Instantanés carolorégiens

20141018_091539Les hasards des obligations estudiantines m’ont fait passer ce matin par Charleroi. Ce n’est pas une ville que je fréquente beaucoup, pas tant en raison de sa réputation (qui s’améliore sensiblement parait-il) que parce que je ne vois pas beaucoup de raison d’y passer du temps…

Lorsque le train s’arrête en gare de Marchienne au Pont, le graffiti sur le mur attire mon regard. J’aime l’esthétique urbaine qui s’en dégage.

Puis, quittant la gare de Charleroi Sud, la traversée de la Sambre ouvre la perspective sur les sites industriels qui marquent ici le territoire.20141018_092459

On n’est pas le long du canal St Martin, mais avec un ciel bleu, la rivière prend des allures romantiques, malgré les chassis à molette et les cheminées d’usines à l’horizon.

Je ne résiste pas à partager finalement cette image paradoxale qui m’a été offerte par un chantier dont le promoteur n’a sans doute pas totalement pensé aux effets que ses panneaux pourraient avoir sur le passant…20141018_092715

Bonne soirée…

 

Quand le retour se fait « sentir »…

En rédigeant ces lignes mercredi 27 août, je me rends compte que j’ai perdu un peu la notion du temps.

Cela va faire une semaine que je voyage seul, et la réalité du retour se matérialise de plus en plus. Il ne s’agit pas que des emails professionnels que je regarde avec plus d’attention (voire que je sollicite parfois), il y a aussi la météo qui m’a amené depuis hier à ajouter une « couche » au dessus de mon T-Shirt.

Il y a aussi le « déchoc » culturel de passer de Serbie en Hongrie et surtout en Autriche et à Vienne. Les lumières de l’autoroute, qui jouent avec les éclairages des centres commerciaux à l’entrée de Vienne m’ont donné une étrange sensation d’arbre de Noël, mais aussi de retour aux habitudes.

Les photos en vrac de la galerie du jour montrent ainsi trois jeunes partageant un tricycle motorisé sur la route de la frontière Serbo-Hongroise. Ce que je ne montre pas ici, ce sont les deux heures et demi d’attente à cette frontière. Les hongrois jouent clairement leur rôle de gendarme de l’Europe. Chaque personne, chaque véhicule est fouillé avec la rigueur apprise par ces mêmes douaniers à l’époque du rideau de fer.

Mais aujourd’hui ce ne sont plus les idéologies qui font peur, mais bien le risque d’importer chez nous la supposée pauvreté des autres. Terrible aveuglement qui nous fait oublier qu’ouvrir sa porte à l’autre, c’est toujours s’offrir de nouvelles ressources et de nouvelles richesses.

Peu ou pas de photo de Budapest ici. Ce n’est pas un boycott, mais la beauté architecturale de la ville est certainement mieux illustrée par d’autres. J’en retiens (comme pour la plus grande partie de la Hongrie) une grande difficulté à rencontrer les habitants. Bien entendu, je ne parle pas le hongrois. Je ne peux malheureusement pas parler toutes les langues européennes (quoique, c’est un défi, non?). Mais la difficulté du hongrois, langue qui n’a aucune familiarité ni aucun point commun avec les langues germaniques, slaves ou latines, c’est que des choses aussi simples que dire « s’il vous plait » ou « merci » deviennent presque impossible.

J’ai passé la nuit au pied du Parlement, où le parking est « gratuit » de 20h à 8h. Il y avait là une caravane polonaise qui avait fait la même déduction que moi… et nous nous sommes mis en route après une nuit presque sans sommeil (la route entre le parlement et le Danube ressemble fort à une autoroute urbaine, mais la vue sur le Danube était aussi exceptionnelle et valait ce petit sacrifice), me voilà reparti vers le Lac Balaton.

J’ai pensé à une autre blogueuse et surtout photographe, Mona Van Asch en visitant les grottes formées le long du lac par différentes éruptions volcaniques. Leurs murs composent de merveilleux tableaux abstraits.

Tranquille après-midi au bord du lac, suivi d’une chasse au viticulteur (je voulais utiliser les Forints qui me restaient à quelque chose qui garde du sens, et la région est paraît-il viticole). Pas de Tokay ici, mais le Pinot Gris à son nom bien à lui (imprononçable bien entendu pour un latin comme moi). En fin d’après-midi, départ vers Vienne où j’ai repéré sur Park4Night un parking situé sur une colline au Nord de Vienne. Le réveil fut assez merveilleux (après une nuit dans un silence absolu). Au départ de nombreuses ballades en surplomb de la ville. Me voilà donc prêt à repartir vers cette fois l’Allemagne comme prochaine étape. Et sans doute la pluie comme compagne de route dans pas trop longtemps…

Sous le charme de Novi Sad

Arrivé un peu par hasard, je suis en ballade dans la vieille ville de Novi Sad qui se concentre autour de la place où la Cathédrale et la Mairie se font face.

En matière de vieille ville,  on se situe plutôt au 19 ème siècle avec des façades colorées, des cours intérieures qui abritent hôtels et restaurants, et un grand parc où se promènent les mères de famille avec leurs enfants.

Tout cela a un air paisible et presque méditerranéen, si ce n’est la température qui exige désormais une petite veste.

En plus, c’est la première ville que je rencontre depuis longtemps dans laquelle un nombre non négligeable  de possesseurs de Wifi laissent leur ligne « ouverte » à tous les utilisateurs 😉

Je reprends maintenant la route en direction de Budapest.

 

Sur la route de Skopje à Belgrade

Aujourd’hui, nouveau passage de frontière,  cette fois entre la Macédoine et la Serbie.

Tout cela après un début de matinée bricoleur.  J’ai enfin pu réparer mes jauges de batteries et de réservoirs, au prix d’un choc électrique au moment où j’ai touché le fil coupable.

Ensuite, découverte de ce que la borne de vidange des camping cars n’existait plus que sur papier. On vidange donc dans les WC et pour les eaux sales, où on trouve …

 

Le passage de frontière est un peu plus long que pour entrer en Macédoine et la visite du camion par le douanier serbe plus approfondie.

L’état de la route côté serbe est nettement meilleur que du côté macédonien.  Le prix du péage est raisonnable.

La route suit la vallée de la Morava dans un superbe canion qui est en voie de disparition grâce à l’immense autoroute qui s’ y construit.

Lorsque je trouve enfin un parking sans vue sur le chantier, c’est la misère d’une partie de la population qui se présente devant moi sous la forme d’un vieil homme qui vide les sacs poubelles qui jonchent le parking.  Je l’observe pour essayer de comprendre ce qu’il cherche.  En fait il est surtout intéressé par l’emballage lui même qu’il met précieusement de côté.

Quand il s’ adresse à moi, je crois d’abord qu’il mendie de l’argent.  Je n’ai pas encore changé de monnaie et ne peut que refuser.  Il répète alors en désignant la cuisine « alte broot » que j’interprète comme un monstrueux j’ai faim.

J’arrive ensuite à Niç, ville universitaire assemblée autour de « ruines turques » du XIXème siècle. 

Petite ballade au marché.  2 tomates,2 concombres, 2 poivrons et 2 pêches pour moins d’un euro.  Un pain et un énorme bourek au fromage pour la même chose.

Il faut que je me pose dans un café branchouille avec Wifi pour dépenser le même total pour un café glacé et un verre d’eau.

Contraste de la jeunesse dorée qui fréquente ces lieux.

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En route maintenant pour Belgrade ou un arrêt sympa pour la nuit qui se présenterait avant.

23 août 2014 : un mariage à Skopje

Aujourd’hui est jour de passage entre Grèce et Macédoine. Frontière qui a faillit être une frontière de guerre, mais qui heureusement semble aujourd’hui pacifiée.

Après avoir de nouveau constaté que les péages grecs sont une arnaque monumentale (10 euros payés pour 10 km d’autoroute effectifs), je renonce et repart sur les routes sans péages. Finalement, le temps de parcours se révèle seulement 15% plus élevé environ. Et les chemins empruntés permettent de croiser des voyageurs que l’on ne retrouve pas ailleurs: moutons et vaches occupent la route tout autant que les voitures.

