Une grande balade dans les Cotswold…

Les Cotswold sont une région de l’Angleterre, au Nord-Est d’Oxford, et à la limite de l’Oxfordshire et du Gloucestershire. Profitant d’une visite au fiston, nous avons pris une belle journée pour parcourir à pied et en voiture cette superbe région.

Le départ d’Oxford se fait en direction de Woodstock et de Blenheim Palace, superbe domaine entouré d’un immense parc. L’entrée par la porte principale est payante, mais il existe une entrée, tout aussi officielle, mais cachée par un sas au milieu d’une rue, à l’opposé de l’entrée principale, qui permet d’accéder gratuitement à la plus grande partie du parc. Nous avions déjà visité Blenheim lors d’un passage précédent et avons donc continué notre route jusque Chipping Norton, première étape de notre trajet.

Chipping Norton est une agréable bourgade qui marque pour nous l’entrée dans les Cotswold. Nous y sommes accueilli par un festival de Jazz dont les bands animent la place principale du village dès potron minet (enfin, pour autant que l’on considère que potron minet commence à 11h du matin). Une petite promenade rapide nous fait découvrir les ruelles latérales et l’Eglise où se déroule l’office du matin.

Nous quittons Chipping Norton pour rallier Salford, un hameau de Chipping, d’où nous avons prévu une longue promenade à pied, à travers la campagne, pour rejoindre une série de sites néolithiques, dans lesquels des pierres ont été élevées, soit isolée (The Stone King), soit en groupe (The Whispering Knights Stones) ou encore en cercle (The King’s Men). Apparemment, les anglais ne se promènent guère à pied, cette randonnée de 8 km étant réputée la plus longue et la plus complète du coin. Les guides topographiques étant absents et ayant oublié de télécharger les tuiles correspondantes sur mon GPS de rando… nous nous sommes un peu perdu et avons passé près de quatre heures à sillonner la campagne, sous un soleil radieux. La douceur des collines donne aux paysages des Cotswold des allures de Sud inattendues à cette latitude.

Nous nous dirigeons alors en voiture vers trois villages typiques de la région, qui répondent aux noms croustillants de Moreton-in-Marsh, Stow-on-the-Wold et Bourton-on-the-Water.

C’est surtout ce dernier qui retient notre attention. Traversée par la rivière Windrush, qui sillonne calmement le centre du village, Bourton semble avoir une population de canards qui tentent à disparaître à l’heure du souper. Est-ce parce que ceux-ci sont à la carte de la plupart des restaurants du coin ? En tous cas, nous faisons un repas d’exception au restaurant « The Croft » (mon avis sur ce restaurant se trouve ici)

Le retour se fait alors en une petite heure sur Oxford.

Quand le retour se fait « sentir »…

En rédigeant ces lignes mercredi 27 août, je me rends compte que j’ai perdu un peu la notion du temps.

Cela va faire une semaine que je voyage seul, et la réalité du retour se matérialise de plus en plus. Il ne s’agit pas que des emails professionnels que je regarde avec plus d’attention (voire que je sollicite parfois), il y a aussi la météo qui m’a amené depuis hier à ajouter une « couche » au dessus de mon T-Shirt.

Il y a aussi le « déchoc » culturel de passer de Serbie en Hongrie et surtout en Autriche et à Vienne. Les lumières de l’autoroute, qui jouent avec les éclairages des centres commerciaux à l’entrée de Vienne m’ont donné une étrange sensation d’arbre de Noël, mais aussi de retour aux habitudes.

Les photos en vrac de la galerie du jour montrent ainsi trois jeunes partageant un tricycle motorisé sur la route de la frontière Serbo-Hongroise. Ce que je ne montre pas ici, ce sont les deux heures et demi d’attente à cette frontière. Les hongrois jouent clairement leur rôle de gendarme de l’Europe. Chaque personne, chaque véhicule est fouillé avec la rigueur apprise par ces mêmes douaniers à l’époque du rideau de fer.

Mais aujourd’hui ce ne sont plus les idéologies qui font peur, mais bien le risque d’importer chez nous la supposée pauvreté des autres. Terrible aveuglement qui nous fait oublier qu’ouvrir sa porte à l’autre, c’est toujours s’offrir de nouvelles ressources et de nouvelles richesses.

Peu ou pas de photo de Budapest ici. Ce n’est pas un boycott, mais la beauté architecturale de la ville est certainement mieux illustrée par d’autres. J’en retiens (comme pour la plus grande partie de la Hongrie) une grande difficulté à rencontrer les habitants. Bien entendu, je ne parle pas le hongrois. Je ne peux malheureusement pas parler toutes les langues européennes (quoique, c’est un défi, non?). Mais la difficulté du hongrois, langue qui n’a aucune familiarité ni aucun point commun avec les langues germaniques, slaves ou latines, c’est que des choses aussi simples que dire « s’il vous plait » ou « merci » deviennent presque impossible.

J’ai passé la nuit au pied du Parlement, où le parking est « gratuit » de 20h à 8h. Il y avait là une caravane polonaise qui avait fait la même déduction que moi… et nous nous sommes mis en route après une nuit presque sans sommeil (la route entre le parlement et le Danube ressemble fort à une autoroute urbaine, mais la vue sur le Danube était aussi exceptionnelle et valait ce petit sacrifice), me voilà reparti vers le Lac Balaton.

J’ai pensé à une autre blogueuse et surtout photographe, Mona Van Asch en visitant les grottes formées le long du lac par différentes éruptions volcaniques. Leurs murs composent de merveilleux tableaux abstraits.

