La pensée totalitaire de Jacqueline Galant

jacqueline galant

La toute fraiche ministre de la Mobilité s’est dite ce mercredi « étonnée » de ce que la SNCB émette des billets « événements » pour les personnes qui voudraient rejoindre la manifestation de jeudi 6 novembre, contre le gouvernement dont elle fait partie.

Peut-être aurait-elle besoin de quelques rappels sur la nature de la démocratie et sur les méthodes utilisées par la plupart des régimes totalitaires pour s’installer au pouvoir.

Mais en préambule, je voudrais juste rappeler à Mme Galant (qui de toutes manières ne me lit certainement pas) qu’il s’agit là d’une tempête dans un verre d’eau. En effet, inscrivez vous comme groupe sur le site de la SNCB et demandez un « prix de groupe » pour au moins 15 personnes voyageant ensemble, et vous obtiendrez un prix similaire à celui que paieront les 50 à 100.000 personnes attendues demain à Bruxelles. En anticipant une réservation massive par les syndicats et en émettant un billet spécifique pour cet événement, notre société de chemin de fer n’a fait que de la bonne gestion. Elle s’est évitée l’obligation de gérer des centaines de commandes de billets de groupes, tous à calculer dans des délais presque intenables. Ce simple fait aurait du inciter la ministre à féliciter son patron des chemins de fer, plutôt que de le sermonner. Mais bon, Madame la Ministre nous a déjà habitué à sa manière très particulière d’utiliser le boulier compteur…

Maintenant, sur le fond, les affirmations de Madame Galant sont beaucoup plus inquiétante. Quand je l’entends déclarer à la radio (écoutez par exemple le journal de 22 heures ce mercredi) que si une manifestation contre le gouvernement est considéré comme un événement amenant la SNCB à émettre des billets à prix réduits, « on doit vraiment redéfinir cette notion d’événement ». Payer moins cher pour regarder passer le Tour de France, c’est normal – ça ne mange pas de pain et ça ne risque pas de causer de la contestation. Donner les moyens aux citoyens de s’exprimer paisiblement à un prix raisonnable, si c’est pour s’opposer au gouvernement, ce n’est plus un événement (comment cela s’appelle-t-il alors ? subversion ? terrorisme ?).

Redéfinir une partie d’un vocabulaire commun (comme le mot événement) pour qu’il ne puisse définir une situation de contestation, cela tient de la novlangue, cette redéfinition de la langue propre aux régimes totalitaires. Cela nous donne le ton de quelque chose qui me fait de plus en plus peur. En clair le message est « si vous utilisez les moyens légaux existant pour faciliter l’expression démocratique à fin de marquer votre opposition à la politique de notre gouvernement, vous serez privé de ces mêmes moyens ».

A mon avis, à ce rythme là, les prochaines instructions que Madame Galant recevra de Monsieur Michel (à moins que ce ne soit directement de Monsieur De Wever ?) ce sera d’interdire toute forme de billet à prix réduit pour les immigrés, les réfugiés politiques et surtout économiques. Et pour être sur qu’ils ne trichent pas, on leur demandera de porter un signe distinctif quelconque au revers de leur veste ???