A quoi servent les sanglots d’une Ministre (même Canadienne) ?

Voilà qui fera sans doute le buzz sur les réseaux sociaux pendant quelques heures au moins: la ministre canadienne du commerce (lisez quand même bien son titre) a annoncé, des sanglots dans la voix, combien elle était triste de l’impossibilité de l’Europe de conclure un accord avec son « gentil » pays. Elle a même ajouté que la seule bonne nouvelle de sa journée était qu’elle allait retrouver demain ses trois gentils enfants. Continuer la lecture de A quoi servent les sanglots d’une Ministre (même Canadienne) ?

Quand notre argent finance les études d’un ministre en exercice…

pieter_de_crem_0_0Cette année, Peter de Crem a décidé de suivre pendant six semaines les cours de la prestigieuse Harvard Business School aux Etats-Unis. Quand on connaît le prix des formations privées dans une telle institution, on peut se poser quelques questions. Continuer la lecture de Quand notre argent finance les études d’un ministre en exercice…

Les masques tombent… mais pas tous.

En écrivant noir sur blanc dans un email à ses troupes que l’objectif de la N-VA est de provoquer les francophones à demander eux-mêmes le confédéralisme, Bart de Wever confirme le diagnostic que je posais deux mois après la formation de ce gouvernement. Continuer la lecture de Les masques tombent… mais pas tous.

Voor CD&V en N-VA is het nu duidelijk: de Franstalige bevolking moet verzwakt worden

Tja, dat is dus mijn Nederlandstalige post van het jaar – min of meer. Ik doe dat van tijd to tijd om mijn Nederlandstalige schrijfvaardigheid te testen. Dit keer toch gaat het over een echt ernstige zaak.

Ik wil eerst zeer duidelijk zijn: ik heb regelmatige onenigheden met Vlaamse vrienden over ideologische verschillen tussen het Zuid en het Noorden van ons land. Dit keer gaat het daarover niet. Gisterenavond was ik (waarschijnlijk voor de eerste keer) akkoord met Open VLD Gezondheidsminister de Block die had aan een groep experten een rapport gevraagd over de demografische behoeften van de verschillende gemeenschappen in termijn van artsen en dentisten voor de komende jaren. Die waren geen « Franstalige » of « Vlaamse » experten, en de cijfers waarmee ze kwamen waren geen verassing: dat de verdeling tussen de gemeenschappen 57/43% waren schijnt normaal, rekening houdend van de bevolking en haar dichtheid. Met die cijfers hadden we een goede idee van wat zou nodig zijn om te verzekeren dat een mens (Franstalig of Nederlandstalig) krijg gelijkaardige kansen om zorgen van dezelfde kwaliteit te krijgen, in Gent, Torhout, Beveren, Schaerbeek, Woluwe, Namen of Charleroi…

Het gaat zelf niet over Vlaamse of Waalse of Franse geld. Een Gentenaar die ziek wordt in Namen betaald de Waalse dokter met « Vlaamse » sociale zekerheidsgeld, en de Luikenaar die zijn been breekt aan de kust zal Vlaamse zorgen krijgen die zullen terugbetaald worden door « Waalse » mutualiteiten… Het gaat over het feit dat de Luikenaar in De Panne krijgt dezelfde kans tijdelijke zorgen te krijgen als de Gentenaar in Namen…

Maar nee. Dat was te veel voor de N-VA en de CD&V. Voor die mensen schijnt het normaal een structureel verschil in de zorgen aanbod tussen de twee gemeenschappen te bouwen. De quotas voor RIZIV nummers zullen niet 57/43 worden, maar 60/40. Dat betekent dat iemand die ziek word en wil (in Brussel) of moet (in Wallonië) zorgen in het Frans krijgen, heeft minder kansen een dokter of een tandarts op tijd te vinden  dan als hij die in het Nederlands (of in Vlaanderen) wil. Ik zie weinig economische interesse – uitgezonderd dat in Brussel Vlaamse dokters zullen meer werk (en dus honoraria) krijgen. Maar, aangezien de drukte op de dokters in de hoofdstad, denk ik niet dat er bestaan veel dokters die meer patiënten willen ontvangen.

