Ma vie couleur ciel http://foucart-dever.net Randonnées pédestres et réflexives Tue, 10 Apr 2018 11:09:39 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.9.6 101527651 Le terroriste et le fou. http://foucart-dever.net/2018/04/le-terroriste-et-le-fou/ http://foucart-dever.net/2018/04/le-terroriste-et-le-fou/#respond Mon, 09 Apr 2018 11:55:19 +0000 http://foucart-dever.net/2018/04/le-terroriste-et-le-fou/ Continuer la lecture de Le terroriste et le fou.]]> Un homme, au volant d’une camionnette, fonce dans la foule à Munster, Londres, Berlin ou Nice. Il sème la panique, le sang et la mort. Là où il est passé reste la peur. Et lui finit par se donner la mort.

Voilà pour les faits. Les femmes et les hommes politiques, les journalistes vont maintenant entrer en scène, ensemble avec les procureurs et analystes de tous poils. La vérité des faits va se transformer en histoire policière. Et l’histoire sera porté par des mots au caractère définitif : « attentat terroriste » pour l’un, « geste désespéré d’un déséquilibré » pour l’autre.

Pourtant, lorsque vient le temps du recul, celui ou les premières pages des journaux ont déjà oublié l’histoire pour une nouvelle plus sordide ou plus sanglante, on découvre presque chaque fois que l’auteur de l’acte désespéré l’était lui même. Fou de dieu, fou des armes, fou de sa propre misère.

Mais la misère et la folie de celui qui fonce dans la foule ou tue des Lycéens « sans crier gare » nous renvoie à notre société et à son incapacité à proposer une qualité de vie satisfaisante pour ses propres enfants. Tandis que la folie de celui qui crie « Allah Ouakbar » avant de mourir nous permet de reporter la responsabilité du crimes sur une autre communauté. En y ajoutant une dimension de préméditation : « il avait regardé des sites de propagande islamiste »

Avec un État Islamique réduit aux luttes de désespoir, prêt à s’attribuer la mort d’un chiot pour faire peur à son maître, nous tombons allègrement dans ce panneau et sommes tout surpris lorsque nous découvrons que la folie n’est pas l’oeuvre d’un Dieu, mais celle d’une société incapable d’offrir à chacun un environnement sécurisant. Et je dis bien l’oeuvre, pas la faute.

Je crains qu’il n’y ait guère de faute à chercher ici, sauf à croire en une utopie qui donnerait à chacun la sécurité matérielle et psychologique dont il rêve, sans porter atteinte à celle de ses voisins.

En qualifiant d’acte terroriste le geste désespéré du fou de Munster puis en le disqualifiant en raison de la non appartenance de l’auteur a une mouvance religieuse, la presse et le monde politique et judiciaire contribuent à attiser la haine entre des communautés qui toutes ont échoué dans leur prise en charge de leurs plus faibles éléments.

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Belgique: une démocratie déficiente http://foucart-dever.net/2018/02/belgique-une-democratie-deficiente/ Mon, 05 Feb 2018 10:43:10 +0000 http://foucart-dever.net/?p=2543 Continuer la lecture de Belgique: une démocratie déficiente]]> Le très sérieux rapport annuel de « The Economist Intelligence Unit » sur l’état de la démocratie dans le monde vient paraître pour l’année 2017. Le diagnostic est sévère pour la Belgique: tout comme en 2016, notre pays se classe dans la catégorie des « démocraties déficientes » (flawed democracies), derrière 31 autres nations, comme les Etats-Unis, le Cap Vert, le Chili, le Portugal, le Botswana, la France ou Israël.

Pour établir son classement, le Centre d’étude britannique scrute chaque pays selon 5 critères: le processus électoral et le pluralisme, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique, la culture politique et les libertés civiles. Et c’est en particulier la participation politique (5/10) et la culture politique (6,88/10) qui valent à notre pays sa place peu enviable.

Cette situation n’est pas l’apanage de la Belgique, l’EIU note un déficit démocratique continu dans tous les pays analysés depuis 2006.

Etonnement, ce phénomène s’est révélé particulièrement dans certaines des plus anciennes démocraties du monde, en Europe occidentale – dont la régression [démocratique] depuis 2006 est presque aussi mauvaise que celle observée dans la partie orientale du continent – et aux Etats-Unis. Les principales manifestations de cette récession démocratique incluent:

– un déclin dans la participation populaire aux élections et à la vie politique,
– des faiblesses dans le fonctionnement des gouvernements,
– une baisse de confiance dans les institutions,
– un intérêt en baisse pour les grands partis représentatifs,
– une influence croissante d’experts et d’institutions non élues et sans responsabilités,
une fracture croissante entre les élites politiques et l’électorat,
une perte de liberté des médias,
– une érosion des libertés civiques, en ce compris des modifications à la liberté de parole…

Le rapport note aussi une division de plus en plus forte entre le peuple et les expert(e)s. Citant par exemple, Edward Luce, dans « The Retreat of Western Liberalism » (que l’on pourrait traduire « Le Repli du Libéralisme Occidental ») qui observe que « Les élites sont devenues progressivement plus sceptiques face à la démocratie depuis la chute du Mur de Berlin ». Certain(e)s blâment l’ignorance populaire dans le vote du Brexit ou l’élection de Donald Trump, et présentent donc les électeurs et les électrices comme un facteur de risque pour la démocratie aujourd’hui. « La réaction populaire à un système économique et politique perçu par un grand nombre d’électeurs et d’électrices comme les ayant abandonné(es) est présenté comme la cause des maux de la démocratie plutôt que comme une conséquence ». C’est ce sentiment des électrices et électeurs qui se sentent exclus d’une classe politique travaillant à propres intérêts qui semble la tendance la plus importante dans les démocraties occidentales en 2017.

En ce qui concerne notre pays, sa place dans ce classement n’est pas du tout enviable. L’Europe occidentale voit 14 pays qualifiés de « pleinement démocratiques » (en particulier les pays nordiques qui trustent les premières places mondiales), alors que nous ne faisons partie que du second groupe (de 6 pays) qualifiés de « démocraties déficientes » et que seule la Turquie tombe dans la catégorie des pays « hybrides » (entre démocratie et régime autoritaire). En Europe, non seulement nous sommes dans ce « paquet » de démocraties chancelantes, mais en plus, nous nous classons dans les trois derniers, avec Chypre et la Grèce.

Une Belgique à la traîne, même en Europe occidentale.

L’EIU pointe que notre système électoral de représentation proportionnelle et les hauts taux de participation dûs à l’obligation de participation au vote sont excellents (avec une « cote » de 9,58/10). Par contre, la participation politique est elle, avec un résultat de 5/10 au niveau d’un pays au régime hybride, soit la dernière étape avant le régime autoritaire. Que représente cette notion de participation politique ? Nous en trouvons la définition dans un autre rapport de l’EIU « l’état du monde en 2017 »:

Une démocratie saine exige la participation active et librement choisie de citoyen(ne)s dans la vie publique. Les démocraties se développent quand les citoyen(ne)s sont enclin(e)s à participer au débat public, élisent des représentant(e)s et (re)joignent des partis politiques. Sans cette participation forte et engagée, la démocratie se fane et devient le pré-carré de petits groupes sélectifs.

Aujourd’hui, beaucoup de citoyen(ne)s pensent participer à la vie publique en appuyant sur le bouton « like » en dessous du message pré-digéré par Facebook ou Twitter qui leur ressert des opinions similaires à celles qu’ils ont déjà « aimés ». Mais il s’agit là de tout sauf de participation à un débat. Il se forge en chaque internaute une conviction que sa « pensée politique » est celle non pas de la majorité, mais bien de l’universalité, puisque son principal lien avec le monde ne lui envoie sous le couvert d’opinions que son propre reflet.

