A quoi servent les sanglots d’une Ministre (même Canadienne) ?

Voilà qui fera sans doute le buzz sur les réseaux sociaux pendant quelques heures au moins: la ministre canadienne du commerce (lisez quand même bien son titre) a annoncé, des sanglots dans la voix, combien elle était triste de l’impossibilité de l’Europe de conclure un accord avec son « gentil » pays. Elle a même ajouté que la seule bonne nouvelle de sa journée était qu’elle allait retrouver demain ses trois gentils enfants. Continuer la lecture de A quoi servent les sanglots d’une Ministre (même Canadienne) ?

Lettre ouverte d’un vieux déchet à Madame Doris Blanco

Chère Madame Blanco,

Votre nom est apparu ce 11 septembre sur mon écran de télévision au cours du reportage sur la pénurie de places dans les écoles secondaires du Nord Ouest de Bruxelles, lors du JT de 19h30 sur la RTBF.

L’interview de vos amis Emanuele et Yannik Van Roy m’avait déjà relativement choqué. Ces personnes ont fait le choix d’habiter Wemmel,en Flandres, et donc de s’exclure des mécanismes « normaux » de l’inscription. Il n’y avait donc pas lieu de s’étendre sur une situation qui – de par le choix des protagonistes – devenait complexe.

Vos propos par contre, me sont directement adressés, ainsi qu’aux élèves que je rencontre tous les jours dans mon école multi-culturelle du Nord-Est de la ville (mais son profil n’est pas fondamentalement différent de celui des autres écoles où des places existent encore en 1ères communes). Vous êtes très explicite dans vos propos – mêmes si vous êtes « désolée » pour le terme employé : nous sommes des écoles « poubelles ». Ce qui, si vous voulez avoir l’honnêteté d’entendre vos propres mots avec les oreilles de ceux qui travaillent et étudient dans ces écoles, revient à les traiter de « déchets ».
Je serais en classe, je laisserais maintenant planer un long silence pour permettre à tous de réfléchir un instant.

C’est donc un professeur « déchet » qui va vous parler, vous pouvez donc jeter directement mes propos dans la poubelle, puisque c’est la place qui me revient. Mais si vous ne le faites pas, je vous invite à réfléchir à une autre de vos propres paroles: l’alternative à une école comme celle où je travaille, c’est de « le laisser là dans un bon enseignement avec heu… des valeurs et tout le reste… » et ce point m’intéresse, car je voudrais savoir quelles sont ces « valeurs » et comment vous les démontrez ?

Je vais essayer d’être aussi factuel que possible: l’école où je travaille compte des enfants venus de dizaines d’horizons différents, si ils sont assez nombreux à avoir la nationalité belge, je ne crois pas qu’ils soient nécessairement la majorité. Ils ne parlent pas tous français à la maison, mais tous sont bilingues, voir tri- ou quadri-lingues en arrivant chez nous. Et pourtant, bien peu sont filles et fils de fonctionnaires européens… Ils ont le teint brillant ou mat, la peau blanche, brune, jaune, noire, les cheveux de toutes les couleurs, avec ou sans foulard. Et aujourd’hui, jour de la fête de l’Aïd, un nombre non négligeable a choisi de rester en famille, même si cela n’est pas autorisé par « la loi ».

Ces enfants m’apprennent tous les jours à pratiquer les valeurs de respect des autres. Ces enfants m’obligent à me rendre compte qu’il n’y a pas sur terre que des femmes et des hommes européens, ayant vécu dans le confort de notre vieux continent pacifié depuis des générations, rompus aux codes sociaux que nous nous sommes construits. Ces enfants sont des adolescents qui revendiquent leur statut à coup de déclarations parfois choquantes, mais que nous pardonnerions tellement plus facilement si elles sortaient de la bouche de nos petits Nathan et Victor. Leurs marques de respect existent, mais ce sont celles qu’ils ont appris dans leur famille. Elles nous paraissent parfois incongrues ou anachroniques, mais eux non plus ne comprennent pas toujours ce que nous en attendons.