Tranquille après-midi au bord du lac, suivi d’une chasse au viticulteur (je voulais utiliser les Forints qui me restaient à quelque chose qui garde du sens, et la région est paraît-il viticole). Pas de Tokay ici, mais le Pinot Gris à son nom bien à lui (imprononçable bien entendu pour un latin comme moi). En fin d’après-midi, départ vers Vienne où j’ai repéré sur Park4Night un parking situé sur une colline au Nord de Vienne. Le réveil fut assez merveilleux (après une nuit dans un silence absolu). Au départ de nombreuses ballades en surplomb de la ville. Me voilà donc prêt à repartir vers cette fois l’Allemagne comme prochaine étape. Et sans doute la pluie comme compagne de route dans pas trop longtemps…

Sous le charme de Novi Sad

Arrivé un peu par hasard, je suis en ballade dans la vieille ville de Novi Sad qui se concentre autour de la place où la Cathédrale et la Mairie se font face.

En matière de vieille ville,  on se situe plutôt au 19 ème siècle avec des façades colorées, des cours intérieures qui abritent hôtels et restaurants, et un grand parc où se promènent les mères de famille avec leurs enfants.

Tout cela a un air paisible et presque méditerranéen, si ce n’est la température qui exige désormais une petite veste.

En plus, c’est la première ville que je rencontre depuis longtemps dans laquelle un nombre non négligeable  de possesseurs de Wifi laissent leur ligne « ouverte » à tous les utilisateurs 😉

Je reprends maintenant la route en direction de Budapest.

 

Sur la route de Skopje à Belgrade

Aujourd’hui, nouveau passage de frontière,  cette fois entre la Macédoine et la Serbie.

Tout cela après un début de matinée bricoleur.  J’ai enfin pu réparer mes jauges de batteries et de réservoirs, au prix d’un choc électrique au moment où j’ai touché le fil coupable.

Ensuite, découverte de ce que la borne de vidange des camping cars n’existait plus que sur papier. On vidange donc dans les WC et pour les eaux sales, où on trouve …

 

Le passage de frontière est un peu plus long que pour entrer en Macédoine et la visite du camion par le douanier serbe plus approfondie.

L’état de la route côté serbe est nettement meilleur que du côté macédonien.  Le prix du péage est raisonnable.

La route suit la vallée de la Morava dans un superbe canion qui est en voie de disparition grâce à l’immense autoroute qui s’ y construit.

Lorsque je trouve enfin un parking sans vue sur le chantier, c’est la misère d’une partie de la population qui se présente devant moi sous la forme d’un vieil homme qui vide les sacs poubelles qui jonchent le parking.  Je l’observe pour essayer de comprendre ce qu’il cherche.  En fait il est surtout intéressé par l’emballage lui même qu’il met précieusement de côté.

Quand il s’ adresse à moi, je crois d’abord qu’il mendie de l’argent.  Je n’ai pas encore changé de monnaie et ne peut que refuser.  Il répète alors en désignant la cuisine « alte broot » que j’interprète comme un monstrueux j’ai faim.

J’arrive ensuite à Niç, ville universitaire assemblée autour de « ruines turques » du XIXème siècle. 

Petite ballade au marché.  2 tomates,2 concombres, 2 poivrons et 2 pêches pour moins d’un euro.  Un pain et un énorme bourek au fromage pour la même chose.

Il faut que je me pose dans un café branchouille avec Wifi pour dépenser le même total pour un café glacé et un verre d’eau.

Contraste de la jeunesse dorée qui fréquente ces lieux.

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En route maintenant pour Belgrade ou un arrêt sympa pour la nuit qui se présenterait avant.

22 août 2014 : Les baigneurs de Port Rafti

P1100091 P1100092Levés avec le soleil, ils sont là quand nous émergeons de notre sommeil, aux premières chaleurs de la mi-août. Quelques vieux qui semblent immobiles comme si une collection de statues en bois polychrome avait été jetée à la mer.

A y regarder de plus près, ils sont groupés par deux ou trois, certains coiffés de leurs chapeaux blancs ou de paille, d’autres d’une casquette colorée. Rangés en face à face ou à la queue leu-leu, ils parlent tout en restant presque immobiles.

Les cigales et les grillons n’ont pas encore commencé leurs concerts. Seules les voix graves des hommes ou chantonnantes des femmes qui grasseyent un grec rempli de « Poly », « Kalo » troublent la caresse des flots sur la plage de rocher.

Ils entrent dans l’eau lentement, résolument, ils s’y réfugient et y retrouvent la fraîcheur qui a déjà abandonné la terre. La mer semble être leur conditionnement d’air. Ils y resteront de longues minutes pour les plus pressés, de nombreuses heures pour les plus patients.

Ils semblent se reconnaître, et même si leurs groupes restent homogènes, j’imagine facilement que lorsque l’un d’eux manque à l’appel, les autres finissent par s’inquiéter. Parfois, ils se déplacent de quelques mètres, en marchant la plupart du temps, en nageant lorsque la profondeur n’autorise plus la marche. Leur position de repos forme une étrange cartographie du fond marin. Tous ceux qui sont à l’arrêt marquant de leur corps une profondeur d’environ 1m50, d’où seule les têtes émergent.

On devine ainsi le chenal entre la plage et la petite île qui repose à une vingtaine de mètres du rivage. Trois têtes stables près de la plage, trois autres têtes tout aussi immobiles et bavardes à proximité de l’île, et entre les deux groupes marquant la limite du passage, deux ou trois nageurs qui se rendent d’un groupe à l’autre.

