L’homme qui pensait arrêter les ouragans…

 

Il nous l’avait promis, nous allions voir ce que nous allions voir: avec une politique empreinte de fermeté, le nombre de demandeurs d’asile en Belgique allait baisser. D’ailleurs, sa consoeur et presque co-religionnaire Maggie De Block avait entamé le travail, et on pouvait commencer à fermer les centres d’accueil de FEDASIL.

Las, l’ami Théo va apprendre qu’il ne sert à rien de dresser un mur face à un ouragan. Il lui faudra relire encore Jean de la Fontaine. A force de se prendre pour l’arbre, lorsque

Du bout de l’horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs.
L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine,
Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts.

Le voilà aujourd’hui obligé d’annoncer la réouverture des centres si joyeusement fermés par dame Maggie… face à l’afflux des demandeurs aux portes de notre Royaume.

De quel aveuglement faut-il souffrir pour penser que celui qui s’apprête à fuir des conditions de vie insupportables pour n’importe lequel d’entre nous va se laisser influencer par un discours quelconque de nos dirigeants. Celui qui fuit la mort n’a plus peur de rien, et rien ne peut être pire que ce qu’il fuit.

Notre bonne vieille Europe devrait se réjouir de n’avoir à accueillir que 2% des réfugiés (les autres s’arrêtent dans les pays voisins de leurs pays d’origine). Elle devrait d’autant plus se réjouir qu’il s’agit généralement là d’une population jeune, souvent même qualifiée, mais surtout désireuse de vivre, de travailler, de consommer et donc de contribuer également au développement économique de nos pays.

Mais tout cela, notre Théo Francken national(iste flamand) semble ne l’avoir toujours pas compris. Et à l’inverse des Danaïdes, le voilà condamné à vider par le bas un tonneau qu’il ne cesse de remplir par le haut…

Ciels de passages

Je photographie depuis des années les ciels de Samoëns. Cette semaine  aux nuits particulièrement longues aura été particulièrement généreuse en lumières magiques.

Chaque jour, je vous en ai présenté l’une ou l’autre, sur ma page Facebook. Aujourd’hui, je voudrais vous proposer un florilège de ce que fut cette semaine.

D’abord quelques photos prises dans la vallée, là où les nuages se sont longuement installés, tout en jouant à cache cache avec le bleu du ciel.

Puis une série de photos prises en altitude, souvent au dessus des nuages, en les regardant flotter comme une mer d’ouate qui nous cacherait les vicissitudes du quotidien.

Et puis aujourd’hui en particulier, il y avait aussi ces superbes nuages lenticulaires qui enrobaient le Mont Blanc, comme si des visiteurs d’un autre monde voulaient partager avec nous le spectacle de la nature.

Tous ces ciels marquaient pour moi une série de passages, parallèles et concomitants à l’entrée en 2015. Si l’une ou l’autre de ces photos peut vous apporter un peu de beauté pour commencer cette année, alors, je ne regretterai certainement pas de les avoir partagées avec vous.

Ballade en grève

J’ai profité de ce jour de grève nationale pour rejoindre à pied les anciens magasins de « La Tentation », où se tenait la première rencontre solidaire du mouvement « Hartbovenhard-ToutAutreChose ». Partant de la limite nord de Jette, c’était l’occasion d’une ballade péri-urbaine dans une ville presque morte.

Si je me suis concentré à l’aller sur quelques clichés partagés sur Facebook, j’ai rassemblé ici une douzaine de photos prisent sur le chemin du retour, et que j’aimerais vous faire découvrir.

Il y a du street art à Bruxelles, et ça ne se limite pas aux sempiternels parcours BD. La zone du canal Nord, en particulier, est riches de tags et de graphismes colorés et qui démontrent une vraie vie culturelle underground.

C’est ainsi aux abords directs du lieu que de nombreux Bruxellois voudraient voir transformé en Musée d’Art Contemporain, mais que les coupes budgétaires semblent (provisoirement) condamner que se trouvent la plupart des lieux photographiés ici.

Quatre heures précieuses…

La grande nouveauté de cette année scolaire pour moi, ce sont quatre petites heures perdues dans mon horaire à temps plein (22h en classe, le reste à préparer et à corriger) appelées « Gestion de Soi » et « Gestion du Travail ».

Ces quatre fois cinquante minutes font partie de cette latitude laissée aux écoles, dans le cadre de la réforme du premier degré, d’organiser une assistance aux élèves pour lutter contre un éventuel échec.

Et dans notre école, chaque élève de première année passe désormais deux heures par semaine à des « activités complémentaires » qui peuvent aller du sport aux jeux logiques, en passant par de la remédiation plus « classique » ou encore par une session de « gestion de soi » ou de « gestion du travail ». Et ce sont ces deux modules que j’anime, chaque fois deux heures par semaine.

L’idée est d’y rencontrer un tout petit nombre d’élève (entre 0 et 3), et de travailler avec eux soit une difficulté méthodologique, soit un problème de comportement.

Timidité maladive, agressivité incompréhensible, désordre permanent, incapacité à se concentrer… les diagnostics posés par les collègues sont terribles. Et ils s’accompagnent souvent d’un péremptoire: « de toute manière, il ou elle ne veut pas changer ».