Je suis cependant persuadé que vos enfants auraient pu aussi faire l’expérience de telles écoles de manière positive. C’est en tout cas ce que me disent les parents que je rencontre. D’abord, ils auraient la joie et le bonheur de retrouver chaque soir leurs parents – et leurs en sauraient gré pour cela. Ensuite, ils apprendraient dès aujourd’hui à vivre avec ceux qui feront, qu’on le veuille ou pas, la génération de demain, et au lieu de la construire dans le conflit (« eux » dans leurs « écoles-poubelles » et « nous » dans nos internats-élitistes), ils le feraient dans l’apprentissage du dialogue et parfois aussi d’une enrichissante confrontation. Croyez vous que vos enfants bénéficieront de plus d’attention là où vous les envoyez ? La seule certitude que j’ai, c’est qu’ils se détacheront de vous, et que vous ne pourrez pas remplir votre rôle d’accompagnement comme vous auriez pu le faire en le gardant près de vous.

Vous êtes furieux contre la CIRI parce qu’elle vous propose des solutions qui ne vous conviennent pas ? Pourquoi une telle peur de voir des solutions nouvelles émerger ? Regardez le monde autour de vous ! A quoi ressemble-t-il le plus ? A votre internat (excellent en l’occurence) de Dinant ou à notre école des environs de Schaerbeek ? Je ne parle pas ici de votre monde rêvé, mais de la réalité quotidienne qui se construit.

Revenons à la question des valeurs. Le décret mission qui est le produit d’un processus démocratique (car oui, nous vivons dans une démocratie qui définit ses règles de fonctionnement) auquel vous avez peut-être participé (il est vrai que vous êtes encore jeunes et que c’était en 1997) précise les quatre missions de l’enseignement obligatoire en Communauté Française:

  1. promouvoir la confiance en soi et le développement de la personne de chacun des élèves;
    Pensez-vous servir la confiance en soi de votre enfant en l’isolant dans un cocon sécurisé qui l’écarte le plus longtemps possible de la réalité dans laquelle il est appelé à vivre ?
  2. amener tous les élèves à s’approprier des savoirs et à acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle;
    Hormis les affirmations non vérifiables des directions d’écoles et en l’absence de tout outil de comparaison sérieux, qu’est-ce qui vous indique que votre enfant pourra acquérir de meilleurs compétences – sachant en plus que vous ne pourrez assurer le suivi de ces acquis en raison même de la distance qui vous séparera de lui.)
  3. préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures;
    Est-il vraiment nécessaire que je commente ce point, qui me paraît fondamental si nous voulons pouvoir vivre demain dans un monde pacifié ? En qualifiant les autres cultures de « cultures-déchets », ne compromettez vous pas fortement les chances de votre enfant d’atteindre cet objectif ?
  4. assurer à tous les élèves des chances égales d’émancipation sociale.
    Croyez vous qu’un enfant fréquentant une « école poubelle » aura plus de chance d’émancipation sociale si cette école est transformée en ghetto, et – a contrario – pensez vous qu’un enfant issu d’un milieu social plus aisé ait moins de chance d’émancipation sociale parce qu’il aura fréquenté une école comme celle où je travaille ?

Voyez vous, Madame Blanco, je crois vraiment que vous avez fait ce que vous pensiez être le mieux pour votre petit garçon. Je lui souhaite sincèrement de vivre une expérience enrichissante là où vous l’avez inscrit.

Mais ne transformez pas votre peur qu’il soit confronté à des enfants différents par leur origine ethnique ou sociale en discours injurieux. Mettez vous un instant à la place de ceux qui auront vu votre interview à la télévision, qui croiseront votre enfant. Si ils se sont – comme moi – entendus traiter de déchets, il leur faudra sans doute tout le courage, toute la patience et toute la tolérance que vous avez laissé sur le bord de la route pour ne pas à leur tour enrager…

Enseigner « à la finlandaise » à Bruxelles

Je viens de visionner le reportage diffusé il y a deux jours par la RTBF sur la visite en Finlande de jeunes Bruxellois.