Belle rencontre aussi que ce petit village de Kalithéa avec son église et son petit cimetière aux tombes toutes blanches. Il y a aussi le passage de plusieurs massifs montagneux dont celui de l’Olympe dont la vue depuis le col sur la mer est impressionnante.

Le passage de la frontière est assez amusant: après une route de  no man’s land d’une douzaine de km (côté grec) sur laquelle plus aucun effort d’entretien n’est effectué (la paix n’empêche pas une réticence certaine à l’égard de l’autonomie Macédonienne), le contrôle frontière est assez particulier. Un premier contrôle de passeport puis une visite guidée de BlueDream a un douanier qui pose des questions non pas fiscales ou douanières, mais tout à fait pratique. Et qui a du mal à comprendre pourquoi je voyage seul.

Il me fait aussi promettre de venir un jour dans son pays pour le visiter et pas simplement pour le traverser… tout cela me coûte donc moins cher que le prix payé par le camionneur qui me précédait. Il a du se séparer d’une caisse de pêches pour les oeuvres des douaniers… et la visite de son camion s’est terminée instantanément.

Paysages de moyenne montagne, qui doivent être superbes à voir en randonnée, mais avec une présence massive d’industries extractives, qui enchaînement sur les centrales électriques au charbon qui marquaient la fin du trajet en Grèce.

Arrivée à Skopje enfin. Par des chemins et des lieux qui rappellent tous qu’Alexandre le Grand était Macédonien (lisez donc: pas Grec). Ainsi, l’autoroute s’appelle-t-elle « Autoroute Alexandre de Macédoine », l’aéroport « Alexandre le Grand » et la place centrale de Skopje héberge une statue-fontaine dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle est « grande ».

Le seul camping de la ville se trouve dans le quartier de l’aéroport, et est géré par l’hôtel Best Western. Amusant, à mon arrivée je constate qu’aujourd’hui est jour de mariage et qu’une réception monstre occupe tous les jardins de l’hôtel. Mais aucun passage latéral n’est prévu pour les hôtes qui n’ont rien à voir avec le mariage. Et me voilà donc traversant en T-Shirt, pantalon de rando et Crocs le parterre des invités à la noce, tous en long et en queue de pie (ou presque).

Reste à savoir jusqu’à quelle heure l’orchestre va jouer ce soir, car lui, je l’entends parfaitement depuis mon lit…

22 août 2014 : Les baigneurs de Port Rafti

P1100091 P1100092Levés avec le soleil, ils sont là quand nous émergeons de notre sommeil, aux premières chaleurs de la mi-août. Quelques vieux qui semblent immobiles comme si une collection de statues en bois polychrome avait été jetée à la mer.

A y regarder de plus près, ils sont groupés par deux ou trois, certains coiffés de leurs chapeaux blancs ou de paille, d’autres d’une casquette colorée. Rangés en face à face ou à la queue leu-leu, ils parlent tout en restant presque immobiles.

Les cigales et les grillons n’ont pas encore commencé leurs concerts. Seules les voix graves des hommes ou chantonnantes des femmes qui grasseyent un grec rempli de « Poly », « Kalo » troublent la caresse des flots sur la plage de rocher.

Ils entrent dans l’eau lentement, résolument, ils s’y réfugient et y retrouvent la fraîcheur qui a déjà abandonné la terre. La mer semble être leur conditionnement d’air. Ils y resteront de longues minutes pour les plus pressés, de nombreuses heures pour les plus patients.

Ils semblent se reconnaître, et même si leurs groupes restent homogènes, j’imagine facilement que lorsque l’un d’eux manque à l’appel, les autres finissent par s’inquiéter. Parfois, ils se déplacent de quelques mètres, en marchant la plupart du temps, en nageant lorsque la profondeur n’autorise plus la marche. Leur position de repos forme une étrange cartographie du fond marin. Tous ceux qui sont à l’arrêt marquant de leur corps une profondeur d’environ 1m50, d’où seule les têtes émergent.

On devine ainsi le chenal entre la plage et la petite île qui repose à une vingtaine de mètres du rivage. Trois têtes stables près de la plage, trois autres têtes tout aussi immobiles et bavardes à proximité de l’île, et entre les deux groupes marquant la limite du passage, deux ou trois nageurs qui se rendent d’un groupe à l’autre.

Les minutes et les heures passent ainsi, le soleil se fait de plus en plus haut et chauffe à blanc tout ce qu’il touche de ses rayons. Vers dix heures, se sont des enfants qui rejoignent les plus âgés. Leurs cris et leurs rires annoncent l’avancement du jour. Là où leurs ainés s’avançaient lentement comme de silencieux voiliers, ils se jettent à l’eau dans un feu d’artifice d’éclaboussements. Ils retrouvent ainsi leurs grands-parents et peu à peu dans les îlots humains des familles se retrouvent. Les parents ne sont pas loin de leurs enfants, et les plus âgés se mettent en mouvement.

Pour ceux qu’aucun cri d’enfant ne vient déranger, c’est l’installation sur des bouées ou la recherche d’un autre banc de pierre ou de sable, plus au large, qui leur permet de continuer leur rafraichissement naturel.

Les heures passent ainsi, marquées par la chaleur de plus en plus accablante, les bruits de nage, les cris des enfants, le bavardage des vieux. Les quatre barques ancrées au pied de l’île n’ont pas bougé.

Reprendre la route vers Bruxelles

 

Arrivés tardivement au Pirée lundi, nous nous sommes dirigés vers Delphes en faisant étape le long de l’isthme de Corinthes.

Nuit en bord de plage,  baignade matinale et départ pour Delphes.

Mardi, installation au camping pour deux nuits confortables, tout en réservant les visites des sites archéologiques au mercredi.  Les campings Apollon (où nous résidons) et Delphi (que nous avions déjà visité) ont tous deux une vue panoramique sur la mer des oliviers. Les photos suivront dans une mise à jour de l’article. Mercredi, visite des sites en  trois temps.  Temple d’Apollon le matin, musée le midi et Temple d’Athéna au coucher du soleil. Jeudi nous repartons vers Athènes où Lucy prend son vol retour vendredi.

Côté visites et découvertes Arachova à 20km de Delphes est un village montagnard plutôt chic et aux commerces haut de gamme.  Nous y rencontrons le plus sympa des aubergistes. Il va passer une heure à nous expliquer la saison d’hiver et le ski dans les stations du Parnasse pour deux malheureux frappés que nous lui commandons. Nous découvrirons aussi le lac Yliki dont aucun guide ne parle alors qu’il constitue un site naturel assez remarquable, peuplé de grenouilles, de hérons et d’une quantité impressionnante de poissons.

Côté incidents, je perds les jauges de batterie et des réservoirs sans sans aucune raison (incident toujours pas résolu) et mon GPS se bloque au moment de rentrer dans Athènes. Nous finissons à Port Rafti sur un immense parking en bord de plage et de Marina. Plage donc ce matin.

Je vous parlerai plus tard des baigneurs de Port Rafti. Puis direction aéroport.

Toujours difficile de voir son autre soi même s’ éloigner. Moi je repars avec un GPS restauré qui ne trouve rien de mieux que de me faire passer par l’Acropole pour aller de l’aéroport d’Athènes vers la frontière Macédonienne.  Regardez une carte et étonnez vous de ce que j’ai traité ma copilote virtuelle de tous les noms d’oiseaux. Après 400 km je me retrouve à Farsala.  Petite ville au sud de Larissa où il n’y a rien qu’une bibliothèque kitch et une connexion Wifi Fon que je peux enfin utiliser.

Une (petite) semaine sur le JULSANQUALBAR

Pour ceux qui l’ignorent, le JULSANQUALBAR est le nom que notre ami Guy a donné à son ketch de 16m avec lequel nous avions passé l’an dernier une semaine dans les Baléares et que nous avons retrouvé la semaine dernière pour une semaine de croisière dans les îles de la mer Egée (entre Chios et Mykonos).