Les minutes et les heures passent ainsi, le soleil se fait de plus en plus haut et chauffe à blanc tout ce qu’il touche de ses rayons. Vers dix heures, se sont des enfants qui rejoignent les plus âgés. Leurs cris et leurs rires annoncent l’avancement du jour. Là où leurs ainés s’avançaient lentement comme de silencieux voiliers, ils se jettent à l’eau dans un feu d’artifice d’éclaboussements. Ils retrouvent ainsi leurs grands-parents et peu à peu dans les îlots humains des familles se retrouvent. Les parents ne sont pas loin de leurs enfants, et les plus âgés se mettent en mouvement.

Pour ceux qu’aucun cri d’enfant ne vient déranger, c’est l’installation sur des bouées ou la recherche d’un autre banc de pierre ou de sable, plus au large, qui leur permet de continuer leur rafraichissement naturel.

Les heures passent ainsi, marquées par la chaleur de plus en plus accablante, les bruits de nage, les cris des enfants, le bavardage des vieux. Les quatre barques ancrées au pied de l’île n’ont pas bougé.

Reprendre la route vers Bruxelles

 

Arrivés tardivement au Pirée lundi, nous nous sommes dirigés vers Delphes en faisant étape le long de l’isthme de Corinthes.

Nuit en bord de plage,  baignade matinale et départ pour Delphes.

Mardi, installation au camping pour deux nuits confortables, tout en réservant les visites des sites archéologiques au mercredi.  Les campings Apollon (où nous résidons) et Delphi (que nous avions déjà visité) ont tous deux une vue panoramique sur la mer des oliviers. Les photos suivront dans une mise à jour de l’article. Mercredi, visite des sites en  trois temps.  Temple d’Apollon le matin, musée le midi et Temple d’Athéna au coucher du soleil. Jeudi nous repartons vers Athènes où Lucy prend son vol retour vendredi.

Côté visites et découvertes Arachova à 20km de Delphes est un village montagnard plutôt chic et aux commerces haut de gamme.  Nous y rencontrons le plus sympa des aubergistes. Il va passer une heure à nous expliquer la saison d’hiver et le ski dans les stations du Parnasse pour deux malheureux frappés que nous lui commandons. Nous découvrirons aussi le lac Yliki dont aucun guide ne parle alors qu’il constitue un site naturel assez remarquable, peuplé de grenouilles, de hérons et d’une quantité impressionnante de poissons.

Côté incidents, je perds les jauges de batterie et des réservoirs sans sans aucune raison (incident toujours pas résolu) et mon GPS se bloque au moment de rentrer dans Athènes. Nous finissons à Port Rafti sur un immense parking en bord de plage et de Marina. Plage donc ce matin.

Je vous parlerai plus tard des baigneurs de Port Rafti. Puis direction aéroport.

Toujours difficile de voir son autre soi même s’ éloigner. Moi je repars avec un GPS restauré qui ne trouve rien de mieux que de me faire passer par l’Acropole pour aller de l’aéroport d’Athènes vers la frontière Macédonienne.  Regardez une carte et étonnez vous de ce que j’ai traité ma copilote virtuelle de tous les noms d’oiseaux. Après 400 km je me retrouve à Farsala.  Petite ville au sud de Larissa où il n’y a rien qu’une bibliothèque kitch et une connexion Wifi Fon que je peux enfin utiliser.

Une (petite) semaine sur le JULSANQUALBAR

Pour ceux qui l’ignorent, le JULSANQUALBAR est le nom que notre ami Guy a donné à son ketch de 16m avec lequel nous avions passé l’an dernier une semaine dans les Baléares et que nous avons retrouvé la semaine dernière pour une semaine de croisière dans les îles de la mer Egée (entre Chios et Mykonos).

Ce post vous donne en 22 photos un aperçu rapide de notre semaine. Super beau temps, parfois beaucoup de vent. Pour moi, la voile c’est génial tant que le vent impose d’avancer au moteur…

Athènes et Chios

20140811_06525220140811_062723Ce matin, le JULSANQUALBAR est encore à quai à Chios.  Nous avons eu une ou deux surprises à l’arrivée dont la moindre ne fut pas de trouver une passagère « clandestine ».  Amie inattendue qui nous a rejoint sans prévenir.  Nous serons 8 a bord: le max du max.

Autre surprise, moins bonne celle là: tous les ferries retour à partir de Mykonos sont complet dans une semaine.  Pour nous,ça veut dire une journée de plus et une nuit à Mykonos.  On va stouffer à mort.

A part ça, la lune se couche sur l’île et le soleil se lève sur les côtes Turques.

Ce matin, nous avitaillons et ce midi, nous largons les amarres.

En 3G et smart phone uniquement, le blog passe en version minimaliste.

Et Athènes?  Rapidement entr’apercue entre aéroport et Piraeus.  BlueDream nous attend dans un parking du port, sous l’oeil bienveillant d’une gardienne parlant français, ce qui se fait rare dans un pays qui a remplacé dans son système éducatif une heure de langue étrangère par une heure d’éducation »civique ».