Je ne suis pas certain de me retrouver dans l’ensemble des commentaires donnés par ces jeunes, et surtout dans leurs accusations implicites sur le manque d’intérêt des enseignants belges par rapport au bien-être des élèves, j’ai cependant noté l’une ou l’autre chose qui me paraissent essentielles, certainement si je les mesure à l’aune de ma petite expérience d’enseignant dans les trois degrés de l’enseignement secondaire bruxellois, et dans deux des trois filières (général et qualifiant).

L’école dans laquelle j’enseigne fait partie de ces écoles qui accueillent plus de 80% de jeunes issus de l’immigration, d’un nombre incalculable d’origines et de nationalités. Enseignant dans sept classes différentes, sur les quelques 120 à 140 élèves que je rencontre chaque semaine, il y en a moins de 10 qui sont ce que d’aucun appellent des « belges de souche ». Et leur réussite n’est ni meilleure, ni pire que celle de leurs congénères.

Dans le reportage mentionné ci-dessus, il y a un passage qui m’a frappé, c’est celui où l’on explique qu’en Finlande, tout est mis en oeuvre pour que l’enfant se sente mieux à l’école qu’à la maison. Ce que je traduis par « donner l’envie de venir à l’école ». S’il est un point où je peux totalement rejoindre l’analyse des jeunes qui s’expriment, c’est celui là: l’école que  nous proposons à nos élèves n’est pas un lieu qui leur propose une expérience personnelle plus satisfaisante que celle qu’ils ont à la maison. Lorsque j’écoute mes élèves, je ne les entends pourtant pas me raconter des expériences extraordinaires à la maison: promiscuité, ennui, absence des parents me semblent souvent la norme. Face à cette expérience émotionnelle, les mécanismes de défense qu’ils déploient sont ceux de l’isolement et de la plongée dans l’univers virtuel des jeux en ligne et des réseaux sociaux. Le Wifi remplace souvent le dialogue familial.

Il suffit d’ailleurs de voir comment nos élèves réagissent dès lors qu’on leur propose une journée qui sort un tout petit peu des sentiers battus: une sortie, même minime, est une fête anticipée. Il me semble donc qu’une réflexion sur les modalités qui pourraient rendre l’école plus attractive que la maison serait une première stratégie intéressante dans le développement d’une école réussie (à défaut d’être une école de la réussite – ce qui ne veut pas dire grand chose).

L’autre aspect qui me frappe énormément, surtout lorsque l’on aborde les éléments d’apprentissage de nos élèves, c’est la précipitation avec laquelle nous voulons absolument leur faire absorber un « tronc commun » de connaissance, sans avoir d’abord totalement consolidé les moyens d’acquérir ce tronc commun.

Tout apprentissage passe par le langage. Or s’il est un élément que nos élèves en difficulté ont presque toujours en commun, c’est un contrôle insuffisant, voire inexistant de la langue dans laquelle l’enseignement est effectué. Je suis particulièrement confronté à ce problème comme professeur de langue moderne au premier degré. Quel sens cela a-t-il d’exiger l’apprentissage d’une « seconde » langue moderne (en l’occurrence le néerlandais) à des élèves dont la « première » langue  n’est pas le français et qui éprouvent encore les plus grandes difficultés à le pratiquer et le comprendre. A force de vouloir délivrer le CEB, puis le CE1D à des enfants qui ne sont pas capables d’aborder un texte conceptuel en français, on les force à étudier par coeur l’ensemble des autres matières, et donc à dépenser une énergie qui leur parait totalement inutile, puisqu’ils ne comprennent pas les concepts qu’il leur est demandé d’étudier dans les autres matières.

Je me prends ainsi à rêver d’une approche du premier degré du secondaire qui ne coûterait sans doute pas plus cher que celui que nous pratiquons aujourd’hui. Un premier degré où l’on commencerait par identifier les élèves qui ne disposent pas d’une langue d’enseignement suffisamment développée que pour l’utiliser dans leur démarche d’apprentissage. On pourrait peut-être consacrer l’ensemble de la première année avec ces élèves à leur donner une base solide d’apprentissage de la langue française, et de son application dans l’apprentissage des autres matières: quels sont les mots-clés et les concepts nécessaires pour comprendre les consignes et les informations d’un cours de mathématique, de sciences, d’étude du milieu, de technologie, d’art, voire de langue moderne ? Quitte à ce qu’un élève passe trois ans dans ce premier degré, pourquoi n’est-ce que la troisième année que l’on tente de remédier à des insuffisances qui sont antérieure à leur fréquentation scolaire ?