Dus wat wordt dan de boodschap: het is normaal dat een deel van de bevolking van ons land, dank zijn gemeenschap meer risico loopt geen tijdelijke zorgen te kunnen krijgen in geval van nood dan de leden van de andere deel van de bevolking. Dat betekend bewust beslissen om een deel van de bevolking verzwakken door hen de toegang aan de nodige zorgen te weigeren ten aanzicht van de andere deel van die bevolking

Volgens mij gaat het hier om de verzwakking (en extreem het mogelijke uitmoorden) van mensen op basis van hun culturele karakteristieken…

Ik ben meer dan zeker dan de meeste Vlamingen willen dat niet. De Gezondheidsminister wilde het ook niet, maar de N-VA en de CD&V willen het wel, en het slechtste (voor de Franstalige) is dat onze enige vertegenwoordigers in die regering zwijgen – in alle talen – zodanig dat de Antwerpse guru spreekt.

Flandre : la guerre biologique ?

Magny de Block était formelle : il était logique de répartir les médecins de ce pays en fonction des besoins démographiques établis par les experts. Enfin une nouvelle pleine de bon sens.

Deux heures plus tard, c’est par communiqué de presse que la Ministre de la santé explique qu’il n’en sera rien.

La Flandre aura plus de médecins qu’elle n’en a besoin. La francophonie trop peu. Décision prise avec la collaboration active du MR.

Il faut bien comprendre qu’il s’agit là d’une agression physique caractérisée d’une communauté envers l’autre, qui vise l’affaiblissement des uns par rapport aux autres sur base de leur appartenance culturelle, au moyen d’une discrimination dans le système de santé. Selon que vous serez francophone ou flamand, l’offre de soins sera quantitativement et qualitativement différente.

Le gouvernement fédéral se met à nouveau au service de la Flandre afin de pousser francophones et wallons à devenir demandeurs de cette séparation que la N-VA appelle de ses voeux (avec l’appui servile du CD&V.

Sous d’autres cieux, de telles décisions seraient appelées par des termes peu flatteurs. Ici, on appelle cela un compromis. Pour moi, c’est un pas de plus de l’autre côté de la ligne rouge du respect de l’être humain.

Cynisme ou racisme ?

Un député Open-Vld interpelle à voix basse une collègue SP.A à la fin de son intervention à la tribune. Les uns disent qu’il a dit « retourne au Maroc », lui prétend avoir dit que « si les travailleurs de Caterpillar sont aussi productifs que les syndicats le disent, ils trouveront facilement du boulot, par exemple en Turquie ou au Maroc ».

La presse, même francophone, semble trouver que si ce sont les affirmations de l’intéressé qui sont exactes, on peut lui pardonner …

Moi je remarque qu’un homme dont la mission est de porter haut et fort la voix de ses électeurs s’exprime à voix basse dans le lieu du pays ou la parole libre est la mieux protégée. Faut-il qu’il sache en ouvrant la bouche qu’il va proférer des paroles polémiques ? Et si celles dont il est accusé seraient condamnables pénalement partout ailleurs qu’au Parlement, celles qui représentent sa défense sont une injure aux 6000 travailleurs qui vont perdre leur emploi. La mention spécifique de la Turquie et du Maroc étant d’ailleurs une allusion à peine déguisée au thème du renvoi de l’immigré dans son pays d’origine.

En somme ce Monsieur est soit raciste, couard et menteur, soit cynique, arrogant et ségrégationniste. La peste ou le choléra ?