D’un point de vue touristique, journée en mode plus mineur. La traversée en ferry fut mal organisée et éprouvante. Impossible de dormir sur le bateau. Et à mes yeux, des doutes sérieux sur la sécurité à bord : est-il normal de laisser installer des tentes sur le pont d’atterrissage des hélicoptères ? Et de laisser se coucher partout – y compris devant les portes des issues de secours – les passagers nantis d’un « Deck Ticket ». Chaque centimètre carré disponible au sol est occupé par un matelas. Un seul jeu de toilettes pour un bateau qui doit emporter au bas mot 1000 à 2000 passagers…

A l’arrivée, pas trop difficile de trouver le parking devant une plage de sable blanc d’Igoumenitsa, à 15 minutes du port. Je dors deux ou trois heures puis en route car le GPS m’annonce près de 10h de route jusqu’Athènes.

J’embarque rapidement deux musiciens de Palerme qui parcourent la Grèce en chantant dans les fêtes et les restaurants. L’un jouait de la guitare (et de la clarinette) l’autre du banjo. Je les laisse rapidement partir vers Ioaninna où du travail les attends et je me dirige vers Patras. Les côtes sont superbes. Arrivée en fin de soirée (je me rends enfin compte qu’il y a un décalage horaire d’une heure avec l’Europe occidentale) sur une autre plage, très calme celle-ci, où le signe « interdit au camping est de nouveau présent, mais la recommandation de Park4Night absolue. On verra si je suis toujours là demain matin !

J’ai passé quelques temps sur le parking d’une « taberna » au sommet d’un petit col à discuter avec un ex émigré revenu d’Allemagne pour installer son snack et sa salle de fête sur un terrain de son père. Arrivé il y a deux ans, il construit peu à peu son business, mais avoue que si la crise ne commence pas à se lever dans les deux ans, il devra repartir faire des navettes entre l’Allemagne et l’Est de l’Europe pour y acheter en revendre des voitures d’occasion.

J’ai aussi découvert un sport national : la conduite incivique. Prenez une route à deux bandes de circulation, placez une limite de vitesse disons à 50 km/h, ajoutez une double bande jaune au milieu de la chaussée. Placez des radars tous les dix kilomètres et des policiers tout les 50 km. Comme conducteur habitué aux pratiques plus nordique vous avez le choix :

  1. Vous faire « pousser » par un poids lourd qui considère que si vous ne roulez pas au moins à 90 km/h vous ne savez pas lire (il klaxonne d’ailleurs abondemment pour vous le faire savoir) ;

  2. Vous faire dépasser par ce même poids lourd de préférence dans un virage, avec la sensation précise qu’il fait ce qu’il faut pour vous faire gouter le ravin qui est sur votre droite ;

  3. Vous retrouver derrière ce fameux poids lourd à la montée suivante, respecter sa difficulté à monter en vitesse, respecter la double ligne jaune et donc ne pas le dépasser, et tenter alors d’éviter les catastrophes des véhicules qui vous suivent, qui arrivent à au moins du 110 (nous sommes en limitation à 50!) font des appels de phares, dépassent sans regarder ce qui vient en face et doivent se rabattre en urgence sans même avoir le temps de vérifier si vous avez pu freiner… La photo de l’album montre comment deux voitures tentent de dépasser un camion suivi d’un bus dans une zone de travaux « 50 km/h », nantie d’une double bande jaune centrale et avec des radars à intervalles réguliers…

Et puis j’aime bien aussi cette photo prise d’un parking « point de vue » (on pourrait aussi dire « dépotoir ») qui montre le contraste entre les petites chapelles votives de bord de route, les graffitis inspirés de la crise, et la beauté du paysage environnant.

Mais je voudrais parler aujourd’hui de la Grèce en crise économique.

Autant mes visites précédentes donnaient l’impression d’un pays en évolution économique vers une structure sociale similaire à l’Europe de l’ouest, autant cette impression a aujourd’hui disparu. Les exemples vus aujourd’hui sont nombreux et posent parfois question sur la manière dont l’Europe tente de contrôler ce phénomène.

La première évidence, c’est le retour à une économie réelle déconnectée du monde financier : si les banquiers ne donnent plus d’argent, alors, la monnaie virtuelle n’a plus à avoir court. Le retour au cash est probant. Je ne crois pas avoir utilisé ma carte de crédit aujourd’hui. La mise en place « naturelle » de circuits courts de distribution des biens est aussi très visible : le paysan vient vous proposer directement sa production, même de très petite quantité. J’aurais pu ce matin acheter la production de raisins du jour d’un paysan pour 2 euros. Dans les rues des bourgades, c’est au bord des chaussées que se tient un « marché permanent » qui rappelle les bords d’autoroute d’Afrique centrale. Sept kilos d’orange pour 5 euros… La culture est redevenue dépendante de sa faculté à séduire le public : un peu comme mes musiciens qui ne peuvent survivre qu’en animant fêtes, repas et noces – c’est à dire en donnant à entendre ce que le public veut entendre plus qu’en lui proposant des créations propres.

