Choix du nom de famille: le mieux est devenu ennemi du bien

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Tout cela était plutôt parti d’une bonne idée: réduire les inégalités entre hommes et femmes en intégrant le nom de famille de la mère à celui de l’enfant. Et je suis prêt à soutenir à deux cents pour cent cet idéal. Continuer la lecture de Choix du nom de famille: le mieux est devenu ennemi du bien

Oui, le parallèle avec les années 1933-1940 fait sens…

La publication par Ciné-Télé Revue de la caricature selon Kroll du « couple idéal », unissant Elio di Rupo à Maggie De Block

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m’a fait immédiatement penser à une autre caricature, entrevue je ne sais plus où, et retrouvée après une petite Googlisation…

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La similitude dans la présentation des personnages, leurs ressemblances physiques m’ont fait de suite penser que ceux qui liraient l’article que j’écris maintenant me voueraient aux gémonies pour avoir fait ce raccourci qu’il semble toujours aussi indécent de faire.

Et c’est vrai que jusqu’à très récemment, j’avais en horreur tous les appariements « simplificateurs » fait entre la situation de l’Europe de 1935 et celle dans laquelle nous vivons quatre-vingt ans plus tard.

Et pourtant… désorientés au coeur d’une crise économique qui met en péril notre bien-être et nos acquis sociaux, les européens d’aujourd’hui (et en particulier les classes moyennes et les plus défavorisés) sont prêts à écouter toutes les prophéties qui leur feront croire à une solution simple.

Et une solution simple, c’est quoi ? C’est d’abord de désigner un coupable facile à identifier. Un noir au milieu des blancs, un bronzé chez les pâles. Quelqu’un qui s’habille différemment, qui parle une autre langue, qui ne mange pas comme nous, ne prie pas comme nous, ne se marie pas comme nous. Mais à l’ère de la lutte contre le racisme (ne sied-t-il pas de commencer tout discours sur l’immigration par un pompeux « je ne suis pas raciste »), il faut que cet autre soit coupable de quelque chose. Alors, on va le rendre « illégal ». D’une façon très simple: en décrétant que si l’on n’est pas né « chez nous » on n’a pas le droit de venir y vivre. A partir de là, les enchainement deviennent simples. Celui qui est « illégal » ne doit recevoir aucun droit: ni le droit de travailler, ni le droit de résider dans le pays, et encore moins le droit à la parole.

Que peut alors faire l’illégal ? Il peut trouver des réseaux de solidarité, comme l’ont si bien fait les Afghans réfugiés à l’Eglise du Béguinage à Bruxelles. Et cela permettra d’étendre l’éventail des coupables à ceux qui les aident: les forums pullulent aujourd’hui d’injonction à « les accueillir dans votre maison si vous voulez vraiment qu’ils viennent piquer le travail des belges ». Le jour où les purges commenceront, on pourra ainsi désigner ceux qui « cachent » des illégaux ou se rendent complices de leur présence illégale.

S’il ne trouve pas de réseau de solidarité, il va alors tomber dans une clandestinité qui fini toujours par aller de pair avec des infractions bien réelles. Ainsi, comme on l’a vu la semaine dernière, on pourra organiser des « rafles » dans des stations de métro bien ciblées, au cours desquelles quelques illégaux se feront prendre, d’abord par la STIB, puis par les forces de police qui les secondaient, en vue d’une déportation.

Une solution simple, c’est aussi de s’assurer que les voix qui se feraient entendre pour dénoncer cette situation soient intimidées ou éteintes. Ainsi, toujours cette semaine, l’arrestation arbitraire d’un artiste et d’une journaliste (voir ici) afin de leur faire comprendre que la police est prête à intervenir pour couper la parole à ceux qui voudraient éveiller les consciences.

