C’est tellement agréable de frapper un inconnu lorsqu’il est déjà à terre…

L’annonce du licenciement de nombreux travailleurs de la rédaction de RTL-Tvi a provoqué sur les réseaux sociaux un nombre impressionnant de commentaires sarcastiques ne tenant aucun compte de l’aspect humain de ces décisions. Continuer la lecture de C’est tellement agréable de frapper un inconnu lorsqu’il est déjà à terre…

Le Trump en nous …

Beaucoup de mes amis et connaissances se sont réveillés ce matin avec un sérieux malaise. L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis ressemble pour eux à un coup de poing dans le ventre de la démocratie. D’autres sont restés indifférents, arguant que quel que soit le gagnant de cette course folle, la politique américaine serait de toute manière restée aux mains de lobbies et que finalement Barrack, Hilary ou Donald… Continuer la lecture de Le Trump en nous …

Donc, l’action du Parlement Wallon autour du CETA n’a rien changé ?

Maintenant que les différents parlements francophones et wallons du pays ont donné leur accord pour une délégation de signature du CETA, et que dès lors l’avant scène peut être occupée par d’autres que les acteurs principaux de la pièce (entendez par là Paul Magnette, mais aussi ses alliés du CdH), il est de bon ton de crier le plus fort possible que tout cela était beaucoup de bruit pour rien… Continuer la lecture de Donc, l’action du Parlement Wallon autour du CETA n’a rien changé ?

Ce gouvernement va vous faire payer PLUS pour les réfugiés

Un titre comme celui-là sur mon blog va sans doute en faire sursauter plus d’un, mais il me semble important de démontrer une fois de plus l’hypocrisie d’un gouvernement qui bâtit sa politique migratoire sur la peur des étrangers, notamment celle du coût de l’accueil pour chaque citoyen, tout en développant une politique qui coutera beaucoup plus cher à chaque belge pour chaque migrant accueilli. Continuer la lecture de Ce gouvernement va vous faire payer PLUS pour les réfugiés

Votre « Soir », vous le prenez en Delvaux ou avec du Bouillon ?

Notre grand quotidien national vit certainement au rythme de débats internes intenses. Du moins je l’espère. Car au vu de deux des éditoriaux de ce samedi on peut y trouver tout et son contraire. Heureusement dirais-je, car je ne cacherai pas que la soumission des éditoriaux de Béatrice Delvaux au discours néo-libéral a bien besoin de l’analyse historique de Pierre Bouillon pour garder un minimum de sérieux au débat. Continuer la lecture de Votre « Soir », vous le prenez en Delvaux ou avec du Bouillon ?

La mémoire courte de Bart De Wever…

Sur VTM, mardi soir, Bart De Wever s’est offusqué en long et en large de la « pendaison » à Mons d’une poupée sensée représenter Charles Michel.


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Les relais populistes du gouvernement ne se privent pas se lancer dans des diatribes émotionnelles sur le thème des enfants de notre Premier Ministre qui seraient tellement traumatisés de voir leur papa ainsi virtuellement condamné.

Trois choses:

  1. Je ne suis favorable à aucune forme de violence envers les personnes, quelles qu’elles soient, et je n’éprouve aucune sympathie pour l’action menée par les syndicalistes montois;
  2. Je rappelle à Monsieur Michel que personne ne l’obligeait à occuper une fonction aussi publique que celle de Premier Ministre – en fait, 80% de la population de la Communauté dont il est issu ne voulait pas de lui. Etre au premier rang en politique entraîne des risques, il faut pouvoir les assumer. Se faire conspuer en fait partie;
  3. Que Monsieur Michel soit attristé de son sort est légitime. Mais que Monsieur De Wever oublie qu’en septembre 2011 son ami Ben Weyts a organisé avec la N-VA au marché annuel de Beersel un stand de « jeu de massacre » pour les enfants où ceux-ci étaient invités à viser le mieux possible des effigies d’Elio Di Rupo qui était alors formateur. Je répète: un jeu organisé pour les enfants dont l’objectif était de massacrer la figure d’Elio Di Rupo… Commentaire de Ben Weyts ? « Ach, het is een spelletje met een knipoog, helemaal geen provocatie » (Allons… ce n’est qu’un petit jeu avec un clin d’oeuil, absolument pas une provocation). On peut retrouver la relation de cela dans l’article de la Gazet Van Antwerpen du 19 septembre 2011.

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Je suis un enseignant. Je mesure pleinement la portée d’un acte aussi symbolique sur la psychologie des enfants auxquels on apprend qu’il est normal d’utiliser une figure politique pour l’abattre et la massacrer. Eduquer à la violence et au mépris de l’autre une génération n’est pas risible, beaucoup moins que de laisser quelques travailleurs en colère brûler l’effigie de celui grâce à qui de nombreux enfants de Wallonie et de Bruxelles s’entendent dire par leurs parents qu’ils ne partiront pas en vacances cette année, parce que le risque de perdre un emploi est devenu une réalité, parce que les revenus sont trop bas, parce qu’ils ont rejoint la horde des 20% de gens qui désormais vivent en Belgique sous le seuil de pauvreté…

Une solution simple pour mettre fin aux grèves qui nous « ennuient »

Le ‘Union bashing » bat son plein en Belgique. Alimenté par des médias qui préfèrent insister sur les inconvénients temporaires pour les usagers des transports en commun (et qui sait bientôt les clients de certains biens et services ?) que sur les raisons de la colère des travailleurs, les réseaux sociaux se lâchent: des manifestants qui brûlent des palettes sont comparés à des vacanciers autour d’un feu de camp, ceux qui après la manifestation vont boire ensemble un verre sont condamnés pour paresse, les étudiants qui ne peuvent se déplacer pour leurs examens hurlent à la « prise d’otage ».

Ce que tout le monde oublie, c’est que ces grévistes sont les premiers à payer, au prix de leur salaire, les mouvements auxquels ils participent. Ce que les pleurnicheurs des réseaux passent au blanc, c’est que c’est leurs pensions, leurs salaires, leur sécurité sociale, leur sécurité que défendent ces grévistes.

Qui nous avait dit que nous aurions 100 euros de plus en poche dans notre salaire, tout en nous cachant qu’il nous en retirerait 150 via des hausses d’accises et de TVA ? Les syndicats ?

Qui veut nous forcer à travailler 45 heures par semaine dans un système qui réduira de plus de moitié les compensations pour les heures supplémentaires ? Les syndicats ?

Qui veut nous amener à travailler jusque 67 ans pour pouvoir payer deux ans de pension en moins à chaque Belge ? Les syndicats ?

Qui réduit le séjour à l’hôpital des jeunes accouchées et augmente ainsi les risques de maltraitances d’enfants (par manque d’accompagnement à la naissance) et de mortalité péri-natale ? Les syndicats ?

Qui décide que « puisque la Flandre est servie », il est inutile de continuer à construire un RER entre Bruxelles et la Wallonie ? Les syndicats ?

Oui les grèves créent des difficultés pour chacun d’entre nous. Ces difficultés sont là pour nous faire réfléchir, pas pour nous laisser emporter par les propos populistes de journalistes qui ont depuis longtemps rangé leur déontologie au placard – parce que eux aussi sont en danger de perdre leur boulot !

Aujourd’hui, il y a ceux qui choisissent de baisser la tête et d’accepter chaque jour de nouvelles humiliations, avalant les pilules de la crise au nom d’une austérité soit-disant rédemptrice. Ceux là refusent de voir que depuis 30 ans, plus d’austérité ne nous a amené que plus d’inégalités.

Et puis il y a ceux qui refusent cette fatalité, qui ne voient d’autres moyens de se battre que la grève et les mouvements sociaux. Ceux là paient de leurs personnes en acceptant des pertes de revenus au  nom de lendemains meilleurs. Dans le froid, au coeur de la bataille, ils allument un feu qui rassemble et qui réchauffe. Après le combat, entre amis partageant la même lutte, ils vont ensemble refaire la bataille autour d’un verre. Ils ne prennent personne en otage. Ni les prisonniers dont les conditions de vie étaient indigne d’êtres humains bien avant la grève des gardiens, ni les étudiants qui sont mis en concurrence pour des jobs de plus en plus précaires et de moins en moins payés, ni les « travailleurs » dont les conditions quotidiennes de travail se dégradent aussi lentement que l’eau dans laquelle la grenouille se laisse cuire chauffe…

Les preneurs d’otages siègent rue de la Loi. Ils ne bougent pas le moindre petit doigt pour améliorer les choses. N’ont qu’un seul mot à la bouche: austérité.

Ce ne sont pas les électeurs nationalistes qu’il faut fustiger

Ce sont les candidats dits « démocrates » qui, en s’appropriant les discours de la peur et du rejet se sont montrés incapables de faire une différence pédagogique positive pour une vraie politique du vivre ensemble.

Bien sûr, il existe des différences dans le « profil » socio-éducatif des différents électoraux, de l’extrême gauche à l’extrême droite, mais on trouve des électeurs de tous âges et de toutes origines dans tous les partis. C’est la proposition politique faite par les candidats qui amènera l’électeur à le rejoindre ou pas. Penser que c’est l’électeur qui s’est trompé, c’est se dédouaner un peu trop facilement d’une incapacité maladive à lui « vendre » un choix réellement alternatif.