Ce post vous donne en 22 photos un aperçu rapide de notre semaine. Super beau temps, parfois beaucoup de vent. Pour moi, la voile c’est génial tant que le vent impose d’avancer au moteur…

Athènes et Chios

20140811_06525220140811_062723Ce matin, le JULSANQUALBAR est encore à quai à Chios.  Nous avons eu une ou deux surprises à l’arrivée dont la moindre ne fut pas de trouver une passagère « clandestine ».  Amie inattendue qui nous a rejoint sans prévenir.  Nous serons 8 a bord: le max du max.

Autre surprise, moins bonne celle là: tous les ferries retour à partir de Mykonos sont complet dans une semaine.  Pour nous,ça veut dire une journée de plus et une nuit à Mykonos.  On va stouffer à mort.

A part ça, la lune se couche sur l’île et le soleil se lève sur les côtes Turques.

Ce matin, nous avitaillons et ce midi, nous largons les amarres.

En 3G et smart phone uniquement, le blog passe en version minimaliste.

Et Athènes?  Rapidement entr’apercue entre aéroport et Piraeus.  BlueDream nous attend dans un parking du port, sous l’oeil bienveillant d’une gardienne parlant français, ce qui se fait rare dans un pays qui a remplacé dans son système éducatif une heure de langue étrangère par une heure d’éducation »civique ».

D’un point de vue touristique, journée en mode plus mineur. La traversée en ferry fut mal organisée et éprouvante. Impossible de dormir sur le bateau. Et à mes yeux, des doutes sérieux sur la sécurité à bord : est-il normal de laisser installer des tentes sur le pont d’atterrissage des hélicoptères ? Et de laisser se coucher partout – y compris devant les portes des issues de secours – les passagers nantis d’un « Deck Ticket ». Chaque centimètre carré disponible au sol est occupé par un matelas. Un seul jeu de toilettes pour un bateau qui doit emporter au bas mot 1000 à 2000 passagers…

A l’arrivée, pas trop difficile de trouver le parking devant une plage de sable blanc d’Igoumenitsa, à 15 minutes du port. Je dors deux ou trois heures puis en route car le GPS m’annonce près de 10h de route jusqu’Athènes.

J’embarque rapidement deux musiciens de Palerme qui parcourent la Grèce en chantant dans les fêtes et les restaurants. L’un jouait de la guitare (et de la clarinette) l’autre du banjo. Je les laisse rapidement partir vers Ioaninna où du travail les attends et je me dirige vers Patras. Les côtes sont superbes. Arrivée en fin de soirée (je me rends enfin compte qu’il y a un décalage horaire d’une heure avec l’Europe occidentale) sur une autre plage, très calme celle-ci, où le signe « interdit au camping est de nouveau présent, mais la recommandation de Park4Night absolue. On verra si je suis toujours là demain matin !

J’ai passé quelques temps sur le parking d’une « taberna » au sommet d’un petit col à discuter avec un ex émigré revenu d’Allemagne pour installer son snack et sa salle de fête sur un terrain de son père. Arrivé il y a deux ans, il construit peu à peu son business, mais avoue que si la crise ne commence pas à se lever dans les deux ans, il devra repartir faire des navettes entre l’Allemagne et l’Est de l’Europe pour y acheter en revendre des voitures d’occasion.

J’ai aussi découvert un sport national : la conduite incivique. Prenez une route à deux bandes de circulation, placez une limite de vitesse disons à 50 km/h, ajoutez une double bande jaune au milieu de la chaussée. Placez des radars tous les dix kilomètres et des policiers tout les 50 km. Comme conducteur habitué aux pratiques plus nordique vous avez le choix :

  1. Vous faire « pousser » par un poids lourd qui considère que si vous ne roulez pas au moins à 90 km/h vous ne savez pas lire (il klaxonne d’ailleurs abondemment pour vous le faire savoir) ;

  2. Vous faire dépasser par ce même poids lourd de préférence dans un virage, avec la sensation précise qu’il fait ce qu’il faut pour vous faire gouter le ravin qui est sur votre droite ;

  3. Vous retrouver derrière ce fameux poids lourd à la montée suivante, respecter sa difficulté à monter en vitesse, respecter la double ligne jaune et donc ne pas le dépasser, et tenter alors d’éviter les catastrophes des véhicules qui vous suivent, qui arrivent à au moins du 110 (nous sommes en limitation à 50!) font des appels de phares, dépassent sans regarder ce qui vient en face et doivent se rabattre en urgence sans même avoir le temps de vérifier si vous avez pu freiner… La photo de l’album montre comment deux voitures tentent de dépasser un camion suivi d’un bus dans une zone de travaux « 50 km/h », nantie d’une double bande jaune centrale et avec des radars à intervalles réguliers…

Et puis j’aime bien aussi cette photo prise d’un parking « point de vue » (on pourrait aussi dire « dépotoir ») qui montre le contraste entre les petites chapelles votives de bord de route, les graffitis inspirés de la crise, et la beauté du paysage environnant.

Mais je voudrais parler aujourd’hui de la Grèce en crise économique.

Autant mes visites précédentes donnaient l’impression d’un pays en évolution économique vers une structure sociale similaire à l’Europe de l’ouest, autant cette impression a aujourd’hui disparu. Les exemples vus aujourd’hui sont nombreux et posent parfois question sur la manière dont l’Europe tente de contrôler ce phénomène.

La première évidence, c’est le retour à une économie réelle déconnectée du monde financier : si les banquiers ne donnent plus d’argent, alors, la monnaie virtuelle n’a plus à avoir court. Le retour au cash est probant. Je ne crois pas avoir utilisé ma carte de crédit aujourd’hui. La mise en place « naturelle » de circuits courts de distribution des biens est aussi très visible : le paysan vient vous proposer directement sa production, même de très petite quantité. J’aurais pu ce matin acheter la production de raisins du jour d’un paysan pour 2 euros. Dans les rues des bourgades, c’est au bord des chaussées que se tient un « marché permanent » qui rappelle les bords d’autoroute d’Afrique centrale. Sept kilos d’orange pour 5 euros… La culture est redevenue dépendante de sa faculté à séduire le public : un peu comme mes musiciens qui ne peuvent survivre qu’en animant fêtes, repas et noces – c’est à dire en donnant à entendre ce que le public veut entendre plus qu’en lui proposant des créations propres.

Mais même l’économie publique subit aussi ce choc du financement direct. J’ai pour la première fois de ma vie je crois donné de l’argent à un péage autoroutier pour une autoroute dont la seule partie construite était… le péage. Il s’agit donc d’utiliser le péage routier non comme mode de rentabilisation d’un investissement réalisé par des financiers (modèle en vogue en Europe occidentale en général), mais bien d’annoncer un projet, de le marquer dans l’environnement (toute l’ancienne route qui doit être transformée en autoroute de Patras à Athènes est indiquée clairement comme « en travaux »), et de demander aux futurs utilisateurs de le financer (un peu comme si, chaque jour, le responsable du projet pouvait aller trouver ses fournisseurs et leur dire « aujourd’hui, nous avons récolté vingt mille euros, vous pouvez avancer de 20 mètres…)

Au restaurant enfin, où ce sont les contraintes imposées par l’administration qui devient apparente. La première page du menu annonce le droit pour le consommateur de ne pas payer son addition si il ne reçoit pas de souche fiscale. Dans ce pays qui croule sous la corruption de ses dirigeants, ce sont bien évidemment les petits artisans du tourisme (source principale de revenus du pays) qui vont devoir trinquer…

Heureusement quand le soleil se couche sur cette mer fabuleuse, on pense pouvoir tout oublier…

Et puis surtout demain je retrouve Lucy. Pour une première soirée romantique qui pourrait bien se passer dans le parking du Pirée où nous déposons le camion pendant notre semaine de voile, et qui nous autorise à y dormir (mais en restant enfermés dans le parking lui-même)…

Je ne sais donc pas encore très bien quand la suite du blog viendra…

J12 : Molfetto – Brindisi

Journée courte et pleine de bonnes surprises aujourd’hui.