Mais même l’économie publique subit aussi ce choc du financement direct. J’ai pour la première fois de ma vie je crois donné de l’argent à un péage autoroutier pour une autoroute dont la seule partie construite était… le péage. Il s’agit donc d’utiliser le péage routier non comme mode de rentabilisation d’un investissement réalisé par des financiers (modèle en vogue en Europe occidentale en général), mais bien d’annoncer un projet, de le marquer dans l’environnement (toute l’ancienne route qui doit être transformée en autoroute de Patras à Athènes est indiquée clairement comme « en travaux »), et de demander aux futurs utilisateurs de le financer (un peu comme si, chaque jour, le responsable du projet pouvait aller trouver ses fournisseurs et leur dire « aujourd’hui, nous avons récolté vingt mille euros, vous pouvez avancer de 20 mètres…)

Au restaurant enfin, où ce sont les contraintes imposées par l’administration qui devient apparente. La première page du menu annonce le droit pour le consommateur de ne pas payer son addition si il ne reçoit pas de souche fiscale. Dans ce pays qui croule sous la corruption de ses dirigeants, ce sont bien évidemment les petits artisans du tourisme (source principale de revenus du pays) qui vont devoir trinquer…

Heureusement quand le soleil se couche sur cette mer fabuleuse, on pense pouvoir tout oublier…

Et puis surtout demain je retrouve Lucy. Pour une première soirée romantique qui pourrait bien se passer dans le parking du Pirée où nous déposons le camion pendant notre semaine de voile, et qui nous autorise à y dormir (mais en restant enfermés dans le parking lui-même)…

Je ne sais donc pas encore très bien quand la suite du blog viendra…

J12 : Molfetto – Brindisi

Journée courte et pleine de bonnes surprises aujourd’hui.

J’écris ces lignes dans le parking du port de Brindisi, il me reste une heure avant d’embarquer sur le Catana en direction d’Igoumenitsa. J’ai mes tickets et la seule chose à faire c’est « attendre ».

Finalement, si je suis descendu aussi bas, c’était principalement pour voir les Trulli, ces habitations particulières qui furent construites semble-t-il au XV ème ou au XVI ème siècle pour des raisons fiscales comme des « habitations précaires » (les pierres n’étaient pas cimentées).

Le plus beau quartier de Trulli se trouve à Alberobello – du moins d’après l’UNESCO qui a classé tout le quartier au patrimoine mondial. En route donc pour Alberobello qui se trouve à 25 minutes de Capitolo. Après avoir roulé dans la plaine, la route monte avec de très belles vues sur l’Adriatique, pour atteindre un plateau couvert de terres agricoles, principalement des oliveraies, séparées par des murets de pierres blanches. Les fermes installées au coeur de ces oliveraies ont souvent des annexes dont les toits circulaires font penser aux Trulli. Mais je suppose que ceux-ci sont plus décoratifs qu’autre chose. Par contre, quelques Trulli isolés et abandonnés font penser à d’anciennes habitations réellement utilisées en leur temps.

Arrivé à Alberobello, je trouve facilement le parking commun aux voitures et au camping cars. Le tarif à l’entrée indique 3 € pour les voitures… et 10 pour les camping car. J’argumente dans toutes les langues (y compris mon italien) qu’ils peuvent m’installer sur un emplacement de voiture, que je ne reste que 2 heures… et je finis par avoir gain de cause (même si le petit jeune qui me cède se fait sérieusement engueuler par son patron d’un « ma, fanc…lo, c’e un camping car ! » ou quelque chose comme ça)

C’est aussi jour de marché (mais peut-être est-ce tous les jours ainsi) et je peux m’offrir du raisin délicieux qui va me nourrir une bonne partie de la journée (et de la soirée aussi, je suppose).

Puis c’est la découverte du quartier des Trulli. Une blancheur resplendissante, une beauté grandiose. Un ensemble qui représentait en un temps la pauvreté mais qui fait aujourd’hui la richesse de la ville. Un amoncellement de toits aux pierres plates posées en cercles concentriques et terminés par une clé de voute travaillée, sur des murs blancs immaculés. Parfois un symbole, un dessin peint en blanc sur les pierres grises du toit.

Un petit musée à l’entrée gratuite, à côté de l’Eglise des Trulli (elle aussi nantie de clochers « trullesques ») explique comment les Trulli sont nés, et comment ils ont évolués dans l’histoire de lieu de résidence « en résistance » à la taxation de l’état central, puis en logements précaires, voire en étables, pour reprendre une valeur esthétique puis commerciale avec l’essort grandissant du tourisme. Ils abritent aujourd’hui presque exclusivement des commerces sur les rues principales, mais aussi du logement dans les petites ruelles latérales dans lesquelles les touristes ne semblent pas s’aventurer. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent.

Je me promène pendant deux ou trois heures dans ce lieu si particulier, puis rejoins le camion pour reprendre la route.

Sur la route du retour, à quelques kilomètres de Alberobello je croise le bourg de Locorotondo « un des plus beau bourgs d’Italie » d’après le panneau d’accueil. Comme il me reste pas mal de temps je décide de m’y arrêter. Et là aussi, c’est une découverte merveilleuse. Un bourg perché, ici aussi tout de blanc peint, avec des maisons beaucoup plus hautes, enchevêtrées les unes dans les autres. Des ruelles où l’on prend plaisir à se perdre. Et où les rencontres sont enfin possibles. D’abord avec un photographe passionné de sa ville qu’il immortalise principalement lors des grandes fêtes patronales qui se déroulent le week-end du 15 août, autour de la personne de la Vierge et de Saint Roch. Il m’explique le pourquoi des visages qu’il photographie, le parcours de la procession, m’indique des lieux particuliers à voir dans la ville.

Comme je serai ce soir dans le ferry, je choisi de manger pour une fois au restaurant. Un petit coup de TripAdvisor m’envoie d’abord vers « la meilleure pizzeria » de la ville, qui est fermée le midi, puis vers un autre restaurant « U Cundunn » ou toute une tablée de français vient s’installer avec deux couples, et trois enfants dont un tout petit bébé. Je leur servirai d’interprète, mais en même temps je n’ai pas le sentiment de manger seul.