La mode des « chroniques de Amid Faljaoui » potentiellement dangereuse

Quand un célèbre chroniqueur économique se lance sur un sujet qu’il ne domine pas bien, en se basant sur les documents d’un auteur mineur, il devient potentiellement dangereux pour l’esprit critique de ses lecteurs… Continuer la lecture de La mode des « chroniques de Amid Faljaoui » potentiellement dangereuse

Ce gouvernement va vous faire payer PLUS pour les réfugiés

Un titre comme celui-là sur mon blog va sans doute en faire sursauter plus d’un, mais il me semble important de démontrer une fois de plus l’hypocrisie d’un gouvernement qui bâtit sa politique migratoire sur la peur des étrangers, notamment celle du coût de l’accueil pour chaque citoyen, tout en développant une politique qui coutera beaucoup plus cher à chaque belge pour chaque migrant accueilli. Continuer la lecture de Ce gouvernement va vous faire payer PLUS pour les réfugiés

Il faut protéger les banques !

Le « Comité de Bâle » qui regroupe les régulateurs du secteur financier dans le monde, veut la fin des prêts hypothécaires à taux fixes. C’est une nouvelle relayée entre autre par le journal Le Soir de ce matin (je ne me lasse pas de cette absurdité sémantique). Et cela principalement pour protéger les banques. Continuer la lecture de Il faut protéger les banques !

Votre « Soir », vous le prenez en Delvaux ou avec du Bouillon ?

Notre grand quotidien national vit certainement au rythme de débats internes intenses. Du moins je l’espère. Car au vu de deux des éditoriaux de ce samedi on peut y trouver tout et son contraire. Heureusement dirais-je, car je ne cacherai pas que la soumission des éditoriaux de Béatrice Delvaux au discours néo-libéral a bien besoin de l’analyse historique de Pierre Bouillon pour garder un minimum de sérieux au débat. Continuer la lecture de Votre « Soir », vous le prenez en Delvaux ou avec du Bouillon ?

La mémoire courte de Bart De Wever…

Sur VTM, mardi soir, Bart De Wever s’est offusqué en long et en large de la « pendaison » à Mons d’une poupée sensée représenter Charles Michel.


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Les relais populistes du gouvernement ne se privent pas se lancer dans des diatribes émotionnelles sur le thème des enfants de notre Premier Ministre qui seraient tellement traumatisés de voir leur papa ainsi virtuellement condamné.

Trois choses:

  1. Je ne suis favorable à aucune forme de violence envers les personnes, quelles qu’elles soient, et je n’éprouve aucune sympathie pour l’action menée par les syndicalistes montois;
  2. Je rappelle à Monsieur Michel que personne ne l’obligeait à occuper une fonction aussi publique que celle de Premier Ministre – en fait, 80% de la population de la Communauté dont il est issu ne voulait pas de lui. Etre au premier rang en politique entraîne des risques, il faut pouvoir les assumer. Se faire conspuer en fait partie;
  3. Que Monsieur Michel soit attristé de son sort est légitime. Mais que Monsieur De Wever oublie qu’en septembre 2011 son ami Ben Weyts a organisé avec la N-VA au marché annuel de Beersel un stand de « jeu de massacre » pour les enfants où ceux-ci étaient invités à viser le mieux possible des effigies d’Elio Di Rupo qui était alors formateur. Je répète: un jeu organisé pour les enfants dont l’objectif était de massacrer la figure d’Elio Di Rupo… Commentaire de Ben Weyts ? « Ach, het is een spelletje met een knipoog, helemaal geen provocatie » (Allons… ce n’est qu’un petit jeu avec un clin d’oeuil, absolument pas une provocation). On peut retrouver la relation de cela dans l’article de la Gazet Van Antwerpen du 19 septembre 2011.