J’écris ces lignes dans le parking du port de Brindisi, il me reste une heure avant d’embarquer sur le Catana en direction d’Igoumenitsa. J’ai mes tickets et la seule chose à faire c’est « attendre ».

Finalement, si je suis descendu aussi bas, c’était principalement pour voir les Trulli, ces habitations particulières qui furent construites semble-t-il au XV ème ou au XVI ème siècle pour des raisons fiscales comme des « habitations précaires » (les pierres n’étaient pas cimentées).

Le plus beau quartier de Trulli se trouve à Alberobello – du moins d’après l’UNESCO qui a classé tout le quartier au patrimoine mondial. En route donc pour Alberobello qui se trouve à 25 minutes de Capitolo. Après avoir roulé dans la plaine, la route monte avec de très belles vues sur l’Adriatique, pour atteindre un plateau couvert de terres agricoles, principalement des oliveraies, séparées par des murets de pierres blanches. Les fermes installées au coeur de ces oliveraies ont souvent des annexes dont les toits circulaires font penser aux Trulli. Mais je suppose que ceux-ci sont plus décoratifs qu’autre chose. Par contre, quelques Trulli isolés et abandonnés font penser à d’anciennes habitations réellement utilisées en leur temps.

Arrivé à Alberobello, je trouve facilement le parking commun aux voitures et au camping cars. Le tarif à l’entrée indique 3 € pour les voitures… et 10 pour les camping car. J’argumente dans toutes les langues (y compris mon italien) qu’ils peuvent m’installer sur un emplacement de voiture, que je ne reste que 2 heures… et je finis par avoir gain de cause (même si le petit jeune qui me cède se fait sérieusement engueuler par son patron d’un « ma, fanc…lo, c’e un camping car ! » ou quelque chose comme ça)

C’est aussi jour de marché (mais peut-être est-ce tous les jours ainsi) et je peux m’offrir du raisin délicieux qui va me nourrir une bonne partie de la journée (et de la soirée aussi, je suppose).

Puis c’est la découverte du quartier des Trulli. Une blancheur resplendissante, une beauté grandiose. Un ensemble qui représentait en un temps la pauvreté mais qui fait aujourd’hui la richesse de la ville. Un amoncellement de toits aux pierres plates posées en cercles concentriques et terminés par une clé de voute travaillée, sur des murs blancs immaculés. Parfois un symbole, un dessin peint en blanc sur les pierres grises du toit.

Un petit musée à l’entrée gratuite, à côté de l’Eglise des Trulli (elle aussi nantie de clochers « trullesques ») explique comment les Trulli sont nés, et comment ils ont évolués dans l’histoire de lieu de résidence « en résistance » à la taxation de l’état central, puis en logements précaires, voire en étables, pour reprendre une valeur esthétique puis commerciale avec l’essort grandissant du tourisme. Ils abritent aujourd’hui presque exclusivement des commerces sur les rues principales, mais aussi du logement dans les petites ruelles latérales dans lesquelles les touristes ne semblent pas s’aventurer. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent.

Je me promène pendant deux ou trois heures dans ce lieu si particulier, puis rejoins le camion pour reprendre la route.

Sur la route du retour, à quelques kilomètres de Alberobello je croise le bourg de Locorotondo « un des plus beau bourgs d’Italie » d’après le panneau d’accueil. Comme il me reste pas mal de temps je décide de m’y arrêter. Et là aussi, c’est une découverte merveilleuse. Un bourg perché, ici aussi tout de blanc peint, avec des maisons beaucoup plus hautes, enchevêtrées les unes dans les autres. Des ruelles où l’on prend plaisir à se perdre. Et où les rencontres sont enfin possibles. D’abord avec un photographe passionné de sa ville qu’il immortalise principalement lors des grandes fêtes patronales qui se déroulent le week-end du 15 août, autour de la personne de la Vierge et de Saint Roch. Il m’explique le pourquoi des visages qu’il photographie, le parcours de la procession, m’indique des lieux particuliers à voir dans la ville.

Comme je serai ce soir dans le ferry, je choisi de manger pour une fois au restaurant. Un petit coup de TripAdvisor m’envoie d’abord vers « la meilleure pizzeria » de la ville, qui est fermée le midi, puis vers un autre restaurant « U Cundunn » ou toute une tablée de français vient s’installer avec deux couples, et trois enfants dont un tout petit bébé. Je leur servirai d’interprète, mais en même temps je n’ai pas le sentiment de manger seul.

Je m’autorise un verre de vin blanc (il paraît qu’il est ici remarquable, je le trouve plutôt quelconque) et un café. Ensuite, route vers Brindisi (Mr GPS me dit que j’arriverai avec deux heures d’avance). Que vois-je sur le bord de l’autoroute, à quelques kilomètres de l’aéroport de Brindisi ? Un marchand de motorhomes ! Je trouve une sortie, reviens sur mes pas : ils ont des cales (on dit ici des Cunei) mais ils ne prennent que le cash (surprise!) et il me manque 5 euros. Où trouver un Bancomat ? Ils ne savent pas. Je me souviens que nous sommes proche de l’aéroport. Et un aéroport sans Bancomat, ça n’existe pas ! Ils acquiescent et en effet, je trouve l’aéroport, le parking « gratuit 15 minutes », le Bancomat qui ne délivre que des billets de 50 euros. Retour chez mes marchands de motorhomes… ils n’ont pas la monnaie. Je fais le désespéré. Ils se cotisent entre les trois gardiens du site et finalement, je repars avec mes cales.

Le reste est à venir. Embarquement dans 45 minutes. Arrivée à 4h30 du matin.

J11 Molfetta – Lido de Capitolo

Le soleil se lève vers 5h30 ici. C’est bien d’avoir la vue dessus, mais ça réveille forcément. Et des voisins italiens debout à cette heure là, il n’y en n’a pas beaucoup. Je paresse un peu en regardant les couleurs du ciel qui changent. Vers 6h30 je me décide à préparer mon petit déjeuner. J’en profite pour prendre les mesures des pièces que je devrai acheter pour les petits travaux sur le camion.

Je prends mon café sur les galets, face au soleil. Il est à peine levé que déjà il fait chaud. Ce qui est amusant avec ces déplacements « recommandés » par des guides « en ligne » et atteint par le miracle du guidage GPS, c’est que l’on n’a même plus la notion de l’endroit où l’on se trouve. Je sais que je suis à 14 km au nord de Bari, mais j’ai oublié le nom de cette plage.

Vaisselle terminée, je me mets en marche. Au programme : d’abord trouver un distributeur de billets de banque. Le péage m’a glorieusement vidé les poches hier. Ensuite, un tour de ville pour trouver de quoi manger ce midi, ce soir et demain matin. Je vais peut-être enfin savoir le nom du lieu que j’habite ?

Après voir payé mon écu au tenancier du parking (10 euros pour une vue… et tous les services en plus!) direction le « Centro » pour y découvrir en fait le Centro Antico de Molfetta. Une très belle bourgade organisée autour de son port et de son Duomo donnant directement sur la mer. Ici, on passe de l’église à la plage en trois pas. Il y a entre autre un marché couvert où l’on ne trouve quasiment que des poissons présentés par les pécheurs eux-mêmes. Ce soir, je mangerai deux solettes payées 1,5 €. Ca compensera pour le « parking ».

J’ai passé pas mal de temps à trouver un « Bancomat » qui soit « operativo ». A croire qu’il y a dans la région une volonté systématique de n’utiliser que du cash, provenant de cash, et surtout pas de la banque : impossibilité matérielle de payer le péage hier avec une carte de paiement, impossibilité de trouver un distributeur. Mais ma sagacité me fait rentrer dans les rues de la cité moderne ou je trouve alors rapidement une banque et son Bancomat fonctionnel.

Des vieux sont en pleine discussion animée sur la place. Ils semblent à la fois bien s’entendre et ne pouvoir s’empêcher de se disputer. Une marchande des quatre saisons est assise à côté de son étal dans une petite rue perdue du quartier du Duomo, en train d’écosser des petits pois. Du linge sèche aux fenêtres dans les ruelles ombragées où il fait encore frais.