Je m’autorise un verre de vin blanc (il paraît qu’il est ici remarquable, je le trouve plutôt quelconque) et un café. Ensuite, route vers Brindisi (Mr GPS me dit que j’arriverai avec deux heures d’avance). Que vois-je sur le bord de l’autoroute, à quelques kilomètres de l’aéroport de Brindisi ? Un marchand de motorhomes ! Je trouve une sortie, reviens sur mes pas : ils ont des cales (on dit ici des Cunei) mais ils ne prennent que le cash (surprise!) et il me manque 5 euros. Où trouver un Bancomat ? Ils ne savent pas. Je me souviens que nous sommes proche de l’aéroport. Et un aéroport sans Bancomat, ça n’existe pas ! Ils acquiescent et en effet, je trouve l’aéroport, le parking « gratuit 15 minutes », le Bancomat qui ne délivre que des billets de 50 euros. Retour chez mes marchands de motorhomes… ils n’ont pas la monnaie. Je fais le désespéré. Ils se cotisent entre les trois gardiens du site et finalement, je repars avec mes cales.

Le reste est à venir. Embarquement dans 45 minutes. Arrivée à 4h30 du matin.

J 10: de Lido di Classe à Bari

J’ai dormi comme une masse. Bercé par les derniers sanglots d’ABBA sur la patinoire. Puis un calme étonnant. Pas même le bruit de la mer, trop loin, ou celui de la route, peu fréquentée.

Réveil vers 6h30 du matin. Petite toilette et en route pour trouver de quoi manger. La porte du mercato de la place est ouverte. Je rentre, je prends un panier et le rempli. C’est en arrivant au rayon boucherie que la patronne m’explique qu’ils sont fermés – même si ils sont ouvert – jusque 7h30, soit près de trois quart d’heures d’attente.

Comme il me reste des Cantucci, je choisis de me mettre en marche et de rouler une heure, jusqu’au moment où je pourrai m’arrêter pour manger un morceau. En vérifiant les alternatives offertes par le GPS, je vois 20 minutes de plus pour mon trajet par « éviter les péages ». Je choisi donc cette option et me retrouve sur la nationale 16 qui longe la côte en passant par tous les villages.

Au plus j’avance dans cet embouteillage permanent, au plus je voir mon heure prévue d’arrivée reculer… Je m’arrête dans une première bourgade pour commander un café et un « bombolino al ciocollate » ou quelque chose comme cela. Un généreux donut fourré au chocolat. Tout cela pour 2 euros.

Ici, la boulangerie est ouverte, ainsi que le mercato. Je me prends du pain, et un mélange de viandes diverses avec légumes variés. A faire sauter à la poêle d’après la vendeuse.

Reprise de la route, longue et lente. Vers 11h, j’aperçois un superbe sanctuaire sur une colline, entouré de murailles de briques. La sortie indique Loreto. Le nom me dit quelque chose. Je me rappelle qu’il existe un culte marial à Notre-Dame de Lorette. Serait-ce ici ?

Parking gratuit dans une rue transversale au parking payant. Dix minutes de marche et découverte d’un lieu de pèlerinage animé d’une grande ferveur. Je me décide à visiter la cathédrale de la « Sainte Maison ». Il y est expliqué que l’on vénère ici les murs de la maison de Marie à Nazareth, celle là même où le Christ aurait grandi. L’histoire raconte que lorsque les croisés se sont rendus compte de leur défaite, ils n’ont pas voulu laisser la maison de Marie aux mains des infidèles. Comme cette maison était composée d’une grotte (difficilement déplaçable) et de trois murs d’enceinte, ce sont ces trois derniers qui ont été démontés pierre par pierre et « transféré » au XIIIème siècle à Loreto, après un passage dans un autre lieu.

Vrai ou faux ? Difficile de faire la part des choses. Ce qui est vrai par contre, c’est que de nombreux fidèles sont présents à la messe qui se dit lors de ma visite et que plusieurs personnes sont profondément en prière dans la chapelle constituée par les trois murs en question.

Un bon point : il est possible de faire toute cette visite sans ouvrir sa bourse. L’église est ouverte à tous et même le site de la Santissima Casa peut être visité sans payer.

La place sur laquelle est installé le sanctuaire est elle aussi superbe, ainsi que quelques unes des petites rues environnantes.

En reprenant la route, je me rends compte que mon GPS m’annonce un temps de plus en plus long… je choisi alors de lui demander l’option « avec péages » et il me réduit illico mon addition de trois heures ! Je décide donc, comme au poker, de « payer pour voir ». Je constate aussi une autre erreur dans les calculs : j’ai indiqué une vitesse moyenne de BlueDream sur autoroute de 90 km/h alors que si je veux rester à ma consommation de 8,4l/100, je dois baisser cette moyenne à 85 km/h. Tout cela me donne enfin des temps de route réalistes (je suis arrivé cette fois dans les 3 minutes de l’estimation initiale).

Nouvel appel à Park4Night, en cherchant quelque chose près de Bari. Et il m’indique un parking pour motorhome avec accès direct à la plage et à la mer, 14 km avant Bari. J’y arrive sans encombre vers 19h30. Il est bondé, mais la tenancière me trouve une petite place entre deux « gros » engins. J’ai par le pare-brise avant une vue directe sur la mer et ce seront les vagues qui me berceront cette nuit.

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Avant quelques travaux sur le camion demain.