Une solution simple, c’est aussi d’utiliser toutes les ficelles de la communication populiste pour détourner l’attention du public, quitte à le faire avec une indécence écoeurante. Et dans ce domaine, la manière dont l’arrivée dans notre pays des deux pandas chinois a été traitée par le monde politique relève d’une manipulation digne des discours de propagande les plus éhontés. Encore une fois, je veux être très clair: je n’ai absolument rien contre le fait qu’un parc d’attraction wallon géré avec des fonds privés paie le prix qu’il estime nécessaire pour faire un investissement qui va assurer (on l’espère) sa croissance pendant une dizaine d’années et ainsi renforcer l’emploi dans un secteur clé de l’économie régionale !

Ce qui par contre m’a donné un haut le coeur insupportable, c’est le ramdam fait autour de l’octroi d’un « visa » d’entrée pour ces deux animaux. Chacun sait que les documents d’importation réels n’avaient rien à voir avec ce visa. Toutes les femmes, tous les enfants et tous les hommes qui souffrent de ne pouvoir obtenir un tel document, pour la simple raison qu’il ne sont pas nés au bon endroit ont du voir ce document octroyé à des animaux. Imaginez un instant: vous êtes un être humain, doué de la capacité de réfléchir, avec des émotions que vous partagez avec les autres êtres humains. Vous espérez un geste humain, d’une personne humaine, qui vous dise:

Vous voulez venir dans notre pays ? Vous êtes prêt à y travailler, à y consommer, à y payer taxes et cotisations sociales, à contribuer aux pensions de retraites des vieux qui y vivent, à créer par votre consommation de l’emploi pour les autres, à accepter les tâches que les résidents nationaux refusent d’effectuer ?

Vous essayez d’expliquer, comme le font de nombreux universitaires, qu’il n’y a pas de lien entre immigration et hausse du chômage (d’ailleurs, si c’était vrai, comment expliquer que les déportations massives – et la baisse du nombre d’immigrés qui l’accompagne – effectuées par Mme De Block coincident à une HAUSSE du chômage alors même que l’on nous dit que la relance est là ?)

Et l’on vous répond que

Dans moins de cent jours, ce sont les élections. Nos concitoyens sont trop bêtes pour comprendre que vous ne faites de tort à personne, par contre, vous êtes une cible idéale – vous ne votez pas – comme bouc émissaire. Alors, non, on garde le visa pour les pandas, eux de toute manières ils n’en n’ont pas besoin, mais pour vous, on a un ordre de quitter le territoire, et un billet d’avion pour un pays en guerre, en famine, en dictature, en misère… bref, celui d’où vous venez… On reparlera de tout cela le 26 mai.

Alors pour moi, le parallèle entre l’image du couple de l’année selon Kroll et ce vieux chromo de la fin des années 30 ne me semble pas usurpé. Sans doute ne connaitrons nous pas de sitôt la guerre sur nos territoires, mais le repli derrière des frontières de plus en plus hermétiques sonne le glas des espoirs d’une Europe pionnière de la démocratie. L’abandon des discours utopistes et idéalistes pour une « realpolitik » tournée vers les 50 prochains jours ne va faire qu’aggraver les attitudes de repli sur soi. La désinformation (comme la quasi-absence dans les médias francophones de toute analyse sur la place de l’extrême droite dans l’opposition soit-disant pro-européenne en Ukraine) va continuer à nous abreuver d’images chocs montrant la barbarie des lointains (la place Maiden en feu, Ohm sous les bombes), la douceur de vivre de nos propres contrées (les gentils pandas qui arrivent sous escorte presque royale à Mons) et à occulter la réalité qui exige pédagogie et explications.

L’espace de la pensée utopiste n’est alors plus occupé que par des formations politiques ultra minoritaires et souvent aux extrêmes de l’échiquier politique. Que peut alors faire l’honnête homme qui se sent « rouge » lorsque l’on parle de libertés individuelles et de solidarité, « vert » lorsque l’on parle énergie, écologie et développement, « orange » lorsque l’on parle du respect de l’être humain, de la place de l’enseignement, de la liberté de pensée, « bleu » lorsqu’il faut reconnaître le droit à un épanouissement économique personnel à travers le travail et l’épargne ?