Je m’offre aussi un morceau de fromage local, avec un sachet d’une salade vendue comme bio.

Mes recherches m’annoncent du bonheur pour ce matin : à la même adresse – un centre commercial – se trouvent à la fois une grande surface de bricolage et un marchant d’accessoires pour caravanes et camping car. Je vais peut-être enfin trouver mes cales ?

20 minutes de route et nous y voici. Le centre commercial est immense. Il s’étend sur un terrain grand comme une petite ville. Pour trouver le magasin de bricolage, pas de problème, il est à l’entrée. Et j’y trouve de quoi consolider les fixations de mes plafonds. Par contre, je n’ai toujours pas de solution pour les enfoncements du lit dans les parois latérales (comment éviter le bruit de froissement de l’isolant?).

Je demande où se trouve le « Europa Caravan Center » à tous les autochtones que je rencontre, et aucun ne semble connaître ce lieu pourtant renseigné par les « pages jaunes » locales comme étant ici même !

20 autres minutes passées à traverser le centre commercial en tous sens à pied, puis 20 minutes de plus pour faire la même chose en roulant dans toute la zone industrielle concernée, rue par rue… rien, niente !

J’abandonne et je me mets en route. Un coup d’oeuil à Park4Night, en lui demandant de trouver quelque chose avec services (vidanges et remplissage des réservoirs) pas trop loin de Alberobello où se trouvent les plus beaux Trulli des Pouilles. Et me voilà parti pour Capitolo et son Lido.

Arrivé vers 11h30, après un tout petit trajet comparé aux jours précédents. Ici, on ne parle qu’italien, et il faut bien se débrouiller. Mais je trouve un emplacement avec électricité dans un parking bien organisé pour une cinquantaine de motorhome. Comme souvent, je suis le « petit » de la bande, voisin d’une caravane qui a carrément installé l’eau courante.

Par cette chaleur étouffante, vers 12h30, je me mets au travail. Le sol du camion se recouvre de gouttes de sueur. Mais en une heure de travail, j’arrive à fixer correctement les plafonds tant à l’avant qu’à l’arrière. On verra, mais je crois que cette fois, c’est nettement plus solide que le système proposé par le fournisseur des panneaux.

Je me sèche et me jette sur le lit pour une sieste qui va durer jusque 15h30. Et là, je vais faire ce qu’un Foucart ne fait jamais : prendre un maillot de bain, une serviette, de la crême solaire. Ne pas trouver mes chaussure de bain et mettre mes Crocs à la place et puis m’en aller sur la plage. Même pour moi, la tentation est trop forte. Il y a ici un entassement de bronzeurs, mais je ferai avec. Les rouleaux des vagues font bien un ou deux mètres de haut et je n’ai pas le choix. Au quatrième pas, je suis submergé. Nettoyage complet des sinus à l’eau de mer. Il paraît que c’est bon. Un gros quart d’heure de pleine jouissance.

Par contre, pour le séchage, c’est un cauchemar. Il y a un vent fort latéral qui pousse du sable et après quelques minutes, je ressemble, avec la couche de crême solaire que je viens de remettre, à une statue de sable. Je quitte les lieux et me replie sur la « terrasse » du camping car.

Pas trop le choix de la solution : attendre que ça sèche. Ce qui est une option intéressante pour enfin me mettre au travail par rapport à la rentrée scolaire et aux nombreux nouveaux cours que je devrai donner. Et écrire ce blog. Je m’attaque ensuite aux vidanges et pleins d’eaux et des « chemico ». Je me demande à quel niveau je dois remplir le réservoir d’eaux claires pour qu’il indique « plein ». En fait, je n’y arrive pas. Mais il semble ne plus déborder comme lors du premier remplissage. Je vais devoir remesurer tout cela avec un niveau plus fiable que celui de la jauge électronique…

Lessive ensuite, qui se met à sécher très rapidement grâce au fort vent qui se lève. Je continue à travailler à mes cours.

Vers 20h je me mets à la cuisine. Les deux soles, une salade mixte, quelques pommes de terres et les derniers abricots avant qu’ils ne moisissent. Une crème moka aussi, dont la couleur café au lait vire au vert bizarre sous l’éclairage de néon du camping. Après la vaisselle, je rentre le linge presque sec car la météo annonce beaucoup de vent et peut-être un peu de pluie. Puis lavage de cheveux (finalement, l’évier de la cuisine avec son robinet à hauteur variable est parfait pour cela) et « fausse douche » avant de me remettre à écrire. Petit check de niveau d’eau : une journée de cuisine, une belle lessive, une fausse douche et c’est un quart de réservoir (soit environ 25 litres) qui sont partis… je remettrai un peu d’eau dans le réservoir avant de partir demain, pour avoir un plein au maximum pour la traversée de la Grèce.

Au programme de la journée de demain : après le petit déjeuner, filer sur Alberobello pour admirer les Trulli, repas complet le midi ensuite descente vers Brindisi où je dois me présenter à l’embarquement au plus tard à 18h. Ce sera une soirée spéciale : je n’ai pas pris de cabine, mais on ne peut pas dormir dans les motorhomes. Le pont fera l’affaire avec une arrivée à Igoumenitsa vers 4h30 du matin. J’espère trouver facilement un parking ou me poser avec le camping car pour dormir quelques heures avant de rouler pendant les grandes chaleurs de l’après midi vers Athènes. En n’oubliant pas de contacter le parking pour organiser notre arrivée.

Une chose m’étonne dans ma transhumance actuelle, c’est l’absence de rencontre. Le voyageur solitaire en camping car serait-il suspect ? Par contre, je m’y retrouve tout à fait comme espace de vie. J’en suis à me demander s’il en faut plus pour vivre. Sur l’absence de rencontre, j’imagine que j’en suis un peu responsable : dans un pays où l’on passe à table à 22h, il est 21h50 et je suis en pyjama, enfermé toutes fenêtres obturées dans mon camion. J’entends les cris des enfants, le bruit des télés autour de moi. Si j’étais dehors, je serais déjà plus visible. Mais je préfère écouter le souffle du vent qui secoue un peu ma maison mobile. La remontée par les Balkans sera-t-elle plus prolifique en rencontres ? Je le suppose car je suis aussi ici au milieu de touristes, et mes parcours de cette semaine étaient particulièrement longs avec des étapes de près de 500 km par jour (à l’exception d’aujourd’hui). A voir dans une quinzaine de jours.

J 10: de Lido di Classe à Bari

J’ai dormi comme une masse. Bercé par les derniers sanglots d’ABBA sur la patinoire. Puis un calme étonnant. Pas même le bruit de la mer, trop loin, ou celui de la route, peu fréquentée.

Réveil vers 6h30 du matin. Petite toilette et en route pour trouver de quoi manger. La porte du mercato de la place est ouverte. Je rentre, je prends un panier et le rempli. C’est en arrivant au rayon boucherie que la patronne m’explique qu’ils sont fermés – même si ils sont ouvert – jusque 7h30, soit près de trois quart d’heures d’attente.

Comme il me reste des Cantucci, je choisis de me mettre en marche et de rouler une heure, jusqu’au moment où je pourrai m’arrêter pour manger un morceau. En vérifiant les alternatives offertes par le GPS, je vois 20 minutes de plus pour mon trajet par « éviter les péages ». Je choisi donc cette option et me retrouve sur la nationale 16 qui longe la côte en passant par tous les villages.

Au plus j’avance dans cet embouteillage permanent, au plus je voir mon heure prévue d’arrivée reculer… Je m’arrête dans une première bourgade pour commander un café et un « bombolino al ciocollate » ou quelque chose comme cela. Un généreux donut fourré au chocolat. Tout cela pour 2 euros.

Ici, la boulangerie est ouverte, ainsi que le mercato. Je me prends du pain, et un mélange de viandes diverses avec légumes variés. A faire sauter à la poêle d’après la vendeuse.