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Je suis un enseignant. Je mesure pleinement la portée d’un acte aussi symbolique sur la psychologie des enfants auxquels on apprend qu’il est normal d’utiliser une figure politique pour l’abattre et la massacrer. Eduquer à la violence et au mépris de l’autre une génération n’est pas risible, beaucoup moins que de laisser quelques travailleurs en colère brûler l’effigie de celui grâce à qui de nombreux enfants de Wallonie et de Bruxelles s’entendent dire par leurs parents qu’ils ne partiront pas en vacances cette année, parce que le risque de perdre un emploi est devenu une réalité, parce que les revenus sont trop bas, parce qu’ils ont rejoint la horde des 20% de gens qui désormais vivent en Belgique sous le seuil de pauvreté…

Quand Dalaï Lama trop vieux, lui parfois dire des (grosses) conneries…

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Donc, d’après le chef spirituel tibétain, Prix Nobel de la Paix, chantre de l’illumination, l’Europe doit arrêter d’accueillir des migrants. Et pour cela il y a une raison absolue: il y en a trop. Continuer la lecture de Quand Dalaï Lama trop vieux, lui parfois dire des (grosses) conneries…

Pour ne pas être taxé de « simplisme »

Parmi les commentaires reçus pour mon article précédent sur Une solution simple pour mettre fin aux grèves qui nous « ennuient », il en est quelques uns dont j’aimerais vous faire profiter, même s’ils ne se trouvent pas sous l’article… Continuer la lecture de Pour ne pas être taxé de « simplisme »

Une solution simple pour mettre fin aux grèves qui nous « ennuient »

Le ‘Union bashing » bat son plein en Belgique. Alimenté par des médias qui préfèrent insister sur les inconvénients temporaires pour les usagers des transports en commun (et qui sait bientôt les clients de certains biens et services ?) que sur les raisons de la colère des travailleurs, les réseaux sociaux se lâchent: des manifestants qui brûlent des palettes sont comparés à des vacanciers autour d’un feu de camp, ceux qui après la manifestation vont boire ensemble un verre sont condamnés pour paresse, les étudiants qui ne peuvent se déplacer pour leurs examens hurlent à la « prise d’otage ».

Ce que tout le monde oublie, c’est que ces grévistes sont les premiers à payer, au prix de leur salaire, les mouvements auxquels ils participent. Ce que les pleurnicheurs des réseaux passent au blanc, c’est que c’est leurs pensions, leurs salaires, leur sécurité sociale, leur sécurité que défendent ces grévistes.

Qui nous avait dit que nous aurions 100 euros de plus en poche dans notre salaire, tout en nous cachant qu’il nous en retirerait 150 via des hausses d’accises et de TVA ? Les syndicats ?

Qui veut nous forcer à travailler 45 heures par semaine dans un système qui réduira de plus de moitié les compensations pour les heures supplémentaires ? Les syndicats ?

Qui veut nous amener à travailler jusque 67 ans pour pouvoir payer deux ans de pension en moins à chaque Belge ? Les syndicats ?

Qui réduit le séjour à l’hôpital des jeunes accouchées et augmente ainsi les risques de maltraitances d’enfants (par manque d’accompagnement à la naissance) et de mortalité péri-natale ? Les syndicats ?

Qui décide que « puisque la Flandre est servie », il est inutile de continuer à construire un RER entre Bruxelles et la Wallonie ? Les syndicats ?

Oui les grèves créent des difficultés pour chacun d’entre nous. Ces difficultés sont là pour nous faire réfléchir, pas pour nous laisser emporter par les propos populistes de journalistes qui ont depuis longtemps rangé leur déontologie au placard – parce que eux aussi sont en danger de perdre leur boulot !

Aujourd’hui, il y a ceux qui choisissent de baisser la tête et d’accepter chaque jour de nouvelles humiliations, avalant les pilules de la crise au nom d’une austérité soit-disant rédemptrice. Ceux là refusent de voir que depuis 30 ans, plus d’austérité ne nous a amené que plus d’inégalités.

