité

De l’origine des problèmes humains… et de quelques manières de les résoudre (1)

Comprendre avant d’intervenir…

Les gens que je rencontre professionnellement ont ce que l’on appelle généralement un ou des « problèmes ». Ils viennent avec une souffrance ou une plainte, qui ne semble pas vouloir les quitter. Tous disent vouloir se débarrasser  de leur problème. Certains ont essayé, souvent en vain. D’autres ne savent pas par où commencer. D’autres enfin sont persuadés qu’il n’existera jamais de solution à leur problème.

Moi de mon côté, j’ai choisi d’essayer d’aider ces gens qui viennent me trouver. D’être comme la lampe torche que l’on allume au plus profond de la nuit, à la recherche d’un chemin. Souvent, je tente de n’être que la lampe. Je ne sais pas vraiment quel est le chemin que préféreras prendre mon compagnon de voyage. Je ne suis même pas toujours sur de voir un chemin, alors qu’elle ou lui perçoit une trace ou une piste. Mais pour être cette torche, il me faut avoir une idée aussi précise que possible de la manière dont les problèmes humains se forment, et des moyens que nous utilisons pour tenter de les résoudre.

Dans ma recherche d’outils, un élément est totalement central, c’est la foi profonde que personne ne détient de vérité absolue sur quoi que ce soit. C’est cette conviction qui me fait me méfier comme de la peste de toutes les approches des problèmes humains qui font appel à la soit-disant sagesse d’une personne particulière. Car dans la plupart des cas, celui qui se réclame de la sagesse d’un autre, fait souvent passer la volonté de cet autre avant le contenu de sa sagesse. Je ne veux pas d’une approche qui me dise « quand votre patient fait ou dit ceci ou cela, faites cela ou ceci », sans que je puisse comprendre comment la nature des relations humaines implique une telle manière de procéder.

Lorsque je suis confronté à une pensée qui pourrait m’aider à structurer mon approche des problèmes humains, il y a un indice qui me fait perdre toute confiance dans l’approche proposée: l’existence d’un label ou d’une appellation protégée. Les grands penseurs de la philosophie et de la sciences ont généralement eut à coeur de faire connaître au plus grand nombre les éléments les plus fondamentaux de leurs découvertes. Ils ne les ont pas enfermé dans des sessions de formation couteuses, restreignant l’usage du fruit de leurs pensées aux seuls franchisés issus de leurs écoles.

Malheureusement, la recherche de l’intérêt personnel et l’attrait d’un public fragilisé pour les gourous de tous poils font souvent le lit des « Maîtres », voire « Grands Maîtres » de toutes les disciplines psycho-ésotériques qui promettent la guérison des maux les plus improbables, ou qui créent des brevets pour protéger leurs sources de revenus.

C’est pour tout cela que je n’ai jamais réellement pu m’intéresser à des approches comme la PNL ou les constellations familiales. Les quelques séminaires d’initiation que j’ai pu suivre dans ces différents domaines m’ont convaincu que ces approches, loin d’être innovantes, n’étaient que des réductions d’une pensée universaliste à des procédures simplifiées, des « trucs et astuces » qui fonctionnent bien entendu dans un grand nombre de situations, mais restent centrés sur le praticien, au lieu de s’intéresser d’abord au patient.

C’est Irvin Yallom, le grand psychothérapeute américain qui écrit dans son livre-testament « l’Art de la thérapie »

Le thérapeute doit s’efforcer de créer une nouvelle thérapie pour chaque patient. […] Il est extrêmement difficile de développer cette aptitude dans le cadre d’une formation accélérée utilisant un protocole…

Et ce sont malheureusement ces approches basées sur des protocoles qui sont souvent proposées aux patients d’aujourd’hui.

Au début de toute histoire humaine, il pourrait y avoir un déséquilibre

Pour que je sois à l’aise dans mon approche, il me faut donc pouvoir baser mes réflexions sur une compréhension aussi complète que possible de la manière dont se forment les relations humaines. J’aimerais pouvoir construire mon modèle d’analyse à partir de rien, n’y introduire que des certitudes démontrées et acceptées par tous. Je n’ai malheureusement pas trouvé cette panacée. Et l’analyse rigoureuse de la pensée de ceux qui défendent une approche absolutiste des relations et des problèmes humains (comme les fanatiques religieux) m’a toujours amené à une impasse: qu’est-ce qui justifie l’existence d’un absolu initial (« Dieu » en l’occurrence).