Les partis populistes ont bien compris l’intérêt de cette situation: éloigner les citoyen(ne)s des grands partis idéologiques traditionnels en insistant sur les privilèges qu’ils se sont indument octroyés lors de leurs participations au pouvoir, provoquer des réactions émotionnelles sur base de discours simplistes (généralement à partir de la transformation de la peur « normale » de l’autre en une haine et un rejet pathologiques du ou de la « politicien(ne) pourri(e) » ou de la ou du « migrant(e) criminel(le) illégal(e) et profiteur/profiteuse ») en créant de la sympathie pour le discours populiste. Là où les partis traditionnels cultivaient ses « militant(e)s » en les faisant participer aux prises de décisions, le parti populiste entretient une armée de « sympathisant(e)s » qu’il peu réactiver à chaque échéance électorale, sans les avoir fait participer à l’élaboration rationnelle d’un vrai projet politique.

Pas de démocratie sans complexité

La réussite d’une société participative, ouverte, accueillante dépend de la capacité des citoyen(ne)s à aborder ensemble la problématique du vivre-ensemble sans passer par de terribles simplifications. Il n’y a rien de plus faux que les déclarations à l’emporte-pièces prétendant que les problèmes peuvent se résoudre avec « cinq minutes de courage ». La convivialité de près de 8 milliards d’êtres humains, d’un demi-milliard d’Européen(ne)s, de onze à douze millions de Belges où même de quelques centaines de milliers de citadin(e)s n’est pas une question « simple ».

Longtemps, le « modèle belge » a été cité en exemple de gestion politique. Cependant, la complexité d’équilibres sans cesse négociés entre « expert(e)s » de la politique dans les salons feutrés d’anciens châteaux, afin de pouvoir apporter un discours de pacification aux « citoyen(ne)s de base » semble être emportée aujourd’hui par un désir de simplification des arbitrages au travers de choix dichotomiques (dans une recherche d’un « bien » absolu contre un « mal » diabolisé).

Ce problème est amplifié par la disparition des frontières naturelles qui séparaient autrefois les cultures. « Les autres » ne nous apparaissent plus comme sujets de documentaires anthropologiques ou « culturels », ni comme hôtes de voyages où le dépaysement était l’objectif et la différence un critère de succès, mais bien comme con-citoyen(ne)s d’un monde où les fleuves, les lacs, les océans et les montagnes qui séparaient les territoires n’arrêtent plus les mouvements de population. Jusqu’au début du XXème siècle les obstacles naturels s’opposaient aux mouvements migratoires de masse en favorisant l’intégration progressive et presque invisible des néo-arrivant(e)s dans des sociétés qui ne connaissaient pas les passeports. Aujourd’hui, seuls ces petits carnets tentent encore de s’opposer à des mouvements que ne peuvent plus arrêter les frontières naturelles…

La Belgique a pendant longtemps tenté de rapprocher le pouvoir des citoyen(ne)s à travers un processus de décentralisation. Beaucoup semblent oublier que le but des différentes réformes de l’état est simplement de permettre à chaque entité fédérée de développer des règles de vivre ensemble plus conformes aux caractéristiques humaines, sociales, économiques, culturelles de chaque région, de chaque communauté. Mais aujourd’hui que ces réformes sont suffisamment avancées que pour permettre à chacun de mettre « à sa main » des législations dont les grandes thématiques sont souvent décidées à un échelon supra-national, nous nous plaignons de ce que des alliances différentes se forment à différents niveaux de pouvoir, développant ainsi des politiques pas toujours cohérentes (voir les débats récents sur les régimes d’allocations familiales). N’est-ce pas là pourtant un exemple du développement de politiques plus proches des citoyen(ne)s (des valeurs qu’elles ou ils partagent et des moyens dont ils ou elles disposent)?

N’est-ce pas paradoxal, dans un Etat dont la législation impose (à mes yeux à raison) à chacun(e) de se prononcer lors des élections (présentées dès lors comme le sommet du temps démocratique), la participation quotidienne à la vie politique soit assez faible que pour être assimilée par une institution extérieure indépendante à celle de pays comme le Paraguay ou le Bangladesh (pour ne citer que ceux-là, eux aussi crédités d’un pauvre 5/10)?

Un culture politique faible

L’autre élément qui reçoit une appréciation faible de l’institut de recherche britannique est la « culture politique ». En reprenant les définitions à la même source, on comprend qu’une culture de passivité et de l’apathie, une population obéissante et docile, ne sont pas consistantes avec la démocratie.

Cette remarque complète bien la précédente. Si l’on tente d’identifier les éléments typiquement « belges » du rapport de l’EIU, on voit bien que ce qui manque, c’est une forme de réappropriation du débat et des enjeux par les citoyen(ne)s. On en revient en fait à ma remarque sur l’absence de débat avec et entre les citoyen(ne)s entre deux périodes électorales. Toujours en nous attachant aux définitions de l’EIU, la culture politique exige l’acceptation par tous du verdict des urnes à la fin d’un processus électoral, et la continuité du débat par la base citoyenne sur la manière dont le pouvoir est exercé. S’attaquer à cette faiblesse de la culture politique est d’abord un processus éducatif. Qui doit nous amener à nous interroger sur la finalité de l’enseignement dispensé aux jeunes comme aux adultes.

L’importance de l’enseignement et de l’éducation permanente

La participation effective (celle qui peut « avoir des effets ») au débat politique ne peut se faire sans une compréhension minimale des enjeux. Il ne faut pas être politologue pour cela. Il suffit de voir les réactions « à chaud » de participants sur certains forums de discussion – en particulier sur les sites de journaux populaires. Plutôt que de toujours critiquer les accroches souvent populistes de la presse de proximité, ne vaudrait-il pas mieux l’aider à injecter dans les débats que suscitent leurs articles une modération éducative ? J’ai toujours trouvé intéressant de passer – lorsque c’est possible – quelques temps sur de tels forums pour répondre aux insultes et injonctions simplistes par des questions que je tente de rendre pédagogiques. Il est intéressant de voir comment – sans changer nécessairement d’opinion – certaines personnes peuvent commencer à accepter l’existence légitime d’un autre point de vue.

J’entends aussi aujourd’hui les débats autour des réformes de l’enseignement pour savoir s’il faut plus ou moins de cours d’histoire et de géographie dans ou hors du cadre d’un enseignement des sciences humaines. Bien que professeur de sciences humaines, je n’ai pas de préférence particulière sur ces choix. Par contre, ce qui me semble indispensable, c’est d’intégrer l’histoire, la géographie, la sociologie, l’économie et l’anthropologie dans les apprentissages de tou(te)s les futur(e)s citoyen(ne)s. Et d’exiger de chaque enseignant(e) l’exécution de sa mission d’éducation à la vie citoyenne, quelle que soit la matière qu’elle ou il enseigne.

Même si le monde d’aujourd’hui est moins violent qu’il ne l’a jamais été, même si régulièrement des pays montent de la catégorie des autocraties ou des systèmes hybrides vers des catégories plus démocratiques, on peut raisonnablement craindre que nos sociétés atteignent aujourd’hui un point « à risque » si nous n’arrivons pas – alors même que nous vivons en des temps apaisés – à donner envie à chaque citoyen(ne) de participer à la vie de la cité. C’est la perte de cette envie, sans doute dans le confort que  nous offrent les acquis de l’histoire, qui contient en elle les graines du populisme qui mène à l’autoritarisme dont nous voyons chaque jour un peu plus pointer le bout du nez…

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Quand notre Premier Ministre part s’instruire aux Etats Unis… http://foucart-dever.net/2018/01/quand-notre-premier-ministre-part-sinstruire-aux-etats-unis/ Fri, 19 Jan 2018 06:30:08 +0000 http://foucart-dever.net/?p=2534 Continuer la lecture de Quand notre Premier Ministre part s’instruire aux Etats Unis…]]> Les échanges d’amabilités qui se sont produits ces derniers jours entre Elio di Rupo et Charles Michel nous en apprennent plus sur la stratégie du Premier Ministre que sur celle du chef actuel de l’opposition socialiste. Et les nouvelles ne sont pas bonnes pour le fonctionnement démocratique de nos institutions. C’est en tous cas mon opinionet je vais la partager avec vous !

Cela fait maintenant trois ans que le gouvernement fédéral travaille à créer de l’emploi, paraît-il. Et le Premier Ministre se réjouit d’en voir des dizaines de milliers créés par les entreprises. Il n’est pas une intervention où il ne place son maintenant fameux « Jobs, Jobs, Jobs » en insistant lourdement et presque comiquement sur le « s » final, pour bien montrer qu’il y en a « beaucoup ».