J’ai un peu l’impression que si nous arrivions à ces deux objectifs: rendre l’école plus attrayante que la maison et se concentrer sur l’outil de base d’apprentissage – le français – avant tout autre objet d’étude, nous pourrions placer nos élèves dans une logique de succès plus enrichissante pour tous.

Le silence des moutons…

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Hier, 23.000 personnes se sont mobilisées pour dire leur indignation face à l’indifférence. Elles sont venues alors qu’aucun grand média n’avait même parlé de cette manifestation. Elles sont venues malgré le silence honteux des politiciens mais aussi des syndicats.

Elles sont venues dans l’indignation, mais dans la dignité.

Et après ? Ce matin, forcés par l’importance de la foule qui s’est spontanément rassemblée hier, les médias tentent de rattraper la sauce. Mais toujours aucune déclaration d’un homme politique. Que du contraire, c’est d’aller porter le feu en Syrie que nous parle Monsieur Lutgen. C’est vrai qu’aller bombarder la Syrie, quelles que soient les cibles visées, cela fait vendre des armes. Mais que cela va mettre encore plus de réfugiés sur les routes, personne ne semble l’envisager.

Ah si, j’oublie ! Monsieur le Secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations (SEAM, ça fait un peu DAESH, non ?) prend ses responsabilités et lance une campagne Facebook pour dire aux Irakiens qu’ils vont se faire jeter s’ils viennent en Belgique… Je ne sais s’il faut rire ou pleurer d’une telle ignorance. Bien sur, avec ça campagne « timeline », notre Théo national(iste) va faire fuir tous les Bagdadis … ben où, au fait ? Au Liechtenstein, à Andorre, à Monaco ? Tout le monde le sait, à Bagdag la pression est maximale sur les passeurs: « Nous voulons tous aller à Bruxelles ! We want to go to Brussels ! » et surtout « We willen allemaal naar Brussel, waar vluchtelingen thuis voelen ! »

Dans l’actualité du jour, tant qu’on y est, il y a le cri de victoire de Francken : « le nombre de demandeurs d’asile à diminué cette semaine ». Que les déplacements de masse sur de grandes distances se font plutôt à la belle saison qu’en automne et en hiver, il n’y avait pas songé ? Ou pire, il y a tellement bien songé que sa campagne Facebook va faire un « tabac » en termes de résultats: l’hiver est là et les réfugiés Irakiens vont sans doute se mettre en attente de la grande traversée à l’intérieur de leur propre frontière ou en Turquie, jusqu’à ce que les temps soient plus cléments, et au printemps prochain, quand les chiffres recommenceront à grimper, que nous dira Théo ?

Bon, j’en étais où, moi ? Ah oui, les politiciens qui ne pipent pas mot du mouvement citoyen… Je crains que la stratégie soit de « laisser pisser le mouton » en faisant le moins de commentaires possibles. Dans quelques semaines, le flux sera résorbé, les « citoyens » seront préoccupés par le froid qui frappe les SDF (les « nôtres » comme les « zôtres », mais une fois couchés dans l’encoignure d’une porte ils ont tous la même couleur et la même odeur). Le sujet d’indignation saisonnier, lui aussi aura changé. Et eux auront survécu à leur propre indignité une année de plus. C’est un pari risqué. Il me rappelle l’âne de Buridan, la célèbre fable de Daudet…

Thierry Afschrift: le libertaire qui ne disait pas son nom

L’homme est un habitué des médias, dans lesquels il pourfend généralement « la rage taxatoire » de l’état à l’encontre de ses richissimes clients. Spécialiste de l’ingénierie fiscale (c’est le nom que l’on donne à la fraude quand vous avez plus de 5 millions d’euros à dissimuler au fisc), cet avocat défraie aussi la chronique pour ses frasques personnelles, comme ses déboires avec l’administration fiscale concernant l’immatriculation de son Hummer.