Les grandes ONG humanitaires et écologiques ont souvent réussi cette transition vers un « marketing » des valeurs. Elles sont capables de mobiliser des moyens humains et financiers auprès des mêmes citoyens qui voteront deux semaines plus tard pour la N-VA ou le FN. Il suffit de voir comment les images de certaines détresses servent à la fois les récoltes de fonds solidaires et les discours de rejet identitaire auprès du même « citoyen lambda ».

A mon avis, l’erreur des politiciens soit-disants « démocrates », de gauche comme de droite, est de tenter l’impossible mélange entre solidarité et sécurité. Vouloir faire croire qu’être solidaire avec des personnes en détresse sans se remettre personnellement en question est possible relève du rêve chimérique. C’est le mythe d’un confort né de l’absence de changement qui doit être éradiqué de la pensée collective. Pourquoi les politiciens ne sont-ils pas capables de vendre aux électeurs un monde de paix, serait-ce au prix de l’acceptation de l’autre, tel qu’il est ?

Les évolutions politiques les plus récentes montrent des victoires du repli sur soi, du Nord au Sud de l’Europe, mais aussi la percée de discours outranciers aux États-Unis. Sans en être un spécialiste de la région, il vaudrait peut-être la peine de s’attarder sur la situation canadienne qui me semble avoir porté au pouvoir un parti et un homme porteur d’une rupture positive par rapport au discours ambiant. Faire campagne sur l’acceptation de 25.000 réfugiés, gagner et mettre en place cet accueil positif, voilà ce que fait Justin Trudeau. Il a un mode de communication avec son électorat qui me semble faire preuve d’une grande franchise, doublée d’un optimisme raisonnable. Même si son discours économique libéral ne me plait pas toujours, même si sa politique de défiscalisation des revenus moyens ne renchérit pas les plus pauvres, je crois qu’il y a de sérieuses leçons à retenir de ce qui se passe là-bas.

Suivre l’évolution de la presse canadienne autour de ce sujet ces dernières semaines est édifiant. Après l’euphorie de la victoire de J. Trudeau sont intervenus les attentats de Paris qui ont provoqué là aussi de vives réactions de peur. Mais le gouvernement canadien est resté ferme, a expliqué sa méthode et sa logique d’intégration. A rappeler que les forces vives du pays attendaient ces réfugiés. Dans une approche proactive, c’est le gouvernement Canadien qui invite des réfugiés à venir sur son territoire, qui affrète des vols depuis Beyrouth ou Ankara, et qui organise l’accueil de 80% des nouveaux arrivants par des « sponsors privés ».

Aujourd’hui à la Chambre des communes, c’est empli de fierté que j’ai annoncé l’arrivée des premiers réfugiés syriens au Canada à la fin de la semaine :

Posté par Justin Trudeau sur mercredi 9 décembre 2015

La question pour moi n’est pas de savoir si le modèle d’accueil canadien est le bon (il est tellement inspiré du modèle néo-libéral que je ne peux que m’en méfier), par contre le modèle pédagogique vis à vis de la population me semble beaucoup plus efficace que celui mis en place à Paris ou à Bruxelles…

Qui veut la peau de Bruxelles ?

Je suis bien entendu horrifié par les attentats du Sinaï, de Beyrouth, de Paris et de Bamako, comme je suis horrifié par les centaines de morts quotidiens en Syrie, en Afghanistan et dans tant de contrées qui n’apparaissent jamais sur nos écrans plats…

Je ne désire pas plus qu’un autre périr sous le feu d’une arme, qu’elle soit de guerre, de chasse ou d’autre chose. Et j’attends des services régaliens de l’Etat auquel je verse annuellement des impôts qu’il assure avec ses forces ma sécurité et garantisse ma liberté, sans sacrifier la seconde à la première.

Ces précautions étant prises, il me faut aussi poser maintenant la question de savoir ce qui se passe aujourd’hui à Bruxelles, et en particulier de distinguer les faits avérés des spéculations.

Dans la catégorie faits absolument avérés:

  • 7, 8 ou 9 personnes ont semé la terreur et la mort à Paris, le vendredi 13/11/2015
  • plus de 130 personnes sont mortes dans ces actions
  • des revendications émanant de DAESH existent pour ces actes criminels
  • des véhicules utilisés dans ces attaques venaient de Belgique, loués par un ressortissant belge, et plusieurs des assaillants étaient belges
  • toutes les fonctions régaliennes de l’Etat belge sont aux mains de ministres flamands non bruxellois, et les plus exécutives (intérieur et défense) sont aux mains de la N-VA. Le premier ministre n’est pas non plus bruxellois
  • Les autorités bruxelloises sont très peu présentes au Centre de Crise et au Conseil de Sécurité
  • Les décisions les plus graves, portant atteinte aux libertés fondamentales sous couvert de la sécurité concernent principalement Bruxelles et les bruxellois
  • Le Conseil de Sécurité a décidé d’étendre sa période de pouvoir « hors contrôle » au moins d’une semaine
  • Aucun dispositif de contrôle démocratique par le Parlement des décisions prises par le Conseil de Sécurité n’est à l’ordre du jour

Ce qui relève (à divers degrés) de la spéculation:

  • les attaques étaient coordonnées (hautement probable – les faits se sont déroulés en public)
  • il existe au moins un de acteurs de ce scénario morbide qui est encore en vie, il semble qu’il n’ait pas « osé » se faire sauter, il s’appellerait Salah Abdeslam (hautement probable – les informations sont assez précises)
  • le « cerveau » qui aurait organisé tout cela est belge (probabilité questionnable – relevant de l’information secrète et incontrôlable par le public)
  • la Belgique serait visée par des attentats du même type (probabilité questionnable – aucune trace publique de la menace exprimée par les autorités alors que généralement les menaces de DAESH sont explicites)
  • Salah Abdeslam serait dangereux et planifierait quelque chose « contre la Belgique », on ne sait pas très bien quoi ni où, mais on sait que ça ne vise pas les écoles qui vont rouvrir mercredi, et suffisamment peu le principal ensemble de tunnels bruxellois (le métro) que pour pouvoir le rouvrir lui aussi mercredi (le gars qui n’a pas osé se faire sauter à Paris serait tout à fait prêt à le faire à Bruxelles – parce qu’il aurait le mal du pays ? – probabilité faible à invérifiable)

Des magistrats s’élèvent contre cette situation, ainsi que des avocats. Je ne suis donc pas le seul à m’inquiéter du manque de contrôle démocratique face à cette situation. Depuis ce mardi matin, un parti politique s’est enfin réveillé et réclame une commission parlementaire spéciale.

Politiquement parlant, la situation doit aussi être regardée à travers les ambitions politiques des partis au pouvoir. En écornant l’image de Bruxelles, les ministres N-VA du gouvernement préparent sa mise sous tutelle. On sait aujourd’hui qu’il ne faut plus compter sur le MR pour défendre les francophones: Charles Michel est prêt à toutes les concessions pour rester au pouvoir. Il s’est tellement contredit depuis la campagne électorale  (comme par exemple ceci ou cela) qu’il n’y a plus aucun espoir à mettre en lui de voir le franchissement d’une « ligne rouge » de la part de son partenaire au gouvernement. Il est finalement beaucoup plus triste de constater qu’aucun parti n’a jusqu’ici osé soulever ce problème fondamental: quand le gouvernement se présentera-t-il devant un ensemble d’élus – y compris de l’opposition – pour leur démontrer la réalité de l’imminence de cette soit-disant menace ?

Car de deux choses l’une: soit cette menace est réelle, avérée et documentée, et alors le Premier Ministre ne doit pas craindre de l’expliquer aux représentants du peuple – fut-ce à huis clos, soit il refuse cette explication et la seule raison possible est que ces éléments déterminants d’information n’existent pas.

Lorsqu’un régime démocratique s’effondre, c’est rarement du jour au lendemain. Par contre, l’aveuglement des partis traditionnels, même dans l’opposition, face aux déclarations de « bonne foi » (ou ici « d’âme et conscience »), est toujours le déclencheur de la perte de contrôle d’une population sur son propre destin.

Aujourd’hui la seule vraie certitude est celle que Bruxelles n’est plus une région autonome, elle est tombée sous le contrôle de l’état fédéral qui lui dicte comment elle doit vivre, éduquer, circuler. Un premier pas important vers l’objectif clair du nationalisme flamand.

Répondre démocratiquement aux violences économiques

Le plaidoyer de Jean-Luc Mélenchon pour expliquer le geste de violence des (futurs ex) salariés d’Air France à l’égard de leur DRH avait emporté une première réaction de ma part en faveur du discours du leader de la Gauche.

Le discours de Xavier Mathieu qui déclare au « Grand Journal » qu’il a été pacifiste toute sa vie. Mais qu’il  n’y croit plus m’a amené à penser à  nouveau cette question.

En quelque sorte, le dilemme qui nous est présenté est le suivant:

  • D’une part, les actionnaires de grandes entreprises, voire d’entreprises nationales ou nationalisées prennent des décisions dont les conséquences sont d’une violence inouïe pour les travailleurs: licenciements massifs, pertes de revenus, destructions de familles, suicides. Ces décisions, économiques ou administratives, sont prises dans le cadre de la stricte légalité, sous le couvert de lois votées par les représentants du peuple.
  • D’un autre côté, la colère que génère ces décisions entraine des femmes et des hommes, encadrés, soutenus par leurs organisations syndicales, à s’en prendre physiquement aux représentants de ces actionnaires, quitte à les séquestrer ou à leur déchirer leurs vêtements. Certains avec humour se contentent de les entarter.
  • La force publique, bras armé d’un pouvoir démocratiquement élu, ne peut qu’agir face à cette violence physique directement observable, utilisée par les médias plus sensibles à leur chiffre d’audience  qu’à leur fonction pédagogique. Elle s’attaque donc aux « déchireurs de chemises » tout en laissant courir les destructeurs de vies.