Et puis il y a ceux qui refusent cette fatalité, qui ne voient d’autres moyens de se battre que la grève et les mouvements sociaux. Ceux là paient de leurs personnes en acceptant des pertes de revenus au  nom de lendemains meilleurs. Dans le froid, au coeur de la bataille, ils allument un feu qui rassemble et qui réchauffe. Après le combat, entre amis partageant la même lutte, ils vont ensemble refaire la bataille autour d’un verre. Ils ne prennent personne en otage. Ni les prisonniers dont les conditions de vie étaient indigne d’êtres humains bien avant la grève des gardiens, ni les étudiants qui sont mis en concurrence pour des jobs de plus en plus précaires et de moins en moins payés, ni les « travailleurs » dont les conditions quotidiennes de travail se dégradent aussi lentement que l’eau dans laquelle la grenouille se laisse cuire chauffe…

Les preneurs d’otages siègent rue de la Loi. Ils ne bougent pas le moindre petit doigt pour améliorer les choses. N’ont qu’un seul mot à la bouche: austérité.

Les actions syndicales actuelles sont-elles justes ?

Le débat sur les principales luttes syndicales en cours (gardiens de prison, cheminots, IRW-FGTB, etc…) se porte de plus en plus sur cette question de « prise en otage » de la population par ceux qui tentent de faire entendre leur voix.

Le gouvernement, en insistant sur le caractère « incontrôlé » de certaines actions, tente de révolter les usagers des transports, les familles des détenus, contre ceux qui ont choisi d’abandonner leurs salaires pour obtenir qui de meilleures conditions de vie pour les gens dont ils ont la garde (c’est bien de cela qu’il s’agit dans les prisons), qui le maintien d’acquis sociaux négociés dans un « package » que l’on tente de rendre impopulaire dans son détricotage (c’est bien ce que font les médias à la solde de la N-VA quand ils isolent la question des jours de récupération forfaitaires de la SNCB et les transforment en « jours de récupération pour des jours non prestés »).

Ce que l’on observe aussi aujourd’hui, c’est cette rupture communautaire entre représentations des travailleurs au Nord et au Sud du pays. Ces divergences viennent compléter la longue liste des différences qui se font chaque jour un peu plus forte entre nos deux communautés. On peut être nostalgique de la Belgique de papa, il faut bien constater qu’aujourd’hui même les organisations syndicales n’arrivent plus à parler de la même voix. La question n’est pas de savoir si cela est grave ou pas. Cela est.

Dans de telles conditions, ce que Monsieur Michel et ses amis flamands devraient accepter, c’est qu’en effet, ce gouvernement fédéral n’est plus légitime dans une grande partie du pays. Qu’il est parfaitement anormal que d’une part toutes les fonctions régaliennes soient confiées à des ministres flamands (et en particulier nationalistes flamands) et que les ministres fédéraux francophones brillent principalement par leur absence ou leur incapacité à gérer leur portefeuille.

Dans ces conditions où le pouvoir exécutif d’un pays tri-communautaire est confié en exclusivité à l’une des communautés, il me semble normal que toutes les forces vives des autres communautés se mettent en branle pour défendre leurs intérêts.

Peut-être les flamands sont-ils d’accord pour travailler jusque 67 ans, plus de 40 heures par semaine, avec moins de compensations pour les heures supplémentaires, pour un salaire qui ne sera pas indexé, avec une TVA en hausse sur les biens les plus essentiels comme le gaz, et en perdant un nombre considérable de libertés fondamentales au nom d’une sécurité qui de toutes manières n’est pas assurée…

Peut-être les flamands considèrent-ils qu’il est plus intelligent de libérer (pardon, de mettre en congé pénitenciaire à durée indéterminée) des centaines de prisonniers non en raison de leur ré-insertion future dans la société, mais simplement pour tuer un mouvement social.

Peut-être les flamands trouvent-ils juste que le ministre de la Justice change les règles de la rémunération de ses agents en grève afin de les condamner eux aussi à crever de faim plus vite.

Peut-être la Flandre se réjouit-elle de voir enfin la Belgique, cette construction surréaliste, s’effondrer enfin.

Mais alors, si ce ne sont plus que les 20 représentants du MR qui, au gouvernement fédéral, représentent tout le sud du pays, alors que celui-ci manifeste massivement son opposition, alors ce gouvernement n’est plus légitime, et les mouvements sociaux qui ont pris pour objectif de le faire tomber n’ont pas tort.