Il est indéniable que des emplois, il y en a qui se sont créé ces dernières années. Et c’est même exact que nombre de ceux-ci l’ont été grâce à la politique libérale du gouvernement. Ce que le Premier Ministre passe cependant sous silence, c’est la nature exacte de ces emplois. Près de 75% relèvent des flexi-job ou de l’emploi précaire (en intérim, à temps partiel, dans les statuts mal définis de la nouvelle économie dite « collaborative » – les Uber-jobs).

Ce que le Premier Ministre ne dit pas non plus, c’est que ces emplois sont en fait le rapatriement de la précarité. Il crée les conditions pour que les entrepreneurs puissent engager pour une bouchée de pain des travailleurs qu’ils pourront jeter comme des Kleenex à la première occasion. Nous avons un gouvernement qui en arrive à légaliser le travail en noir (à travers la mesure des « 500,00 euros »), et qui force les offices de l’emploi régionaux à menacer d’expulsion du chômage toute personne qui refuse un travail même s’il n’est pas en accord avec ses compétences. Nous avons un Premier Ministre qui s’est mis indirectement au service du VOKA, au point où les premiers représentants de la classe moyenne francophone (le SNI et l’UCM) ne peuvent même plus le soutenir.

Alors, le leader de l’opposition, qui ne dispose plus depuis bientôt trois ans d’aucune des rênes du pouvoir au Fédéral, joue son rôle de critique. Celui qui doit remettre en question la politique si réfléchie du gouvernement fait ce qu’il doit faire. Il analyse les faiblesses du pouvoir en place et en parle avec verve.

D’un côté nous avons un gestionnaire qui suit sa ligne en pleine conscience et se bât pour continuer à engager le pays dans la logique du (n’importe quel) Job, (n’importe quel) Job, (n’importe quel) Job; de l’autre celui qui explique que la politique du gouvernement nous mène vers plus de misère, misère, misère.

Cette attaque n’a pas même été portée au Parlement. Elle l’a été dans le cadre d’une rencontre avec la presse. Mais, mût par on ne sait trop quelle impulsion, le chef du gouvernement a perdu son calme, et comme un enfant vexé de s’être vu remettre à sa place, il a choisi de moquer son adversaire dans le lieu ou il devrait débattre.

Et il le fait sur un mode qui relève de plus en plus de la stratégie de communication de celui qui semble devenir son modèle, Donald J. Trump. Oh, bien entendu, nous sommes encore loin des propos ouvertement racistes et sexistes du président américain, mais par contre, si la forme de la communication est plus adaptée au public belge, la méthode est totalement inspirée de ce que fait le chef de « la plus grande puissance mondiale ». Nous n’avons pas encore droit au slogan « Rendre sa grandeur à la Belgique », mais nous n’en sommes pas loin. Ainsi, notre Pemier Ministre applique parfaitement ce que les analystes d’outre atlantique appellent le « What about-isme ». C’est la technique qui consiste à répondre à une attaque factuelle par une critique de la politique menée en son temps par l’adversaire. C’est ce que fait Charles Michel quand, attaqué sur la précarité de ses fameux « Jobs », il répond par « Misère, misère, misère, Di Rupo parle-t-il de Mons ou de son parti ? ». Où est la réponse sur le fonds ? Qu’en est-il de la précarité des emplois proposés ? Rien, nada, le vide sidéral.

L’autre technique utilisée désormais par le chef du gouvernement fédéral, c’est de lancer comme déclarations absolues des contre-vérités en passant par les réseaux sociaux, un canal où il sait qu’il ne devra pas affronter le fact-checking des journalistes. C’est ainsi qu’il a « répondu » à la vague d’attaque contre son Secrétaire d’état à l’Asile par une « lettre » publiée sur Facebook. Perdant totalement de vue son rôle de chef de l’exécutif qui se doit de rendre des comptes au Parlement et pas aux réseaux sociaux. Charles Michel exprime donc désormais ses émotions au Parlement et explique sa politique sur Facebook. Exactement l’inverse de ce que l’on attend d’un système démocratique qui fonctionnerait sainement.

L’ensemble de la politique de ce gouvernement est inquiétante pour l’avenir de la démocratie en Belgique. Le projet de visites domiciliaires chez les particuliers qui hébergeraient des migrants est une atteinte grave au droit humanitaire, les mesures de rapatriement du Secrétaire d’état à l’Asile relèvent de plus en plus de la maltraitance (enfermement de familles avec enfants, retours forcés vers des terres dangereuses),  la Sécurité Sociale subit un détricotage en règle, nous assistons à une ingérence sans cesse croissante du pouvoir exécutif dans le travail du pouvoir judiciaire, à une minimisation du rôle du pouvoir judiciaire de plus en plus transformé en instance de validation des décisions de l’exécutif. Tout cela relève d’une centralisation du pouvoir. Et tout cela relève d’une stratégie qui pourrait cependant mener à une victoire électorale.

Parce que tout cela est accompagné d’un discours qui réponds aux attentes d’une population de plus en plus précarisée. D’un côté, le gouvernement dérégule l’économie ce qui rend chaque « Job » un peu plus « misérable », d’un autre côté, il rejette la faute de la précarité sur les migrants, créant ainsi un groupe bouc-émissaire qui n’a aucun moyen de défense. Et pour faire bon compte, il « agit » contre le bouc-émissaire au lieu d’agir contre la précarité. Et, bien qu’il soit au pouvoir depuis maintenant plus de trois ans, il continue à faire reposer ses échecs sur les épaules de ceux qui l’ont précédé.

Tout cela, c’est aussi ce qui se passe outre-Atlantique, et c’est ce que Charles Michel semble avoir bien compris.

En tout cas, c’est mon opinion… et je suis heureux de l’avoir partagée avec vous !

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Les propos contradictoires du patron de la N-VA au fédéral… http://foucart-dever.net/2018/01/les-propos-contradictoires-du-patron-de-la-n-va-au-federal/ Sat, 06 Jan 2018 06:27:14 +0000 http://foucart-dever.net/?p=2528 Continuer la lecture de Les propos contradictoires du patron de la N-VA au fédéral…]]> Je viens de lire en détail l’interview de Peter De Roover dans @lesoir de ce week-end. Si le commentaire général du journal parle d’un point de vue dépassionné, il est en tout cas très clair qu’il montre bien la route que veut tracer le parti nationaliste flamand. C’est mon opinion, et je vais la partager avec vous…

Dès la première question, le problème migratoire est posé en termes communautaires. « Tout le monde sur cette terre souhaite que chacun sur cette terre ait un toit, qui ne soit pas menacé par la guerre, par exemple. Mais il y a d’un autre côté une autre valeur morale: il faut veiller a ce que notre société, qui a un niveau élevé de protection sociale, puisse conserver cette protection. » Vient ensuite le refrain sur « toute la misère du monde » que nous ne pouvons accueillir. Combien de fois faudra-t-il enfoncer le clou du « fact checking » pour expliquer que si l’Allemagne a ouvert ses frontières, ce n’est pas par bonté d’âme uniquement, mais avant tout pour sauver son système de sécurité sociale ? Si ce fait n’est pas perçu au premier abord par le citoyen, c’est parce qu’il faut le lui expliquer. Expliquer l’impact de la démographie sur la sécurité sociale, cela ne se fait pas en 3 minutes à la TV. Mais c’est la mission pédagogique d’un gouvernement…

La deuxième ligne d’intervention de De Roover, c’est de critiquer la politique des gouvernements précédents: « Mais la politique d’asile menée par les précédents gouvernement a conduit ou, en tout cas, risque de conduire à une déstabilisation de la société. C’est notre point de vue. » Voilà une phrase qui relève de la perversion logique absolue. Elle commence par l’affirmation d’une chose qui existe puisqu’elle est exprimée au passé composé « la politique… a conduit… » (donc, cela s’est bien passé), immédiatement suivie, d’une « nuance » au présent (temps qui marque l’incertitude) « ou… risque de conduire ». Dans la même phrase sont dites une chose et son contraire (une chose qui risque de se produire ne s’est pas définition pas encore produite !). Et si une politique « risque de conduire » à une déstabilisation de la société, est-ce celle d’un gouvernement qui n’est plus au commande depuis maintenant trois ans ? Ou celle du gouvernement qui est en place aujourd’hui, avec la N-VA aux commandes ?