Nous mêmes, pris dans le tournis des images, des cris et des harangues, nous avons alors tendance à nous positionner non plus face au fait social que constitue la destruction d’emplois au nom de la compétitivité, mais bien face aux images émotionnelles qui font dire que soit c’est un scandale de s’attaquer à un homme et de le « lyncher » publiquement, soit qu’il faut comprendre la violence de ceux à qui l’on a tout enlevé. Mais lorsque Xavier Mathieu nous dit qu’il ne croit plus au pacifisme, il nous entraîne dans une voie sans issue.

En effet, je continue à croire qu’aucun système socio-politique ne peut offrir mieux aujourd’hui qu’un régime basé sur l’écoute et la représentativité de toutes les composantes de la société. Ce que l’on appelle peut-être un peu rapidement la démocratie. C’est pour cette raison que si je me sens, ici en Belgique, de grandes sympathies avec des partis comme le PTB, je ne pourrais leur donner ma voix aussi longtemps qu’il n’auront pas fait un aggiornamento vers le respect total de la légitimité démocratique. Et la proposition de Xavier Mathieu, lorsqu’il dit qu’il faudra désormais compter avec la violence est un constat d’échec de la démocratie dans sa configuration actuelle doublé d’un appel à passer à un régime socio-économique basé sur les rapports de forces et non sur la négociation: l’histoire est malheureusement témoin des drames que de tels régimes ont causé que ce soit ici en Europe, en Chine, en Corée du Nord, en Russie ou dans l’Afrique post-coloniale (et passim…).

Or, qu’est-ce qui cause problème aujourd’hui ? Ce n’est pas tant l’illégitimité des violences physiques à l’égard des êtres humains. Il me semble que tout corpus de règles de vivre ensemble inclus nécessairement le refus de la violence physique comme solution aux conflits. Et cette promulgation de l’illégalité de la violence est d’autant plus importante qu’il reste chez chacun d’entre nous des bribes de réactions émanant de notre cerveau reptilien qui nous poussent vers le combat lorsque nous ressentons la colère…

La question qui pourrait être réglée par un processus démocratique ne serait-elle pas plutôt celle de faire subir effectivement les conséquences de leurs actes aux auteurs de violences administratives et économiques. De reconnaître le lien de causalité entre la décision de licenciement (collectif ou individuel) et ses conséquences non seulement financières, mais également vitales. La colère de Xavier Mathieu, la justification de Mr Mélenchon vient surtout de l’incompréhensible hiatus qui existe entre la pénalisation judiciaire d’un arrachage de chemise et des éventuels coups, blessures et séquestration qui l’ont accompagné (je ne minimise pas le fait, je le qualifie) et la simple obligation de négocier un plan social (donc de trouver une solution financière négociée et donc dépénalisée) pour l’auteur de la violence administrative et économique.

Que se passerait-il si demain, les membres d’un Comité de Direction ou d’un Conseil d’Administration pouvaient se trouver pénalement responsable des conséquences physiques de leurs actes. Si à côté des coups et blessures volontaires ayant entraîné des conséquences définies (invalidité, mort,…) on pouvait qualifier un licenciement décidé et choisi pour des raisons économiques par l’employeur de torture morale pouvant entrainer des conséquences tout aussi définies ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Les membres des comités exécutifs, de direction, des conseils d’administration, savent très bien ce que leurs décisions auront comme conséquences sur le plan humain. Mais l’absence de responsabilité personnelle sur ces conséquences les dédouane de toute réflexion sur l’opportunité sociale de leur décision. Pour l’avoir vécu dans le passé, assis à la table d’un comité de direction (mais sans y avoir voix au chapitre), j’ai vu ces gens décider de licencier quelques centaines de collaborateurs afin de satisfaire les exigences de l’actionnaire. Je les ai vu porter les uns sur les autres des regards graves, montrant combien ils mesuraient cyniquement l’importance de l’enjeu humain, mais prenant la décision qui montrait objectivement combien cet enjeu humain comptait peu face à la volonté de l’actionnaire. Je les ai vu se lancer alors dans le calcul cynique de la solution de licenciement la plus économique. Puis se distribuer le « boulot difficile » comme ils disaient (lisez « annoncer les licenciements individuellement pour éviter la longue et couteuse procédure du licenciement collectif »). Puis établir des tableaux dignes des camps de concentration où l’on allait comparer, semaine après semaine, la bonne « exécution » du plan.

Que se passerait-il si ces dames et ces messieurs devaient intégrer la composante « responsabilité pénale des conséquences morales et physiques » dans chaque licenciement. Aujourd’hui, la décision de licencier un collaborateur pour augmenter le profit de l’actionnaire reçoit un traitement judiciaire ridicule. Que penserait-on du juge qui condamnerait à quelques centaines ou milliers d’euros d’amende le chasseur de prime qui aurait acheté un fusil, se serait entraîné, aurait observé les déplacements de sa victime, puis tiré dans ses jambes « pour lui donner une leçon », mais qui aurait par malheur « dérapé » et occis sa victime ? Or c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui dans le monde de l’entreprise. Un actionnaire vous donne ordre de « liquider sans tuer » quelques centaines de personnes, vous consultez quelques experts, spécialistes, juristes et consultants pour trouver la solution la moins couteuse – en ce compris le coût de devoir se défendre devant un Tribunal du Travail, vous analysez vos listes d’employés pour identifier ceux qui sont le moins susceptibles de vous causer du tort par la suite, puis vous tirez… pas de chance, il y en a un qui se suicide. C’était sans doute sa faute… Aucun espoir d’obtenir une décision de nature pénale pour un tel crime (ce n’est pas un crime, pas même une infraction… c’est un grand malheur).

Changez cette donne. Pénalisez les conséquences humaines des décisions économiques et financières. Montrez effectivement que ces crimes quotidiens, bien plus meurtriers et nombreux que les faits divers qui font la première page de sudPresse, sont punis sévèrement, pour le crime qu’ils représentent. Vous verrez alors l’attitude de ces soit-disants décideurs changer.

La réponse à la violence des actionnaires et des conseils d’administration, ce n’est pas la violence contre les biens et les personnes, c’est la re-qualification juste de la violence des actionnaires et des hommes qui les représentent. Une qualification de correctionnalisation et non de droit du travail. Un tel travail peut s’accomplir dans un cadre démocratique. Il ne serait sans doute pas sans conséquence, et l’on ne doit certainement pas compter sur un exécutif comme celui qui nous « exécute » aujourd’hui pour lancer un tel chantier. Mais ce serait là une approche enfin différente de la lutte sociale. Autre chose que les sempiternelles jérémiades autour des ajustements salariaux, allongement de la vie professionnelle, (non) indexation et service minimum… Un rafraichissement de notre démocratie qui permette à chacun de se sentir protégé contre l’arbitraire des organisations alors qu’il ne l’est souvent aujourd’hui que contre celui des individus.

La carte et le territoire

Cela fait quelques années que je n’ai plus évoqué ici cette parole d’Alfred Korzybski, père de la Sémantique Générale. La question des migrants, que nos politiciens semblent tellement instrumentaliser aujourd’hui en est pourtant une bonne illustration.

Il existe peu de territoires au monde dont les frontières administratives soient visibles du ciel. Une visite en mode satellite de sites comme Google Earth vous en donnera très simplement confirmation.

Au fil du temps – et des migrations qui ne cessent de traverser la terre – ces territoires ont été découpés et re-découpés pour coller au mieux aux homéostats sociaux qui les occupent.

Mais qu’est ce qu’un homéostat social ? L’homéostasie est un état d’équilibre d’un système. C’est ce moment privilégié et rare où les différentes composantes du système trouvent équilibre et stabilité. Un peu comme une maison qui, au coeur de l’hiver atteint la température demandée au thermostat et la maintient par de petits allumages successifs de la chaudière. Sur le plan social, l’homéostat est donc un moment de paix, pendant lequel un rêve de pérennité s’installe jusqu’à ce qu’une nouvelle perturbation vienne exiger la recherche d’un nouvel équilibre.

Les états, les nations ne sont que des cartes. Des assemblages explicatifs temporaires d’un territoire. Cela fait belle lurette que Bruxelles n’est plus en Lotharingie, ni aux Pays-Bas. Le territoire n’a jamais changé. La carte ne cesse de se modifier.

Le facteur principal de modifications des cartes politiques (car c’est bien de ces cartes là qu’il s’agit), c’est l’impact des faits migratoires. Les mouvements de populations à la surface de la planète ne cessent et ne cesseront jamais. En 1960, l’ouvrier flamand qui cherchait du travail venait encore s’installer à Liège ou Charleroi. Depuis bientôt 30 ans (1987) les étudiants européens passent de longs mois sur les bancs d’universités installées à des milliers de kilomètres de leur domicile dans le cadre des projets Erasmus. Nos chercheurs s’expatrient pour trouver ailleurs les fonds que nos gouvernements leurs refusent. D’une manière générale, l’être humain va rechercher un lieu qui pourra lui offrir des conditions de vie qui répondent à ses besoins fondamentaux de sécurité et de subsistance. Et s’il atteint ce minimum, il cherchera sans doute des lieux qui lui permettront de monter plus haut dans la pyramide des besoins. Besoin de relations, besoin de reconnaissance et d’épanouissement personnel.