Il ne s’agit pas ici de prôner une quelconque action violente. Mais bien de mettre en place tous les outils d’une forme de résistance qui puisse amener ce gouvernement à déposer les armes.

Certains diront que dans le contexte – en particulier européen – dans lequel nous vivons, il n’y a pas d’alternative à l’austérité. Je répondrai comme de plus en plus de concitoyens le disent, que l’austérité prouve son inefficacité depuis près de 30 ans. J’ai l’impression de n’avoir jamais entendu d’autre mot que celui-là dans la bouche des politiciens depuis que je suis à même d’écouter, de voir ou de lire des informations. Et à chaque cycle, j’apprends que pendant que les plus pauvres s’enfoncent dans la crise, les plus riches s’enrichissent. Où que se porte le regard, c’est une bipolarisation croissante de nos sociétés. Dans un monde qui exige de chacun qu’il consomme pour exister, l’accès à la consommation devient de plus en plus précaire. La lutte pour l’existence, d’abord à travers les tentatives de continuer à consommer, ensuite lorsque les réserves sont épuisées, pour continuer simplement à survivre devient le quotidien de près d’un quart de notre population.

D’une manière ou d’une autre, il y a un « tipping point » qui risque de se dessiner à l’horizon. Un de ces points critiques où « la coupe pleine » déborde. Monsieur Michel et son gouvernement veulent nous faire croire que le terrorisme continue à nous menacer, mais il est le premier complice de tous les terroristes, religieux, financiers, racistes, communautaristes qui détruisent d’une manière ou d’une autre notre tissu social, s’acharnent sur les solidarités, dissèquent les droits de l’homme pour satisfaire leur plaisir d’être au pouvoir.

Alors oui, même si je dois me déplacer à pied ou à vélo pour continuer d’enseigner, même si les jours de grève me couteront quelques dizaines d’euros de salaire, même si je râlerai bien entendu de parfois perdre ma liberté de circuler en raison de l’un ou l’autre blocage, même si certains services ne me sont plus rendus et que cela est ennuyeux, je crois qu’il n’existe malheureusement plus d’autre moyen de lutter pour le retour à une démocratie normale dans notre pays que de laisser s’exprimer la colère du peuple à travers des organisations qui restent des acteurs institutionnels de notre démocratie, et leurs moyens légitimes d’action: les syndicats et les grèves.

Dans les prisons belges le service minimum n’est plus assuré depuis longtemps…

Les liens croisés de facebook m’ont confronté aujourd’hui à un article d’Olivier Hofman sur le service minimum dans les prisons belges dont la lecture est extrêmement pénible sur le plan littéraire, tout en étant très pertinente au niveau du contenu. J’ai beaucoup de mal en particulier avec le mépris qui transparaît à l’égard des hommes et des femmes qui se sont commis d’une lettre publiée par La Libre.be, qui fustige le manque d’humanité des grévistes à l’égard des prisonniers. Continuer la lecture de Dans les prisons belges le service minimum n’est plus assuré depuis longtemps…

Une danse insignifiante

A mon tour de m’intéresser aux propos de Mr Jambon relatifs aux compétences chorégraphiques de la communauté musulmane, à travers le témoignage d’un enseignant (moi) confronté chaque semaine à 140 ados dont sans doute plus de 100 sont de confession musulmane. Continuer la lecture de Une danse insignifiante

La démocratie, c’est aussi donner aux gouvernants leur chance de gouverner

Il est bien connu que l’humanité, qui vit par le changement, en a peur. Les récentes modifications apportées au gouvernement de la Communauté Française Wallonie-Bruxelles en sont une belle illustration. Continuer la lecture de La démocratie, c’est aussi donner aux gouvernants leur chance de gouverner