Comment peut-il, cet honnête homme, faire passer son message et transmettre ses attentes et ses inquiétudes, espérer que l’on en tiendra raisonnablement compte dans l’après-élection ?

Reste-t-il autre chose à faire que de s’attacher à celle de ses valeurs qui est la plus mise en danger dans le discours consensuel actuel, et de toujours donner sa voix à ceux qui, de l’extérieur, pourront faire savoir les attentes d’une minorité croissante de la population ? Mais si je donne ma voix à l’extrême gauche, comment puis-je m’assurer qu’elle ne sera pas utilisée contre moi, en mettant en évidence non pas la valeur que j’aurai voulu défendre (ici le droit de chacun à s’établir là où il se sent le mieux tout en acceptant de respecter le mode de vie de son lieu d’établissement), mais bien une valeur que je serais d’autre part prêt à combattre (dans mon cas une approche trop collectiviste de l’économie).

Le 25 mai, les choix seront difficiles: voter pour un parti qui a soutenu la déportation d’hommes et de femmes vers des pays en guerre, tout simplement parce que ces hommes n’étaient pas « légalement » installés chez nous me sera impossible. Mais voter pour un parti qui risque de porter plus solidement la partie de son programme qui m’intéresse le moins sera sans doute presque aussi difficile…

Pour améliorer votre néerlandais…

La chaîne de télévision Vier va diffuser lundi soir un reportage sur Maggie qui fait déjà couler pas mal d’encre. Ce reportage est déjà visible sur le site meer.be qui publie en vidéo à la demande les reportages de ses chaînes soeurs. Je n’ai pu m’empêcher de regarder ce « documentaire » édifiant pour qui veut découvrir le « vrai » visage de Maggie De Block (tel qu’elle veut sans doute le faire apparaître). Continuer la lecture de Pour améliorer votre néerlandais…

Le souffle de la bête immonde

Ce matin, un jeune homme de 27 ans a été expulsé de Belgique, placé dans un avion qui l’envoie dans un pays qu’il a quitté il y a 21 ans. Un pays en guerre. Un pays où meurent tous les jours des dizaines de personnes sous les bombes et les coups de feu d’intégristes ou de militaires venus parfois même de Belgique. Continuer la lecture de Le souffle de la bête immonde

Je ne suis pas un héros… ou petite balade au pays de Maggie

On dira que je n’avais pas le temps… ou pas le courage. Et en même temps, le geste me semblait important. Cela fait maintenant plusieurs semaines que je bassine tout le monde avec « le problème des Afghans » (qui pour moi n’est pas celui des « Afghans » mais bien celui de « l’illégalité pour cause de mauvaise naissance »). Continuer la lecture de Je ne suis pas un héros… ou petite balade au pays de Maggie

No body is illegal: pour en finir avec 2013…

Au moment de clôturer l’année 2013, la phrase qui m’a le plus interpellé ces derniers mois me revient en mémoire. Elle était inscrite autrement, sur cet autocollant plaqué à l’arrêt du bus 64, arrêt Maelbeek: « Nobody is illegal », mais en la prononçant intérieurement, c’est cette version en trois mots qui s’est imposée à moi. Continuer la lecture de No body is illegal: pour en finir avec 2013…

Les déportations n’arrêtent en rien l’immigration

Cette phrase, extraite d’une interview du Dr Liza Schulster, une éminente sociologue de City University (Londres), diplômée d’Oxford, est la conclusion logique d’une interview reprise dans Le Standaard de ce week-end (et merci à mon amie Sandrine de l’avoir remise en évidence sur Facebook).

Je voudrais simplement, en passant, vous offrir une traduction libre du passage qui me semble central dans l’intervention de Liza Schultster (et mes ami(e)s traducteurs/trices se feront un plaisir et un devoir de commenter l’article avec leurs précisions et corrections.