C’est dans la suite de l’entretien que le leader nationaliste tente de se montrer « raisonnable » et capable de prendre de la hauteur. « Nous n’allons pas dire que ce sont des gens biens contre des gens qui ne le sont pas. [la politique du gouvernement] est un combat pour un bon équilibre dans, par exemple, le maintien de la sécurité ou le fait de maintenir le sentiment, oui, d’être chez soi à l’intérieur de nos frontières ». Même technique oratoire qui consiste à crier bien fort une contre-vérité, et d’affirmer mezzo voce la nuance qui contredit ce que l’on vient d’entendre. D’abord, une affirmation péremptoire, qui a l’air d’une sentence philosophique, et qui n’a aucun fondement logique: un équilibre doit se faire entre plusieurs choses. Ici, le patron de la N-VA au fédéral nous parle d’un équilibre « dans », et non « entre ». Un équilibre intérieur, ça veut dire quoi ? On peut par contre en déduire que le maintien de la sécurité revient à « maintenir le sentiment que l’on est chez soi à l’intérieur des frontières », ce qui est la définition même du repli sur soi. La N-VA est en effet bien le parti de ces 35 pour cents de flamands qui ne sont (presque) jamais venus à Bruxelles (et je compte là dedans ceux qui prennent le train ou leur voiture, viennent embouteiller et travailler à Bruxelles pendant la journée et rentre le plus vite possible chez eux une fois leur journée terminée), mais qui sont parfaitement capables de déclarer que c’est une ville dangereuse, traversée par un nombre incalculable de zones de non-droit, nourris par les images de quelques échauffourées détestables mais qui se produisent tout autant lors des Gentse feesten ou dans le centre de l’Antwerpen de Bart de Wever.

L’étape suivante dans le raisonnement de De Roover est de convoqué une personnalité de la « gauche historique » pour défendre Theo Francken. Réduire l’interview de Louis Tobback dans Knack à une déclaration qu’à la place de Francken, Tobback aurait « fait en gros la même chose », c’est oublier un paragraphe central de l’interview: « Cet accord avec les Soudanais dépasse l’entendement, non ? Ce qui serait vraiment étonnant, c’est qu’on ne torture personne à Khartoum. Et je me moque que les gouvernements français et allemand aient déjà un accord. A présent, le gouvernement belge souhaite étudier ce qui s’est exactement passé au Soudan. Mais nous n’avons même pas d’ambassade à Khartoum! Ecrivez donc (rire cynique) que la Sûreté d’état a probablement envoyé un de ses meilleurs agents au Soudan pour constater sur place si on torture dans les prisons. Il sera plus difficile de savoir s’il y a eu des morts. Les morts ne viennent pas témoigner, et les Soudanais ne nous donneront pas l’adresse de l’endroit où ils font disparaître leurs prisonniers. » Il faut avouer que pour trouver ce paragraphe, il fallait lire l’article, et ne pas se contenter du titre de la Dernière Heure…

C’était mon opinion, et je suis heureux de l’avoir partagée avec vous !

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Acheter un diplôme de médecin, une conséquence du numerus clausus… http://foucart-dever.net/2018/01/acheter-un-diplome-de-medecin-une-consequence-du-numerus-clausus/ Thu, 04 Jan 2018 15:52:26 +0000 http://foucart-dever.net/?p=2517 Continuer la lecture de Acheter un diplôme de médecin, une conséquence du numerus clausus…]]>
Le numerus clausus en médecine est revenu au devant de la scène avec cet article du Soir sur la cinquantaine de jeunes belges partis étudier la médecine en Roumanie. Ce que le quotidien ne dit pas, c’est que ce phénomène va se traduire d’une manière ou d’une autre par une perte de la qualité des soins dans notre pays. C’est mon opinion du jour… et je la partage.
 
Que nous dit l’article en question ? Des étudiants belges, ayant raté à une ou plusieurs reprises soit l’examen d’entrée, soit certaines épreuves de 1er bac médecine, se dirigent vers des universités roumaines et y réussissent soudainement avec des cotes frôlant la perfection. Dans quelques années, brandissant leur diplôme « équivalent », ils viendront exercer en Belgique et y recevront sans aucun problème de quota leur numéro INAMI… Alors que leurs copines et leurs copains qui auront choisi de se former en Belgique, auront vécu un parcours du combattant pour avoir accès à la profession en raison du fameux numerus clausus ?
 
Les points qui m’inquiètent dans cette présentation sont nombreux.
 
Le plus important pour moi est celui de la qualité de la formation des médecins qui arriveront de ce parcours « alternatif ». Les jeunes interviewés par le journaliste sont sans doutes touchants lorsqu’ils expriment combien ils désirent devenir médecin, quelle vocation cela représente pour eux. Ils sont beaucoup moins crédibles lorsqu’ils expliquent qu’il n’est pas normal de se faire refuser l’accès à des études de médecine en raison d’un échec en mathématique… A première vue, on peut se demander en effet ce que vient faire la trigonométrie dans des études médicales. Mais on pourrait tout autant se poser la question pour n’importe quelle année de l’enseignement secondaire. Quelles sont les professions qui doivent savoir exécuter des opérations mathématiques plus complexes que les 4 opérations de base ?
 
Ce serait oublier que la plupart de ces disciplines (et les mathématiques en particulier) ne sont pas enseignées en raison de leur lien direct avec l’activité professionnelle projetée, mais parce qu’elles contribuent à la formation d’un esprit analytique et critique capable d’aborder des situations inédites avec une intelligence qui ne soit pas qu’émotionnelle. Je n’apprécierais pas de me faire soigner par un médecin dont la capacité de raisonnement formelle soit mise en échec par un problème simple. Où par quelqu’un qui n’est pas capable d’interpréter un rapport d’analyse médicale autrement que par comparaison avec une table étudiée de mémoire. Si la médecine est souvent histoire de plomberie, je ne confierais pas mes intestins à un plombier (ni l’installation de mon chauffage central à un médecin, mais là, nous sortons du sujet). A mes yeux, un médecin qui ne disposerait pas d’un bagage minimum en logique, en psychologie ou en philosophie pourrait sans doute avantageusement être remplacé par un robot doué d’une intelligence artificielle à la pointe de ce qui se fait aujourd’hui.
 
On peut de plus questionner respectueusement l’offre qui est faite à nos candidats médecins partis en Roumanie. En étant un tout petit peu caricatural, je constate ceci:
– la Roumanie a mis sur pied des cursus universitaires dans une langue autre que le Roumain (le Français en l’occurence) pour l’apprentissage de professions à vocation généralement locale (comme la médecine)
– alors que le prix de la formation en Belgique est de 900 euros par an, et que ce prix est largement subsidié par l’Etat Belge, la Roumanie lance des formations facturées 5000 euros par an pour un étudiant venant de Belgique. Si ce prix est important pour beaucoup de candidats médecins issus des classes moyennes ou défavorisées belges, il ne représente pas une barrière infranchissable en comparaison de ceux qui sont pratiqués par d’autres pays à la réputation universitaire supérieure (Angleterre, Allemagne, France, Etats-Unis…)
– des étudiants « recalés » lors d’examens en Belgique obtiennent des résultats de l’ordre de la « perfection » (soit 20/20) lorsqu’ils passent ces épreuves à Timissoara.
 
Il me semble qu’il vaudrait la peine d’examiner en détail une telle situation car elle crée une discrimination tant pour les candidats médecins que pour leurs patients futurs:
– un étudiant disposant de moyens financiers significatifs peut aller étudier en Roumanie, même si ses résultats sont insuffisants selon les critères belges;
– une fois diplômé, cet étudiant obtiendra d’office un numéro INAMI lui permettant d’exercer la médecine en Belgique, alors que d’autres jeunes qui auraient éventuellement « moins raté » que lui lors de son examen d’entrée en Belgique n’aura pas eu accès à sa profession de choix;
– on peut donc dire que c’est la capacité financière de l’étudiant qui va déterminer ses chances d’obtenir un diplôme de médecine lui permettant d’exercer en Belgique.
– le patient va lui se retrouver confronter à une cohorte médicale qui comprendra désormais des diplômés ayant reçus leurs titres sur bases de critères qui ne sont pas contrôlés par l’Etat Belge, puisque ce sont les normes d’équivalence européennes qui permettront aux « médecins belge diplômés roumains » d’exercer. Et si les soupçons que je relevais se révèlent exact, ce sera pour être soigné par des personnes qui n’ont pas le même niveau de formation que celui qu’aurait un diplômé sorti d’une faculté belge.
 