Reprise de la route, longue et lente. Vers 11h, j’aperçois un superbe sanctuaire sur une colline, entouré de murailles de briques. La sortie indique Loreto. Le nom me dit quelque chose. Je me rappelle qu’il existe un culte marial à Notre-Dame de Lorette. Serait-ce ici ?

Parking gratuit dans une rue transversale au parking payant. Dix minutes de marche et découverte d’un lieu de pèlerinage animé d’une grande ferveur. Je me décide à visiter la cathédrale de la « Sainte Maison ». Il y est expliqué que l’on vénère ici les murs de la maison de Marie à Nazareth, celle là même où le Christ aurait grandi. L’histoire raconte que lorsque les croisés se sont rendus compte de leur défaite, ils n’ont pas voulu laisser la maison de Marie aux mains des infidèles. Comme cette maison était composée d’une grotte (difficilement déplaçable) et de trois murs d’enceinte, ce sont ces trois derniers qui ont été démontés pierre par pierre et « transféré » au XIIIème siècle à Loreto, après un passage dans un autre lieu.

Vrai ou faux ? Difficile de faire la part des choses. Ce qui est vrai par contre, c’est que de nombreux fidèles sont présents à la messe qui se dit lors de ma visite et que plusieurs personnes sont profondément en prière dans la chapelle constituée par les trois murs en question.

Un bon point : il est possible de faire toute cette visite sans ouvrir sa bourse. L’église est ouverte à tous et même le site de la Santissima Casa peut être visité sans payer.

La place sur laquelle est installé le sanctuaire est elle aussi superbe, ainsi que quelques unes des petites rues environnantes.

En reprenant la route, je me rends compte que mon GPS m’annonce un temps de plus en plus long… je choisi alors de lui demander l’option « avec péages » et il me réduit illico mon addition de trois heures ! Je décide donc, comme au poker, de « payer pour voir ». Je constate aussi une autre erreur dans les calculs : j’ai indiqué une vitesse moyenne de BlueDream sur autoroute de 90 km/h alors que si je veux rester à ma consommation de 8,4l/100, je dois baisser cette moyenne à 85 km/h. Tout cela me donne enfin des temps de route réalistes (je suis arrivé cette fois dans les 3 minutes de l’estimation initiale).

Nouvel appel à Park4Night, en cherchant quelque chose près de Bari. Et il m’indique un parking pour motorhome avec accès direct à la plage et à la mer, 14 km avant Bari. J’y arrive sans encombre vers 19h30. Il est bondé, mais la tenancière me trouve une petite place entre deux « gros » engins. J’ai par le pare-brise avant une vue directe sur la mer et ce seront les vagues qui me berceront cette nuit.

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Avant quelques travaux sur le camion demain.

J9: Crevoladossola – Lido de Classe

Pas moyen d’uploader mon blog hier soir. Forfait data international atteint. Et je n’aurai le service clientèle de Mobistar que dans la journée. Ce soir, j’ai de quoi tenir je l’espère pendant tout le voyage, même sans Wifi.

Nuit au calme, avec quelques voitures qui sont venues tourner dans le parking à l’un ou l’autre moment. Par contre, j’ai eu du mal à m’endormir. Il faut dire que les cloches de l’église de Crevoladossola sonnent toutes les demi-heures, toute la nuit. Soit au maximum à minuit et demi (et oui, la demie est marquée par un coup supplémentaire, d’une autre cloche.)

Réveillé à six heures, j’en ai profité pour utiliser le bac de douche comme salle de bain. Même sans la douche, c’est quand même pratique pour se laver sans mettre de l’eau partout et en pouvant quand même se rincer.

Ensuite, une dernière série de photos de la montagne au lever du soleil, un petit déjeuner de céréales et de fruits, avec un bon café brulant (la nuit a été fraiche). Et en route pour le soit-disant super « Leroy-Merlin » de Varese. Je ne m’imaginais d’ailleurs pas être si près de Milan. Arrivé à 8h30 sur place, je file au McDonald’s en face en me disant que j’aurai du Wifi gratuit. Eh non… chez McDo, c’est British Telecom qui organise le Wifi gratuit, et il ne l’offre qu’aux gens disposant d’un numéro de téléphone italien, français, espagnol, et quelques autres, mais pas aux belges…

Mon café et mon amertume bus, je pars chez L-M. A la chasse à l’acétone et au Sikaflex. Pour l’acétone, les plus petits flacons font 1 litre, et pour le Sika… bernique. Pas un seul tube à l’horizon.

Je me mets quand même au boulot, sous un soleil qui devient vite brulant. J’ai remis une couche du Sika qui me reste (et il y en avait largement assez – il m’en reste un demi tube) sur une surface nettoyée, griffée selon le mode d’emploi et dégraissée. Si ça ne fonctionne pas comme ça, faudra que je vois si ce n’est pas le type de Sika qui pose problème. Mais ce sera alors pour le retour en Belgique (en espérant ne pas être trop douché sur le retour).

Vers 10h30 j’ai terminé mes travaux et j’en profite pour faire les courses pour un ou deux jours au supermarché qui se trouve juste à côté.

Puis en route vers… on verra bien. Passé Milan, les montagnes disparaissent et on roule dans la plaine du Po. Après deux heures de route, je fais un arrêt sandwich et sieste sur un parking d’autoroute. Ces autoroutes sont assez épuisantes : j’aime bien rouler à 90 km/h, ce qui est censé être le maximum autorisé aux poids lourds et une vitesse ou le camion ne consomme que 8 l/100. Mais je ne cesse d’être dépassé et coincé par des camions. Si j’étais certain de ne pas perdre trop de temps, je crois que je sortirais de l’autoroute.

Je repars et m’arrête à nouveau après une heure, un peu avant Bologne. Puis c’est la plongée vers l’Adriatique et Ravenne. A partir de Ravenne, l’autoroute est censée border la côte. Elle est dans un tel état que la vitesse y est limitée à 50 km/h. Mais les voitures et les camions roulent à 70 ou 80 et dépassent, même sur les doubles lignes blanches. J’aurai eu quelques frayeurs.

Park4Night m’a indiqué un parking herboré gratuit, je suis les indications et me retrouve à « Lido de Classe », une petite station balnéaire familiale ou le parking est coiné entre la plage et la patinoire de roller skate. Heureusement, la musique de la patinoire s’est arrêtée à 20h, et le parking semble même calme. Nous ne sommes que trois ou quatres camping cars et j’ai pu m’installer à l’extérieur pour écrire. Les moustiques semblent cependant s’intéresser à la lumière de mon écran et je vais donc me replier vers l’intérieur, pour cuisiner et puis sans doute pour essayer de dormir.

J7: Malaise à la Golèse

Malgré la météo qui annonçait des orages, le ciel était clair et ensoleillé en ce début d’après-midi. Après avoir préparé les bagages pour la suite de mon road-trip, nous avions donc décidé de nous dérouiller les jambes en allant au col de la Golèse. Petite randonnée facile de 3h à 3h30 en aller et retour, avec de belles vues sur les dents d’Oddaz et le Criou.

Rencontre au début de la randonnée d’une colonie de fourmis en pleine conquête de tronc d’arbre. Puis douce montée vers le col. Quelques nuages semblent se former autour de nous, le ciel restant cependant encore bleu à la verticale.

Un grondement nous alerte cependant. L’orage gronde en vallée. Le ciel s’assombrit et nous voilà forcés, alors même que le col est en vue de rebrousser chemin pour revenir sous la pluie et la grêle…

En dix ans de fréquentation – et sans doute autant de départs vers cette destination, nous ne l’avons vue sous le soleil qu’à une seule occasion. Pour nous, c’est un peu « destination brouillard ». Pour en garder malgré cela de belles images en tête.

J6: Les hauts fonds du Lac de Gers

Promenade tranquille aujourd’hui depuis le parking du Béné jusqu’au Lac de Gers. Le restaurant-refuge installé sur place depuis de nombreuses années doit faire face désormais à la concurrence d’une ferme restaurant servant des produits exclusivement biologiques, fabricant son propre fromage (dont nous avons acheté quelques centaines de grammes), et offrant une restauration de qualité ECOCERT.