J8: Genève-Crevoladossola

J’ai laissé Lucy à l’aéroport de Genève vers 13h45. Son vol partait vers 15h30, mais a été retardé en raison des orages sur Bruxelles. Je ne l’ai su que bien plus tard, lorsqu’elle m’a appris sa bonne arrivée vers 18h (soit une heure plus tard que prévu).

Ma destination du 7 août, dans quatre jours, est claire : je dois être à 18h à l’embarquadère de Brindisi pour le ferry vers Igoumenitsa. Et si possible demain matin à l’ouverture du Leroy Merlin de Varese pour travailler, sur leur parking, à la réparation de mes fuites de lanterneau. Quitte à risquer des aller et retour au magasin, mieux vaut être sur place.

Mon plan est de me trouver si possible à une heure – une heure trente de route de Varese, et si possible dans un coin sympa. D’après mon GPS, si je veux le faire suffisamment rapidement, deux routes s’offrent à moi. Soit par le Tunnel du Mont Blanc (le plus court, le plus rapide), soit par le col du Simplon (20 minutes de plus, 30 km de plus). Vu le prix du tunnel du Mont Blanc, le choix est vite fait : je partirai par le Simplon.

A peine ai-je laissé Lucy que la pluie commence à tomber sur la route. Je roule pendant une heure avant de m’arrêter au relais de Lavaux, au dessus de Montreux et de Vevey. Avec de très belles vues sur le Lac Léman. Un petit café plus tard, je reprends la route, qui de bifurcation en bifurcation m’emmêne à Brig, puis à l’entrée du col du Simplon. J’ai eu l’occasion en chemin d’acheter d’excellents abricots du Valais, qui devraient d’après la vendeuse, me tenir compagnie agréablement jusqu’à samedi prochain. On verra. Ils sont en tous cas excellents.

C’est au pied du Simplon que je me rends compte que je n’ai pas fait de provision pour cuisiner ce soir. J’essaierai donc de trouver un magasin ouvert à la fin du col, côté italien.

Ce col fait 25 km de montées, culmine à 2005 m avec deux ou trois restaurants et un énorme ermitage. La route est en pleine réfection et la vitesse limitée à 60 km/h sur la presque totalité du parcours. De plus plusieurs zones de circulation alternée arrêtent l’escalade. Je ne suis donc pas responsable d’embouteillages, Bluedream s’en sortant tout à fait bien avec la montée. Je suis par contre fasciné de voir non seulement des vélos, mais également des randonneurs sur cette route ! Faut aimer les gaz d’échappement pour faire un tel trajet à pied ou à vélo.

En même temps, les vues sur la vallée sont impressionnantes, les ouvrages d’arts vertigineux. Ces ponts suspendus au dessus du vide m’impressionnent plus que les longs tunnels creusés dans la montagne. Il y a ce paradoxe que même s’ils sont plus polluants visuellement, les ouvrages d’art extérieurs comme ces viaducs sont moins violents avec la montagne que les tunnels qui s’enfoncent dans la roche.

Arrivé au sommet vers 17h00, je vois quelques motorhomes prêts à bivouaquer et je songe à faire de même. Mais la vue est totalement bouchée par les nuages et ne me semblent pas extra-ordinaire. De plus, ces fameux nuages sont plus que menaçants : ils larguent carrément quelques gouttes d’eau sur mes vitres. Et j’en ai assez de cette flotte. Je n’ai pas envie de prendre à nouveau le risque de me retrouver noyé demain matin. Je décide donc de descendre le col. Longue descente jusqu’à la frontière italienne. Aucun douanier en vue, ni d’un côté, ni de l’autre. Ni dans un sens, ni dans l’autre. Et le magasin d’alimentari vient de fermer. Il me reste des biscottes, dirait Lucy (et des abricots et des pommes).

Je consulte Park4Night pour voir si un parking existe à proximité. Un emplacement pour 20 motorhomes, gratuit, herbeux et dans un petit village est signalé à 10 km. Mon GPS me dit qu’il me reste une heure trente avant Varese. Je me dirige donc vers Crevoladossola.

Découverte charmante. Un petit village au fond de sa vallée. Visiblement l’activité principale tourne autour de l’utilisation d’un jeu impressionnant de canaux et de torrents, sans doute pour produire de l’électricité. Les ponts, les torrents, les canaux déchiquettent le village en petits morceaux, mais le coeur, la vieille église et ses rues avoisinantes sont pleines de charme. De plus, le parking de la zone sportive du village qui sert de zone d’accueil pour camping car est totalement vide. Au calme au bout du village, presque dans une impasse, au bord d’un des multiples canaux qui traversent la région. Une vingtaine de places de parking, dans une zone stable, horizontale et herbeuse : apparemment que du bonheur ! Je m’y installe donc puis part faire un tour du village. Je me décide finalement pour déroger déjà à la règle de la cuisine maison (je le promets, je ferai des courses pour pouvoir cuisiner dès demain!). TripAdvisor me recommande Il Baccho, une pizzeria à 800 m du parking, avec un magnifique 4,5 sur 5. Meilleur restaurant de la région. Et pour 16 euros j’y mange une pizza sublime (asperge et jambon séché), une grande bière et un café. Il y avait des pizzas à partir de 5 euros.

La nuit tombe quand je reviens au camion. Le temps d’écrire cet article, de relever mes photos et de les préparer et d’uploader le tout et ce sera dodo…

Au long du vieux Canal…

Ce dimanche, je vous emmène avec Walk your Mind dans une région méconnue du Hainaut, le long de l’ancien Canal du Centre.