Je suis un combattant inconditionnel de la liberté de circulation pour tous. A ce titre, je me refuse à dire « nos SDF » ou « nos médecins » d’abord ! Ce que je veux dire ici, c’est que quelle que soit son origine, c’est la qualité du travail que produit le médecin qui m’intéresse. Tout le monde est le bienvenu pour vivre et travailler en Belgique, à condition de respecter les normes civiles en vigueur. En l’occurence, un certain nombre de seuils de compétences requis pour être médecin.
 
Il me semble donc indigne d’un état comme le nôtre de décréter que celui qui dispose de moyens financiers suffisant peut aller « acheter » un diplôme de médecin dans un système dont nous n’avons pas le contrôle de la qualité alors que son homologue moins favorisé ne pourra accéder à la même formation ici en raison d’un échec dans une branche sur lequel son concurrent fortuné n’aura pas du concourir.
 
C’est mon opinion… et je suis heureux de l’avoir partagée avec vous.
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La vision très personnelle de la démocratie selon @CharlesMichel http://foucart-dever.net/2018/01/la-vision-tres-personnelle-de-la-democratie-selon-charlesmichel/ Tue, 02 Jan 2018 21:59:59 +0000 http://foucart-dever.net/?p=2515 Continuer la lecture de La vision très personnelle de la démocratie selon @CharlesMichel]]> @CharlesMichel, notre Premier Ministre, a décidé de s’exprimer à propos de la « crise des migrants » et de la manière dont son gouvernement traite ce dossier. Enfin, aurais-je tendance à dire. Sauf que…Sauf que Monsieur Michel a choisi de s’exprimer par un canal qui n’est pas celui qui devrait être le sien dans un débat démocratique. Il semble oublier qu’il est Premier Ministre, la personne qui doit être avant toute autre au service de ceux qui sont en charge de le contrôler, lui et son gouvernement, c’est à dire le Parlement. Faut il rappeler qu’aux yeux de la Constitution, un Premier Ministre n’est pas un élu, mais bien un homme désigné par les élus pour exécuter leurs volontés ?

En « s’expliquant » sur les réseaux sociaux, il ne fait pas son devoir, il commet même une erreur sinon une faute. Les réseaux sociaux sont les lieux de l’expression libre, et un Premier Ministre n’est et ne peut être libre. Il doit pouvoir répondre de chacune de ses paroles, de chacun de ses actes. Et pour pouvoir répondre, il faut que des questions puisse lui être posées.

Et ce n’est pas sur Facebook ou sur Twitter que l’on pose des questions à un Premier Ministre sur la politique de son gouvernement. Ce serait beaucoup trop facile. Un homme, sensé être au service de sa population, entouré d’experts (en communication et on l’espère aussi du contenu) peut construire sans contradiction sérieuse un discours principalement communicationnel, le diffuser à un public qui pourra se contenter soit de « liker », soit d’exprimer émotionnellement son approbation ou sa désapprobation. Il pourra ainsi se plaindre des insultes qu’il ne manquera pas de recevoir. Il pourra même faire celui qui est « touché » par tout ce qui se dira de lui. Il choisira peut-être, comme son mentor anversois de verser une larmichette, ou de poursuivre en justice l’un ou l’autre délateur qui aura été trop loin dans les propos injurieux ou menaçants. Bref, en « s’expliquant » sur un lieu ou l’on « s’exprime », il verse en plein dans le populisme le plus déplorable.

Alors que si Monsieur le Premier Ministre avait respecté le prescrit constitutionnel, il s’adresserait à ceux qui sont en charge de le contrôler. Mais on l’a vu ces dernières semaines: quand les parlementaires exigent (et c’est leur droit et leur devoir) d’entendre le Premier Ministre, il lui faut plusieurs jours pour s’extraire de son concours de selfies parisiens pour répondre. Au Parlement, confronté à une opposition qui dispose de moyens pour s’informer et se documenter, il doit répondre de ses actes, et non simplement raconter sa version de l’histoire.

En choisissant Facebook au lieu du Parlement pour s’exprimer sur un thème aussi grave, il devient l’alter ego d’un Trump, s’autorisant à faire de ses réalités LA réalité, alignant vraies infos et fake news. N’hésitant d’ailleurs pas à donner à la presse du « fake news » à peine déguisé sous un voile de politesse.

La démocratie telle que nous l’avons connue est en train de mourir. Ce qui nous arrive aujourd’hui ressemble de plus en plus à un spectacle où les mandataires (ceux qui obéissent aux ordres logiquement contradictoires de la diversité de leurs mandants) cèdent la place aux acteurs (ceux qui jouent un rôle écrit par un auteur au dessein unique). Les noms des fonctions restent les mêmes, mais si l’on ne ferait pas autrement si l’on voulait discréditer le système politique qui a nous a permis de vivre depuis près de quarante ans dans un monde plus pacifique qu’il n’avait jamais été.

A ce petit jeu, les élus de 2019 pourront encore faire un petit tour au Parlement pour voter la « confiance » ou la « méfiance » à une coalition qui aura construit son programme sur les émotions et les peurs entretenues sur Facebook. Ensuite, ils assisteront sans pouvoir jamais le contester à l’exercice d’un pouvoir qui aura beau jeu de s’exercer en se justifiant à coup de mensonges, d’omissions et d’émotions. Espérons qu’il restera encore des élus de 2024 et de 2029…

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Démocratie, ce que la crise catalane nous en dit… et un peu plus http://foucart-dever.net/2017/11/democratie-ce-que-la-crise-catalane-nous-en-dit-et-un-peu-plus/ Wed, 08 Nov 2017 20:45:32 +0000 http://foucart-dever.net/?p=2493 Continuer la lecture de Démocratie, ce que la crise catalane nous en dit… et un peu plus]]> J’entends de plus en plus dire que le refus de l’autonomie Catalane est un déni de démocratie par le gouvernement espagnol. Même si le comportement du premier ministre madrilène relève d’un machisme primaire mâtiné de droite rétrograde, ce  n’est cependant pas le cas…

Préambule

Dans cet article, je vais utiliser à plusieurs reprises le mot « mythe ». Il ne faut pas l’entendre dans le sens négatif qui lui est souvent donné aujourd’hui, mais bien dans son sens premier: une ensemble de croyances qui permettent de structurer et d’organiser un groupe social de grande taille. Une religion est un mythe, un modèle politique est un mythe. Ce n’est ni bien, ni mal. C’est juste purement conceptuel, partagé par un grand nombre de personnes, totalement subjectif fortement structurant, éminemment relationnel.

La Catalogne est une région autonome dans un pays qui s’est transformé au cours du XX ème siècle en une monarchie constitutionnelle dotée d’un parlement élu au suffrage universel. Si la notion de monarchie n’est plus très en vogue, le parlementarisme associé au suffrage universel reste une des expressions les plus communément admises de ce que l’on appelle la démocratie, si l’on y assortit une séparation claire entre pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.

Tous les Etats se réclamant d’un système similaire (et singulièrement la Belgique) connaissent des situations dans lesquelles l’indépendance de la justice par rapport au pouvoir exécutif est régulièrement secouée. Je suppose qu’il en est de même en Espagne et suis donc loin de donner un blanc seing à Mr Rajoy sur ce sujet. Mais ce qui se passe aujourd’hui en Espagne, que l’on aime cela ou pas (je le répète, je suis du côté de ceux qui trouvent la méthode de Mr Rajoy stupide) reste parfaitement légal. La constitution espagnole prévoit comment son système d’Autonomies fonctionne. Ce système est inscrit dans la Constitution et les lois sur les Autonomies. C’est le système dans lequel toute l’Espagne s’est engagée par ses processus électoraux jusqu’à aujourd’hui. C’est lui qui définit le rôle du gouvernement central de Madrid, les limites et la liberté d’action des gouvernements régionaux.