C’est cette quête incessante de satisfaction de nos besoins élémentaires et supplémentaires qui justifie la plupart des migrations. Nous ne nous étonnons pas de partir quelques semaines au soleil où vers de nouveaux paysages culturels ou écologiques. Nous nous enorgueillissons du succès de nos « compatriotes » à l’étranger. Ce sont ces mouvements qui redessinnent les cartes. Les hôteliers espagnols apprennent le français, l’allemand ou le néerlandais. Les indiens de l’Orénoque découvrent la télévision. Les new-yorkais prennent leur petit de jeunes au Pain Quotidien.

Les cartes changent sans cesse. Celui qui se croit installé confortablement sur une carte court donc un grand danger. Il est un peu comme une assiette qui, au lieu d’être posée sur une nappe, y serait collée. Changer de nappe impliquerait pour l’assiette sa disparition, alors même que la table, elle, n’as pas changé.

Le territoire sur lequel nous sommes posé ne nous appartient pas. Ce sont nos aīeux qui en ont chassé d’autres occupants où qui se sont mêlés à eux. Nous ne pourrons jamais éviter l’arrivée, ponctuelle ou massive de nouveaux habitants. La carte qui décrit l’occupation du territoire par les hommes changera sans doute. Il ne s’agit là en rien d’une invasion. Ceux qui arrivent chez nous aujourd’hui n’ont ni armes, ni bombes avec eux. On ne trouve dans leurs rangs aucun terroriste. Ils ne demandent que le droit de vivre dans le respect de nos règles. C’est bien souvent parce que nos contrées connaissent la liberté d’expression et d’opinion qu’ils les ont rejointes.

Ils ne demandent aucun privilège dont nous ne pourrions nous prévaloir si nous étions nous-mêmes appelés à fuir la tyrannie qui s’installerait chez nous.

Certains crient à l’angélisme utopiste quand on leur explique que la seule solution à la situation migratoire, c’est l’ouverture des frontières. Ceux là souffrent de l’aveuglement qui à empêché tout au long de l’histoire humaine les détenteurs du pouvoir de comprendre les bouleversements qui finissent par les terrasser.

Le silence des moutons…

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Hier, 23.000 personnes se sont mobilisées pour dire leur indignation face à l’indifférence. Elles sont venues alors qu’aucun grand média n’avait même parlé de cette manifestation. Elles sont venues malgré le silence honteux des politiciens mais aussi des syndicats.

Elles sont venues dans l’indignation, mais dans la dignité.

Et après ? Ce matin, forcés par l’importance de la foule qui s’est spontanément rassemblée hier, les médias tentent de rattraper la sauce. Mais toujours aucune déclaration d’un homme politique. Que du contraire, c’est d’aller porter le feu en Syrie que nous parle Monsieur Lutgen. C’est vrai qu’aller bombarder la Syrie, quelles que soient les cibles visées, cela fait vendre des armes. Mais que cela va mettre encore plus de réfugiés sur les routes, personne ne semble l’envisager.

Ah si, j’oublie ! Monsieur le Secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations (SEAM, ça fait un peu DAESH, non ?) prend ses responsabilités et lance une campagne Facebook pour dire aux Irakiens qu’ils vont se faire jeter s’ils viennent en Belgique… Je ne sais s’il faut rire ou pleurer d’une telle ignorance. Bien sur, avec ça campagne « timeline », notre Théo national(iste) va faire fuir tous les Bagdadis … ben où, au fait ? Au Liechtenstein, à Andorre, à Monaco ? Tout le monde le sait, à Bagdag la pression est maximale sur les passeurs: « Nous voulons tous aller à Bruxelles ! We want to go to Brussels ! » et surtout « We willen allemaal naar Brussel, waar vluchtelingen thuis voelen ! »

Dans l’actualité du jour, tant qu’on y est, il y a le cri de victoire de Francken : « le nombre de demandeurs d’asile à diminué cette semaine ». Que les déplacements de masse sur de grandes distances se font plutôt à la belle saison qu’en automne et en hiver, il n’y avait pas songé ? Ou pire, il y a tellement bien songé que sa campagne Facebook va faire un « tabac » en termes de résultats: l’hiver est là et les réfugiés Irakiens vont sans doute se mettre en attente de la grande traversée à l’intérieur de leur propre frontière ou en Turquie, jusqu’à ce que les temps soient plus cléments, et au printemps prochain, quand les chiffres recommenceront à grimper, que nous dira Théo ?

Bon, j’en étais où, moi ? Ah oui, les politiciens qui ne pipent pas mot du mouvement citoyen… Je crains que la stratégie soit de « laisser pisser le mouton » en faisant le moins de commentaires possibles. Dans quelques semaines, le flux sera résorbé, les « citoyens » seront préoccupés par le froid qui frappe les SDF (les « nôtres » comme les « zôtres », mais une fois couchés dans l’encoignure d’une porte ils ont tous la même couleur et la même odeur). Le sujet d’indignation saisonnier, lui aussi aura changé. Et eux auront survécu à leur propre indignité une année de plus. C’est un pari risqué. Il me rappelle l’âne de Buridan, la célèbre fable de Daudet…

A propos de faits et d’émotions

Je n’ai pas envie de parler d’un enfant, mort, couché sur une plage. Pour tout dire, cette image ne m’a pas particulièrement ému. Quand j’ai ouvert mon journal et que je l’ai vue, là sur la moitié de la première page, une pensée m’est venue: ce fait divers pourrait-il devenir un fait de société ?

Très vite malheureusement, il a fallu se rendre compte qu’il n’en était rien. N’est-il pas extraordinaire de voir comment nos responsables politiques exploitent habilement le moindre dérapage d’un immigré pour insister sur l’absolue nécessité de « ne pas se charger de toute la misère du monde », et de comparer cela au silence pesant qui règne de leur part depuis trois jours ?

J’ai intitulé cet article « à propos de faits et d’émotions ». Je veux y exprimer une opinion politique, mais je veux aussi baser cette opinion sur des faits, sur des bases aussi solides que possibles. Nos responsables politiques disposent de toutes les informations nécessaires pour apprécier correctement la situation migratoire actuelle, et cette situation est finalement non pas extrêmement complexe (comme tous les médias essaient de nous le faire croire), mais extrêmement simple:

  • Il y a aujourd’hui dans le monde un nombre important (des dizaines de millions de personnes) qui souffrent tellement de la guerre, de la discrimination, de la violence individuelle, des catastrophes écologiques, qu’elles ne peuvent plus supporter de vivre là où elles vivent.
  • Le niveau de souffrance de ces personnes est tel que les seuls choix qui s’offrent à elles est de tenter de vivre ailleurs, ou de mourir. C’est une situation qui n’a plus été vécue chez nous de manière collective depuis l’invasion nazie de 1939, et qu’il nous est donc bien difficile d’appréhender, mais c’est aussi une situation très simple: partir ou mourir.
  • Face à un tel choix, il faut absolument comprendre que la politique d’accueil de « ailleurs » est sans aucun intérêt pour la personne en souffrance. Nous ne pourrions créer un environnement pire pour elles qu’en renonçant aux principes humanitaires les plus élémentaires qui fondent même le plus ultra-libéral des modèle sociaux démocratiques. Certains politiques chez nous tentent bien de créer de telles conditions, mais ils continuent heureusement de se heurter aux barrières posées par notre système démocratique.
  • La grande masse de ceux qui fuient se réfugient dans les pays qui à la fois offrent des conditions de vie un peu meilleures et sont assez proches pour qu’ils puissent s’offrir le voyage: on estime à 98% aujourd’hui la part des réfugiés qui se « réfugient » dans leur propre pays ou dans un pays voisin. Ils n’ont simplement pas les moyens de se payer une traversée. « Toute la misère du monde » est donc en fait accueillie par… « toute l’autre misère du monde ». Quelqu’un n’a-t-il pas dit qu’il existait plus de solidarité entre pauvres qu’entre riches et pauvres ?
  • Mais ceux qui veulent aller plus loin, ceux qui disposent finalement de cet « esprit d’entreprise », ce « sens de l’initiative et de la prise de risque » que nos dirigeants posent souvent en vertus cardinales, ceux-là vont prendre tous les risques, embarquer sur des coquilles de noix, traverser les frontières les plus hostiles, passer à travers les barbelés, marcher encore sur les autoroutes de la honte. Nul ne les arrêtera, car ils ont abandonné tout espoir de retour. Ils sont comme les eaux d’un immense torrent en crue qui dévalent vers un misérable barrage de papier.
  • C’est cette vague, ce tsunami, annoncé par tous les observateurs experts du phénomène depuis de nombreuses années (sans me targuer du statut d’expert, cela fait plus de cinq ans que je répète partout où je passe que cette vague ne peut être arrêtée), qui  nous atteint aujourd’hui.
  • Face à une telle déferlante, nous pouvons continuer d’essayer de renforcer les digues. Elles continueront de s’écrouler. Elles rendront aussi nos visiteurs un peu plus déçus, mais pas pour autant plus motivés à rentrer chez eux. Le nombre de retours volontaires est infime, demandez à l’Office des Etrangers, si prolixe à donner des chiffres sur les « invasions », ses chiffres sur les retours « volontaires ». Silence. Car ce chiffre est tellement faible qu’il ne franchirait jamais la barrière statistique du pourcent de quoi que ce soit…
  • La solution est pourtant évidente: toutes les populations qui ont eu affaire à des fleuves en crue ont d’abord tenté de discipliner l’eau en l’arrêtant par des barrage. C’est ainsi que le Nil fut d’abord un fleuve charriant plus de cadavres que de richesses. Jusqu’au jour où l’on découvre que l’énergie mise en vain à arrêter le torrent peut être utilisée avec bonheur à canaliser le fleuve, pour irriguer les terres alentour.
  • Les faits, toujours les faits, nous montrent que malgré les obstacles que nous mettons sur leur chemin, les migrants qui débarquent chez nous sont plus efficace pour entrer dans la vie économique et sociale que n’importe quel autre personne nantie des mêmes moyens de départ. Près des trois quarts des migrants ayant obtenus une régularisation ne sont plus dépendants des systèmes sociaux, mais au contraire en sont des contributeurs nets, et ce quatre ans après leur arrivée. Sur la même période de temps, il est simplement accidentel qu’une personne régulièrement installée dans notre système social arrive au même résultat. Ce sont eux, ces migrants, qui peuvent nous aider à relancer et à repenser notre mode de vie. Ce sont eux la richesse de demain.