Pourquoi il ne faut pas devenir tuteur MENA …

Il y a en Belgique plus de 1000 Mineurs étrangers Non Accompagnés qui sont sans le tuteur que la loi exige de leur « fournir » pour les accompagner dans leur parcours. Le SPF Justice vient de lancer un appel pour recruter des tuteurs « bénévoles », fonction que j’ai exercé pendant plusieurs années. Ma recommandation est de ne pas répondre à l’appel du SPF Justice. Voici pourquoi … Continuer la lecture de Pourquoi il ne faut pas devenir tuteur MENA …

Mea Culpa…

 

Une chose que m’a appris mon expérience de la gestion des hommes, c’est que pour être crédible et sincère, la reconnaissance d’une erreur ne doit jamais s’accompagner de justification(s) ni surtout servir de tremplin à de nouvelles demandes, accusations, invitations, etc …

Donc je serai à la fois clair et bref. En laissant entendre à de multiples reprises qu’il pourrait y avoir un « complot » de notre gouvernement pour cacher son échec budgétaire et la lourde facture que celui-ci va faire reposer sur les épaules des plus démunis de notre pays, et que ce « complot » avait pour toile de fond la lutte contre le terrorisme, je me suis livré à ce que je condamne souvent comme une « terrible simplification ».

Devant l’horreur qui a frappé durement Bruxelles et la Flandre hier après avoir détruit des populations entières en de multiples endroits de la planète, je veux reconnaître une erreur de jugement. Non, je ne crois pas que qui que ce soit dans notre gouvernement, pas même les sbires de BdW n’a voulu cela.

De dikke vis en de sardien (fable nationale)

2016-02 Provence009

Ce matin, le président de la N-VA se gausse dans les médias du remarquable travail accompli par « son » ministre de l’Intérieur qui avait promis de nettoyer (au Karcher ?) Molenbeek. Sans doute considère-t-il que cette fois, dans sa poêle à frire, il y a un « dikke vis » !

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Comment le gouvernement NVA-MR se sort du piège budgétaire

Ceci est peut-être une fiction
Lors du « kern » extraordinaire de ce lundi 14 mars 2016, l’ambiance au 16 rue de la Loi est on ne peut plus tendue. Les propositions budgétaires sur la table sont clairement incompatibles. Les chiffres disponibles pour travailler sont encore moins fiables que s’ils avaient été calculés par un comptable de l’Office Wallon des Déchets.

Les titres qui pourraient barrer les « Unes » de la presse, même flamande ont de quoi faire peur aux éminences réunies en conclave. Il est grand temps de trouver une solution. Quand soudain l’un des vice-premiers (selon des sources concordantes) prend incidemment la parole: « si seulement un attentat pouvait nous tomber dessus … »

Sans en dire plus, un homme se lève alors. C’est le Ministre de l’intérieur qui se rapproche de Charles Michel pour lui glisser quelques mots à l’oreille. Un sourire se dessine sur leurs deux visages et le chef de file NVA au gouvernement se retire discrètement.

Quelques heures plus tard, des experts des différents départements concernés par le budget, en particulier la Santé Publique et l’emploi écoutent religieusement les instructions des experts de la NVA. La Ministre du Budget, elle, écoute les conseils de son Président de parti. Rapidement le tour de la question est fait: il y en avait pour 2 milliards et demis d’euros, on reprend toutes les mesures dont tous les experts nous disent qu’elles ne vont pas fonctionner, mais on s’en f… l’important c’est de (vite) donner le change. Et « Abracadabra… le déficit n’est plus que d’un milliard (ce qui ne fait qu’une centaine d’euros par citoyen, une paille n’est-ce pas ?)