J’ai donc failli avoir un accident lorsque j’ai entendu le contenu de son tweet de ce week-end.20141010 Tweet Afschrift

 

 

et j’ai failli emboutir la voiture précédente en entendant son intervention dans l’émission Ce Qui Fait Débat dans « Soir première », que vous retrouvez en PodCast ici.

Je crois qu’il est vraiment intéressant de voir que même les valeurs ultra-libérales sont bafouées par ce gouvernement qui va principalement se concentrer sur des actions populistes. Toutes les informations distillées jusqu’ici vont dans ce sens. Assimilation des immigrants en situation illégale à des criminels, « travaux d’utilité publique » imposés aux chômeurs, mise à disponibilité de l’armée pour des missions de maintien de l’ordre…

Comme je l’indique dans un post précédent, il s’agit d’utiliser les résultats d’un processus électoral démocratique pour mettre en danger la démocratie elle-même. Avec un peu de (mal-)chance, l’écriture d’un article comme celui-ci sera un délit dans quelques mois !

Il est donc grand temps d’entrer en résistance civile contre les nombreuses atteintes aux droits démocratiques qui nous attendent.

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L’arme ultime de l’homme d’état en 2014

Passant quelques jours de vacances chez nos voisins d’outre Quiévrain, j’ai l’occasion tous les soirs de m’informer en regardant les programmes proposés par la télévision d’état (France Télévision). Dans une France dirigée par un gouvernement prétendument socialiste, mais menant une politique de plus en plus libérale, voire conservatrice, j’ai découvert un étonnant parallèle avec ce que nous vivions en Belgique, à quelques semaines de ce que quelques chroniqueurs – sans doute pas trop sérieux – continuent d’appeler « la mère des élections » (attention à la prononciation).

Il n’aura pas échappé aux observateurs attentifs du paysage politique que la transition entre le temps ou notre premier ministre « socialiste » a dirigé un gouvernement menant une politique sécuritaire et anti-humanitaire et le temps de la campagne électorale a été surtout  marqué par ceci:

Crédit photo: Gazet Van Antwerpen

Et la Belgique entière de penser que le monde tourne autour de deux ursidés qui nous font oublier nos petites misères tellement sans importance face à ces deux bestioles tellement attachantes.

Et nos politiciens d’en arriver à instrumentaliser l’investissement (parfaitement respectable) d’un entrepreneur pour en faire une arme de campagne. Quitte à utiliser l’image même de l’animal dans des apparitions de campagne.

Ici aussi (en France) un gouvernement supposément de gauche se prépare à faire passer un cocktail de mesures économiques et sociales qui vont renforcer l’exclusion des plus faibles et renforcer les emplois sous-payés (en inventant la défiscalisation des emplois au SMIG ce qui, dans un pays qui connaît une situation de l’emploi comparable à la notre revient à favoriser les employeurs qui créent des emplois qui propulsent les travailleurs en dessous du seuil de pauvreté). Que voyons nous à la télévision ? Des manifestations ? Pas du tout. Des syndicalistes en colères ? Si peu.

Mais alors qu’est-ce qui fait l’actualité de cette dernière semaine ? Aux journaux télévisés de ces derniers jours, le thème qui a reçu plus de temps d’antenne que la déclaration de politique générale du premier Ministre Emmanuel Vals, c’est ceci:

nouveau-zoo-de-Vincennes-Serre-Afrique-equatoriale-©-BTUA-AJOA
Après 6 ans de fermeture, inauguration du nouveau zoo de Vincennes

Vous lisez bien: avant-hier sur FR3, hier sur France 2, ce matin toujours sur France 2, et demain sans doute en édition spéciale, tout comme nos télévisions nationales avaient couvert comme l’événement du siècle l’arrivée de Hoi-Hoi et des son copain (ou sa copine, je ne m’y retrouve plus très bien) à Pairi Daiza, de longues minutes sont consacrées à ce sujet tellement consensuel et terriblement d’actualité: la réouverture d’un zoo…

Un journaliste de mes amis m’a un jour expliqué que le point le plus important des conférences de rédaction de la chaine de télévision où il travaille consistait à trouver un sujet d’ouverture qui fasse consensus. Et il me disait « ce qui marche toujours, c’est la météo ». Je crois qu’avec « nos amies les bêtes, tellement plus n’importe quoi que les humains » nos politiciens ont trouvé la panacée pour résoudre nos difficultés.