C’est une découverte de ce que la réhabilitation d’un immense site industriel peut donner. Ces canaux construits pour transporter les produits des charbonnages au début du XIXème siècle ont été transformés à plusieurs reprises pour finalement être abandonnés lors de la création des canaux à grands gabarits, desservis par le plan incliné de Ronquières et l’ascenseur à bâteaux de Strepy-Braquegnies.

Nous longerons le quartier des péniches proche de l’embranchement du nouveau canal, avant de poursuivre sur le chemin de halage jusqu’à l’écluse n°22 ou nous traverserons pour passer sous quelques cabanes et remonter vers les bois menant à Bornival. Quelques passages un peu glissants ou boueux nous attendent, pour déboucher dans un tunnel qui nous ramène, par les campagnes, vers le canal, en admirant sur le côté le Castia de Bornival, superbe ferme château aux deux tours impressionnantes.

La rive du canal que nous empruntons au retour appartient à la réserve domaniale de Ronquières, réputée pour sa faune, singulièrement ornithologique. Nous verrons sans doute le héron cendré, mais peut-être aussi d’autres espèces plus rares comme le martin pêcheur…

Les ciels déchirés du Pajottenland

Images d’une randonnée de novembre autour du château de Gaasbeek dans le Pajottenland, terre de Tijl Uylenspiegel et de la gueuze.

Nous avons tourné pendant deux heures autour de nuages noirs qui nous menaçaient sans jamais nous attaquer. Un peu comme si le noir du ciel et le jaune des champs de maïs s’unissaient pour dresser devant moi un drapeau flamand…

Il reste que ce pays est beau, que les gens y sont tristes, qu’ils se renferment dans leurs villas tellement individualisées que le paysage s’en trouve balafré. La terrible réalité du territoire flamand c’est qu’il est d’abord terre d’individus. Un peu comme si la seule vision qui comptait était celle que l’on pouvait avoir de sa propriété, vue de l’intérieur. Et que pour l’extérieur, l’expression de la richesse prévaut sur l’équilibre du paysage.

Nostalgie d’automne

C’est un autre souvenir de l’année 2003 qui me revient. Celui de ce premier séjour d’automne à la montagne. Peut-être une des plus belles périodes, généralement assez sèche, avec parfois déjà des premières neiges, comme cette année encore.

Il faut alors rester sous les 1500 ou 1600m, et la montée de Morzine à Avoriaz présentait déjà le risque d’être bloqué par la neige.

Mais outre les deux bonshommes de neige qui nous avaient accueillis au village, ce sont les deux estampes crépusculaires qui restent parmi les plus belles vues – un peu nostalgiques – qui me restent de cette vallée.

Randonnée à la Pointe d’Angolon (Col de Joux Plane)

Je viens de retrouver ces photos qui datent de nos premières vacances d’été prolongées à Samoëns, en 2003. Nous y avions fait certaines des plus belles ballades de la région.

Et celle-ci, qui part du Col de Joux Plane pour aller vers l’arrivée du télésiège qui monte depuis Les Gets et poursuivre sur une superbe crête de surplomb jusqu’aux rochers qui défendent la pointe, est restée pour moi la randonnée de l’apprentissage de la verticalité.

Je l’ai parcourue à de nombreuses reprises sans oser m’aventurer sur cette crête, rationnellement sans danger, mais visuellement  très étroite. Et puis un jour, je crois quelques mois plus tard, j’ai fini par m’y aventurer, trop tenté par ce que ceux qui y avaient été me disaient du paysage…

En Ontario… Canoë dans le parc Algonquin

Une idée pour un séjour « nature » absolu pendant trois jours ? Partez dans un des parcs de l’Ontario pour une randonnée en autonomie, avec votre Canoë, votre tente, vos provisions…

Nous avons préparé notre « aventure » avec Algonquin Outfitters, qui se sont révélé une organisation parfaite, d’une gentillesse et une serviabilité hors pair. Avant le départ, un responsable de notre équipée nous donne un briefing de près d’une heure, nous présentant tout le matériel qu’ils ont préparé pour nous: Canoë, blocs de transports pour la voiture et pagaies, bien entendu, mais aussi la tente et le matériel de camping, puis aussi les différents repas, regroupés dans des sacs clairement labellisés par jour et par repas.

Ensuite, l’apprentissage du portage et de l’amarrage du Canoë sur le toit de la voiture, car le départ se fait à 25 Km de leur dépôt. Et nous voilà parti.

Il faut encore se présenter à un point de lancement où des Rangers nous réservent des zones où nous pourrons dormir lors de nos deux nuits loin du monde civilisé. Ici s’arrêtent les couvertures GSM et radio. Et commence le silence. Pas de bateaux motorisés ici, uniquement des embarcations à énergie douce, principalement canoës et kayaks.

Il faut apprendre à charger le canoë pour qu’il soit aussi équilibré que possible, et puis monter dedans en manquant bien entendu de tomber à l’eau. Mais ensuite… c’est parti pour trois jours de calme et de solitude. Ne pas oublier le répulsif pour moustique (en juillet, il nous mangent dès que l’on met pied à terre) ni les tablettes désinfectantes pour l’eau (adieu l’eau en bouteille, celle des lacs fait parfaitement l’affaire, après traitement à l’aquatab et « aromatisation » avec l’un des sachets de poudres magiques reçus au départ.

Pour l’ambiance et le reste, à vous de voir les photos de l’album ci-dessus…