En voulant faire avancer leur projet d’indépendance par des voies qui ne respectent pas la Constitution espagnole, les indépendantistes catalans ne respectent pas la règle du jeu démocratique auquel ils participent. Si la démocratie politique c’est de dire que quand une majorité des gens d’un territoire donné décide de sortir de l’autorité supra-territoriale pour se déclarer indépendante, elle commet un acte légal, alors chacun d’entre nous, en famille, dans sa maison, son appartement, peut organiser librement un vote de tous les adultes présents en âge électoral (par exemple mon épouse et moi dans ma maison) pour décréter que désormais nous formons un état indépendant, que nous refusons donc de payer les taxes qui nous sont imposées par l’occupant bruxellois (commune), bruxellois (région), bruxellois (Etat Belge) et bruxellois (Europe)… tout en ne m’empêchant pas de déposer mes sacs poubelles sur le trottoir de mon voisin le jour du ramassage…

En fait, la situation catalane est encore moins « légale » que celle que je viens de décrire, car sur le territoire qui se veut indépendant, il n’existe pas de majorité déclarée pour cette indépendance. Cette majorité existerait-elle, elle n’a aucun droit de s’autoproclamer indépendante sans passer par les processus prévus par la Constitution espagnole. Observons d’ailleurs que si une majorité existait en Espagne pour accorder dans les formes requises par la Constitution espagnole (c’est à dire dans le respect de la règle qui s’impose à TOUS les membres actuels de la communauté espagnole) l’indépendance réclamée par une partie de cette communauté, on ne voit pas pourquoi elle aurait besoin de tenter de passer en force.

Dans la situation espagnole, la Constitutionnalité et la légalité sont me semble-t-il dans un camp et un seul – celui de l’Etat Espagnol. Le malheur de l’Espagne, c’est d’être aujourd’hui gérée par un gouvernement dont le comportement est dicté par des méthodes aussi autoritaires que la loi le lui permet. C’est ce qui mène à cette situation absolument stupide où ce qui aurait du être une non-affaire devient une perte de crédibilité à l’échelle internationale. Je ne comprends pas comment Mr Rajoy n’a pas simplement choisi de laisser « pisser le mouton ». Laisser les Catalans organiser entre eux leur « référendum », et répondre simplement en disant: c’est bien, vous avez fait un sondage – parce que c’est la seule valeur juridique de l’acte que vous avez posé. Vous avez votre résultat. Il vous reste à l’utiliser dans le respect de la Constitution pour persuader l’ensemble du peuple espagnol que toute l’Espagne bénéficiera de votre préférence. Sinon, il vous faudra attendre que cela change… Quand on voit la vitesse avec laquelle le « héros » Puigdemont s’est encouru vers la Belgique pour pleurer entre les bras de la N-VA au lieu de tester le confort des geôles madrilènes, on comprend que la guerre d’indépendance catalane n’est pas encore déclarée…

Ce que cette histoire nous raconte sur la démocratie

Il y a cependant une autre leçon à retirer de cette histoire. La démocratie n’est qu’un mythe. Elle n’a pas plus de valeur réelle que n’importe quelle autre forme de gouvernement. Aujourd’hui elle m’apparaît comme la moins mauvaise d’entre elles, mais elle n’existe comme telle que parce que à un moment donné, elle représente le meilleur plus petit commun dénominateur des formes de pouvoir acceptable sur le territoire où elle s’installe. Quand les « démocrates » parlent entre eux des actes à poser pour le bien-être des autres, ils constatent leurs désaccords. Mais entre ceux qui seraient partisans d’un partage total des moyens pour répondre aux besoins de tous à ceux qui veulent favoriser le mérite de valeurs comme le travail, la richesse, le capital, il reste un point commun: nous avons tout à perdre à nous entre-tuer et c’est ce qui arrivera si certains d’entre nous tentent d’imposer leurs idéaux par la force. Voilà le mythe commun qui anime les démocraties: trouver un mécanisme de bavardage équitable qui rendent les inégalités acceptables par tous.

D’autre peuples vivent sur d’autres mythes. Certains considèrent qu’il vaut mieux confier l’organisation de la communauté à un groupe restreint. D’autres estiment pouvoir utiliser leur force pour imposer leurs idéaux à leurs pairs. D’autres réfléchissent aux nouvelles formes que pourrait prendre la cogestion de nos communautés. Car c’est bien de cela qu’il s’agit: comment nos communautés (au sens d’ensembles d’humains de plus en plus hétéroclites vivant sur des territoires de moins en moins délimités) vont-elles construire leur(s) avenir(s) ?

La démocratie à la merci de la disparition des territoires

Ce qui caractérise la paix générale relative dont bénéficie notre planète, c’est sa capacité à éviter autant que possible les ingérences massives de peuples vivant sous un mythe de gouvernance sur le territoire d’autres peuples qui vivent eux sous un mythe de gouvernance différent. C’est typiquement ce qui marquait les grands conflits du milieu du XX ème siècle quand des peuples vivant sous un modèle fortement autoritaire tentaient d’occuper les territoires de peuples en train de consolider leur modèle démocrate. C’est ce qui fait que nous connaissons aujourd’hui principalement deux types de conflits de nature militaire: des  conflits qui se limitent à des revendications frontalières d’une part et des conflits portant sur des mythes supra-nationaux (en particulier religieux). Si les premiers (qui vont des revendications relativement pacifistes des nationalistes flamandes ou catalans aux guérillas sanglantes des autonomistes kurdes) risquent de perdurer aussi longtemps que les frontières existeront, les seconds (typiques du terrorisme de type idéologique ou religieux) questionnent plus directement encore notre vivre ensemble.

Ce que nous ont apporté les technologies de la mobilité (réelle ou virtuelle) c’est la disparition des frontières naturelles. Les peuples situés autrefois sur les deux rives d’un même fleuve, les deux flancs d’une même montagne, les deux rivages d’un même océan pouvaient vivre des mythes politiques, religieux, culturels totalement différents en se contentant de commercer entre eux. Ce n’est aujourd’hui plus possible. Chacun peut voir non pas comment l’on vit chez l’autre (avec les aspects positifs et négatifs de ce mode de vie) mais comment l’autre voudrait que l’on voit la vie chez lui, que ce soit en bien ou en mal. Chacun voit la caricature du mythe de l’autre et se construit une peur de l’étrangeté de celui-ci à travers ce mythe déformé.

C’est ainsi que pour nombre de mes concitoyens, tout barbu bronzé devient Nord-Africain, tout Nord-Africain devient Musulman, tout Musulman devient Salafiste et tout Salafiste est un terroriste potentiel échappant aux horreurs de son pays (perpétré par d’autres « terroristes Salafistes » mais cette contradiction ne gène personne) pour venir à la fois profiter de nos Etats-providence et en provoquer la perte en se faisant exploser dans nos églises, nos supermarchés, nos salles de concerts, nos aéroports, nos ramblas et nos métros… comprenne qui poura !

Les limites de la démocratie ?

Je mets volontairement un point d’interrogation à la fin de ce titre. Que personne ne pense que je veux sortir du mythe collectif dans lequel nous vivons aujourd’hui en Europe occidentale.

Le temps me semble pourtant venu de s’interroger sur l’avenir de ce mythe. La démocratie semble n’avoir pu se développer jusqu’ici que dans l’ombre d’un mythe bien plus structurant: celui du « social-libéralisme » qui n’a aucune honte à se transformer de plus en plus en « libéralisme radical ».  On voit bien aujourd’hui que les questions qui dominent les débats humains sont ceux en rapport avec la question de la répartition des richesses.