Mais la pièce principale se joue ailleurs, un peu plus loin dans la rue de la Loi, au cabinet de Jan Jambon. Dans la salle de réunion, des représentants de la Police Fédérale, des Affaires Étrangères, de la coordination « Attentats de Paris ». Il ne leur faut pas plus de deux heures pour monter l’opération « St Denis-Forest ». Objectif:  un suspect lié aux attentats de Paris est « tracé » par les services belges depuis quelques semaines. La logique voudrait que l’on attende encore un peu avant d’intervenir, car on sait qu’il doit bientôt rencontrer l’ennemi public numéro un. Certains signes indiquent que la Presse risque de s’emparer du sujet d’un jour à l’autre. Tous les efforts auraient alors été vains.

Alors, puisque les fuites sont là, on va les exploiter, d’autant que les éditorialistes sont super bonnes poires lorsqu’il s’agit de leur vendre du terrorisme. Il suffit de leur dire que l’on fouille dans une affaire liée aux attentats de Paris pour qu’ils écrivent tout seuls qu’on a déjoué un attentat à Bruxelles. Depuis novembre, des bombes explosent tous les jours en Syrie, en Irak, tous les mois en Turquie ou dans le Maghreb. Elles ont explosé à Paris, jamais à Bruxelles. Sommes nous donc le seul pays d’Europe capable de déjouer les attentats tout en ayant la police qui ne détecte pas les terroristes qui vont ailleurs en Europe ? Ou sommes nous un de ces pays qui de par leur petite taille, leur petit rayonnement géopolitique et leur absence de tout symbole important n’intéresse pas les terroristes ? Vous imaginez, vous, toute la portée d’une destruction de Manneken Pis sur les pontes de l’ONU et de l’UNESCO ?

Mais pour être crédible, cette fois, il faudrait vraiment que l’on ait quelque chose à se mettre sous la dent. Et là, il y a ce bonhomme à Forest…

6h30 du matin. Mon réveil sonne. J’ai du rêver. Mais sur mon journal du matin, il n’y a plus aucune trace du trou budgétaire. Il y a aussi un éditorial de Béa Delvaux qui prétend que la Belgique a échappé à de  nouveaux attentats. Mais surtout comme toujours depuis Novembre, il n’y a rien.

Je ne veux pas être complice d’un crime contre l’humanité

En 2012, l’Union Européenne avait reçu le Prix Nobel de la Paix pour sa contribution à plus de 60 années de paix et de défense des droits de l’homme en Europe.

La lâcheté des autorités européennes et des 28 chefs de gouvernement qui ont cette semaine décidé de « fermer la route des Balkans » et de renvoyer les réfugiés qui se présenteraient aux portes de l’Europe vers la Turquie est lâche, irresponsable, criminelle, honteuse et inutile.

Elle est lâche, parce qu’elle représente la victoire de la peur de l’autre. Elle valide le discours qui veut que nous ne devrions plus nous exposer qu’à ceux qui nous ressemblent dans une sorte de consanguinité culturelle qui conduira inéluctablement notre « civilisation » occidentale à sa perte.

Elle est irresponsable, car elle donne à un pays, la Turquie, sur lequel l’Union Européenne n’a aucun pouvoir le droit de vie et de mort sur des populations dont certaines franges (les kurdes, en l’occurence) y sont persécutées.

Elle est criminelle parce que les populations concernées ne changeront pas leur chemin de fuite. C’est celui qui les mène le plus rapidement là où ils pensent pouvoir revivre. Ils prendront donc de plus en plus de risques, pour de plus en plus de victimes.

Elle est honteuse, car elle viole l’ensemble des traités mondiaux ou européens qui traitent des droits humains. Elle fait de l’Europe un état criminel, voire génocidaire.

Elle est finalement inutile. Le motif qui fait fuir les populations Irakiennes, Syriennes, Somaliennes sera toujours plus important que toutes les éructations de nos ministres.

Je ne veux pas être complice de tout cela. Cela ne se fait et ne se fera pas en mon nom, devrais-je pour cela rendre mon passeport européen.

Je trouve l’Union Européenne indigne du prix reçu en 2012 et participe à la pétition lancée pour le retrait de ce prix. Si vous voulez vous aussi manifester votre refus d’une Europe de la honte, vous pouvez voter en cliquant ici.