Comment le gouvernement de Charles Michel stimule l’immigration clandestine

Le refus par le gouvernement de Charles Michel – et en particulier par Didier Reynders et son Secrétaire d’Etat à la migration – d’octroyer un visa à une famille Syrienne est présenté par les ministres concernés comme un instrument symbolique de lutte contre l’afflux des réfugiés (« l’appel d’air »). En fait, il se pourrait bien que l’effet obtenu soit exactement inverse… Continuer la lecture de Comment le gouvernement de Charles Michel stimule l’immigration clandestine

Faut-il craindre un « appel d’air » de réfugiés vers la Belgique ?

Pour tous ceux qui pensent qu’un afflux de réfugiés pourrait être dangereux pour notre pays, l’explication donnée par notre gouvernement dans sa persistance à refuser un visa d’entrée à une famille syrienne qui veut venir en Belgique à l’invitation (et à la charge) d’une famille namuroise, peut apparaître comme une évidence.

J’ai cependant du mal à comprendre la démarche de nos éminences. Les réfugiés qui arrivent en Belgique par dizaines ne le font pas avec un passeport et un visa. Ils viennent clandestinement et demandent un statut de réfugié qui leur donne un permis de séjour, c’est à dire un titre les autorisant à rester dans le pays pour une période (in)déterminée. Plus de la moitié de ceux qui demandent ce statut de réfugié ne l’obtiennent pas et se retrouvent majoritairement dans la clandestinité. Ils tombent « à charge » de la communauté humaine et de la solidarité privée – avec toutes les dérives qui peuvent alors se produire.

Celui qui demande un visa accepte une enquête détaillée sur ses motivations et les moyens qui seront déployés pour assurer sa survie une fois sur le territoire. Si nous désirons aller nous installer pour 6 mois ou un an au Canada, en Afrique du Sud ou en Thailande, nous devrons peu ou prou nous soumettre au même type de procédure: permettre au pays qui va nous accueillir de s’assurer que nous ne le mettons pas en danger physiquement et financièrement. La liberté de circulation veut qu’une fois ces deux conditions remplies, il n’y ait pas de raison de refuser le visa au demandeur.

C’est parce que l’Office des Etrangers est incapable de motiver son refus de visa, malgré plusieurs injonctions à le faire de la part de la Justice, que celle-ci a finalement décidé d’en exiger l’octroi. Un peu comme si, ayant fourni toutes les preuves que vous n’avez pas d’intentions malhonnêtes et que vous pourrez subvenir à vos propres besoins, le gouvernement canadien vous refusait néanmoins le visa et qu’en conséquence, vous obteniez de la justice canadienne qu’elle force l’état à respecter sa propre législation…

Alors, qu’en est-il de cet « appel d’air » ? Parmi les milliers de personnes qui fuient Alep et la Syrie chaque jour, où sont celles qui se sont présentées à l’ambassade de Belgique pour obtenir le précieux sésame ? Combien de familles, souffrant sous les bombes de toutes les coalitions qui s’entretuent au Moyen Orient, sont-elles désireuses de venir s’installer à Namur, Mons, Liège, Bruxelles ou pire encore Anvers ?

Lorsque le gouvernement tente de nous terroriser avec ces hordes assoiffées de frites et de ballekes qui se presseraient aux portes des Ambassades de Belgique à Mossoul, Bagdad ou Alep, oublie-t-il vraiment les images de ces villes que nous voyons quotidiennement à la télévision ? Y a-t-il seulement encore un service consulaire belge dans ces villes ?

Cette idée « d’appel d’air » est simplement absurde. Le jour où soixante mille familles feront la file pour obtenir un visa d’entrée sera au contraire une bonne nouvelle pour la Belgique et le monde: nous pourrons nous assurer avant leur départ de la contribution potentielle des candidats au bien-être de notre pays, nous pourrons nous assurer de ce que leur accueil est bien préparé en Belgique, nous pourrons nous assurer des conditions dans lesquels leur séjour pourra se prolonger ou pas. Et nous pourrons nous dire que l’ère des passeurs de des trafiquants d’êtres humains est enfin terminée. Mais malheureusement, il n’y a toujours qu’une seule famille qui ait fait cette demande, une seule famille qui pourrait être un exemple de la seule procédure qui devrait exister pour accueillir ici ceux qui veulent nous prouver qu’ils vont contribuer à notre développement. Et cette famille, notre gouvernement attend simplement qu’elle se fasse massacrer sous les bombes à Alep.

Quand on nous annoncera demain ou après-demain que ces quatre personnes sont mortes dans les décombres de leur maison, sous les bombes d’une coalition dont nous faisons explicitement ou implicitement partie, la question de leurs visa ne se posera plus. Mais qu’en sera-t-il de la conscience de ceux qui se seront opposés à ce que la loi leur impose ? Encore faudrait-il qu’il leur reste un minimum de conscience, bien entendu.