Les premiers temps de la démocratie ont été marqués par la montée au pouvoir des forces représentatives des classes laborieuses. En acceptant d’être catégorisées comme telles, en s’organisant autour de la notion même de classe laborieuse, elles ont sans le savoir creusé le fossé dans lequel elles risquent de tomber aujourd’hui. Car il faut constater que c’est un autre mythe qui dirige aujourd’hui notre vivre-ensemble: celui qui voudrait que l’humain ne peut exister que par sa fortune ou son travail. N’est-il pas étrange qu’il soit possible aujourd’hui de vivre en oisif si l’on dispose d’une fortune engrangée par le travail de ceux qui l’ont précédé, et cela sans jamais être inquiété, que l’on ne trouve même que simplement « injuste », voire « indécent » le fait de refuser d’abandonner la part de cette fortune désignée comme « collectivisable » par la communauté (cela s’appelle la fiscalité), mais que l’on condamne  ceux qui ne peuvent se livrer à une activité rémunérée motivante (moralement ou matériellement) à vivre de plus dans la précarité ?

Le piège dans lequel sont tombés les conquérants de la démocratie, c’est d’avoir accepté en échange de celle-ci la stratification de la société entre ceux qui travaillent et ceux qui jouissent d’un patrimoine hérité. On peut se demander si ce qui est aujourd’hui présenté comme la plus grande conquête du monde syndical, la « Sécurité Sociale » n’a pas été construite, ingéniée, dessinée dans le seul but de mettre la valeur travail sur le même plan que la fortune amassée. Ce n’est pas pour rien que l’on parle pudiquement de « capital humain ». Si les droits à des soins médicaux (l’assurance maladie-invalidité) et à une vie digne pour les enfants (les allocations familiales et droits associés) sont bien un acquis universel, pourquoi avoir créé des mécanismes qui conditionnent toutes les formes de revenus garantis (accidents du travail, maladies professionnelles, absence/perte d’emploi, vieillesse définie comme incapacité chronique à travailler en raison de l’âge ou  survie) à l’exercice à un moment donné de la vie d’une profession rémunérée ? Celui qui possède une fortune personnelle parce que ses ancêtres l’ont acquise se retrouve à l’abri des risques de la vie, celui qui n’a pas cette chance n’a d’autre option que de mettre sa vie au service des autres en échange de moyens de survie…

A l’heure où les progrès technologiques ne peuvent que diminuer les possibilités de s’adonner à des activités à la fois émotionnellement motivantes et rémunératrices, une telle logique ne peut que créer de plus en plus de laissés pour compte.

Que vient alors faire la démocratie dans tout cela ? En tant que système politique, la démocratie a aujourd’hui été instrumentalisée par ceux qui bénéficient le plus du système économique qui la sous-tend: aussi longtemps que c’est le travail qui apporte la rémunération, il y aura de bonnes raisons de défendre l’industrie de l’armement qui pourtant sème la mort et la détresse (notre Wallonie ne le sait que trop bien); aussi longtemps que c’est le travail qui est au centre du système de survie, il y aura de bonnes raisons pour justifier l’extraction d’énergie fossile hautement poluante  et mortifère (les mineurs américains l’ont bien compris en soutenant Donald J. Trump)… les exemples peuvent se multiplier à l’infini d’activités que la morale et l’écologie réprouvent et qui pourtant doivent être « maintenues » du simple fait qu’elles apportent du travail…

D’autres solutions existent. De nombreuses études sociales et économiques proposent de manière de plus en plus pertinente les alternatives, en particulier les propositions relatives au revenu universel. Déraciner le travail comme fondement moral de notre société, c’est évidemment effacer la phrase fondatrice de notre société « à la sueur de ton front tu mangeras du pain« . C’est tenter de lui redonner un sens moral détaché de la notion de travail-souffrance.

Bien sur, nous semblons maintenant bien loin de notre sujet de départ. En quoi la situation en Espagne est-elle liée à l’évolution de l’éthique du travail ? La réponse est pourtant assez simple. La problématique des indépendances nationales est intimement liée au sentiment pour les peuples que plus de repli sur soi apportera plus de sécurité financière, en évitant de devoir partager le travail avec d’autres. Or c’est exactement l’inverse qui se produit. Le repli sur soi nationaliste, c’est avant tout la recherche du renforcement du « chacun pour soi selon son mérite » qui nous mène à des écarts de plus en plus élevés entre nantis et précaires, et à un accroissement inquiétant de la part de cette dernière population. Quand la Catalogne n’aura plus que son drapeau pour essuyer les larmes des pertes d’emplois dues à l’isolement sur des marchés extérieurs devenus hostiles, il  ne restera plus grand chose d’autre que la violence du désespoir à exploiter. Et l’histoire n’a cessé de nous montrer que cette violence ne pouvait que se retourner contre ceux qu’elle espérait sauver.

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C’est tellement agréable de frapper un inconnu lorsqu’il est déjà à terre… http://foucart-dever.net/2017/10/cest-tellement-agreable-de-frapper-un-inconnu-lorsquil-est-deja-a-terre/ Sat, 07 Oct 2017 09:16:46 +0000 http://foucart-dever.net/?p=2483 Continuer la lecture de C’est tellement agréable de frapper un inconnu lorsqu’il est déjà à terre…]]> L’annonce du licenciement de nombreux travailleurs de la rédaction de RTL-Tvi a provoqué sur les réseaux sociaux un nombre impressionnant de commentaires sarcastiques ne tenant aucun compte de l’aspect humain de ces décisions.

« Ah, il y avait vraiment 30 journalistes à RTL ? » est une version encore très soft de ce que j’ai pu lire.

Je ne travaille pas à RTL. Je ne regarde pas RTL, ayant renoncé à la télévision par câble il y a plusieurs années déjà. Je trouve moi aussi que la qualité générale des programmes proposés par cette chaîne (mais finalement par la plupart des programmes de télévision depuis que le critère de l’audience publicitaire a remplacé celui de la qualité du contenu) est très faible. Mais en quoi cela justifie-t-il de se moquer des drames qui se jouent dans les familles touchées.

Ceux qui se moquent aujourd’hui des journalistes, cameramen, preneurs de son, et autres techniciens qui vont demain se retrouver sans emploi, que disaient-ils lorsque ING annonçait le licenciement de milliers de collaborateurs ? Quand Caterpilar ferme un site avec 4000 travailleurs ? Quand la FN de Herstal se restructure pour la Xème fois ?

Pourtant, votre banquier ING ne vous proposait-il pas tous les mois « le placement idéal » qui comportait une dose non négligeable de titres Monsanto, Total, Boeing ou Dassault, tous grands porteurs de mort dans les champs qu’ils soient de culture, de pétrole ou de bataille ? Les bulldozers et les camions de Caterpilar ne défrichent-ils pas les forêts amazoniennes et orientales, mettant en péril la capacité à respirer de toute la planète ? Les fusils de la FN ne se retrouvent-ils pas dans les mains d’innocents forcés à tuer d’autres innocents pour des raisons qui restent incompréhensibles aux uns comme aux autres (sauf aux vendeurs bien entendu…) ?

Alors, sur l’échelle des crimes humains, où se situent les pigistes ou les journalistes d’actualité ou d’investigation, les caméramen et les techniciens de RTL ? Ils nous montrent souvent la médiocrité du quotidien dans laquelle nous nous enfermons. Celle de nos voisins, et donc la nôtre. Ils nous renvoient une image qui nous dérange parce que, quoi que nous disions, nous n’avons peut-être pas fait grand chose pour que cela change.

Peut-être cette agressivité vient-elle du fait que les travailleurs de l’audio-visuel ont une caractéristique que nous pourrions leur jalouser: ils ont le devoir et le droit d’approcher les icônes de notre monde. Leur métier les oblige à questionner les puissants et les célèbres, tout autant que les monstres, les victimes et les faibles. Alors, nous leurs imaginons des salaires et des avantages en nature mirobolants qui n’existent souvent que dans nos fantasmes. Si l’on veut critiquer valablement, il faut d’abord établir les faits qui fonderont la critique.

Quand nous aurons disqualifié toutes les femmes et tous les hommes politiques comme des sal(auds/opes) des profiteu(rs/ses) ou des pourri(e)s, tou(te)s les journalistes comme des populistes et des incompétent(e)s, et que dans le même temps nous aurons persuadé chacun soit de rester chez lui les jours d’élections, soit de voter pour des listes aux programmes construits à coups de « yaka » et de « faukon », faudra-t-il s’étonner que la moindre critique vaudra alors sanction, sans que plus personne ne soit là pour lever un petit doigt ?