Ainsi, alors que toutes les croyances absolues nous proposent un point de départ en harmonie totale – un peu comme le paradis terrestre de la Genèse – que le mal qui est inscrit en l’homme aurait transformé en vallée de larmes, je préfère partir du constat qu’un point d’équilibre est une exception, et que la règle est la recherche de ce point, à partir d’un déséquilibre initial.

Comment prenons nous conscience de nous-même et des autres ?

Un homme et une femme se rencontrent, se séduisent, se plaisent, s’engagent plus ou moins dans une vie commune, ont une ou des relations sexuelles. Dans le cadre d’une de ces relations, un spermatozoïde particulièrement doué rencontre un ovule accueillant. A partir de ce moment précis, comment va se former la conscience d’exister chez l’être qui commence là un trajet de plusieurs dizaines d’années ?

Au cours des 9 mois de la grossesse, l’embryon va peu à peu former ses différents organes. Dans l’état actuel des connaissances, on considère que c’est vers la troisième semaine de gestation qu’intervient un événement déterminant dans le développement de l’embryon. Il s’agit de l’apparition de

la corde dorsale (ou notochorde). Ce cylindre de cellules du mésoderme définit l’axe antéro-postérieur de l’embryon en s’étendant sur toute la longueur de celui-ci.

C’est cette corde qui, autour de la troisième semaine de développement, envoie un signal moléculaire qui amène les cellules de l’ectoderme situées juste au-dessus à s’épaissir en une colonne épithéliale individualisé, la plaque neurale. (Source : Le cerveau à tous les niveaux)

La formation et le développement du cerveau va permettre à l’embryon de percevoir, de commencer à faire usage de ses sens au fur et à mesure que ceux-ci se formeront. Aussi longtemps que nous ne disposons pas des éléments cérébraux indispensables, et des connexions de ceux-ci avec nos outils perceptifs (rétine, nerfs auditifs, gustatifs et olfactifs, circuits du toucher), nous ne pouvons rien savoir de ce qui nous entoure. Et si cette « déconnexion » devait perdurer, nous ne prendrions jamais connaissance du monde extérieur. Plus important encore, si nous ne pouvons ni voir, ni entendre, ni goûter, ni toucher, ni sentir, n’ayant aucune possibilité de l’existence de quelque chose de différent de nous, je ne vois pas comment nous pourrions avoir conscience de notre propre existence.

Lorsque j’examine la manière dont non seulement je pense, mais aussi celle de tous les gens que je rencontre, un point commun (me semble-t-il) qui me semble universel est la conscience de ce que « d’autres sont là« .

Imaginons qu’aucune autre personne que nous ne nous soit perceptible (encore faut-il pouvoir l’imaginer). Nous n’aurions aucun interlocuteur autre que nous même. Nous ne serions que les sensations que nous aurions du monde. L’absence de l’autre (de tout autre) ne peut se concevoir puisque nous ne pourrions survivre sans le secours de l’autre (du moins à la naissance). Il suffit de se souvenir de l’expérience menée par l’Empereur Frédéric II  pour se rendre compte qu’en absence de communication, la survie est impossible.

Dans cette démarche de minimisation des axiomes me permettant de travailler, il y a là une première pierre essentielle à poser:

La base de la conscience de soi, c’est la conscience de l’existence des autres.

En d’autres termes, pour pouvoir avoir un « problème » humain, même personnel, il faut que je sois conscient que d’autres être humains existent autour de moi.

En écrivant cette phrase, je la trouve cependant paradoxale: il me semble assez évident que pour avoir un problème relationnel, l’existence d’autres est une condition nécessaire. Par contre, si mon problème se rapporte à moi-même, en quoi l’existence des autres est-elle indispensable ?

Et pourtant, je n’ai pas l’impression d’avoir jamais rencontré un problème humain qui ne fasse intervenir dans le jugement que la personne porte sur elle-même un élément de comparaison, que ce soit par rapport à une personne ou une situation précise (mais différente de sa situation propre), ou plus généralement encore par rapport à une norme. Dire « je ne me sens pas normal (ou normalement …) » implique nécessairement une comparaison avec ce que d’autres sont.

Plus fondamentalement encore que la conscience de soi, c’est l’existence de chaque femme et de chaque homme qui est conditionnée à celle d’autres femmes et d’autres hommes.