Si j’ai appris quelque chose de mes discussion avec des centaines d’Afghans qui ont été déportés de Norvège, du Royaume Uni et de France, c’est qu’il n’ont aucune chance de ré-intégration. Et pas simplement à cause du chômage (note personnelle: en Afghanistan). Ils n’ont plus aucun lien avec le pays parce que comme enfant, ils ont grandi en Iran ou au Pakistan ou parce qu’ils ne connaissent personne à Kaboul. De plus, ils sont accablés de honte. Ils ont échoué et leur entourage considère qu’ils sont « souillés », parce qu’ils ont des vêtements et un accent occidental en raison desquels ils sont repoussés.

Leur seule échappatoire est de fuir à nouveau. Les déportations n’arrêtent les migrations irrégulières en aucune manière.

Le vrai bilan de Maggie De Block: moins d’immigrés, plus de pauvreté…

 

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C’est une étude réalisée par plusieurs organisations luttant contre la pauvreté en Flandres (publiée par Het Laatste Nieuws et relayée par laredactie.be) qui le rappelle: de plus en plus de personnes bénéficiant d’un revenu du travail n’arrivent plus à nouer les deux bouts. Continuer la lecture de Le vrai bilan de Maggie De Block: moins d’immigrés, plus de pauvreté…

Eglise, religion: ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

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Les récentes déclarations du Pape François sur « les accumulations de fortunes privées ou privatisées confrontées à des accumulations de misères publiques« , ou de Monseigneur Léonard demandant une approche plus humaine pour les Afghans de l’Eglise du Béguinage (et qui s’engage même à marcher avec eux) devraient nous faire réfléchir à la manière parfois hâtive avec laquelle nous critiquons l’Eglise de manière générale pour ses positions moralisatrices (par exemple sur l’avortement ou l’homosexualité). Continuer la lecture de Eglise, religion: ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

Monsieur Di Rupo recevra-t-il les Marcheurs Afghans ?

Notre Premier Ministre ne manque jamais de rappeler ses racines, ancrées à quelques pas de la Cantine des Italiens. Sa biographie est un témoignage de ce que l’immigration peut apporter à un pays accueillant.

Aujourd’hui, c’est à lui de savoir accueillir ceux qui n’ont pas assez de sécurité physique ou économique pour survivre chez eux. Va-t-il leur fermer sa porte ? Continuer la lecture de Monsieur Di Rupo recevra-t-il les Marcheurs Afghans ?

Pourquoi les chiffres sur l’immigration ont peu de sens ?

manifeteA l’occasion de la Manifête de ce mercredi, plusieurs blogueurs rappellent  que le Centre pour l’Egalité des Chances a publié quelques chiffres sur les flux migratoires en Belgique.

Au risque de me mettre en porte à faux avec certains amis, je voudrais ici insister sur la perversité de l’utilisation de tels chiffres dans un débat comme celui sur l’accueil dans notre pays d’immigrants venant de pays où l’on vit « moins bien » que chez nous. Continuer la lecture de Pourquoi les chiffres sur l’immigration ont peu de sens ?

Maggie De Block au 16 ? La Belgique du repli sur soi avance…

 

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Ainsi donc d’après le sondage Dedicated Research publié par Le Soir 17h d’hier,  Maggie De Block serait considérée par 35% des Belges comme une candidate raisonnable au poste de Premier Ministre après les élections de 2014.

Une lecture légèrement décalée de l’article permet de comprendre que la posture de Maggie De Block est celle du « middle manager » idéal. Continuer la lecture de Maggie De Block au 16 ? La Belgique du repli sur soi avance…

Ca veut dire quoi, illégal ?

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Qu’il s’agisse des drames à répétition qui se déroulent au large de l’île de Lampedussa, ou des dernières déclarations tonitruantes de Maggie de Block qui se rengorge à qui mieux mieux des « succès » qu’elle engrange en réduisant le nombre de demandeurs d’asile dans notre pays, il est une expression qui semble revenir sans cesse, et surtout sans jamais être (re)mise en question: « illégal ». Continuer la lecture de Ca veut dire quoi, illégal ?