Après tout, un Panda à la place de Maggie De Block, ce serait peut-être plus efficace. Ils connaissent l’importance d’une politique migratoire ouverte, et il paraît que sous leur air débonnaire, les Panda sont terriblement dangereux. Peut-être arriverait-il (notre Panda Ministre) à faire suffisamment peur à l’Office des Etrangers et au CGRA que pour enfin mettre en place une politique migratoire… humaine.

RTBF, un JT de sévices publics ?

Je suis resté effaré devant la condescendance et l’absence de regard critique du JT de la RTBF de ce soir. En particulier les séquences sur la conférence de presse du président français et la présentation de l’évolution du marché de l’automobile en Belgique.

Dans le premier cas, c’est la manière hypocrite dont le sujet a été traité qui me choque: plus de la moitié du temps du sujet a été utilisé à nous expliquer que « chez nous à la RTBF, on ne fait pas dans le populisme, et la question de la vie privée du président français, c’est vraiment pas trop top de l’avoir abordée,… ». Faut dire que dans la séquence « C.Q.F.D.-Ce Qui Fait Débat » du Journal Parlé de La Première, on avait déjà longuement évoqué que ce qui valait le coup d’être débattu, c’était justement le caractère privé ou non des éventuelles relations extra-non-conjugales de Monsieur Hollande.

Pour les deux émissions, il est devenu rapidement clair que le fait qu’un président élu sur un programme de gauche annonce ouvertement un programme de centre droit et décide de s’aligner sur les politiques les plus rétrogrades de l’Union Européenne pouvait virtuellement passer à la trappe…

Quand au rôle éducatif de la télévision de service public, il a été mis particulièrement en évidence par la prestation incompréhensible de Valentin Boigelot à propos de l’évolution du marché automobile en Belgique. A l’heure où plus personne ne conteste que l’automobile est un contributeur majeur aux problèmes écologiques de la planète, nous avons entendu un panégyrique de l’automobile, nous expliquant que 20% d’automobiles en moins au cours des 5 dernières années, c’est une mauvaise nouvelle ! Que la Belgique est le « bon élève » de la classe européenne (bon, un peu moins bon que le Royaume Uni) parce que chez nous le marché s’est stabilisé, alors qu’en France, en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Italie, il a baissé de 10 ou 15 %. Jusqu’aux graphiques qui non montrent bien que « moins de voitures » c’est du ROUGE, et que « plus de voitures » c’est du VERT…

Le représentants écolo au C.A. de la R.T.B.F. feraient bien de s’exciter un peu plus pour ce genre de propos que pour les 69 minutes sans chichi d’Elio di Rupo.

Je ne veux pas cacher le fait que moins d’automobile, c’est un problème pour l’industrie automobile, et donc pour l’emploi dans ce secteur. Mais ne serait-il pas temps que nos politiciens mettent en place de vrais incitants pour la réorientation des outils de production qui servent aujourd’hui le dérèglement climatique vers des productions qui soient réellement au service de l’environnement et de la planète. Il n’y a aucune raison qu’une société avec moins de voitures soit globalement une société avec moins d’emplois.

Mais ça, c’est peut-être un peu plus difficile à expliquer à Mr « Tout le Monde ».

Faut-il étendre la loi sur l’euthanasie aux enfants ?

Que je le dise tout net: je n’ai pas une opinion arrêtée sur le sujet ! Il me paraît trop grave pour cela… Par contre, j’ai suis resté effaré par la conclusion du reportage du JT de la RTBF de ce soir, qui semblait poser comme une évidence l’absolue nécessité de légiférer en la matière. Continuer la lecture de Faut-il étendre la loi sur l’euthanasie aux enfants ?