L’ancien restaurant est même à vendre, ce qui pourrait vouloir dire que de nouveaux changements nous attendent sur ces lieux.

Le lac lui-même s’est élevé avec les pluies de ce mois de juillet de plusieurs mètres. Aucune des plages traditionnelles n’est accessible.

En ce jour de fête nationale suisse, ce sont les têtards qui ont envahi le lac. Des masses noires se regroupent près des berges. Les poissons, eux, sont toujours prêt à pratiquer l’hychtiothérapie.

J5: Marmottes et bouquetins

Nous ne pouvons passer par Samoëns sans nous offrir une randonnée à l’alpage de Sales. Je suis certain de vous l’avoir présentée au moins dix fois, mais c’est aussi chaque fois un enchantement.

Nous l’avons faite cette fois à un rythme très doux, en prenant toute notre journée, pour profiter enfin de ce soleil qui a fini par bien vouloir se montrer.

A l’inverse de nos expériences habituelles, ce sont les marmottes qui se sont montrées les moins farouches, alors que les bouquetins restaient eux très discret et les chamois invisibles. Une exception cependant, un jeune bouquetin sur la descente qui posait à 1m des randonneurs. Nous avons également rencontré un congrès de papillons et un troupeau de génisses assez énervées du  nombre de visiteurs qu’elles recevaient…

J4: Aujourd’hui, il n’y aura pas de photo !

Les raisons sont doubles:

1. Si c’est pour vous montrer la pluie qui tombe sur Samoëns, je vous renvoie à mon message d’hier, ce n’est guère différent aujourd’hui…

2. Je ne vois pas pourquoi je vous entretiendrais d’une activité aussi dégradante que celle à laquelle je me suis livré (à partir de ce point, ma mauvaise foi évidente doit être considérée comme de l’humour. Si pour vous, ça ne passe pas, je vous présente d’avance mes excuses).

Quelques explications sur le point 2 ?

Selon moi, l’homo sapiens sapiens se distingue des autres primates parce que: (i) il marche et court de manière stable sur 2 pattes et (ii) il utilise un cerveau à des fins diverses et variées, mais principalement pour améliorer son propre confort.

Donc, marchant et courant sur 2 pattes, il est normal qu’homo sapiens sapiens (appelons le HSS) ait cherché à améliorer les divers facteurs qui caractérisent son mode de déplacement: confort, vitesse, fatigue. Et dans ce sens, il a fait deux inventions importantes: le feu et la roue. Le problème, c’est que pour permettre à ces deux inventions de se retrouver, il a fallu des millénaires et l’invention de la machine à vapeur!

En fait, HSS n’a pas tout de suite réalisé que le feu pouvait l’aider dans ses déplacements, alors que la roue a sans doute été inventée comme solution à des problèmes de mouvements. Comment permettre à un corps pesant d’être déplacé sur une distance donnée à moindre fatigue humaine?

Le résultat heureux et ultime en a été le véhicule à roues, et à essieux multiples (essieux étant compris comme un axe reliant des vecteurs de mobilité en contact avec le sol). L’homme marchant est une des rares exemples de véhicule pouvant se mouvoir de manière stable et équilibrée sur un seul essieu. La charrette à deux roues tractées par un cheval, un chien ou un homme dispose en fait de 3 ou 2 essieux (il faut compter les paires de pattes du « tracteur » qui assurent la stabilité de l’ensemble).

Dans sa recherche, l’homme a cependant du faire un pas en arrière pour réussir deux pas en avant (n’oubliez pas, je suis de mauvaise foi) et il a inventé un engin absolument inutile, déséquilibré, salissant, et source de multiples problèmes. Quelle idée a bien pu traverser la tête d’un humain d’aligner (et non de pairer) deux roues cerclées de pneumatiques, et animées par d’autres roues (de deux à douze ou plus parfois) dentées, le tout relié par un cadre ? Deux roues en ligne, cela ne peut être stable que moyennant un effort inhumain de la part de son chargement humain (qui en plus doit en être le moteur).

De plus, si vous essayez de vous déplacer sur ce genre d’engin sur un terrain boueux, traversé de racines et de pierres, vous augmentez votre instabilité et votre inconfort. Dans mon expérience de ce jour, c’est un peu comme de recevoir 150 coups de pieds au c.l par minutes. Et c’est très désagréable.

Or donc, je me suis laissé entrainer à une « promenade » sur de tels engins. Mon opinion en bref est assez simple: la marche, j’adore, ce sport là, c’est la même chose, à 3 lettres près: il suffit de changer le d par bh et de rajouter un « r » quelque part…

J’en suis revenu crotté, râleur, et jurant mais un peu tard- comme le renard de la fable – que l’on ne m’y reprendrait plus.

Heureusement, on annonce le retour du soleil pour demain.

J3: les brumes du pas du Boret

Vu les conditions météos peu clémentes (vous voulez de l’eau , de la pluie ou les deux ?) nous avions décidé pour ce premier jour de reprise à Samoëns d’une petite mise en jambes gentille du côté du fonds de la Combe à Sixt.

Mais une jambe devant l’autre, un pied suivant le précédent, nous étions à peine échauffés et le ciel semblait clément malgré ces gros nuages gris qui couvraient les sommets.

Qui a proposé d’aller au chalet du Boret ? Je ne le sais plus, mais sans doute avions nous tous les deux cette petite idée derrière la tête. Bon, de toute façons, on va pas prendre le « Pas » du Boret, hein ? La pente la plus raide du secteur, du câble tout du long, les dalles de la cascade de Vogeaille à traverser, tout ça avec un sérieux risque de pluie…

Donc non, nous partons bien vers le Chalet du Boret (avec l’intention d’y déguster une soupe roborative) par le fond de la Combe.

La montée est douce, on croise six ou sept cascades, mais le temps se gâte. La bruine s’installe, et les gués sont de moins en moins gués. Le poids de l’eau se fait sentir dans les chaussettes. Et lorsque le chalet est en vue, la pluie commence à battre de bon coeur.

Heureusement, nous allons pouvoir nous installer dans la salle à manger ! Non ! Cette foutue salle à manger de ce foutu chalet du Boret est en travaux. « Je peux vous servir, mais dehors » nous indique poliment l’aubergiste. Heureusement, l’ampleur des parasols nous permet de trouver une table au sec. Mais sans soupe. Ce sera de l’omelette.

L’aubergiste nous entretient. Elle nous explique que selon elle – et son mari – le chemin du Pas du Boret est moins glissant que le retour par le fonds de la Combe: « une pierre lavée glisse moins qu’un cailloux boueux ». A force, elle finit même par nous convaincre.

Nous voici donc reparti pour la descente cette fois, et par le chemin le plus direct. Un petit panneau nous rassure: « Chemin de randonnée dangereux et glissant. Déconseillé aux personnes sujettes au vertige. » Tant pis, l’aubergiste a dit « allez-y », nous y allons…

Et soyons de bon compte: très chouette descente dans la pluie. Pieds trempés et chaussures qui mettront au moins 3 jours à sécher. Mais descente sans problème, bien câblée dans les passages difficiles, bien marquée sur les dalles des cascades, et en effet bien moins glissante que la montée par la boue que nous avions faite le matin. Et en plus beaucoup plus rapide: descente en une heure pour une montée en deux heures moins le quart.

Et quelques très belles vues de la vallée…

J2: de Rupt sur Moselle à Samoëns

A la boulangerie du village, une loterie est organisée lors de l’achat de baguettes. Et j’ai gagné… une baguette ! (sur un bon que j’ai généreusement offert à mon voisin teuton, puisque nous étions en partance).