Les neurosciences nous enseignent que l’être le plus rationnel est parfois incapable de prendre une décision importante, un peu comme si notre capacité à analyser obturait dans notre cerveau notre capacité à décider. Dans ce cas, l’émotion agit un peu comme une clé, qui ouvre un espace dans l’ensemble des données analysées et permet enfin de choisir un chemin.

Ne serait-il pas temps que les émotions d’aujourd’hui permette enfin à ceux qui nous gouvernent, politiciens mais aussi (et surtout ?) médias, de communiquer que le choix qui se présente à nous, ce n’est pas de laisser entrer ou non chez nous tous ces migrants: ils finiront par entrer. Le choix qui se présente à nous, c’est de les accueillir humainement et de construire avec eux l’avenir de notre partie du monde, dans le respect de nos modes de vie, et dans le respect de leurs individualités, car si nous ne faisons pas ce choix, l’alternative est de les accueillir dans l’hostilité et de multiplier les « jungle de Calais » au milieu de nos jungles urbaines, au risque de voir les unes s’opposer aux autres dans une escalade de violence.

La question n’est déjà plus de savoir s’il faut s’afficher #refugeeswelcome. Le hashtag qui me caractérise en tous cas, s’appelle plutôt #everybodywelcome, car, comme je l’écrivais déjà en décembre 2013, no body is illegal.

Un défi, plus qu’une victoire

Une collègue de travail a placé ce soir sur les réseaux sociaux un poème déjà entendu à de multiples reprises. Comme je la suspecte peu d’activisme politique, il s’agissait sans doute d’une bienveillance remplie d’innocence.

– « C’est risqué », dit l’expérience
-« C’est sans issue » ,dit la raison.
– « C’est impossible », dit la fierté.
– Mais « Essayons » murmure le Coeur …

Il me semble que c’est un peu la sensation qui m’envahit en voyant s’afficher les résultats qui nous arrivent d’Athènes ce soir.

Je n’ai pas caché ma sympathie pour le « non ». Je n’ai pourtant aucune envie d’entamer une danse de victoire, ou de chanter quelque chant que ce soit, ici ou place Syntagma.

Y aura-t-il un « avant » et un « après » 5 juillet 2015 pour l’Union Européenne ? Verra-t-on enfin les préoccupations sociales occuper enfin le devant de la scène ?

Une chose me frappait dans une discussion tenue ce soir avec un de mes contradicteurs (au sens premier de participant à une discussion) préférés, chose que  je n’avais pas encore vraiment mis dans la balance de mes réflexions: comment les roumains, les bulgares et tous les autres peuples européens vivant dans une extrême précarité dans notre Europe de l’argent pourraient-ils accepter un accord qui libère la Grèce de son endettement sans leur permettre à eux aussi de bénéficier d’un traitement de faveur?

Le résultat du référendum ne marque pas une « victoire » de la Grèce contre l’Europe. Il comporte cependant une dose non négligeable de nationalisme. Le dernier discours d’Alexis Tsipras allait clairement dans ce sens. Ce résultat, il marque en quelque sorte le moment où la boule de neige « prend » et passe de l’agrégat de flocons à la fusion glacée. Elle est au sommet d’une pente qui part dans de nombreuses directions, et nul de peut dire où elle roulera, et ce qu’elle emportera sur son passage.

Ce qui est donc intéressant pour moi, ce n’est pas tant le fait que le résultat soit un « oui » ou un « non », mais bien que, face à un conflit d’intérêt majeur au sein de l’union européenne, portant sur des questions de priorités politiques, un gouvernement a pu invoquer une « clause de conscience » en s’en référant à son peuple. La question n’était pas tant de savoir si les grecs allaient être pour le oui ou le non, mais bien de savoir s’ils suivraient leur premier ministre dans cet appel à la clause de conscience. Le résultat semble très clair sur ce point.

Nous allons donc observer comment l’écosystème européen va maintenant devoir s’adapter à cette nouvelle situation. Rejet ou adaptation intégrative ? Ce sera bien entendu tout l’intérêt de ce qui va suivre. Car, comme j’aime à le répéter si souvent en citant T.S. Elliot,

Nous ne cesserons point nos investigations
Et le terme de notre quête
Sera d’arriver là d’où nous étions partis
Et d’en savoir le lieu pour la première fois…

Un presse servile et sans esprit critique

C’est en lisant leurs éditoriaux de ces derniers jours (et en particulier ceux du « Soir ») que j’ai été frappé de la facilité avec laquelle la pensée unique européenne avait pu se frayer un chemin dans la tête de nos meilleurs éditorialistes.

C’est à croire que la crainte des conséquences pour les euro-conformistes (ceux qui pensent devoir suivre les ukkases du FMI et de l’Eurogroup) d’un « Non » du peuple grec au référendum qui lui sera proposé dimanche tétanise ceux qui devraient réveiller notre opinion publique.

Balayés du revers de la main les journées d’enthousiasme lorsqu’une nation se levait pour demander que l’on restaure sa dignité.

Balayées du revers de l’autre main les études qui démontrent les unes après les autres la vanité des politiques d’austérité pour relancer un système économique qui tourne le dos aux hommes pour ne rémunérer que les capitaux.

Oubliées les analyses et les critiques venant du monde académique – des penseurs indépendants – et qui vont presque toutes dans un sens assez logique: cela fait maintenant vingt ans que l’on nous sert de l’austérité et cela fait vingt ans que les différences entre riches et pauvres s’exacerbent. Cela fait deux cents ans que l’on nous fait croire que c’est le travail qui enrichit alors que la seule certitude, c’est qu’il use la santé de millions de travailleurs. Cela fait des décennies que ces vieilles recettes montrent qu’elles ne fonctionnent que pour les nantis et les rentiers, mais qu’elles créent plus de misère, plus de précarité. Cela fait longtemps que l’on sait, que l’on voit que ces recettes prônées par le FMI, la BCE, l’Eurogroupe ne fonctionnent pas. Qui pourrait dire le contraire ? Qui peut montrer une réduction des écarts de pauvreté après une cure d’austérité ?

La tâche d’un éditorialiste indépendant ne serait-elle pas aussi d’aider ses lecteurs à se poser des questions sur l’intérêt d’un changement, d’une vraie expérience alternative ? Regardez l’Islande qui  a choisi, elle aussi par un choix populaire, de refuser les diktats de la Troïka d’alors qui voulait lui imposer également une réduction de la couverture sociale pour sortir de sa crise bancaire. Elle est aujourd’hui sortie gagnante de sa crise. Ses dettes finiront par être régularisées. Mais elle a choisi un autre chemin que celui de l’austérité.

La Grèce n’est pas l’Islande, loin s’en faut. Mais en six mois, ce pays a tenté de – et jusqu’ici réussi à – démontrer qu’un peuple pouvait faire le choix d’une alternative, être écouté par ses dirigeants élus, et relancer un vrai processus de démocratie participative. C’est avoir un mépris indigne pour la population grecque que de lui renier le droit de se prononcer sur un texte complexe sous prétexte qu’il ne peut le comprendre: ce texte n’est pas plus compris par Mr Michel que par le grec moyen ! Ce que les ministres de l’Eurogroupe ont compris, c’est ce que les technocrates de leurs administrations et du FMI leur ont expliqué.

Mais le peuple grec est parfaitement capable de comprendre que deux thèses s’opposent: soit ils choisissent de se résigner à plus d’austérité, à des choix aussi explicites que « moins de taxes pour les riches, moins de sécurité sociale pour les pauvres », soit ils tentent quelque chose de vraiment différent « nous nous occuperons de nos dettes (qui ne concernent que les banques et dont le non remboursement n’aura un impact réel que sur les détenteurs de dette privée grecque – c’est à dire des rentiers occidentaux) plus tard, nous nous occupons de notre santé et de notre survie maintenant. Ce faisant, nous activons un multiplicateur de croissance important (voir les études publiées dans ‘The body economics’ sur l’Islande) et contribuons à la relance de l’économie grecque en préservant le minimum vital pour chaque citoyen »

Est-il donc si compliqué pour un éditorial de rappeler – avec ses propres nuances – que c’est là que se situe le choix des grecs, mais aussi de l’Europe ?

Il suffit de voir l’engouement suscité par l’initiative de crowdfunding sur le Greek Bailout Fund pour comprendre qu’il y a de  nombreuses personnes en Europe qui pensent que l’attitude des institutions européennes et internationales est indécente.