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Le nouveau Calais est déjà là… http://foucart-dever.net/2017/09/le-nouveau-calais-est-deja-la/ Sat, 30 Sep 2017 20:30:00 +0000 http://foucart-dever.net/?p=2475 Continuer la lecture de Le nouveau Calais est déjà là…]]> Et c’est à la politique de nos gouvernements (fédéraux et régionaux) que l’on doit sa création…

Je peux comprendre la crainte d’une population vivant dans le confort relatif de notre occident (où le seuil de pauvreté équivaut à trente fois le niveau de pauvreté absolue dans lequel baignent d’immenses populations d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud) de voir arriver de nombreuses personnes fuyant l’une ou l’autre forme de misère dans leur pays. Je peux entendre la demande de ceux qui ont peur de voir le confort de leur vie mis à mal par la confrontation avec des femmes et des hommes de cultures différentes de la leur.

Je peux moi aussi être interpellé lorsque je croise dans la rue des gens différents de moi. Toute notre société se construit autour de ce phénomène particulier : cachons tout ce qui ne représente pas notre image idéale du consommateur. Dans les homes, les vieux qui perdent un peu le nord et ne comprennent rien à l’internet et aux réseaux sociaux… Dans des centres spécialisés les handicapés aux comportements « bizarres »… Hors de nos rues les SDF… Dans des centres de ré-éducation les toxico-dépendants… Dans leurs quartiers, ces femmes et ces hommes dont la couleur de la peau, des cheveux ou la coupe des vêtements n’est pas conforme à la couverture de nos magazines de mode.

Alors, ces gens qui nous arrivent par bateaux entiers des rives de la Méditerranée, nous n’en voulons pas. Ils nous font peur. Nous ne voyons pas en eux de futurs voisins, nous n’entendons pas que ce qu’ils désirent c’est vivre comme nous, travailler, consommer, se cultiver et vaincre la peur qu’ils peuvent avoir… de nous ! Et quand un homme politique nous dit : « il y en a de trop, ils sont illégaux donc criminels, il faut les renvoyer chez eux ! » nous le croyons, parce que c’est la chose la plus simple, la plus rassurante à faire. Sauf que bien rares sont ceux parmi nous encore capable de mesurer l’écart qui existe entre vivre – même chichement et dans la précarité – ici, et tenter de sauver sa peau là-bas. Pour nombre d’entre eux, vivre précairement, dans la rue, sans statut, ici est considéré comme un mieux par rapport à ce qu’ils vivraient chez eux. Car ici, il leur reste l’espoir d’être encore en vie demain, et le jour d’après. Alors que là bas, ils sont dans la crainte d’une menace permanente et dont l’issue ne parait que fatale.

C’est pour cela que sur un point au moins notre gouvernement a raison: il faut à tout prix éviter un nouveau Calais ! Et c’est donc pour cela qu’il faut se demander ce qu’était Calais. On peut caractériser la jungle de Calais de la manière suivante:

  • un terrain relativement ouvert et public,
  • occupé en totale clandestinité,
  • géographiquement proche de la destination souhaitée des migrants et
  • géré exclusivement par des organisations non gouvernementales et des citoyens engagés.

Aussi longtemps que nous ferons tout pour laisser dans la plus totale illégalité les migrants qui arrivent sur notre sol, nous n’aurons aucune chance de changer leur destination souhaitée (la Grande Bretagne pour la plupart).

Ce qui par contre peut être changé pour éviter qu’une nouvelle « jungle » s’installe aux portes de Bruxelles (ou en son coeur), c’est bien de se donner une infrastructure d’accueil décente, prise en charge par l’autorité publique.

Le thème de l’appel d’air est une chimère. Qui peut sérieusement penser que le fait de donner un toit aux migrants en transit à Bruxelles est une information suffisante pour voir arriver des milliers d’autres migrants ? Nul ne pense à Bruxelles au moment de quitter la Syrie, l’Irak ou l’Erythrée. Nul Syrien, Irakien ou Erythréen ne s’intéresse aux rafles organisées à la Gare du Nord avant de choisir sa destination.

La politique que notre gouvernement mène ne stoppe pas l’arrivée des migrants. Les chiffres de retour que donne Théo Francken sont des gouttes d’eau dans un océan de clandestinité. Le refus de protéger et d’accueillir a minima ces personnes n’est rien d’autre qu’une manière de les pousser à la clandestinité. C’est bien la politique actuelle du gouvernement qui crée déjà un nouveau Calais, ici à Bruxelles. A force de se retrouver dans la clandestinité, écartés des contacts avec les associations qui leur permettent de survivre, combien seront-ils à devoir mendier, puis à chercher comme il le pourront à manger et à s’abriter. C’est l’absence de politique d’accueil qui mettra de plus en plus de migrants en détresse au coeur de nos rues, qui augmentera l’agressivité de la population à leur égard.

Qu’attend notre gouvernement ? Qu’affamés, quelques uns de ces malheureux se livrent à l’une ou l’autre rapine alimentaire pour pouvoir les criminaliser un peu plus ? Lorsqu’un affamé s’accapare la nourriture des étals, qui est responsable du vol, le voleur ou celui qui l’a affamé ?

L’absence de courage des femmes et des hommes politiques au pouvoir dans notre pays aujourd’hui est incompréhensible. Lorsque les gouvernants perdent tout sens de l’humanité, qu’ils ne s’étonnent plus de ne gouverner que des monstres.

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Quand écolo dégringole de l’échelle des valeurs http://foucart-dever.net/2017/06/quand-ecolo-degringole-de-lechelle-des-valeurs/ Tue, 27 Jun 2017 06:47:29 +0000 http://foucart-dever.net/2017/06/quand-ecolo-degringole-de-lechelle-des-valeurs/ Continuer la lecture de Quand écolo dégringole de l’échelle des valeurs]]> Je n’ai jamais caché mes sympathies pour le parti des verts. Pas tant en raison de leurs programme « nature et santé » que pour leur attachement à un projet centré sur les droits humains fondamentaux. Au vu des derniers développements de la « crisette » politique en Wallonie et à Bruxelles, j’ai l’impression que c’est leur âme et leur conscience que les verts sont en train d’abdiquer.

En acceptant de s’engager dans une négociation avec le MR en vue de rejeter le PS dans l’opposition, Écolo pose un geste symbolique fort. Il affiche une nouvelle échelle des valeurs qui décrète que définir et appliquer un accord gouvernemental qui fait du rejet à la mer des réfugiés une norme acceptable est plus éthique que de voir quelques (trop nombreux ) individus se servir dans les caisses de l’Etat. En quelque sorte, les dérives népotistes des Mayeur et Peraïta pèsent plus dans la balance que le soutien inconditionnel de Charles Michel à la politique humanitairement criminelle de Theo Francken.

Si Écolo devait franchir ce Rubicon là, il ne ferait rien d’autre que rejouer le scénario du MR qui déclarait en avril 2014 « jamais avec la N-VA » pour se jeter dans leurs bras 6 mois plus tard.

S’allier au MR de d’Armand de Decker pour « punir » le PS d’Yvan Mayeur, c’est rejouer la scène centrale des « animaux malades de la peste ». C’est celui qui reconnaît ouvertement ses torts, et qui met en place des solutions correctrices radicales qui sera condamné au profit de celui qui continue de cacher ses propres dérives.

En effectuant ce choix, Écolo ne prend pas le chemin de la refonte de la morale politique. Les verts font un choix tactique et électoral afin de tuer l’image de Mr Propre que tente de se donner Benoît Lutgen, tout en rejetant le parti aujourd’hui honni de tous. A ce titre, le baisse de Zakhia Kathabi à Olivier Chastel avait tout d’un baisse de Judas.

Ce changement de cap est totalement désolant pour le paysage politique francophone qui s’articuler désormais entre un parti n’ayant aucune honte de s’afficher avec une droite nationaliste flamande du repli sur soi, deux partis au centre qui cherchent à s’octroyer le monopole de la moralité populiste, un parti de gauche en pleine déconfiture et un parti d’extrême gauche qui doit encore faire toutes ses preuves d’efficacité  opérationnelle.

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