Traversée des Vosges et du Jura par la route des vins et des Ballons. Plus nous avançons, plus le ciel se couvre. Nous arrivons encore à manger au sec, à hauteur de Besain. Mais au fait, c’est où Besain ? Et comment sommes nous arrivés là ? Mystère des GPS, lorsque l’on combine de nouvelles informations comme « type de véhicule : motorhome » et « autoroutes : éviter si possible »…

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Pour les fans: enfin (après 2 jours quand même !) des photos de nourriture…

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Elle est pas bonne la salade de Besain (Salade iceberg, Munster, Jambon Forêt Noire, petit chèvre frais…)

Nous traversons une région que nous connaissions un peu, par des routes que nous ne connaissons pas du tout. Et cela finit par paraître long.

Surtout qu’une fois le repas de midi bouclé, une pluie de plus en plus franche se met à tomber, et que c’est sous des trombes d’eau que nous arrivons à Samoëns.

Le débarquement ne se fait d’ailleurs pas sans encombre, entre les oublis dans le camping car et les achats de dernière minute au magasin.

Et cette fois-ci, c’est une fuite que je suspectais qui se révèle : j’avais repéré quelques gouttes sur le bord de la douche lors d’une averse précédente. Cette fois c’est bien confirmé, je vais pouvoir vider une nouvelle seringue de SIKA autour du lanterneau de douche. Pas de panique, mais encore faut-il qu’il fasse un peu sec pour cela… et ça risque donc d’attendre au moins jusque mercredi, vu les prévisions météo.

J0 et J1: de Bruxelles à Rupt sur Moselle

Vous savez où ça se trouve, vous, Rupt sur Moselle ? Nous en tous cas, on n’en savait rien jusqu’à cette après-midi. Mais je vous raconterai cela plus tard.

Donc, hier était le jour « 0 » du premier voyage avec BlueDream. J’écris « 0 » parce que, soyons honnêtes, aller faire un tour le long du vieux canal à Ronquières, passer dire bonjour à belle-maman puis fêter les 60 ans d’un ami dans le Brabant Wallon, ça ne peut pas vraiment compter comme un « voyage » en camion aménagé…

20140726_150231Illustration 1: Premier arrêt « officiel » de BlueDream: les abords du bief 27 le long du vieux canal à Ronquières20140726_151252

Illustration 2: Les péniches habitées du bief 27 sont un festival de couleurs

Par contre, sortir de chez cet ami vers minuit et demi (donc le lendemain!), rouler 30 minutes pour se poser à La Bruyère, sur un parking toléré pour les camping cars, et s’écrouler dans le lit pour essayer de dormir…

Le futon est solidement dur. J’avoue avoir dû réapprendre à dormir sur le dos, car la position « chien de fusil » me devenait rapidement difficile. L’application « Park4Night » qui indique des lieux de parking recommandés pour les CC annonçait un camping près d’un cimetière. Hypothèse de base : un cimetière dans un village, ce doit être calme. Mais ça, c’est sans compter :

  1. Sur les deux coqs de la ferme voisine qui se font un concours de chant à partir de 4h du matin…
  2. Sur les traditions qui donnent aux curés de ces villages le droit de sonner la messe du dimanche à sept heure du matin !

Bref, la nuit fut courte.

Après une rapide toilette, premier petit déjeuner à bord. Et là, première mauvaise surprise : au moment où j’ouvre la bonbonne de gaz, une odeur inquiétante envahit l’habitacle. Mais le produit miracle « détecteur de fuite » ne détecte rien. Nous choisissons donc de prendre notre petit déjeuner puis de couper directement l’alimentation de la bonbonne, et de remettre à plus tard l’examen détaillé du problème.

L’examen des alentours nous confirme la description du site. Arrivés au milieu de la nuit, il n’y avait pas grand chose à voir, mais au matin, c’est avec une vue de première qualité sur les tombes voisines que nous nous réveillons.

20140727_082611Illustration 3: Le cimetière de « La Bruyère », première aire de stationnement. Pas un mauvais présage, espérons le.

Il est donc temps de prendre la route, même si nous sommes tous les deux fatigués d’avoir peu dormi et tant travaillé ces derniers temps. Nous ferons donc une journée « courte » en nous rapprochant simplement de Samoëns.

C’est dimanche et il nous faut avitailler avant la fermeture des magasins. Nous nous arrêtons à Pont-à-Mousson et y découvrons une petite bourgade tranquille au bord de sa rivière. Parfait pour une promenade et un pique-nique au grand soleil. Tout en nous offrant une petite frayeur en arrêtant BlueDream à 0,1mm d’une autre camionnette au moment d’un stationnement.

20140727_134757Illustration 4: A Pont-à-Mousson, les pêcheurs jettent leurs lignes à partir de barques recouvertes d’un énorme parapluie/parasol.

Courte étape l’après-midi, avec l’objectif de nous poser vers 16-17h. Petite recherche sur Park4Night : nous ne serons pas loin d’Epinal (que nous avons déjà trop fréquenté lors de nos trajets vers Samoëns). Nous nous orientons donc sur la vallée de la Moselle où un site de parking gratuit pour CC est renseigné « proche des commerces, en bord de rivière, 6 emplacements ». Et voilà comment nous nous retrouvons ce soir à Rupt sur Moselle. Le temps de faire connaissance avec nos voisins allemands (« donc en Belgique, vous parlez français, wallon et flamand »), et français (« pour réparer mes problèmes de fuite de gaz, je les trace avec un briquet »), et je me mets au travail pour retrouver et régler ce problème de gaz. Apparemment, il s’agissait d’un des joints qui était mal serré. En tous cas, plus de fuite, plus d’odeur, plus de sifflement dans le détendeur…

Nous pouvons donc… partir en ballade le long de la Moselle. Petite promenade sans prétention sur le Ravel local (on dit « voie lente » en français de France).

20140727_171751Illustration 5: Le long de la « Voie Lente » locale, un paysage pré-alpin qui présage de la suite du voyage.

Je vous épargne le menu de ce soir, mais pendant que je finis cette note, de bonnes odeurs semblent s’échapper du camion… jusqu’à ce qu’une exclamation (!) me fasse craindre une mini-catastrophe. En fait, l’aire de stationnement « penche » légèrement de tribord vers bâbord, et la casserole d’eau chaude a « glissé » et s’est étalée au sol. Coup de chance qu’elle ne bouillait pas encore. Un petit essuyage plus tard et je trouve un système D pour bloquer les casseroles avec une pince, jusqu’au prochain passage dans un magasin de camping où cette fois, l’achat de cales de surélévation ne sera plus reporté !

Méditation vespérale

Rive du Giffre au crépuscule
Rive du Giffre au crépuscule

C’est en « décrassant » de ma journée de ski que je me suis arrêté au bord du Giffre, et que je me suis couché sur le tronc d’un vieil arbre qui n’a pas survécu à la force du torrent lors de sa dernière crue.

J’aimais particulièrement la lumière en cette fin d’après-midi. Le contraste entre le sol qui semble déjà plongé dans la pénombre, le sommet des arbres qui est encore baigné de soleil, et ce petit îlot de verdure, avec sa souche qui fait un peu songer à un gros bovin qui aurait décider de s’y reposer.

Lumineuse promenade en Alsace

Nous nous sommes arrêtés sur la route du retour des sports d’hiver pour une nuit de détente à Colmar.

L’excellente surprise fut de nous faire réveiller par un splendide soleil d’hiver, alors même que le reste de la ville dormait encore. Cette ballade matinale dans une ville qui fait songer à un conte de fée, avait une magie toute particulière.

Nous avons ensuite enchainé par une promenade dans Riquewihr, malheureusement endeuillée par un incendie la nuit de la Saint Sylvestre, qui a ôté la vie à une vieille dame et détruit quelques très belles demeures.

Notre hôtel: Le Colombier (3 * exceptionnel – voir mon compte rendu ici)

Restaurant: Wistub La Petite Venise (Un jambonneau sauce raifort à vous damner: voir mon compte rendu ici)

New York, 1986

Vieux souvenir que ce premier contact avec New-York. Trois jours de 1986, alors que l’Amérique pleure l’explosion de Challenger, quelques jours plus tôt. Trois jours pour tomber amoureux d’une ville extra-ordinaire. Continuer la lecture de New York, 1986