Cela fait longtemps que la presse nationale ne publie plus les lettres et courriers de leurs lecteurs. Elle ne nous donne en pâture que des tweets populistes ou des articles d’experts. Mais alors, ne faudrait-il pas que les éditorialistes gardent la distance nécessaire par rapport aux premiers pour se concentrer sur les débats proposés par les seconds ?

Ce qu’il est grand temps que la « forteresse europe » entende…

Après avoir ouvert ses frontières aux riches, l’Europe ne cesse depuis des décennies de tenter de les fermer aux démunis. A ceux de l’intérieur comme à ceux de l’extérieur.

Et elle ne cesse de faire le constat que ces barricades qu’elle met devant sa porte n’empêchent aucun migrant (intérieur ou extérieur) d’arriver. Sans voir que l’énergie et les moyens consacrés à la construction de ces barrières inutiles pourraient être utilisés à favoriser l’intégration de ces migrants.

Fatou Diome exprime cela avec une justesse et une franchise qu’il est grand temps que nous écoutions

Les 12 mesures qui n’empêcheront jamais un fou de commettre un acte terroriste

Après les attentats dramatiques et ignobles qui ont frappés la France et la Belgique au coeur de leurs valeurs fondamentales ces dernières semaines, on attendait logiquement de nos gouvernants qu’ils prennent des mesures symboliques pour protéger les populations des actes de folies de quelques fanatiques, sans mettre en danger ces valeurs mêmes qui ont été attaquées de l’extérieur.

C’était sans doute oublier que les gouvernements (et singulièrement le nôtre) sont aujourd’hui inféodés aux mouvements populistes qui profitent de la mauvaise gestion des crises économiques et sociales pour instiller leurs politiques de peur, de haine et d’exclusion.

Ainsi, on a sans surprise pu constater que les douze « mesures » prises par le gouvernement N-VA (car, au vu de la campagne d’affichage, il n’y a pas de doute, c’est la N-VA qui est au commande)

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allaient toutes dans le même sens: la réduction de nos libertés fondamentales. En quelque sorte, au nom de la défense de nos libertés fondamentales, pour lutter contre des gens qui sont prêt à mourir – et qui le prouvent – parce que leurs valeurs vont à l’encontre de ces libertés fondamentales, nous allons … réduire les libertés fondamentales.

Quelle plus belle victoire pouvons nous offrir aux radicaux de tous poils que d’agir dans le sens qu’ils veulent imposer à l’histoire, sous prétexte de les retarder dans leur combat ?

On aurait pu espérer, comme je le lisais hier encore sous la plume d’Anne Löwenthal et d’autres, que les fameuses douze mesures ressembleraient plutôt à ceci (piquées à Anne Löwenthal sur son mur Facebook):

1. Une réforme en profondeur de l’enseignement
2. La création d’un service d’accueil et de désintoxication des jeunes embrigadés par des extrémistes
3. La fin des exclusions des chômeurs et la réintégration des exclus
4. Un renforcement des associations d’alphabétisation
5. L’instauration d’une allocation universelle avec un partage du temps de travail
6. L’ouverture de crèches pour garantir un accueil de qualité à tous les enfants
7. Une réelle gratuité de l’enseignement
8. Un renforcement des moyens alloués à la culture
9. Un renforcement des services sociaux
10. La suppression des SAC
11. L’intensification de la lutte contre les discrimination
12. La fermeture des prisons au profit de mesures alternatives

Je ne dis pas que je partage à 100% ces propositions (en tous cas dans l’optique d’une lutte contre le radicalisme religieux), mais une chose me paraît certaine:

Aussi longtemps que nous nous contenterons de renforcer les mesures répressives à l’égard de gens qui n’aspirent qu’à devenir des martyrs, nous renforcerons leurs motivations à agir et donc risquons principalement d’être contre-productifs. Faire un mort chez les radicaux, c’est aussi motiver 10 autres à se lever.

Les mesures de protection des populations civiles ont du sens, aussi longtemps qu’elle ne serve pas principalement à restreindre les libertés individuelles. Or ce que va faire notre gouvernement c’est diminuer nos libertés individuelles (plus d’écoutes, plus de contrôles a priori, plus de délits de sale gueule, plus de fichage, moins de liberté d’association, …)

Les vraies mesures de prévention vont dans le sens de l’éducation et de la désintoxication: quels moyens sont aujourd’hui mis à la disposition des enseignants, confrontés aux discours d’ados en révoltes – rappelons que c’est le rôle d’un ado d’être en révolte – qui soutient les thèses complotistes ? Quels espoirs leur donner pour leur avenir ? Dans quelle mesure les responsables d’entreprise qui ont défilés dimanche dernier seront-ils moins curieux de la couleur de la peau des candidats employés pour ne se concentrer que sur les compétences offertes ? Verra-t-on demain la grande fraternité des marches « Charlie » se transformer en une fraternité et une égalité réelle face à l’emploi, à l’aide sociale, à la solidarité en général ?

Le débat n’est pas tant celui de l’intégration que celui de la véritable égalité des chances. Aussi longtemps que des jeunes se sentiront exclus de notre société parce qu’ils n’ont pas le bon patronyme, la bonne couleur de peau, le bon accent, le bon vêtement sur eux, la bonne casquette, le bon couvre-chef (honnêtement, qu’est-ce qui est le plus ridicule, le dernier bibi de Mathilde où le foulard de votre voisine ?), ces jeunes se regrouperont et écouterons ceux qui savent utiliser leurs ressentiment normal pour les transformer en martyrs potentiels.

Finalement, ce qui est le plus étonnant, ce n’est pas que quelques dizaines de jeunes exclus deviennent des terroristes. C’est que devant l’absence d’action contre l’exclusion, il n’y en ait pas des milliers…

 

Les mauvais combats d’Yvan Mayeur

(c) RTBF 2014
(c) RTBF 2014

Les dernières décisions d’Yvan Mayeur me laissent perplexe. D’une part, j’apprends par la presse qu’il interdit au chef de corps de la police de Bruxelles de recevoir dans ses locaux la visite du ministre de l’Intérieur; d’autre part, la même presse m’annonce que le même bourgmestre de Bruxelles choisit de ne pas accéder à la demande d’Ecolo d’interdire Eric Zemour sur le territoire de la ville.

Je le (re-)dis tout net: je n’aime pas les propos racistes tenus par Monsieur Zemour et je n’aime pas les fréquentations (au moins anciennes) de Monsieur Jambon.

Néanmoins, autant je crois qu’il est inutile d’interdire à Monsieur Zemour de venir se produire dans une grande librairie du centre ville (qui prends ainsi le risque de s’éloigner d’une partie importante de ses clients), autant je crois que c’est une erreur de la part de Monsieur Mayeur de frapper d’ostracisme le Ministre de l’Intérieur. Les vrais combats pour la démocratie doivent se mener à un autre niveau.

Nul n’est obligé d’aller écouter Eric Zemour lors de sa visite en Belgique, nul n’est obligé de le financer en achetant son livre. Que ses employeurs lui fassent subir les conséquences de ses déclarations me parait une réponse proportionnée aux propos qu’il tient. Mais on voit bien que le refus d’Yvan Mayeur n’est pas tant dirigé vers le respect des règles démocratiques: il s’agit simplement d’un acte politique à l’égard d’un parti de son opposition.

Sur le refus de laisser le Ministre de l’Intérieur apporter la bûche de Noël aux policiers ce 24 décembre il me semble ici que les reproches justifiés faits à Monsieur Jambon pour ses fréquentations passées ne doivent pas l’empêcher de jouer son rôle, aussi longtemps que celui-ci se déroule dans un cadre démocratique. Il faut me semble-t-il accepter de séparer la fonction de Ministre de l’Intérieur de celui qui l’exerce, aussi longtemps que l’homme ne commet pas d’actes incompatibles avec sa fonction. C’est ce qui fait pour moi la différence entre Jan Jambon et Théo Francken. Ce dernier a posé, après sa prestation de serment comme Secrétaire d’Etat, des actes qui sont incompatibles avec sa fonction. Comme il le fait encore aujourd’hui avec la question des visites domiciliaires chez les sans papiers. Je ne crois pas que ce soit le cas de Monsieur Jambon.

De plus, d’un point de vue purement stratégique, Yvan Mayeur devrait être beaucoup plus prudent. Il traîne lui même derrière lui une série de casseroles – assez caractéristiques des casseroles classiques du PS – qui pourraient décrédibiliser totalement ses actes soit disant « démocrates ».

La Belgique est devenue aujourd’hui un pays qui  ne respecte plus les droits de l’homme. Les fondements de la démocratie sont en danger. Les intérêts de quelques riches passent avant la survie de 15 pour cent de notre population. Les solidarités quittent le domaine public pour rejoindre celui de la charité privée. Il est encore possible aujourd’hui d’écrire ce que l’on pense mais même cette liberté fondamentale risque d’être mise à mal. La presse libre est muselée par les intérêts financiers, et ce sont les feuilles de propagande populistes qui font l’actualité du citoyen ordinaire, l’abreuvant de peurs des autres, de haine de la différence et créant d’inutiles besoins sécuritaires.

Dans ce contexte, il est important de choisir habilement ses combats et ses cibles, afin de pointer les actes inacceptables tout en laissant aux hommes la possibilité de rester eux-mêmes. Et à ce petit jeu, Monsieur Mayeur vient, me semble-t-il de commettre quelques erreurs qui en font plus une marionnette de Bart de Wever qu’un héros de la résistance.

La pensée totalitaire de Jacqueline Galant

jacqueline galant

La toute fraiche ministre de la Mobilité s’est dite ce mercredi « étonnée » de ce que la SNCB émette des billets « événements » pour les personnes qui voudraient rejoindre la manifestation de jeudi 6 novembre, contre le gouvernement dont elle fait partie.

Peut-être aurait-elle besoin de quelques rappels sur la nature de la démocratie et sur les méthodes utilisées par la plupart des régimes totalitaires pour s’installer au pouvoir.

Mais en préambule, je voudrais juste rappeler à Mme Galant (qui de toutes manières ne me lit certainement pas) qu’il s’agit là d’une tempête dans un verre d’eau. En effet, inscrivez vous comme groupe sur le site de la SNCB et demandez un « prix de groupe » pour au moins 15 personnes voyageant ensemble, et vous obtiendrez un prix similaire à celui que paieront les 50 à 100.000 personnes attendues demain à Bruxelles. En anticipant une réservation massive par les syndicats et en émettant un billet spécifique pour cet événement, notre société de chemin de fer n’a fait que de la bonne gestion. Elle s’est évitée l’obligation de gérer des centaines de commandes de billets de groupes, tous à calculer dans des délais presque intenables. Ce simple fait aurait du inciter la ministre à féliciter son patron des chemins de fer, plutôt que de le sermonner. Mais bon, Madame la Ministre nous a déjà habitué à sa manière très particulière d’utiliser le boulier compteur…

Maintenant, sur le fond, les affirmations de Madame Galant sont beaucoup plus inquiétante. Quand je l’entends déclarer à la radio (écoutez par exemple le journal de 22 heures ce mercredi) que si une manifestation contre le gouvernement est considéré comme un événement amenant la SNCB à émettre des billets à prix réduits, « on doit vraiment redéfinir cette notion d’événement ». Payer moins cher pour regarder passer le Tour de France, c’est normal – ça ne mange pas de pain et ça ne risque pas de causer de la contestation. Donner les moyens aux citoyens de s’exprimer paisiblement à un prix raisonnable, si c’est pour s’opposer au gouvernement, ce n’est plus un événement (comment cela s’appelle-t-il alors ? subversion ? terrorisme ?).

Redéfinir une partie d’un vocabulaire commun (comme le mot événement) pour qu’il ne puisse définir une situation de contestation, cela tient de la novlangue, cette redéfinition de la langue propre aux régimes totalitaires. Cela nous donne le ton de quelque chose qui me fait de plus en plus peur. En clair le message est « si vous utilisez les moyens légaux existant pour faciliter l’expression démocratique à fin de marquer votre opposition à la politique de notre gouvernement, vous serez privé de ces mêmes moyens ».

A mon avis, à ce rythme là, les prochaines instructions que Madame Galant recevra de Monsieur Michel (à moins que ce ne soit directement de Monsieur De Wever ?) ce sera d’interdire toute forme de billet à prix réduit pour les immigrés, les réfugiés politiques et surtout économiques. Et pour être sur qu’ils ne trichent pas, on leur demandera de porter un signe distinctif quelconque au revers de leur veste ???

La déclaration de Jan Jambon que les médias n’analysent pas assez

J’ai déjà parlé de ce point dans un post précédent. Il y a une déclaration de Jan Jambon qui me paraît plus grave que toute autre dans la bouche d’un ministre de l’intérieur, c’est cette intention exprimée d’utiliser les outils à sa disposition pour empêcher notre système démocratique de fonctionner normalement. Comment la presse ne se saisit-elle pas de tels propos pour interpeller le personnel politique ?

Petit rappel: lorsque le 12 ou le 13 octobre, il parle de la philosophie qui a prévalu dans la construction de l’accord de gouvernement « N-VA-CD&V-Libéraux », Jan Jambon déclare explicitement ceci:

« Notre crainte, c’est que le PS revienne à la prochaine législature et détricote toutes les réformes que nous aurons entreprises. C’est pour cela que nous voulons un changement des institutions : pour sécuriser les réformes socio-économiques, juridiques, sur l’asile et l’immigration, etc »

Et clairement, les mesures qui sont déjà annoncées par ce gouvernement démontrent une volonté d’avancer dans cette direction:

  • participation de l’armée aux forces de maintien de l’ordre
  • répression des plaintes « manifestement injustifiées » à l’égard de policiers
  • modification du code électoral (suppression de l’effet dévolutif de la case de tête)
  • augmentation du nombre de caméras de surveillance
  • utilisation de l’argument de lutte contre le terrorisme pour surveiller de plus près tout qui serait considéré comme « subversif ».

pour ne citer que quelques unes des mesures liberticides qui nous attendent.

Vouloir changer les institutions pour éviter qu’un parti – pourtant légitime et respectueux de la démocratie – ne puisse plus accéder au pouvoir, c’est vouloir museler la démocratie non pas pour la protéger, mais bien pour la détruire.

Mettre aux commandes du ministère de l’Intérieur un homme qui a démontré par ses paroles et par ses actes qu’il ne fait que peu de cas des valeurs démocratiques, c’est tendre au parti liberticide le bâton pour nous battre.

Je lis sur de nombreux forums de discussion qu’il faut laisser à ce gouvernement le temps de mettre en place ses réformes socio-économiques pour voir si elles fonctionneront. Et s’il s’agissait d’un gouvernement de centre droit qui voulait mettre en place de telles politiques, sans ambitions cachées, je serais tenter de dire en effet: voyons un peu quels effets ces mesures vont avoir, et maintenons le cadre démocratique.

Mais ici, les réformes socio-économiques sont mise en place pour renforcer aux yeux de l’opinion politique flamande la perception d’une Wallonie qui ne veut pas travailler, et obtenir ainsi l’indépendance à laquelle semble tellement aspirer la N-VA et le VB. Le scénario est machiavélique:

  • la N-VA participe à un gouvernement en s’engageant à ne pas « faire de communautaire » et de fait, la déclaration gouvernementale ne comporte formellement aucun élément en ce sens: la N-VA est donc fréquentable…
  • le personnage clé de la N-VA, pourtant premier parti au gouvernement, ne prend pas le poste de premier ministre qui lui revient de droit. Au contraire, il s’installe au balcon de l’Hôtel de Ville d’Anvers (ou pire sur la place Tien An Men) pour observer « les foutaises » que les wallons ne manqueront pas de lancer…
  • le MR, aveuglé par cette étrange opportunité de pouvoir gouverner sans devoir se coaliser dans sa communauté, doit donc faire toutes ses concessions en termes d’influences communautaires et fédérales. Résultat: il hérite de la diplomatie, sans obtenir aucun ministère régalien. Il sera donc celui qui n’a rien à dire ni dans le domaine économique, ni dans le domaine social, ni dans celui de la sécurité, ni dans celui de la justice, mais qui devra affronter les instances internationales pour défendre les actions du gouvernement…
  • la N-VA, nouveau et inexpérimenté sur la place fédérale, y envoie ses cadors. Et là, il apparaît immanquablement que ceux-ci sont loin d’être des anges en terme de valeurs démocratiques: liens marqués avec l’extrême droite, amitiés collaboratives, comportements publics appelant ouvertement à la désobéissance civile, propos racistes et homophobes, nous en passons et des meilleures… Et lorsque des dérapages surviennent, comme ils n’ont pas (ou ne veulent pas avoir) de personnel de rechange au niveau approprié, ils arrivent à forcer leurs « partenaires » à se transformer en sous-fifres. « Attention dit Charles Michel le 14 octobre, si ça se reproduit [les scandales autour de Théo Francken], je vais me fâcher tout rouge, c’est inadmissible ». Et quand le 15 octobre, on apprend que l’on était loin de tout savoir sur le comportement homophobe et xénophobe du bonhomme… on se contente de fausses excuses
  • Le MR va être mis sous une pression énorme dans les prochains mois. Les syndicats vont occuper la rue. Les grèves vont se succéder, les bus et les trains ne circuleront pas, la poste ne distribuera plus le courrier… soit le MR tiendra le cap, soit il ne le tiendra pas.
  • Si le MR tient le cap, il ne pourra le faire qu’en faisant de plus en plus de concessions à ses partenaires. L’argument selon lequel il faut aussi obtenir « quelque chose » pour les wallons et les bruxellois risque de motiver la N-VA tout autant qu’un steak végétarien peut faire bouger un chacal. La Wallonie et Bruxelles souffriront tant et tant qu’en 2019, le désir de se séparer du reste du pays risque d’être aussi élevé, voir plus fort, au Sud qu’au Nord.
  • Si le MR ne tient pas le cap, la N-VA pourra crier à la démonstration absolue que « décidément ce pays ne peut plus fonctionner sous les diktats en formes de foutaises wallonnes et bruxelloises », renforçant encore sa position en Flandre et aggravant en tout état de cause le fossé entre Flandre, Bruxelles et la Wallonie.

Le résultat de cette analyse, c’est que d’une manière ou d’une autre, la 7ème réforme de l’état est en train de se dérouler sous nos yeux. Sans révision de la constitution, sans avoir l’air d’y toucher, et en reportant toute la responsabilité de la rupture finale sur les wallons et les bruxellois. Et c’est très clairement en renonçant à ses promesses de ne jamais gouverner avec la N-VA, pour assouvir une petite vengeance de court terme (son éviction des exécutifs régionaux et communautaires) que le MR a précipité cette situation.

Mais le MR est-il seul responsable du côté francophone ? Même s’il lui revenait de faire preuve de courage politique, il n’a sans doute pas reçu du PS et du CdH suffisamment de signaux d’encouragement pour s’engager sur une autre voie. Car les majorités alternatives existaient. Il y avait moyen, une fois encore, de se passer de la N-VA. Il y avait sans doute moyen aussi d’envisager non pas un enterrement de première classe pour notre démocratie, mais bien un sursaut des valeurs.

Il devait bien y avoir moyen quelque part, de redonner de vrais accents sociaux à une politique gouvernementale. De se décider à regarder par exemple pour une fois autrement notre politique migratoire. De se baser non plus sur les réflexes populistes du repli sur soi, mais sur les données plus rationnelles des grands centres de recherches (de droite, de gauche ou d’ailleurs) qui tendent toutes à prouver qu’une politique d’ouverture aux migrations permet une relance de l’économie, une augmentation des revenus de tous, une baisse du chômage.

Il apparaît cependant que tous les partis sont aujourd’hui concentrés sur l’activation d’émotions immédiates chez l’électeur. Alors même qu’un gouvernement qui se voudrait réellement de progrès social disposerait de cinq longues années pour éduquer et informer tout en agissant, ni les uns, ni les autres n’ont fait les démarches nécessaires.

Je ne renvoie pas dos à dos MR, PS et CdH. Je condamne sévèrement (mais ils s’en fichent comme un poisson d’une pomme) le MR de cautionner ce qui nous attend. Je crois cependant que tant le PS que le CdH (et dans une certaine mesure Ecolo-Groen et le FDF, ne peuvent se dédouaner de n’avoir pas fait assez d’effort pour offrir une véritable alternative à ce qui nous arrive aujourd’hui.

Lorsque dans ma classe ou dans les couloirs de mon école j’entends des propos parfois moins haineux que ceux qui ont été échangés ces derniers mois entre femmes et hommes politiques de ce pays, j’interviens pour redire ce qui me semble le bon sens: la haine n’amènera jamais des voisins forcés à vivre à côté l’un de l’autre à le faire mieux. Je trouve regrettable qu’ils puissent me répondre aujourd’hui en me disant que si ceux qui nous gouvernent se le permettent, pourquoi ne se le permettraient pas eux-mêmes.

Thierry Afschrift: le libertaire qui ne disait pas son nom

L’homme est un habitué des médias, dans lesquels il pourfend généralement « la rage taxatoire » de l’état à l’encontre de ses richissimes clients. Spécialiste de l’ingénierie fiscale (c’est le nom que l’on donne à la fraude quand vous avez plus de 5 millions d’euros à dissimuler au fisc), cet avocat défraie aussi la chronique pour ses frasques personnelles, comme ses déboires avec l’administration fiscale concernant l’immatriculation de son Hummer.

J’ai donc failli avoir un accident lorsque j’ai entendu le contenu de son tweet de ce week-end.20141010 Tweet Afschrift

 

 

et j’ai failli emboutir la voiture précédente en entendant son intervention dans l’émission Ce Qui Fait Débat dans « Soir première », que vous retrouvez en PodCast ici.

Je crois qu’il est vraiment intéressant de voir que même les valeurs ultra-libérales sont bafouées par ce gouvernement qui va principalement se concentrer sur des actions populistes. Toutes les informations distillées jusqu’ici vont dans ce sens. Assimilation des immigrants en situation illégale à des criminels, « travaux d’utilité publique » imposés aux chômeurs, mise à disponibilité de l’armée pour des missions de maintien de l’ordre…

Comme je l’indique dans un post précédent, il s’agit d’utiliser les résultats d’un processus électoral démocratique pour mettre en danger la démocratie elle-même. Avec un peu de (mal-)chance, l’écriture d’un article comme celui-ci sera un délit dans quelques mois !

Il est donc grand temps d’entrer en résistance civile contre les nombreuses atteintes aux droits démocratiques qui nous attendent.

20141010 Tweet Afschrift

Le coup d’état annoncé de Jan Jambon.

« Notre crainte, c’est que le PS revienne à la prochaine législature et détricote toutes les réformes que nous aurons entreprises. C’est pour cela que nous voulons un changement des institutions : pour sécuriser les réformes socio-économiques, juridiques, sur l’asile et l’immigration, etc »

C’est avec ces mots que le nouveau Ministre de l’Intérieur exprime le programme du nouveau gouvernement. Et, loin des polémiques (pas vaines) sur le caractère plus ou moins fascisant du monsieur en question, ces mots m’inquiètent plus que tous autres.

Jan Jambon – c’est bien de lui qu’il s’agit – déclare dans cette phrase que ce gouvernement veut un changement des institutions qui soit destiné à empêcher un gouvernement ultérieur de revenir sur les réformes qu’ils auraient entreprises. Il s’agit là purement et simplement de la définition d’un changement radical de régime politique. N’est-ce pas le fondement même d’un régime démocratique que de permettre au électeurs de donner les clés de la gestion du pays à un gouvernement pour une période déterminée, et avec la possibilité claire et nette de revenir en arrière si les solutions proposées par ce gouvernement ne fonctionnent pas ?

Les propos de Monsieur Jambon font peur. Il nous dit clairement: nous allons changer le système politique dans lequel nous vivons, pour que les électeurs ne puissent plus demander un changement après notre passage.

On laissera peut-être au nouveau vice-premier ministre le bénéfice du doute sur ses intentions lorsqu’il fréquentait le Sint Martensfonds et sa légion SS, mais on ne pourra pas dire qu’il ne nous a pas prévenu de ses intentions pour la législature actuelle.

A votre santé !

 

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Voici donc le ministre le plus populaire du gouvernement Michel… Je n’ai jamais voulu attaquer Madame De Block sur son physique, et ce n’est pas mon intention aujourd’hui. D’autres l’ont fait, se posant la question du « modèle » que donnait un pays en confiant les rênes de son système de santé à une personne qui assume pleinement son rôle d’icône du plus gros fléau sanitaire de notre société dite d’abondance. Peut-être y reviendrais-je plus tard, un jour où mon humeur me garantira plus de respect pour le personnage.

Nous connaissions Mme De Block et son rôle de kapo dans l’équipe Di Rupo. Libérée de toute contrainte morale, responsable de la Santé dans un contexte de passage à l’ultra-libéralisme, c’est l’ensemble des populations fragilisées du pays qui va faire connaissance avec ses méthodes. Elle va exceller à reporter sur ceux qui ne seront jamais ses « clients » électoraux les réductions financières drastiques que ce gouvernement ne manquera pas de mettre en place dans le secteur des soins de santé. Maisons médicales au forfait, hôpitaux situés en zones défavorisées, allocataires sociaux en tous genres, préparez vous au pire. Maggie fait ce qu’on lui dit de faire. Attendons donc ces premiers actes, cela ne devrait pas tarder.

Quand un élu Ecolo dérape…

La toile se gausse aujourd’hui de la nouvelle parodie de « La Chute » réalisée par Stéphane Vanden Eede, élu écolo, conseiller CPAS à Ottignies-Louvain-la-Neuve et conseiller politique à la présidence du parlement wallon (ne voulant pas contribuer plus à la diffusion de ce torchon, je vous laisse le rechercher par vous même. Indice: Sud Presse adore !). Dans ce nouvel avatar, c’est Charles Michel qui est « incarné » par le personnage de Hitler et qui exprime toute sa rage et tout son désespoir face à la défaite politique qui fait suite au succès électoral, en rejetant la faute sur Didier Reynders, Willy Borsus et Corentin de Salle.

Quelle mouche a donc piqué le politicien vert pour ainsi tomber plus bas encore que ceux qu’il dénonce. Avec une telle vidéo, il se met au niveau des Laurent Louis et autre Alain Destexhe, remuant les plus viles émotions et les images les plus ignobles pour attaquer personnellement des gens qui restent aussi des êtres humains.

Tout qui me lit régulièrement sait mon aversion pour les politiques prônées par le Mouvement Réformateur, et peut facilement s’imaginer que le rejet du MR dans l’opposition pour quelques années ne peut que me réjouir. Leur projet politique ne passera pas. Mais électoralement parlant, c’est bien l’amertume de la défaite électorale qui me semble se cacher derrière l’opus de Stéphane Vanden Eede.

Je suis curieux de savoir si le parti écolo sera aussi sévère envers un populiste « de l’intérieur » qu’il peut l’être vis à vis de ceux auxquels ils s’opposent.

Et quand il déclare:

« Cette parodie, tirée du film ‘La Chute’ d’Oliver Hirschbiegel n’a, en aucun cas, l’intention d’assimiler les personnages d’aujourd’hui à Hitler, au nazisme ou aux événements qui endeuillèrent le monde entre janvier 1933 et août 1945 », précise le politicien. « Si j’avais trouvé des images de Martine ou des Barbapapa qui s’y prêtaient je les aurais utilisées de la même manière ».

Stéphane Vanden Eede sait très bien qu’il commet une immense hypocrisie. Ce qu’il a cherché, c’est l’odieux qui remue les tripes, et il n’avait bien entendu aucune chance de le trouver, ni chez Martine, ni chez les Barbapapa. Un politicien respectable soutient ou attaque des politiques, mais respecte toujours les hommes. Sans réaction rapide, claire et sévère de l’appareil du parti Ecolo, c’est celui-ci tout entier qui devra alors bien admettre être devenu un parti populiste.